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Retour sur Tarbes-Mauléon

lundi 24 février 2020 par Rédaction

Les Basques récidivent 21 ans après…

Cruel clin d’œil de l’histoire, huit jours après le match contre Lannemezan, avec une pluie de bagarres émaillées de cartons rouges, avec présomption d’injures racistes, sur fond d’une fusion forcée et avortée, il y a vingt ans. Or cette fusion était venue de la victoire de Mauléon à Trélut un an plus tôt, qui avait mis Tarbes en position de relégable, alors que Lannemezan venait d’être promu.

Les réactions d’après-match du côté de Mauléon

L’exploit de Mauléon

Cette victoire, malgré les circonstances dans laquelle elle a été acquise, restera un authentique exploit avec la victoire d’une modeste équipe amateur contre une équipe professionnelle au passé prestigieux. Passés à côté d’un exploit totalement mérité contre Albi, (qui s’était sauvé dans les arrêts de jeu), les Basques ont eu le retour du destin en s’imposant contre le cours du jeu à Tarbes. Les Basques sont les premiers à parler de hold-up et reconnaissent qu’ils sont chanceux d’avoir échappé à un essai de pénalité après un carton jaune et six mêlées à cinq mètres consécutives défoncées. Des Basques qui ont forcé l’admiration par leur courage, leur solidarité et leur abnégation, face à la puissance des Tarbais. Survoltés après les douze minutes d’enfer dont ils se sont sortis miraculeusement, les Basques ont été chercher une victoire de prestige qui leur tendait les bras avec seulement six points de retard à dix minutes de la fin. Dans son discours dans les vestiaires, le Président Queheille, après avoir chaudement félicité ses joueurs, a évoqué le manque de respect des Tarbais. « Je ne veux plus entendre parler d’arbitrage. On a gagné parce qu’ils ne nous ont pas respectés. D’après moi quand on a une pénalité face aux poteaux et qu’on est deux essais à un, on la prend. On ne peut pas marquer deux essais en même temps. Il faut tenter la pénalité. Voilà pourquoi, ils ont perdu aujourd’hui, parce qu’ils ne nous ont pas respectés. Je dis bravo à toute l’équipe bravo à vos coachs. » Le Président comme dans un jeu bien rodé a annoncé une prime de 100 euros, puis de 150 euros, pour finir à 200 euros, sous les acclamations des joueurs, avec en prime une tournée générale de bières. Des récompenses bien méritées, car Mauléon, par cet exploit, a pratiquement assuré son maintien et sa qualification en Du Manoir.

Benat Queheille :

On est content même si Tarbes aurait mérité la victoire aujourd’hui

Cette victoire rappelle au Président emblématique du SA Mauléon de vieux souvenirs. « Tout à fait, on était venu en gagner en 1999 ici, contre une grosse équipe du Stado, avec nos moyens et nos valeurs mais avec une équipe courageuse et un peu de talent. Aujourd’hui, on réalise le même exploit. On est très content de ce qu’on a fait même, si Tarbes aurait mérité une victoire aujourd’hui », reconnaît sportivement Benat Queheille qui revient sur les pénalités non tentées face aux poteaux. « A un moment donné, il faudrait respecter l’adversaire aussi. Quand on mène de 6 points et qu’on a des pénalités face aux poteaux, on ne joue pas le bonus offensif. Il faut mettre les pénalités, surtout quand une est à dix mètres des poteaux, il me semble. » Le Président, en homme d’expérience, relativise cet authentique exploit. « On a gagné avec notre courage mais restons humbles. » Il sait que dans le rugby, les choses peuvent vite tourner. Mauléon, qui venait de perdre contre le cours du jeu contre Albi, vient de gagner, contre le cours du jeu, à Tarbes, en échappant miraculeusement à un essai de pénalité. « Oui, je veux bien en convenir, quand on a cinq ou six mêlées à cinq mètres, en sa défaveur, avec un carton et que l’arbitre n’accorde pas l’essai de pénalité », reconnaît Benat Queheille qui met aussi l’accent, avec raison, sur les valeurs de son équipe. « Ça prouve aussi, qu’on avait beaucoup de courage à ce moment là et qu’on a essayé de rivaliser avec Tarbes sur l’ensemble du match. » C’est aussi un beau retour du destin après la défaite injuste sportivement contre Albi. « Ce coup-ci, la victoire nous sourit, tant mieux mais c’est aussi mérité, par rapport à ce qu’on a fait cette saison. On n’est pas là par hasard, c’est notre cinquième victoire à l’extérieur. Cinq victoires à l’extérieur, ce n’est pas rien et il faut nous respecter rien que pour ça. Aujourd’hui, on gagne alors qu’on avait perdu à la maison contre Albi et qu’on aurait mérité la victoire. » A cinq journées de la fin, les Basques ont marqué plus de points terrain (22) qu’à domicile (21), ce qui réjouit le Président. « Ça prouve aussi que Mauléon a les moyens de jouer dans tous les cas. On dit le courage de Mauléon mais Mauléon a aussi du talent, de la technicité, de la vélocité et c’est ce qu’on essaie de montrer tous les week-ends. »

Arnaud Héguy : Aujourd’hui, ça nous sourit, tant mieux

L’entraîneur mauléonnais ne s’était pas caché, répétant à l’envi que l’ambition était de venir prendre des points à Tarbes. Un juste retour des choses aussi, compte tenu de la défaite du match Aller et de celle contre Albi le week-end dernier. Deux défaites dures à digérer. « On perd plusieurs matchs dans les arrêts de jeu et aujourd’hui, ça nous sourit, tant mieux. Après, il faut relativiser aussi. C’est très, très, bien d’avoir gagné mais on sait très bien qu’on ne joue pas dans la même cour. Aujourd’hui, ce n’est que du bonus. Dans le contenu il y a encore beaucoup à faire. L’objectif était de venir embêter les Tarbais et je crois qu’on a assez bien réussi. » Une victoire qui compte double, face à une équipe professionnelle qui perd pour la première fois face à une « vraie équipe amateur », qui est très loin des structures et du budget d’un Blagnac. Par contre, les Basques ont encore laissé des plumes et du jus. « Jusqu’à présent, on n’a pas été touché par beaucoup de blessures. On essaie de gérer et c’est pour ça qu’on a instauré un roulement et des rotations. On s’aperçoit que la saison est longue avec l’enchaînement des matchs. A ce niveau là, les contacts sont rudes tous les week-ends. Surtout quand on joue Albi et Tarbes en huit jours. »  Prendre cinq point contre les deux équipes professionnelles de la Poule est de bon augure avec la venue de Graulhet derrière. « La semaine prochaine, on peut assurer mathématiquement notre objectif de maintien », se réjouit Arnaud Héguy.

Mathieu Cazobon : On voulait tout donner et ça a payé

Contre Tarbes, l’équipe a su dépasser l’énorme déception due au scénario du match contre Albi. « On a complètement dissocié les deux matchs à l’entraînement. On voulait tout donner. On voulait continuer à faire ce qu’on fait à chaque match et ça a payé sur l’ensemble du match. La semaine dernière, ça ne nous a pas souri et cette fois ça nous a souri » avoue le capitaine.

 

Les réactions du côté de Tarbes

Déception et frustration

La cabane est tombée sur la tête du chien, ce samedi. Les Tarbais pour avoir voulu chercher le bonus offensif, avant de consolider la victoire, ont tout perdu. Ils ont négligé deux pénalités face aux poteaux. La première à 16-3, jouée à la main qui a coûté un essai en contre qui a permis à Mauléon de revenir à portée d’essai transformé 16-10. Si la première pouvait se concevoir, la seconde, dix mètres face aux poteaux, est une injure au jeu, quand on n’a que six points d’avance. Certes si M. Girard avait accordé l’essai de pénalité logique après six mêlées sanctionnées assorties d’un carton jaune au pilier, ça aurait été le bon choix. Mais le premier tournant du match, c’est quand Abat s’est laissé griser et qu’un défenseur a eu l’énergie et la rage de lui faire tomber le ballon au moment d’aplatir. A 15-0 à la mi-temps le discours n’aurait pas été le même dans les vestiaires de Mauléon qu’à 8-0. L’essai de Prétorius aurait porté le score à 20-3 et bonus offensif en poche, Pérez n’aurait peut-être pas joué la pénalité à la main. Avec juste raison, les Tarbais pourraient s’en prendre à l’arbitrage mais ils sont les premiers fautifs en ayant gâché autant de points et d’occasions. Grisés par leurs 18 essais consécutifs et leur retour à cinq points terrains de Blagnac, les Tarbais ont peut-être fait preuve d’un excès de confiance. Du coup, au lieu de perdre un point, ils en ont perdu quatre de plus contre Blagnac qui, comme prévu, a pris le bonus offensif contre Lavaur. Des Tarbais qui ont pu être perturbés par les éventuelles conséquences du match contre Lannemezan. La conférence de presse commune de mardi, la sortie de la vidéo et son buzz en suivant n’ont pas arrangé les choses. Tout comme les présumées insultes racistes qui ont pris le pas, dans les discussions et dans les esprits, sur le match contre Mauléon. La pression, trop forte autour du bonus offensif à prendre à tout prix, a peut-être altéré la lucidité des joueurs. L’absence conjuguée sur le banc de Yannick Vignette et de James Percival, (tous deux suspendus), a certainement pesé lourd sur les choix faits sur le terrain par les joueurs. Sans oublier l’expérience du capitaine Albain Méron qui a beaucoup manqué dans la prise de certaines décisions trop hâtives. Maintenant les Tarbais se doivent d’oublier leurs désillusions et de réagir au plus vite pour conforter leur troisième place synonyme de huitièmes et de quarts Retours à Trélut. Terminer dans les meilleurs troisièmes, leur permettrait aussi d’affronter les sixièmes les moins bien classés. Il leur faut très vite oublier ce scénario catastrophe qui risque de faire le buzz en ovalie, car c’est la première défaite d’une équipe professionnelle chez elle face à un promu.

Thomas Lhusero : On fait trop de fautes pour pouvoir gagner ce match

Le demi de mêlée boîte bas dans les vestiaires. Touché à la cheville en première mi-temps, le capitaine tarbais est resté sur le terrain. Mais à froid, il peut à peine poser le pied par terre. « A chaud ça allait » grimace Thomas Lhusero. « On est très déçu, mais on ne peut s’en prendre qu’à nous. C’est nous qui sommes sur le terrain. On ne perd pas ce match à la fin. On perd ce match en fin de première mi-temps où on doit tuer le match sur l’essai de Benjamin Abat. Ils restent toujours à portée de fusil, et à la fin, comme ils savent bien faire, ils nous plantent un essai. » La déception est d’autant plus grande qu’ils ont bien maîtrisé le réputé jeu de déplacement des Basques. « Ils se nourrissent que des ballons qu’on perd. Ils n’ont pas fait beaucoup de jeu. Ils ont joué quelques ballons sur l’extérieur mais ils n’ont rien enflammé. » Par contre, rien à dire sur la vaillance de cette équipe qui ne lâche jamais rien. « Ils sont toujours là. Ils sont pénibles dans tous les rucks. Ils nous grattent, je ne sais combien de ballons. » Des rucks où l’arbitre ne fait pas la police, ni les Tarbais, traumatisés par les sanctions du week-end précédent. « Dans les rucks, c’était n’importe quoi des deux côtés. » Le capitaine reconnaît les nombreuses erreurs. « On perd beaucoup trop d’occasions notamment sur ces mêlées à répétitions où il ne met pas l’essai de pénalité. Deux fois on franchit la ligne et on fait des off-loads pour les gars de Mauléon. Voilà, ça fait beaucoup trop de fautes pour pouvoir gagner ce match. »

Yannick Vignette :

On était obligé d’avoir de l’ambition pour espérer revenir su Blagnac.

Le Manager, déjà très touché par son carton rouge bêtement concédé, est complètement abattu par la défaite et frustré par certaines décisions arbitrales. Il admet que son équipe a peut-être fait une fixation sur le bonus offensif, sans lui en faire explicitement le reproche. « On l’a peut-être trop cherché mais on est obligé d’avoir de l’ambition, si on veut recoller sur Blagnac. On est obligé de jouer un peu notre va-tout. On a été chercher des essais mais ça n’a pas été concrétisé, notamment sur cette période, où il y a six mêlées consécutives. Il y a un carton jaune mais pas d’essai de pénalité. On y a passé dix minutes et tout ça pour rien. Après, on a pris une série de pénalités qui aboutit à la victoire de Mauléon. On n’avait que six points d’avance et ça aboutit à cet essai, qui était quasi inévitable. » Les autres faits de matchs n’ont pas non plus été à l’avantage des Tarbais. « On lâche un ballon dans l’en-but, on prend une interception. C’est un jour difficile, un jour dur mais c’est le sport. On voulait faire bien, on voulait tout mettre en œuvre pour faire un bon match mais on n’a pas réussi à le faire. » A demi-mot l’entraîneur reconnaît que la semaine a été compliquée à vivre pour le Groupe. « On n’était pas comme il fallait dans ce match et on n’a pas été récompensé, par un essai de pénalité, sur nos dix minutes de temps forts sur mêlées fermées. » L’entraîneur est aussi surpris de la célérité de l’arbitre à siffler la fin d’un match qui n’a jamais été tendu ou bien émaillé de mauvais gestes intentionnels. « On prend cet essai sur le gong et l’arbitre arrête sur ça. Il ne fait même pas jouer une minute d’arrêts de jeu. » Il est vrai, d’après ce qu’on voit d’habitude, que les arrêts de jeu durent en moyenne entre trois et cinq minutes minimum, surtout quand le score n’est pas fait à domicile. L’ancien demi-de-mêlée essaie de relativiser. « Dans une saison, dans une carrière sportive, il y a des matchs comme ça qui sont parfois cruels. Des fois, c’est en ta faveur, d’autres en ta défaveur. Aujourd’hui, on subit cette situation. Ce n’est pas pour autant, qu’il faut tout remettre en cause même si on est passé à côté. A nous, de nous remettre en questions. Bravo à Mauléon qui a bien manœuvré, qui a été opportuniste. Ils ont bien joué le coup et sportivement, il faut savoir le reconnaître. » Quand on lui demande si le Groupe a été perturbé dans sa préparation Yannick Vignette coupe. « Peut-être, c’est difficile à dire mais je ne veux pas me réfugier derrière des excuses. » Pourtant il reconnaît : « On n’a pas été aussi présent que d’habitude. On a manqué de maîtrise, on a manqué de récompenses sur nos temps forts. »

Jean-Jacques Lasserre