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Avant Graulhet-Tarbes

vendredi 6 septembre 2019 par Rédaction

Entretien avec Jean-Christophe Bacca, l’entraîneur du SCG

L’entraîneur du Sporting Club Graulhétois, a fait toute sa carrière de joueur et d’entraîneur à Albi, avant de rebondir à Graulhet l’an passé où il a retrouvé les vraies valeurs du rugby après une mise à l’écart brutale de son club de toujours. L’homme est toujours aussi passionné et fait son travail d’entraîneur à fond, à côté de son métier retrouvé d’infirmier dans un Cabinet Médical.

Tarbes va être très compliqué à manoeuvrer

Un entraîneur rigoureux qui ne badine pas avec l’investissement. Justement, la venue de Tarbes sera un test capital au niveau de l’investissement et du combat. « Dans le rugby, il y a trois notions importantes auxquelles on ne peut pas déroger. Le combat, la préparation physique et la défense. Les trois sont liés, c’est un socle. Si on n’a pas les trois, on est en dange,r quel que soit le niveau où on joue, de la 4ème série jusqu’au Top 14. » Jean-Christophe Bacca a supervisé les Tarbais contre Tyrosse. « Sur ce que j’ai vu, c’est une équipe qui s’est préparée et qui est en place pour ce début de saison. C’est une équipe qui va être très compliquée à manœuvrer. » La jouer en début de saison n’est même pas un avantage selon l’entraîneur. « Je ne sais pas si c’est le cas pour Tarbes, vu la fin de saison dernière des Tarbais. Ils ont commencé un peu poussivement mais ils ont terminé en boulets de canon. Même si le Groupe a changé, il reste le sentiment de confiance qui s’est instauré. Je sais qu’il y a eu une grosse phase de préparation physique sur le début de saison. Sur ce que j’ai vu des matchs, c’est une équipe qui est prête. »

Cette année l’équipe est plus homogène

D’autant que Graulhet n’aura pas toutes ses forces vives pour ce premier match de la saison. « On a pas mal de blessés, on a quelques joueurs cadres qui ne seront pas là. Ils doivent rentrer cette semaine et je dois faire un point avec la commission médicale. Sur cette phase de préparation, on a eu quelques petits pépins, tendinites, entorses et deux jeunes prometteurs qui se sont faits les croisés » Mais au-delà du combat Graulhet dispose d’un atout de poids avec sa mêlée et des joueurs mobiles. « On est plutôt épais en première ligne, c’est sûr », avoue l’entraîneur qui prône aussi un rugby complet. « Mais j’ai aussi forcé le trait sur des joueurs longilignes, capables de se déplacer. Même si je trouve qu’ils ne se déplacent pas encore assez, mais on a fait ce pari là. » Malgré le départ de toute sa première ligne Graulhet n’a pas perdu au change grâce à un bon recrutement basé sur des joueurs du cru décidés à mouiller le maillot à un niveau supérieur. « L’année dernière, il y avait plus de disparités entre les joueurs. Cette année l’équipe est plus homogène et c’est d’ailleurs là-dessus qu’on l’attend. Je pense que cette saison, si on n’a pas de blessés, on devrait être plus difficile à manœuvrer que l’année dernière. Bien sûr, je ne dis pas qu’on va battre Tarbes, Albi, Blagnac et certaines équipes qui se sont données les moyens comme Pamiers qui monte de Fédérale 2 avec 1 M€ de budget, plus du double de Graulhet ! Fleurance, qui passe pour un Petit Poucet, a 680 000 € de budget… On est dans la tranche hyper basse de cette Fédérale 1 et donc c’est compliqué. Mais le Groupe est attachant et il est admirable. Les anciens restent pour ce que leur a apporté ce club et ceux qui nous ont rejoint, viennent parce qu’ils ont envie de connaître ce rugby, un peu de clocher.

Hausser notre niveau d’agressivité contre Tarbes 

Même si Graulhet, c’est dans l’ADN du club, s’appuie toujours sur un gros pack et sur le combat. « On a une bonne conquête. On n’a pas de problèmes particuliers en conquête. Il n’y a pas d’équipe qui peut nous poser vraiment des problèmes, tout au long d’une partie. Ça ne nous est pas arrivé d’avoir une équipe qui, du début jusqu’à la fin, nous posait vraiment de gros problèmes. Après, on a moins plus ou moins de qualités offensives et on manque un peu de liant en ce début de saison. Aprè,s on a un gros travail à faire encore sur l’agressivité défensive. Il faut qu’on travaille là-dessus car face à des équipes comme Tarbes, ça ne pardonnerait pas. Il faudra que dimanche on soit capable de hausser notre rideau défensif. » L’an passé, Graulhet avait failli dans ce secteur et c’est ce qui avait causé sa perte. « On n’a pas su mettre les ingrédients qu’ont su mettre des clubs de notre niveau, comme Fleurance et Saint-Sulpice, qui ont su monter leur niveau d’agressivité saine », reconnaît le technicien tarnais. 

Se recentrer sur la défense

Pour ce premier match, le Stade Noël Pelissou devrait attirer de nombreux supporters car le nom de Tarbes est toujours une valeur dans le rugby. « Graulhet, c’est une ville de rugby. La grosse force de Graulhet est là. Moi, je suis issu du rugby albigeois où j’ai passé 28 ans, et à Albi il y a du monde quand ça tourne. Si ça ne tourne pas, ça se réduit comme peau de chagrin. Alors qu’à Graulhet, il y a énormément d’aficionados qui sont accrochés sentimentalement à ce club. Il y a encore du monde alors que ça fait 4 à 5 ans que Graulhet ne gagne pas beaucoup de matchs. Et malgré tout, il y a toujours du public. Si on arrivait à réveiller ce club en gagnant les matchs à domicile, ça repartirait. C’est un club qui ne demande que ça. » Graulhet veut y croire La courte défaite de Lavaur à Tarbes prouve qu’avec beaucoup d’abnégation et de courage, on peut dérégler et faire déjouer une équipe qui venait d’inscrire 108 points et seize essais en trois matchs de préparation. Même si on venait de prendre 47 points peu avant contre Albi. Une équipe de Graulhet qui a du caractère puisqu’après un large échec « avec une équipe mixte » contre Mazamet, elle a remporté le match retour 17-14. Toujours en match de préparation, Les Tarnais ont fait match nul à Castanet 12-12 et ont perdu à Nafarroa 21-15. Une défaite qui montre le caractère de cette équipe qui était menée 14-0 et qui s’est fait battre en toute fin de match. Cette dernière sortie, programmée au bout d’un stage au Pays Basque, est un véritable choix pour jouer avec les règles de la Fédérale 2, sans les poussées en mêlée. « Je voulais montrer nos carences quand on ne peut pas s’appuyer sur la mêlée. Ça m’a permis de recentrer le débat en défense. Parce que quand on ne peut pas imposer notre conquête, ça devient très vite compliqué. Et je voulais travailler là-dessus. C’était très intéressant, car on a vu que sans la mêlée, on a du mal face à des équipes énormément joueuses. »

Le Petit Poucet de la Poule

L’an passé, la mauvaise saison de Graulhet est, en partie, due à de nombreuses absences qui ont fragilisé l’équipe. « A un moment donné, on s’est trouvé un peu exsangue car notre budget ne nous permet pas d’avoir un effectif assez important. On s’est retrouvé dans une Poule qui, à mon avis, était la plus compliquée de la Fédérale 1. On s’est retrouvé avec Valence-Romans et Blagnac, qui étaient en demi-finale du Jean Prat, mais aussi avec Aubenas, Narbonne, Nîmes et Rodez, qui fonctionnaient en mode Pro et qui s’entraînaient tous les jours. » Cette année Graulhet, à part Albi, Blagnac et Tarbes, se retrouve dans une Poule moins compliquée et plus intéressante. « On se retrouve dans une configuration où il y a beaucoup de derbys et c’est intéressant parce que ça va générer des recettes en plus qui vont peut-être nous permettre de passer un cap financier. » Une Poule plus géographique moins gourmande en frais de déplacement, qui va générer moins de dépenses et moins de fatigue. Mais le niveau rugbystique est toujours élevé. « On connaît toutes les vertus d’Albi, de Lavaur, de Tarbes, d’Oloron, de Pamiers, de Mauléon, de Lannemezan, de Bagnères et bien sûr, de Blagnac, de Saint-Sulpice et de Fleurance, qui étaient dans notre Poule. Ce sont des terres de rugby qui sont extrêmement compliquées à manœuvrer et on s’attend à être, encore une fois, le Petit Poucet de cette Poule. Mais on préfère cette Poule où on va jouer des équipes du Sud-Ouest avec beaucoup de derbys, plutôt que de repartir dans le Sud-Est où les déplacements étaient trop longs. »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre