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Retour sur Tarbes-Albi

lundi 9 décembre 2019 par Rédaction

Un arbitrage à caution sur les mêlées

Impossible de gagner un match sans mêlée et ça s’est avéré une fois plus, mais cette fois, semble-t-il, avec la connivence arbitrale. A chaque mêlée, les Tarbais ont été pénalisés, ce qui a permis aux Albigeois d’inverser la pression avec des pénaltouches suivies de ballons portés et des pénalités à zéro passe. Neuf points ont été marqués ainsi… Alors que les Tarbais eux ont dû se peler leurs pénalités en faisant du jeu. Pour revenir à M. Darche et à son arbitrage à charge sur les mêlées, le sentiment des supporters a été conforté par les photos et les témoignages des joueurs. Malgré les piliers en travers ou à genou et les hors-jeu de la troisième ligne d’Albi, M. Darche n’a sanctionné que les Tarbais. De plus, la première ligne albigeoise ne respectait jamais les distances règlementaires selon Prétorius, dont l’expérience dans ce secteur ne peut être mise en doute. Lionel Terré et le staff tarbais étaient furieux contre l’arbitrage et entendaient, sur le coup de la colère, monter un dossier pour l’envoyer à la Commission des Arbitres de la Fédé. A noter, toutefois l’indulgence de M. Darche qui aurait pu sortir un carton rouge contre Woki au lieu d’un carton jaune. Mais à ce compte là Nabaro, rouge pour une manchette au visage de Duny, ou rouge pour un second carton jaune ; Guillaume, carton jaune minimum, pour un placage au cou sur Jauzion, et Boulogne pour un placage en l’air sur Lhusero, n’ont pas été du tout sanctionnés. Sans compter les multiples hors-jeu de ligne dénoncés par le staff tarbais.

Les réactions d’après match côté albigeois

Au coup de sifflet final, les Albigeois, qui venaient de battre sur son terrain un adversaire qu’ils redoutaient, n’ont ni crié, ni levé les bras au ciel, réactions normales et logiques dans un tel contexte… Preuves qu’ils ont eu conscience que cette victoire n’était peut-être pas totalement méritée, à l’image de Maxime Escur. Alors qu’Arnaud Méla, a peut-être vu son équipe plus belle, qu’elle ne l’a vraiment été à Trélut.

Maxime Escur : Tarbes m’a vraiment impressionné

L’ex-pilier tarbais ne cachait pas sa satisfaction d’avoir gagné face à ses anciens coéquipiers. « Ça fait plaisir, comme n’importe qui, qui vient, avec son nouveau club, gagner contre son ancien club. » Mais aussitôt Maxime Escur rendait hommage aux Tarbais. « J’ai vu une équipe de Tarbes, très combative qui m’a impressionné vraiment. Quand j’y étais, il y avait des erreurs de jeunesse mais là, malgré leur jeunesse, ils les ont rectifiées. On a vu un grand Thomas Lhusero ce soir. » Le Gaucher confirme l’impression de la fin de match et il a l’humilité de le reconnaître. « Ça n’a pas tourné en leur faveur mais c’est la vie, c’est le rugby. J’ai été très impressionné par cette équipe de Tarbes. Ils n’ont pas à être déçus de leur match. » Un match qui s’est joué sur la mêlée, notamment. « Oui, ça s’est un peu joué sur les mêlées », reconnaît l’ancien tarbais. « On va dire que sur les premières mêlées, on a réussi à avoir des pénalités en début de match et c’est ça qui fait le résultat à la fin. Après est-ce-que c’est vraiment ça, il y avait tout le collectif qui est derrière. Tout le monde était bien concentré. On savait pourquoi on venait et on l’a eu. Je pense qu’on peut être fier de ça, face à très belle équipe. »

Arnaud Mela : Sans la mêlée on ne gagne pas

Le Manager avoue :« On a eu des soucis de conquête en touche offensives et défensives en première mi-temps, ce qui ne nous a pas permis d’appuyer dans les moments où on a été dans les 22 mètres adverses. On a rectifié ça, ce qui nous a amené un peu plus de sérénité. » Pour lui le match aurait dû se décanter beaucoup plus dur pour s’éviter une fin de match difficile. « Après, il nous manque de la maîtrise. On marque un essai, parce qu’on joueur va faire une faute. On fait un lancement où on fait beaucoup d’avancée et il y a un joueur qui perd le ballon. Des détails, qui font, qu’à la fin du match on doit défendre un 12-6 alors qu’il devrait y avoir 19 ou 20. » ArnaudMela confirme que ce match à Tarbes était un véritable test qui va beaucoup apporter. « Pour nous, c’était vraiment un match très important. C’est le premier match où il y avait une pression de jeu contre une équipe qui est du même niveau. Pour nous, c’était une grosse expérience de venir faire un grand match ici et on va en tirer beaucoup de conclusions. On a eu un score à gérer, de la pression, c’est un match qui est très important pour notre Groupe. » L’ancien seconde ligne reconnaît l’importance la mêlée sur le résultat. « Notre mêlée a pris le dessus et sur un match comme ça, on peut faire ce qu’on veut, mais sans la mêlée, on ne le gagne pas. C’était primordial et je suis très content de l’état d’esprit de toute l’équipe et de notre conquête. »

Les réactions du côté tarbais

Un sentiment de frustration et de fierté régnait dans le vestiaire tarbais, après les interventions du Président et du Manager qui les avaient félicités pour leur engagement et le jeu produit. Un match perdu mais qui donne le sentiment qu’avec un arbitrage « normal », il aurait pu être victorieux. L’équipe a montré qu’elle pouvait rivaliser sur le terrain, contre ce qui se fait de mieux dans la Poule et en Fédérale 1 et contre un club à 100% professionnel.

Lionel Terré : On ne peut rien reprocher aux joueurs

La colère avait eu le temps de retomber mais le Président n’a pas caché ses sentiments. « Je suis très déçu, par rapport à l’engagement des joueurs à qui on ne peut rien reprocher. Il nous manque un petit quelque chose qui ne tourne jamais en notre faveur. » Un petit quelque chose qui a irrité l’ancien demi-de-mêlée. « Je ne râle jamais contre l’arbitrage, mais là, les seules pénalités qu’il nous donne, c’est l’arbitre de touche qui les signale, sinon, il ne donne rien. » Très sportivement Lionel Terré souligne : « Je veux rendre hommage à cette équipe d’Albi qui est propre dans tout ce qu’elle fait et qui joue la montée. On sera leur premier supporter mais là, il y avait moyen de faire un peu mieux. » Le Président a aussi une pensée pour les supporters. « Je veux remercier le public tarbais qui est venu en masse et j’espère que le match leur aura plu malgré la défaite et qu’ils continueront à nous soutenir parce qu’on a une belle équipe en devenir. » Une équipe qu’il faudra conserver pour bâtir sur un socle solide et sain et le Président va prochainement s’y atteler. « Maintenant qu’on arrive à la fin des matchs Aller, on va commencer à travailler pour l’année prochaine. » 

Albain Méron : On ne s’est pas sorti

Le capitaine, malgré sa blessure sur un coup de tête involontaire au visage, est resté toujours présent aux côtés de ses coéquipiers. A l’échauffement d’avant match, il tenait les boudins à placages et il était présent, mine fermée et visage tuméfié, dans les vestiaires. Laisser ces troupes seules, lors du premier gros match de l’année, n’a pas été facile à vivre pour lui. « C’est toujours plus dur d’être dans les tribunes que sur le terrain, car il y a beaucoup plus de stress. » Mais il est fier du comportement de son équipe. « On ne s’est pas sorti, on a été vaillant contre une équipe d’Albi qui est en place. On le savait mais ça n’a pas penché en notre faveur. Donc on ira chercher des points ailleurs. »

Ulrich Prétorius : C’est la première de ma carrière que je vois ça

Le talonneur, en tant que Sud-Africain, connait la mêlée et ses règles par cœur et il était écoeuré par l’arbitrage. « Plusieurs fois j’ai dit à l’arbitre qu’ils avançaient trop pour se mettre en mêlée. Il y a des règles et il faut respecter les distances. L’arbitre ne disait rien et il leur donnait un avantage. Chaque fois ils avançaient et l’arbitre nous pénalisait. Il y a des règles à respecter et là l’arbitre leur donnait un avantage sur nous. » Quand on lui pose la question sur les mêlées sanctionnées Ulrich Prétorius sourit. « Je pense qu’il les aimait plus que nous, c’est tout. Pour moi, ce n’est que ça. Ils n’étaient pas mieux que nous. Je me demande si l’arbitre connaît les règles ou pas et je trouve ça fou. C’est la première fois dans ma carrière que je vois ça. Que l’arbitre ne fait pas respecter la distance des marques. Si elles ne sont pas respectées l’arbitre doit dire recule, lorsqu’ils dépassent la marque. Il ne leur disait rien mais il nous pénalisait nous. » Le bon comportement de l’équipe ne satisfait pas le Sud-Africain qui est très déçu d’avoir perdu. « Non, parce qu’on cherchait la victoire. On ne peut pas dire qu’on perd sur une faute individuelle. Tout le monde a vu ce qui s’est passé et sait qu’on vaut mieux que ça. Collectivement, on vaut mieux que ça. On est une équipe qui avance depuis le début de la saison. Le prochain match il faudra faire mieux que là. On a eu des opportunités qu’on n’a pas su utiliser. » Le point de fierté c’est d’avoir mis en échec la meilleure attaque de la Fédérale 1, avec ses 59 essais. « Bravo, pour la défense de toute l’équipe. On n’a pas pris un seul essai mais je pense qu’on vaut mieux que ça. On est une équipe jeune et je pense qu’on va continuer à monter notre niveau. »

Marvin Woki : On n’a rien du tout à leur envier

Le solide seconde ligne n’a pas été impressionné par les Albigeois. « Non, ils étaient prenables, ils étaient vraiment prenables. On n’avait rien à leur envier. On a joué notre jeu, après, on a commis beaucoup d’erreurs, ce qui nous a coûté le match. Mais sur le reste, on n’a rien du tout à leur envier. » Martin Woki reconnaît que c’était le match le plus dur, physiquement, de la saison. « Oui, physiquement c’était dur, au niveau des impacts aussi. Il a fallu qu’on courre plus pour les déplacer parce qu’ils étaient beaucoup plus lourd que nous. Ça s’est joué à pleins de petits détails. » Marvin Woki pensait déjà au match Retour. « A nous de faire des efforts pour aller chercher des points chez eux et je crois que c’est ce qu’on va faire. »

Grégory Marmoiton : L’arbitre a dû se dire que ce n’est pas lui qui trichait

Le pilier tarbais n’a pas non plus compris les décisions arbitrales où il se faisait pénaliser, sur chaque mêlée, face à Toetu. « L’arbitre me disait que je poussais en travers. C’est l’arbitre qui pensait ça et j’ai demandé à Williams, le capitaine, de dire à l’arbitre de regarder les pieds du droitier qui étaient déjà orientés vers l’intérieur de la mêlée. Vu que c’est un joueur qui vient du haut niveau, l’arbitre a dû se dire que ce n’est pas lui qui trichait. » Outre la mêlée qui a pesé sur le résultat Grégory Marmoiton regrettait de ne pas avoir remis Albi à sa place. « Ils avaient annoncés beaucoup de choses dans la Presse et on avait à cœur de leur prouver le contraire et de prendre les 4 points. »

Valentin Paget : Ils ne sont pas imprenables

Le jeune troisième ligne avait changé son look et remplacé son casque par une coiffure tressée à l’Africaine et un bandeau qui le rendaient méconnaissable. « Les deux équipes ont fait un bon match. Ce qui fait la différence, c’est qu’ils ont été plus précis que nous. On tombe trop de ballons et qu’on est un peu trop indisciplinés, je pense. Contre une équipe comme Albi qui envoie du jeu et qui est en place, plus on fait de fautes, plus on perd de ballons et plus derrière, ils arrivent à planter des points. C’est ça qui fait la différence. » Malgré un match et demi dans les jambes et deux mois sans jouer l’ex-Montpelliérain a joué 80 minutes. « Après chaque entraînement je faisais un peu de cardio supplémentaire donc j’ai réussi à garder mon rythme. Je pense que j’ai été dans le match et ça s’est bien passé personnellement. » Lui non plus n’a pas été impressionné par le leader qui a fait la différence sur son expérience face aux jeunes tarbais. « Physiquement ça tape, ils sont en forme, on sent que c’est une équipe professionnelle mais ils ne sont pas imprenables. La différence se fait surtout techniquement à ce niveau là. »

William Pees : Ça se joue, à rien du tout

L’ouvreur se ressentait encore physiquement de son placage à retardement non sanctionné. Lui aussi a le sentiment d’être passé de peu à côté d’une victoire. « La marge est très faible. On est à une action de faire basculer ce match à la fin et de remporter ce match. Ça se joue, à rien du tout. On n’est pas assez serein sur nos phases de conquêtes pour faire la différence. Albi, c’est une force tranquille. En touches, en mêlées, ils sont sereins. Ils ont leurs ballons et ils peuvent les trier. Ça avance et c’est beaucoup plus simple de jouer dans ces conditions là. On est très bon en touche mais on n’est pas assez serein. Après, c’est normal parce qu’on est en train de construire l’équipe. Eux, ça fait deux ans qu’ils ont la même équipe qui est prête à monter. Nous on construit et on voit qu’on n’est qu’à six points d’eux. Un essai ce n’est rien. » L’ouvreur, très sportivement reconnaît. « On est frustré de ne pas gagner mais je trouve que, sur ce match, ils méritent de le gagner. Ils ont été plus constants, ils ont affiché beaucoup de sérénité qui leur permet de ne jamais trop douter même si à la fin, on leur met le feu. On leur met la pression dans leurs 22, il y a des relances dans tous les sens et on a des opportunités. Ça se joue, à rien que ça ne perce et que ça marque mais ils rattrapent tout le temps le coup et ils ont réussi à tenir.

Léandro Pérez : On a fait un bon match et ça se joue, à rien

Le troisième ligne a lui aussi des regrets. « C’est de ne pas avoir concrétisé les temps forts qu’on a eu. On a perdu pas mal de ballons quand on a mis en place nos séquences de jeu. Les deux équipes étaient bien en place au niveau de la défense. On a été trop pénalisé et c’est à voir à la vidéo, si on a commis autant de fautes. Sinon, on a fait un bon match et ça se joue, à rien. On peut marquer sur une pénaltouche à la fin mais on perd le ballon. J’ai le sentiment que ça se joue, à rien. »

Yannick Vignette : C’était incroyable, c’est un truc de fous

Le Manager n’a pas grand-chose à reprocher à son équipe. « On a vraiment répondu présent, sensiblement à tous les niveaux. Après on a manqué de maîtrise à certains moments en touche, ce qui ne nous a pas permis de faire basculer la rencontre. Il nous a manqué un éclair pour débloquer la situation. C’était un match très neutralisé, défensivement, par les deux équipes, avec deux défenses très hautes. Ça a beaucoup plaqué, avec beaucoup d’en avants provoqués par l’agressivité défensive. » La frustration vient de l’arbitrage à sens unique de la mêlée en faveur d’Albi. « On a joué beaucoup de mêlées et on a été beaucoup pénalisés et ça a eu un impact sur l’ensemble du match » analyse Yannick Vignette. « C’est râlant parce que si on avait été bien arbitré, on pouvait gagner. Si les pénalités sont équilibrées sur les mêlées, on pouvait gagner. Alors que là, c’était toutes les pénalités contre nous. C’était incroyable, c’est un truc de fous. » Malgré tout les Tarbais sont restés maîtres de leurs nerfs et y ont cru jusqu’au bout. « Je suis hyper content de mes joueurs. Ils ont encore été exemplaires. Ils ont fait le match qu’on attendait d’eux. Ce que je retiens, c’est qu’on n’a pas pris d’essai. On a été valeureux, on a été vraiment dans l’état d’esprit de faire les choses bien. Il nous a manqué ce petit plus et l’étincelle pour faire basculer le match de notre côté. »

Christian Etchebarne :

L’arbitrage a été catastrophique mais les joueurs ont donné le maximum

L’entraîneur était lui aussi partagé entre déception, satisfaction et frustration. « Je suis déçu de la défaite qui nous pénalise comptablement, mais je suis satisfait du comportement des joueurs qui ont donné le maximum. Le fait de ne pas prendre d’essai montre la détermination de ne rien lâcher de cette équipe. C’est le point positif de ce match. » Le technicien relève  : « On a manqué de précision sur certains secteurs du jeu qui nous ont pénalisé pour mettre notre jeu en place. Il faut qu’on se serve de cette défaite, qui est riche en enseignements. » Si l’ancien demi-de-mêlée était focalisé sur l’arbitrage de la mêlée, l’ancien centre faisait une fixation sur les hors-jeu qui ont empêché les Tarbais de mettre leur jeu en place. «  L’arbitrage a été catastrophique au niveau des montées défensives au milieu de terrain. Ils sont hors-jeu de quatre-cinq mètres à chaque fois. Junior (Nuu) partait profond pour l’éviter parce qu’on savait qu’ils montaient forts. Et là, pour le prendre avec le ballon, il fallait qu’ils partent hors-jeu et ils n’ont pas été sanctionnés. » Mais le problème de l’arbitrage des mêlées a également pesé sur le système de jeu tarbais. « Ce sont les meilleurs lancements. Et là, on n’a eu aucun ballon à jouer après mêlée », constate, désabusé, l’entraîneur des trois-quarts. Pour autant il reconnaît la valeur de l’équipe albigeoise. « L’arbitre ne nous a pas trop aidé mais après on sentait une équipe d’Albi bien en place et puissante. » 

Jean-Jacques Lasserre