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Stado/TPR : Le gâchis d’une séparation

jeudi 30 avril 2020 par Rédaction

Tarbes, pour la première fois depuis longtemps, avait un Président et un entraîneur qui étaient sur la même longueur d’onde avec pour objectif de redonner ses lettres de noblesse au club. Les deux hommes travaillaient en confiance et s’estimaient mutuellement. Ils formaient un couple Président-Entraîneur parfait qui partageait les mêmes visions et les mêmes valeurs. Mais ce couple, si rare rugbystiquement, n’a pas résisté aux tensions et aux jalousies diverses. 

Un groupe solidaire était né

Yannick Vignette était arrivé il y a deux ans, en cours de saison, au titre de Conseiller du Président Antoine Nunes. Le Béarnais, qui chapeautait le duo Nicolas Escouteloup-Michaël Etcheverria, avait été nommé entraîneur principal la saison suivante. Lionel Terré, qui entre temps, avait pris la Présidence du club, l’avait maintenu dans ses fonctions et chargé du recrutement. Au soir d’une défaite à Nafarroa, Lionel Terré avait tranché par la mise à l’écart immédiate de Mickaël Etcheverria, pour ressouder un groupe en partie divisé. L’équipe avait terminé la saison en trombe et avait été éliminée en demi-finale du Du Manoir sur une pénalité au bout des arrêts de jeu. Doté des pleins pouvoirs l’année suivante, Yannick Vignette avait bâti, avec l’appui de Lionel Terré, un Groupe jeune et solidaire et il avait constitué un staff compétent et soudé avec Christian Etchebarne et James Percival. Depuis deux ans, malgré des ressources financières limitées, Yannick Vignette effectuait un recrutement de qualité. Lors de la première saison, il avait recruté Haurie, Escur, Vial, Bonnot, Camy, Masson, Méron, Loustauneau, Frisch… Cette saison, toujours soumis aux mêmes contraintes financières, Yannick Vignette réussissait encore un recrutement de qualité, avec les Marmoiton, Noui, Peyri, Prétorius, Woki, O’Flynn, D’Hooghe, Paget, Pérez-Galeone, Rixens, Jauzion, Nuu, Huyard et les jeunes Noyé et Taputaï… Le tout complété par les anciens et les Espoirs issus du club, qui avaient parfaitement intégré les nouveaux. Une osmose qui faisait la force du Groupe. Un Groupe jeune et inexpérimenté qui a réalisé une meilleure saison que l’équipe de l’an dernier 66 points (13 victoires, 5 défaites, 10 bonus) contre 52 points (10 victoires, 8 défaites, 8 bonus), qui est allé chercher sept victoires en neuf déplacements et qui a réussi 8 bonus offensifs tout en étant la deuxième défense au plan National. Un groupe qui a su rebondir en allant gagner à Mauléon et à Oloron après la gifle à Lannemezan et qui a montré, à l’occasion, sa solidarité avec le staff qui était mis sur la sellette. Un Groupe qui a montré son caractère et sa solidarité en allant gagner à Saint-Sulpice (après sa défaite contre Albi), à Fleurance (après celle contre Blagnac) et à Bagnères (après celle contre Mauléon.)

Un groupe fédérateur à reconstruire

Ce Groupe, malgré sa jeunesse et son inexpérience, avait rapidement trouvé ses repères et ses résultats étaient plus qu’encourageants. Les Supporters s’identifiaient à l’équipe dès les matchs amicaux et l’engouement ne faisait que grandir, avec toujours un plus grand nombre de supporters à faire les déplacements en bus ou en voitures. Des supporters, fiers de leur équipe, qui se réunissaient dans les tribunes sous des bannières aux couleurs et au logo du club. Les joueurs le leur rendaient bien en venant les saluer et discuter à la fin des matchs. Pour la première fois depuis longtemps, une véritable osmose était née entre le Président, le staff, les joueurs et les supporters. Tout était réuni pour construire une grosse équipe autour de cette base solide, comme l’avait proclamé Lionel Terré, l’architecte en chef d’un projet de retour en Pro D2 en 2023. Cette équipe avait pris de l’expérience et de l’assurance en cours de saison. Elle avait appris de ses erreurs et savait comment y remédier. Le fond de jeu était déjà en place et ne demandait qu’à être amélioré et peaufiné. Le départ de Yannick Vignette va entraîner un arrêt, car il va falloir de nouveau tout reconstruire autour d’un nouveau staff avec certainement beaucoup de nouveaux joueurs. Tous, anciens et nouveaux, vont devoir assimiler de nouveaux systèmes de jeu, un nouveau mode de fonctionnement.

Un divorce qui tombe mal

Ce divorce tombe peut-être au plus mauvais moment, en pleine incertitude provoquée par l’absence de visibilité économique liée au coronavirus. Le couple Lionel Terré-Yannick Vignette avait redonné espoir à beaucoup de supporters. Sa descendance s’annonçait prometteuse et tout s’est délité en quelques semaines. Le couple n’a pas résisté au confinement qui a exacerbé les tensions qui s’étaient accumulées en cours de saison. Lionel Terré avait su créer un lien avec les supporters qui avaient été séduits par sa proximité, son engagement personnel en venant à tous les matchs à l’extérieur. En tant que Président, il a su gérer avec doigté et diplomatie, la menace de relégation financière en acceptant le plan d’accompagnement de la FFR. Un choix qui a permis au club de disputer le Du Manoir et de s’y illustrer. Depuis sa gestion rigoureuse a permis au club de passer avec succès les échéances de juin dernier et des mois d’octobre et de février de la saison en cours. Mais très vite, le chef d’entreprise volontaire, s’est retrouvé esseulé. Arrivé avec quinze « amis », il s’est retrouvé pratiquement seul pour tout assumer, avec parfois des bâtons dans les roues. Seuls les résultats de l’équipe pouvaient l’aider à obtenir plus de moyens. L’échec à Lannemezan et celui contre Mauléon à Trélut, tout comme la courte victoire à Bagnères, n’ont pas aidé Lionel Terré à convaincre les partenaires d’augmenter leurs participations. D’autant qu’Albi et Blagnac étaient venus gagner à Trélut avec des budgets et des effectifs supérieurs et plus expérimentés. Là-dessus est venue se greffer la crise du Coronavirus avec encore plus de tension pour Lionel Terré qui avait à gérer son entreprise et l’avenir du club. Trop pour un homme seul qui, à force de parer au plus pressé, n’a pas eu suffisamment de temps à consacrer à son couple. Un couple qui, comme tout les couples a ses histoires, ses torts partagés ou non, et qui finissent par ne plus communiquer, après s’être sincèrement aimés. Tout le monde sait qu’il ne faut pas s’immiscer dans les affaires d’un couple, surtout si ce sont des affaires de cœur. Nous ne nous en mêlerons pas, même si nous sommes peinés de voir un couple Président-Manager, si prometteur, se séparer au risque de mettre en danger la vie de leur « bébé ».

Jean-Jacques Lasserre