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Manifestation contre la réforme des retraites : 8 à 10 000 personnes défilent à Tarbes

jeudi 5 décembre 2019 par Rédaction

VIDEO MICHEL BONNET

La vidéo de Michel Bonnet

A l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-CFE CGC, Solidaires-UNSA, 8 à 10 000 manifestants ont traversé ce jeudi matin le centre-ville de Tarbes, de la place de Verdun à la bourse du travail pour protester contre la réforme des retraites du gouvernement et défendre le système de retraite par répartition. Le Comité des Travailleurs Privés d’emploi ou précaires était présent aussi, aux côtés de nombreux agents du service public, de salariés du privé, comme ceux de l’usine Toupnot de Lourdes, de retraités et de gilets jaunes. Pendant la manifestation, des chants du mouvement social ont retenti, comme Le chiffon rouge, l’internationale ou Bella Ciao.

A l’issue de la manifestation, une assemblée générale a eu lieu à la Bourse du Travail. Une action été décidée ce jeudi à 15h au péage de l’autoroute Ouest à Ibos. La CGT des Hautes-Pyrénées, de son côté, invite tous les salariés et les agents à se réunir vendredi sur leur lieu de travail pour décider ensemble des suites à donner au mouvement. D’ores et déjà, la CGT des Hautes-Pyrénées appelle à une autre manifestation samedi matin à 10h, entre la place de Verdun et la Bourse du Travail à Tarbes, avec un mot d’ordre : le retrait du projet Delevoye et du décret sur la Transformation de l’assurance chômage.

Déclaration intersyndicale du 05/12/19
CGT, FSU, Solidaires, FO, UNSA, CFE-CGC

FSU

Nous refusons en bloc la retraire universelle par point.

Cette contre-réforme fait suite aux différentes attaques, casse de l’indemnisation chômage, réduction des APL étudiants, purge de la sécurité sociale et des hôpitaux publics, et la liste est encore longue. Il s’agit d’une attaque de notre modèle social et solidaire purement idéologique et financière.

« Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions » : c’est ainsi que le candidat Macron s’adressait aux Françaises et aux Français au cours de sa campagne pour les élections présidentielles de 2017. Pourtant, deux ans plus tard, en plein mois de juillet, son gouvernement rendait public le cadrage d’une nouvelle contre-réforme sur les retraites ! Nous avons un des meilleurs systèmes de retraite au monde, si ce n’est le meilleur. C’est celui d’une généralisation de la protection de l’ensemble de la population et d’une solidarité entre les générations. Mais, déjà considérablement fragilisé par les politiques des gouvernements successifs de notre pays, soumis aux diktats sans équivoque de la finance, ce système, Emmanuel Macron a décidé de l’anéantir, par pure idéologie.

Notre bien commun se voit désormais livré à une privatisation rampante par la mise en place progressive d’un système de points dont la valeur sera assujettie à la croissance et à l’économie de notre pays. A son tour, le gouvernement Macron remet en cause le principe de retraite par répartition. Derrière son idée d’équité entre public et privé, sa réforme ne fera que réduire encore davantage le montant des pensions, qui seront soumises à de perpétuels ajustements en vue d’équilibrer les finances publiques. Sous couvert de responsabilité individuelle, ce gouvernement continue le démantèlement orchestré par ceux qui l’on précédé, en diminuant la part des dépenses socialisées et en remettant en cause les mécanismes de la redistribution. Aujourd’hui, la situation est loin d’être parfaite mais nous savons au moins quels sont nos droits en fonction de nos cotisations. Demain, nos droits changeront en fonction des valeurs d’achat et de service du point, valeurs déterminées chaque année par le gouvernement, selon des critères que personne ne connaît aujourd’hui ! Comme pour l’assurance chômage, la santé, les prestations familiales et les allocations logement, c’est le ministère de l’économie qui aura la main pour réduire le montant ou le nombre de bénéficiaires.

Par rapport à ce curieux inventaire comptable, l’âge légal de départ devient même dérisoire. Actuellement, déjà, à 60 ans, une personne sur deux en France est en maladie ou au chômage ; où est son choix ? Pour ceux et celles qui iront au-delà, leur seul choix sera entre une faible pension à l’âge légal actuel de 62 ans, et un départ retardé avec, en définitive, une pension à peine plus élevée. Et à quel taux ? A taux plein, vraiment ? Aujourd’hui, le taux plein, c’est 75 %, qui intègre retraite de base et complémentaires obligatoires. 75% !

FO

Demain, comme le montre le rapport Delevoye, pour toutes les personnes ayant cotisé 42 ans, ce sera 75% de l’ancien salaire pour un smicard, moins de 60% pour un salaire moyen et à peine plus de 50% pour un cadre.

Quid des travailleurs indépendants qui, à l’évidence, ne cotiseront pas pour les mêmes montants ? Quid de ceux et celles qui, de toute façon, n’auront pas les moyens de cotiser beaucoup, ces salariés ubérisés, au temps de travail très partiel ?

Une des mesures phares du projet fonde le calcul de la retraite sur l’ensemble de la carrière professionnelle des individus, non plus à partir des 25 meilleures années pour le privé et des 6 derniers mois pour le public. Déjà, en 1993, avec la réforme Balladur, dans le privé, nous sommes passés des 10 meilleures années aux 25 meilleures années, ce qui déjà augmentait l’impact des périodes les plus défavorables dans la détermination de la pension. Or, les carrières courtes ou heurtées concernent particulièrement les femmes. Elles sont les plus nombreuses à travailler à temps partiel, à interrompre leur parcours professionnel pour élever leurs enfants, à devoir se contenter de contrats précaires, à avoir des rémunérations moins élevées liées aux métiers qu’elles exercent (comme l’aide à la personne, l’éducation, la santé). Avant de nous faire croire à une réduction des inégalités de pension entre les hommes et les femmes, encore faudrait-il que ces dernières soient payées comme les hommes durant leur activité professionnelle

Aujourd’hui, les périodes d’inactivité liées aux aléas de la vie, dues au chômage, à la maladie, à une invalidité, mais aussi à une maternité, entrent dans le décompte des trimestres. Demain, avec une retraite à points, ces périodes ne généreront plus de droit. Elles seraient en partie financées par l’impôt. Nous passerions ainsi de droits acquis pour tous et dues à tous, à un système d’aides sociales soumises à des conditions de ressources et susceptibles de fluctuer.

Le gouvernement veut également adapter l’âge de départ à l’augmentation de l’espérance de vie moyenne. Rien de plus inégalitaire dans un pays où l’espérance de vie de ses habitants continue de dépendre fortement de leurs conditions de vie, de travail et de revenu. En France, l’écart d’espérance de vie entre un cadre et un ouvrier est de six, voire le double pour ceux qui ont exercé parmi les métiers les plus exposés aux risques professionnels. Dans les faits, allonger la durée de cotisation, reculer l’âge de la retraite reviennent à priver les salariés les plus modestes du droit à une retraite en bonne santé.

De même, les régimes spéciaux sont le fruit de l’histoire des conquêtes sociales de notre pays, au même titre que les conventions collectives dans le privé. Faire de la fin de ces régimes un enjeu central de la réforme au prétexte spécieux de retrouver une égalité perdue, relève du leurre et de la stigmatisation des salariés concernés. Il n’est pas normal qu’un conducteur de bus du Havre parte plus tard à la retraite que celui de Paris. Supprimer ces régimes n’est qu’un choix politique de démolition des statuts et des garanties collectives, tirant vers le bas les droits de toutes et de tous.

SOLIDAIRE

Le recul organisé depuis trente ans de l’assurance maladie obligatoire a permis à un maquis de complémentaires santés privées l’ouverture d’un espace qui ne cesse de croître. Les pensions publiques, elles, n’étaient pas encore assez faibles pour permettre un réel développement d’une épargne retraite par capitalisation. C’est pourquoi le projet Delevoye prévoit de plafonner la retraite des cadres supérieurs ainsi que de nouveaux avantages fiscaux pour les inciter à s’orienter vers le privé. La loi PACTE introduit ainsi les modifications législatives nécessaires à cette orientation. Une manière comme une autre de convertir notre système de prévention en produit financier. Des minima de survie pour les plus pauvres, une capitalisation supplémentaire selon les revenus pour d’autres, et la protection du patrimoine pour les plus fortunés : voilà le seul avenir que nous réserve ce gouvernement !

Enfin, le projet de loi prévoit tout simplement de figer la part des retraites dans les richesses du pays. En effet, actuellement, celle-ci représente 14% du P.I.B. français. Pour le gouvernement actuel, dans 30 ans, ce seront aussi 14% du PIB. 14% au maximum. Sauf que dans trente ans, il devrait y avoir au moins 35% de personnes de 65 ans dans notre pays. Le résultat est mécanique : beaucoup plus de retraités pour une manne identique.

Finalement, ce dernier aspect de la contre-réforme pose la vraie question : s’il y a plus de personnes âgées à mettre en sécurité sociale, il est normal de mettre plus d’argent dans notre système de retraite. Et c’est possible, avec une politique résolument tournée vers l’emploi et les salaires. Notre salaire net est peut-être ce qui nous fait vivre jusqu’à la fin du mois mais notre salaire brut, lui, nous fait vivre toute notre vie et garantit notre accès à la santé, aux droits familiaux et à la retraite. Rien que d’appliquer véritablement une égalité salariale entre les femmes et les hommes rapporterait près de 7 milliards d’euros supplémentaires à la Sécurité Sociale. Augmenter le taux de cotisation simplement de quelques dixièmes de points par an assurerait de fait la pérennité du système. Mettre un terme aux exonérations de cotisations sociales patronales permettrait de récupérer près de 20 milliards d’euros. Taxer les profits financiers rapporterait 30 milliards d’euros par an, alors que notre économie est au premier rang quand il s’agit de distribuer des dividendes aux actionnaires.

Alors, que voulons-nous ?

- Un départ à la retraite à 60 ans à taux plein et un revenu de remplacement à 75% d’un revenu net d’activité calculé sur les dix meilleures années, et rien au-dessous du SMIC.

- Prendre en compte la pénibilité des métiers pour étendre les dispositifs de départ anticipé existants.

- Intégrer au système les années d’études et de formation.

- Indexer les pensions sur les salaires et non sur les prix.

Non, notre système de retraite ne peut faire faillite car il est lié à notre travail. Tant qu’il y aura des salaires, notre retraite sera garantie. Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, lui-même, le reconnaît : « Notre système de retraite permet de garantir à nos retraités un niveau de vie satisfaisant, tant en comparaison du reste de la population française qu’au regard de la situation qui existe chez nos voisins européens ». Ses comptes sont presque à l’équilibre. Alors qu’est-ce qui justifie un tel acharnement ?

CGT

Le gouvernement actuel, comme ceux qui l’on précédé, considère la protection sociale comme une charge, une dépense qu’il faut réduire. Nous, nous considérons la retraite, la santé, comme des investissements qu’il faut développer. Ils sont les symboles d’une société moderne, évoluée, qui protège ses citoyens de la pauvreté et de la maladie. Et si le système actuel de protection sociale doit évoluer, il n’est nullement nécessaire d’en changer les fondements.

Si le projet du gouvernement voit le jour, disparaîtra purement et simplement la retraite issue de la Sécurité Sociale telle que nous la connaissons depuis sa création, ce système avant tout redistributif qui donne plus à celles et ceux qui ont moins en gommant les accidents de carrière, en attribuant un meilleur taux de remplacement aux salaires les plus faibles. Un système redistributif, non contributif. Un système qui part du principe que si l’on ne peut plus travailler quelle qu’en soit la raison, on doit avoir une continuité de droits pour vivre dignement.

Ensemble, nous devons toutes et tous combattre cette nouvelle contre-réforme, cette nouvelle régression sociale, car tout le monde y perdra. Faisons de cette journée un point d’appui pour dire non à Macron et aux démantèlements qu’il nous prépare. Partout, prenons part aux mobilisations, d’où qu’elles viennent, quelle que soit la forme qu’elles revêtent. Pour obtenir le retrait de ces projets infâmes, il nous faudra sortir des sentiers battus et des journées d’action isolées et divisées. La contestation peut prendre de nombreuses formes pour dès personnes qui ne se mobilisent pas nécessairement lors des journées d’action syndicales. Les jeunes qui mettent en cause un système capitaliste menant la planète à l’épuisement sont aussi ceux et celles qui vont se trouver demain confrontés à devoir être toujours plus productifs, à travailler toujours plus longtemps. La seule manière de remettre en cause les projets annoncés est de mettre ensemble nos colères, nos revendications, nos mobilisations, nous battre ensemble pour changer nos conditions d’existence et de vie, dignes enfin !