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Retour sur Tarbes-Blagnac

lundi 20 janvier 2020 par Rédaction

Blagnac a construit sa victoire

Blagnac se savait attendu et le staff avait préparé cette rencontre tout spécialement en décortiquant les forces et les faiblesses d’une prometteuse mais encore tendre équipe de Tarbes. Devant la télé, les Caouecs ont fait une démonstration de force et de maîtrise en ne laissant aucune solution offensive à une équipe entreprenante mais aussi émoussée, avec un jour de moins de récupération. Les Tarbais se sont épuisés à produire du jeu et à courir après les longs ballons d’occupation de terrain qui revenaient comme un boomerang. Comme au match Aller, Blagnac a construit sa victoire sur une mêlée souveraine et des ballons portés avant d’envoyer du jeu lorsque le score était fait et d’inscrire deux essais sur un ballon porté et sur une grosse erreur de défense, au ras d’un regroupement, suite à un ballon perdu sur une relance courageuse mais intempestive, face à une défense bien organisée et bien en place.

Les réactions d’après-match du côté de Blagnac

Mathieu Vachon : L’objectif c’est de jouer les meilleures équipes

Malgré l’annonce de son absence par Eric Escribano, le capitaine a bien fait son retour de blessure contre Tarbes. « C’était le match de reprise qui était prévu », rigole le troisième ligne de la roublardise de son entraîneur. « C’est vrai que je reviens d’une longue blessure mais ma reprise était prévue contre Tarbes. » Son équipe a réussi le match parfait dès l’entame. « On met les gros ingrédients pour gagner un match à l’extérieur, par la conquête, la mêlée et la défense. On construit le match là-dessus. On creuse un gros écart en première mi-temps et après, on a bien défendu. On a bien contrôlé le match même si en seconde mi-temps Tarbes a montré les crocs. C’était un peu plus chaud en seconde période. » Blagnac, après cette victoire chez un concurrent direct, est assuré de disputer le Jean-Prat, sans aucune possibilité de montée même en cas de qualification pour la Finale. Le capitaine assume ce paradoxe. « A Blagnac, il n’y a que des compétiteurs et l’objectif est de jouer les meilleures équipes. Jouer contre des équipes comme Massy, Bourg-en-Bresse, Narbonne, c’est notre objectif. Même si on sait qu’on ne peut pas monter, on veut jouer ces équipes là, pour le challenge et ça, c’est important pour nous. »

 

Eric Escribano : Les Tarbais n’ont jamais pu trouver la solution

L’entraîneur de Blagnac est heureux du beau coup réussi à Tarbes au terme d’un match quasiment parfait. « Oui, on avait bien préparé ce match. On avait travaillé sur l’analyse de cette équipe de Tarbes qui est une belle équipe et qui avait une grosse défense. On avait bien travaillé la défense et le jeu d’occupation, pour gagner à l’extérieur. C’est ce qui a payé sur ce match où les Tarbais n’ont pas su trouver la solution. Tout s’est très bien passé pour nous, mais Tarbes progresse, travaille et je ne suis pas inquiet pour leur avenir. » Les Caouecs ont réussi à faire déjouer une équipe qu’ils craignaient. « On était attendu sur la conquête et on a été très bien en conquête. On a répondu présent, même si c’était compliqué. Les joueurs étaient prêts et ont répondu présent devant, là où on était attendu. »

Les réactions d’après match du côté de Tarbes

Loin de la frustration d’Albi, les Tarbais sont sortis de ce match avec un sentiment d’impuissance face à une équipe de Blagnac impressionnante de maîtrise à tous les niveaux. Contre Albi, les Tarbes étaient sortis avec un sentiment d’injustice arbitrale et l’impression qu’ils avaient faits plus que jeu égal. Là, c’est une impression d’impuissance alors qu’ils ont tout donné et tout tenté. Le Président l’a senti et il a réuni les joueurs et le staff dans les vestiaires pour leur dire qu’ils n’avaient rien à se reprocher sur le plan de l’engagement et qu’il ne fallait rien lâcher, à commencer par le déplacement à Fleurance où ils seront fermement attendus. Il est vrai que la déception est rude puisque les Tarbais, qui espéraient se rapprocher à deux points sont maintenant distancés de dix points…, et peuvent dire pratiquement adieu à la seconde place et à la qualification au Jean-Prat. Jouer un match aussi capital quatre jours après le rude affrontement à Saint-Sulpice était aussi une erreur pour beaucoup d’observateurs alors que Blagnac jouait le samedi. Tarbes ne pouvait pas faire l’impasse à Saint-Sulpice alors que Blagnac avait un match plus facile à gérer à domicile. Pour ne rien arranger, le cinq de devant tarbais était resté sur le terrain pendant 86 minutes… Même si la supériorité de Blagnac était manifeste et le score sans appel, on peut regretter que la domination tarbaise, en début de rencontre, n’ait pas été récompensée par M. Brayelle qui n’a pas jugé utile de sanctionner quelques hors-jeu et fautes au sol. Il a aussi fait abstraction des poussées anticipées et en travers de la mêlée blagnacaise et a oublié quelques placages hauts…, notamment sur Nuu (voir photo). Des fautes que l’arbitre a sifflé en seconde mi-temps, avec deux cartons jaunes à la clé, alors que le score était déjà fait et que les Tarbais ne pouvaient plus tenter les pénalités. Une rude soirée puisque deux joueurs Prétorius (côtes) et Duny (épaule), sont sortis sur blessure. Si le talonneur est out pour plusieurs semaines, il faut attendre pour en savoir plus sur l’indisponibilité du pilier. Un coup dur pour Tarbes, car si Vial a repris, il a été hospitalisé cinq jours fin décembre suite à une pneunopathie et enchaîner les matchs risque d’être difficile physiquement.

Lionel Terré : Je suis fier de mes joueurs, il y a des choses à gagner derrière

Le Président est venu soutenir son staff et ses joueurs dans les vestiaires, désappointé par cette lourde défaite mais satisfait de l’engagement de toute l’équipe. Il confirme ses propos. « Je suis déçu du contenu mais je suis fier de leur comportement, face à une très belle équipe de Blagnac qui, pour moi, est au même niveau qu’Albi. Au niveau de l’organisation, c’est très, très, bien structuré et c’est une équipe qui a fini, l’année dernière demi-finaliste du Jean-Prat et on sait pourquoi. En première mi-temps on a subi. Est-ce un manque de fraîcheur peut-être par rapport à Saint-Sulpice. La seconde mi-temps, on fait égalité avec eux et ça prouve, au moins que les joueurs n’ont pas lâché. » Lionel Terré a aussi souhaité faire passer un message pour que l’équipe reste mobilisée. « Je suis fier des joueurs et je suis venu leur dire que la saison ne s’arrêtera pas là et qu’il faut continuer jusqu’au dernier jour. Et puis même si on est troisième, ce qui n’est pas ce qu’on souhaite, il y a des choses à gagner derrière. »Le Président ne regrette pas que le match ait été avancé au vendredi pour cause de diffusion télévisée malgré une faible assistance et une lourde défaite qui pourrait nuire à l’image de Tarbes. « Non, pour l’image de Tarbes, on a vu des jeunes qui étaient courageux, c’est le principal. Après, on va dire que la météo ne nous arrange pas non plus. Il a fait beau toute la semaine et là, il pleut toute l’après-midi. Non je ne le regrette pas, ça montre qu’à Tarbes, il y a un joli club avec des jeunes qui doivent travailler »

Léandro Pérez : On n’a pas concrétisé nos opportunités

L’Argentin était avec Prétorius (sorti très tôt pour des côtes cassées), le seul joueur expérimenté face à une pléiade de trentenaire en face. « Au début du match, on essaie d’enchaîner des phases de jeu mais ils étaient bien en place en défense et on n’a pas su trouver des solutions pour casser leur ligne défensive. Après, on était bien dans l’engagement, mais on a mis du temps à trouver des opportunités concrètes pour marquer des points. Eux, ils ont été récompensés par la mêlée et ça leur a permis de faire le trou au score. Après, c’est compliqué et on prend ce dernier essai, à la fin de la première mi-temps, qui nous met très, très, loin pour espérer revenir. Malgré tout, en deuxième mi-temps, on a montré qu’on pouvait aller les chercher mais on n’a pas concrétisé nos opportunités. » Le troisième ligne a été impressionné. « Je trouve que cette équipe de Blagnac a une organisation défensive plus intéressante que celle d’Albi même si chaque match est différent. »

Morgan Rubio : On est tombé sur meilleurs que nous

Entré en seconde mi-temps l’ailier a fait parler sa grinta et a été à la conclusion d’une longue séquence de jeu en s’arrachant des bras d’une défense acharnée. « Il n’y a pas photo sur la première mi-temps contre une équipe bien en place tant offensivement que défensivement. De l’en-but, on essayait de réfléchir pour trouver des solutions offensives qui nous auraient permis de franchir ce premier rideau pour marquer. Mais ils étaient vraiment bien en place sur la largeur et c’était très compliqué de les prendre sur l’extérieur. En même temps, quand on occupait au pied, ils couvraient assez bien le deuxième et le troisième rideau. Ce n’est pas anodin qu’ils soient seconds. Ils sont très bien en place défensivement et offensivement, ils circulent très bien. Ils ont un jeu qui est basé sur la vitesse et toutes leurs sorties de balles allaient très, très, vite. Ils asphyxient leurs adversaires et ça a marché. On est tombé sur meilleurs que nous. »

Grégory Marmoiton : Ils ont mieux géré les mêlées que nous

Souveraine la semaine dernière contre une mêlée réputée, la mêlée tarbaise a été de nouveau fortement pénalisée contre Blagnac. « On a été pénalisé, on perd notre talonneur d’entrée de match. Il sort à la 20ème mais il était déjà touché aux côtes et ça n’a pas aidé. Mais il ne faut pas se cacher derrière des excuses, ils ont été ont été meilleurs que nous. On a été un peu pris sur les phases statiques et on n’a pas su répondre. Ils ont mieux géré les mêlées que nous. On a su répondre en deuxième mi-temps, le banc a bien apporté, mais sur la première mi-temps, on n’a pas été au niveau. On n’a pas répondu présent. » Le cinq de devant venait de jouer de 86 minutes de rang et a eu seulement quatre jours de récupération. « Oui, ça a pu jouer, après je ne vais pas dire que c’est ça mais ça peut peser, après ça dépend des individus. Moi, au niveau physique je me suis bien senti. Après certains jouent quasiment 80 minutes chaque match et c’est plutôt l’enchaînement des matchs, que Saint-Sulpice qui a pesé. »

Valentin Paget : Ils sont tout le temps en place

Le troisième ligne, de retour de suspension, avait disputé son premier match de la saison à Blagnac. « Je les ai trouvés encore plus en place et mieux organisés. Ils se réorganisent très vite défensivement. Ils n’ont pas d’individualité mais ils sont tous à 200 %. Ils plaquent, ils se relèvent, ils se replacent. Ils ne contestent pas les rucks et ils se retrouvent en supériorité numérique. En attaque, c’est pareil, ils sont tout le temps en place. Quand ça ne va pas, ils trouvent des touches de malades. Par rapport au match Aller, je les ai trouvés encore meilleurs. »

Thomas Camy : Ils ont une bonne mêlée mais ils trichent un peu

Le talonneur, qui faisait banquette depuis plusieurs matchs, est rentré très tôt suite à la sortie de Prétorius qui s’était imposé par sa force en mêlée et une meilleure justesse des lancers. Le jeune béarnais, est pourtant un combattant hors pair et son abattage est impressionnant. « C’est difficile de rentrer dans un match comme ça mais j’étais content de jouer. On s’est montré solidaires, je pense, face à une équipe qui est en place. » Comme au match Aller la mêlée tarbaise s’est faite beaucoup sanctionner. « Ils ont une bonne mêlée, on le savait mais ils trichent un peu. En seconde mi-temps, on a réussi à trouver une solution et on a gagné deux ou trois pénalités. » Honnête jusqu’au bout Thomas Camy engage sa responsabilité sur certains lancers où souvent, c’est aussi le bloc de saut qui est en cause. « Il y en a deux, c’est pour moi, je ne lance pas droit. » Mais aussitôt il se projette sur le match suivant. « Maintenant il faut repartir à l’entraînement lundi et avoir pour objectif Fleurance. »

Albain Méron : Quelque part ils ont été intouchables

Le capitaine qui est à côté prend aussitôt la défense de son talonneur. « Personne n’est responsable, c’est collectif ». Preuve que la solidarité dans ce Groupe n’est pas un vain mot. Mais cette solidarité, qui a fait ses preuves jusqu’ici, notamment en déplacement, n’a pas suffit face à une grosse équipe de Blagnac. « Quelque part, ils ont été intouchables. On a essayé de mettre en place ce qu’on avait dit mais il y des matchs où on se sent impuissants et celui-là, en fait partie. On a essayé de mettre notre jeu en place et au début de la seconde mi-temps, on a eu un semblant de révolte pour renverser la vapeur. Mais ça n’a duré que quelques minutes et après, ils ont remis la main sur le ballon. Dans l’intensité, dans l’agressivité, on aurait pu être un ton en dessus mais sinon, je ne vois pas trop ce qu’on a à se reprocher. On a subi contre une équipe de Blagnac qui était très bien en place, autant en attaque qu’en défense. On a beaucoup subi. Quand on avait le ballon on a reculé. » Le troisième ligne se refuse à chercher les excuses de la fatigue. « C’est sûr que le match à Saint-Sulpice n’était pas facile et on y a laissé des plumes. Après, on ne va pas se cacher derrière ça. Ce n’est pas ce qui nous a fait perdre aujourd’hui. »

On va essayer d’aller chercher un maximum de points

Comme à Blagnac, la mêlée et les ballons portés, ont été la clé du match avec quinze points pris au pied. « Oui, en mêlée, on a été beaucoup sanctionné. Chaque fois qu’ils avaient une pénalité dans notre camp, ils l’ont tenté. Ils ont été plutôt en réussite et c’est comme ça, qu’ils ont construit leur victoire. » De plus les Tarbais n’ont pas su concrétiser plusieurs pénaltouches près des lignes par manque d’attention. « Peut-être un peu de fatigue, de concentration, je n’ai pas de réponses. » La prise de parole du Président a réconforté des joueurs sonnés par le scénario du match et leur impuissance. « Il nous a dit qu’on ne s’était pas sorti, avec ses mots, qu’on n’était pas passé à côté et je pense un peu pareil. On a reçu une équipe qui était meilleure que nous. » Le capitaine veut rebondir très vite. « Maintenant, il faut assumer, voir ce qui n’a pas été et voir ce qu’il faut faire pour aller chercher des points ailleurs. On sait qu’on est attendu à chaque fois. On ne va pas tout réinventer maintenant. On va continuer sur ce qui fonctionne, on va essayer d’éviter ce qui fonctionne un peu moins et on va essayer d’aller chercher un maximum de points. »

Yannick Vignette : On n’a pas pu défendre nos chances à 100%

Le manager comptait beaucoup sur ce match pour recoller au classement et la désillusion est cruelle même s’il reconnait la supériorité de son adversaire. « Cette équipe de Blagnac est très bonne. Elle est très en place et elle possède d’excellents joueurs sur des postes clés. On est tombé face à une très belle équipe. » Pour autant l’ancien demi-de-mêlée regrette la programmation de ce match un vendredi après avoir joué le dimanche. « Jouer deux matchs à quatre jours d’intervalle n’est pas réaliste. L’investissement, la volonté, on les avait mais il nous manquait l’énergie physique sur ce match. On n’a pas vu notre vrai visage. On n’a pas pu défendre nos chances à 100%. Les joueurs étaient encore cramés. Il a fallu, pendant ces quatre jours, récupérer, s’entraîner et préparer le match. Ce n’est pas possible et on l’a vu face à une équipe qui est demi-finaliste l’an dernier et qui a montré qu’elle est un cador de la Division. Ils ont été solides, appliqués et concentrés dans tous les secteurs. C’est un bon exemple et on a vu vers quoi il fallait tendre. » Yannick Vignette, comme ses joueurs, semble abattu mais il veut se servir de cette expérience douloureuse. « C’est un moment difficile, pas agréable à vivre mais c’est ça le sport avec des moments de joie et des moments plus délicats. Dans la construction, il faut aussi passer dans des moments comme ça. A nous de construire dans l’avenir pour ne plus vivre de pareilles désillusions. »

Blagnac a réussi le match parfait et nous a fait déjouer

L’entraîneur n’a pas digéré ce match avancé pour raisons télévisuelles. « On n’avait pas l’énergie et la vélocité qu’on a d’habitude. On était un peu en dedans, empruntés et c’est légitime par rapport au peu de temps qui a séparé les deux combats. » D’autant que le cinq de devant au complet avait joué pendant 86 minutes. « Ce n’est pas ça, parce je les ai sentis sans énergie d’entrée de match. On n’a pas eu un coup de barre à la 60ème par exemple. Non, on ne peut pas faire deux matchs de rugby en quatre jours. Même à la Coupe du Monde, ils ne le font pas, avec des équipes préparées. » Le regret est d’autant plus grand que Yannick Vignette, après une défaite injuste contre Albi, croyait malgré tout à un exploit. « On savait que ça allait être très, très dur, mais on n’avait pas envisagé ce scénario. Rien ne s’est passé de façon favorable même s’il faut reconnaître que Blagnac a réussi le match parfait et qu’ils nous ont fait déjouer. Ils ont été patients, ils ont construit le score. »

Jean-Jacques Lasserre