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Stado/TPR : Lionel Terré démissionnaire au 30 juin

vendredi 8 mai 2020 par Rédaction

Lionel Terré ne poursuivra pas l’aventure engagée il y a deux ans avec le Stado-TPR. « Je suis démissionnaire au 30 juin », nous a confirmé le Président en titre du TPR. Une décision prise à l’issue du Conseil d’Administration de ce jeudi matin, qui n’a pas souhaité, (compte tenu des incertitudes liées à la crise du coronavirus), s’engager sur le budget prévisionnel 2020-2021. « Dans la mesure où je n’arrive pas à réunir un budget de 1,2 M€, au niveau de la SASP, nécessaire, à mon avis, pour mon projet de l’année prochaine, je finirai mon mandat au 30 juin, à la clôture des comptes. » A une semaine de la sortie du confinement les entreprises, qui naviguent sans radar, ne savent pas où elles vont et ne veulent pas investir à l’aveuglette. « Pour l’instant, les gens ne veulent pas s’engager » explique Lionel Terré qui a investi à la même hauteur que l’an passé. « Je ne suis pas arrivé à fédérer les énergies et je ne repars pas, si je ne peux pas tenir mes engagements vis-à-vis des entraîneurs, des joueurs et des partenaires. » Contrairement à d’autres clubs, qui montent des budgets prévisionnels à la louche en pleine pandémie, Lionel Terré tient à préserver son image de gestionnaire rigoureux. « Je veux bâtir un budget, à deux mois de la saison et ne pas galérer après. Je suis démissionnaire parce que je n’ai pas réussi à fédérer les énergies pour trouver des recettes. Je ne veux surtout pas être le fossoyeur du Stado-TPR avec des budgets fantaisistes qu’on n’arrive pas à faire. Beaucoup de clubs dépensent avant d’avoir des recettes et ça, ce n’est pas mon truc. Je veux d’abord avoir des recettes pour savoir ce que je vais dépenser. »

Je n’ai pas réussi à fédérer toutes les énergies

Même si ce budget en diminution semble réaliste, personne, à l’heure actuelle, ne peut garantir quel sera l’impact de cette crise, sans précédent et sans équivalent, sur les entreprises et par conséquent sur les futurs partenariats. Surtout qu’à cette incertitude économique, s’ajoute l’incertitude sportive sur la date de reprise des compétitions et donc de la date des contrats. Avec un budget de 1,2 M€, Lionel Terré espérait garder « une grosse douzaine de contrats pros et bâtir l’équipe sur les jeunes qu’on avait cette année en majorité, plus des pluriactifs. » Lionel Terré, qui n’a pas été suivi dans son projet de budget prévisionnel en a tiré les conséquences et il préfère laisser la Présidence, même s’il a le cœur gros. « On rend un club propre. Tous les engagements qui ont été pris ont été tenus. Pour moi, ma fierté, elle est là. Je trouve que c’est du gâchis de ne pas continuer mais c’est comme ça. Je ne suis pas Don Quichotte. Je ne suis pas arrivé à me battre contre tous les moulins à vents et pour mon malheur, je n’ai pas réussi à fédérer toutes les énergies. » Sans une mobilisation générale, Tarbes n’arrivera pas à renouer avec son glorieux passé. « Il faut que les industriels locaux, les politiques et compagnies, se mobilisent. Mais ça fait tellement d’années qu’on le dit et qu’on n’y arrive pas », regrette Lionel Terré. « Le seul truc où je suis arrivé, c’est de rendre les finances neutres en ayant des dépenses équivalentes aux recettes. Mais je ne peux pas me battre tous les ans comme ça, même si j’ai passé de bons moments. » Le Président en exercice reconnait que la crise du coronavirus n’a pas arrangé les choses et regrette que la réunion de fin mars, avec tous les partenaires, n’ait pu se tenir. « J’espère qu’une équipe reprendra le projet car le rugby à Tarbes est en train de mourir. » Soudain la voix ferme se fêle sous l’émotion. « Moi, j’aurais rendu au club de ma jeunesse, qui m’a formé, ce que je lui devais. Sans le Stado, je ne serais pas ce que je suis devenu mais je ne suis pas milliardaire et je ne suis pas Don Quichotte. » Quoiqu’il arrive, Lionel Terré ne restera pas à tête du club. « Le 30 juin, je ne serai plus Président mais je n’abandonnerai pas le club. Je resterai partenaire », affirme-t-il la voix de nouveau ferme. « Je ne suis pas la personne qu’il faut à ce club dans la mesure où je n’arrive pas à fédérer les énergies. Donc je ne suis pas la bonne personne pour être à la Présidence. »

Hommage à Yannick Vignette

Un constat amer qui laisse des regrets au regard de la saison sportive. « J’ai travaillé pendant deux ans avec Yannick (Vignette) et c’est dommage qu’on n’arrive pas à concrétiser. C’est un gâchis. Je suis persuadé qu’on aurait travaillé deux saisons de plus, avec le budget que je voulais, qu’on aurait pu réussir. C’est dommage parce qu’au niveau état d’esprit, on avait recréé quelque chose sur une base de Bigourdans avec des jeunes de qualité. » Alors que les deux hommes ne se sont plus parlé depuis le début du confinement, Yannick Vignette a été le premier que le Président a averti de sa démission. De plus Lionel Terré, de lui-même, a rendu un bel hommage à son ancien entraîneur. « Tarbes n’est pas au niveau de compétence de Yannick (Vignette). Si je suis un Président de Pro D2, avec des thunes, je prends Yannick comme Manager. Avec lui, je sais où je vais. Je serai monté en Pro D2 avec lui, sans problème. »

Propos recueillis par Jean-Jacques LASSERRE