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Stado-Tarbes : Entretien téléphonique avec Lionel Terré

dimanche 19 avril 2020 par Rédaction

Conserver le statut pro et la majorité de l’effectif

Le ton de la voix confirme que Lionel Terré est aussi assuré et déterminé qu’avant la crise du Covid-19 qui a bouleversé les secteurs économiques et sportifs. Le chef d’entreprise a pu reprendre une petite partie de ses activités professionnelles avec une minorité de ses 200 employés qui sont au chômage partiel. Le Président du Stado-Tarbes souhaite conserver le statut pro, si les conditions économiques le permettent, bien sûr.

Attendre la date de reprise pour finaliser les contrats

Côté rugby, la FFR a entériné la demande des clubs, faite au mois de février, de faire jouer les Espoirs en lever de rideau des matchs de l’équipe fanion. Pour le reste, Lionel Terré est dans le flou, notamment pour la date de reprise. Les joueurs qui sont sous contrat pour la saison en cours (2019-2020) vont toucher le chômage partiel jusqu’au 30 juin, puis ils auront droit au chômage « classique », en attendant la reprise des championnats et la signature de nouveaux contrats. Les clubs devront présenter leurs budgets prévisionnels à la FFR puisque la masse salariale doit être de 30% maximum de ce budget. Or à ce jour, aucun club n’est en mesure, (sauf promesses qui n’engagent que ceux qui les croient), de connaître le montant de ses futurs partenariats. Les clubs ne sont même pas sûrs de finaliser leurs budgets prévisionnels de la saison en cours, car de nombreuses entreprises partenaires ont été mises en difficulté à cause des deux mois de confinement. Leurs priorités, tout comme celles des Collectivités, ne seront pas le sport, du moins dans l’immédiat. Les entreprises penseront avant tout à se sauver et à payer leurs échéances et leurs employés. Déjà que l’aide au sport est décriée, lorsqu’il s’agit d’un club pro, comment les Collectivités pourront-elles faire du sport une priorité. Cette incertitude économique empêche, aujourd’hui, les clubs de se projeter et de monter des budgets prévisionnels fiables.

La meilleure saison en Fédérale

Depuis son arrivée au club, c’est la première saison où Lionel Terré a pu créer son équipe en ayant choisi la totalité de son staff et la totalité de ses joueurs (renouvellement et recrutement). Une saison remarquable, avec sept victoires (Graulhet, Mauléon, Oloron, Pamiers, Saint-Sulpice, Fleurance, Bagnères), en neuf déplacements (Blagnac, Lannemezan) et 66 points (13 victoires, 5 défaites, 10 bonus dont 8 offensifs). Soit quatorze points de plus que l’an passé 52 points (10 victoires, 8 défaites, 8 bonus dont 3 offensifs). Certes, la saison dernière, Tarbes était resté invaincu à Trélut où il a cédé à trois reprises cette saison. La défaite contre Albi (6-12) aurait pu se transformer en victoire, selon la plupart des observateurs, dont de nombreux entraîneurs de la Poule. La défaite, incompréhensible, contre Mauléon (16-17), tient plutôt d’un gag. Enfin, la lourde défaite contre Blagnac (7-27), est logique avec seulement quatre jours de récupération après 90 minutes intenses à Saint-Sulpice.

Un effectif pro, complété par des pluriactifs

Le Président entend garder le maximum de son effectif qui a fait preuve de caractère et de détermination, notamment à l’extérieur, si les conditions économiques le permettent. « Tout dépend des conditions financières », confie Lionel Terré qui est cependant affirmatif sur le statut du club. « Si on repart, on repartira en Pro. Je garderai des Pro et on complétera l’effectif avec des pluriactifs. Cette année les Espoirs suivent la première et on peut avoir un groupe étoffé avec des seniors, puisqu’on pourra avoir quatre à six joueurs pro sur la feuille de match des Espoirs. » L’effectif Pro devrait être composé d’une grande majorité des joueurs actuels qui ont vécu, humainement et sportivement, une belle saison et qui désirent rester. Le Président devrait informer les quelques joueurs qu’il ne souhaite pas conserver. A l’exception de Leandro Perez et d’Ulrich Prétorius, qui sont encore sous contrat, tous les autres avaient des contrats 1+1 que chacun pouvait dénoncer avec le 31 mars. Dans un souci comptable, le club a dénoncé la seconde année de tous les contrats afin que les joueurs puissent bénéficier du chômage à partir du 1er juillet en cas de non reprise à cette date. De nouveaux contrats leur seront proposés dès que la FFR aura fixé la date de reprise de la saison. Pour l’instant le confinement est prolongé par le gouvernement jusqu’au 11 mai et toutes les manifestations sportives, entre autres, sont interdites jusqu’au 15 juillet.

Attendre la date de reprise pour signer les contrats

Certains clubs, moins scrupuleux poursuivent, à l’aveuglette, leur recrutement mais Lionel Terré n’est pas inquiet outre mesure. « Dans l’état actuel des choses, qu’est-ce qu’ils auront de mieux, en Fédérale 1, qu’à Tarbes ? Les joueurs savent comment je fonctionne et ils savent que je fais tout ce que je dis. »De plus, ils ont la certitude d’être payé dans des moments difficiles. « Ils ont toujours eu leur salaire payé à l’heure », rappelle le Président. Depuis toujours, même dans les plus graves moments de l’histoire du club, comme lors de sa rétrogradation financière, les joueurs tarbais ont toujours reçu leurs salaires sans retard. Et ce au contraire de nombreux autres clubs qui ont connu des retards de paiement de salaires, que ce soit en Pro D2 ou en Fédérale 1. Les agents et les joueurs le savent et ça compte, tout comme les infrastructures et le passé historique de Tarbes, au moment de choisir. Lionel Terré pense que d’ici la fin du mois les choses seront plus claires. Car pour l’instant, c’est l’inconnu. « J’attends la date de reprise pour faire les contrats. Si ça repart au 1er août, les contrats commenceront au 1er août… Un mois de plus ou de moins, c’est important au niveau des budgetsLes joueurs seront les premiers avertis de ce que je peux faire et ne pas faire. Après parler pour alimenter les cafés du Commerce, ne m’intéresse pas. »

Terminer financièrement la saison puis repartir avec le statut pro

 D’autant que les partenaires sont aussi dans l’incertitude au niveau de leurs entreprises car la fin du confinement n’est pas définitivement connue. Pour la saison en cours, le Président n’est pas trop inquiet. « Pour l’instant, tout est payé et il faudra voir avec l’expert-comptable, combien, on a pour finir. » Il faudra attendre la dernière échéance des partenaires pour voir si les entreprises ont pu tenir leurs engagements. Lionel Terré doit faire passer en priorité les comptes du club avant de s’occuper du recrutement. « Tout le monde est en difficulté et moi le premier », reconnaît le chef d’entreprise. « Toute l’économie est arrêtée. Il n’y a pas que le rugby. Les gens pensent d’abord à sauver leur entreprise avant de penser à donner des sous au rugby. » Le Président, pense malgré tout que le rugby pro aura encore sa place à Tarbes. « Pour l’instant, il n’y a rien de statué. Mon premier objectif est de finir la saison proprement, avec tout ce que j’ai à payer, pour pouvoir passer devant la DNACG, puis de reconstituer des fonds propres pour pouvoir repartir avec le statut pro. Ensuite, il faudra établir un budget prévisionnel sérieux, au niveau des partenariats pour la saison prochaine, qui nous permettra de déterminer l’enveloppe financière pour le recrutement ». Une décision responsable qui tranche avec celle d’autres clubs qui recrutent sans certitude et sans aucune visibilité, au risque d’être rétrogradé financièrement ou de déposer le bilan. Tarbes cherchera d’abord à conserver la grande majorité de son effectif actuel et à pallier les départs éventuels poste par poste. Ensuite si le budget le permet, de recruter dans la limite des 30% de masse salariale, trois ou quatre joueurs supplémentaires pour renforcer l’effectif.

Jean-Jacques Lasserre