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Projet de porcherie d’Ossun : le préfet apporte des précisions

mardi 30 juillet 2019 par Rédaction

“Il n’y aura pas de passage en force sur ce projet”

Suite aux articles de presse parus ces derniers jours, Brice Blondel, préfet des Hautes-Pyrénées estime important de repréciser un certain nombre de choses pour qu’il n’y ait pas de malentendus sur la manière dont est géré le projet de porcherie à Ossun. Il a apporté ce matin des précisions en conférence de presse.

Un projet conforme aux exigences de la règlementation

« La première chose que je veux repréciser avec vous aujourd’hui : l’arrêté d’enregistrement que j’ai pris au printemps est un arrêté qui constate de manière froide et neutre que le dossier présenté par le porteur de projet est complet par rapport aux exigences de la réglementation à l’exclusion de tout jugement sur l’opportunité du projet. C’est essentiel de bien comprendre cela. Je veux redire que ce dossier n’est pas le dossier du préfet. Je l’ai trouvé en arrivant. Ce n’est pas moi qui le porte, c’est Selec’Porc et la FIPSO. Je n’ai pas à prendre parti pour ou contre ce projet, je me borne à appliquer la loi et les textes. Ce dossier a été jugé complet et conforme par l’ensemble des services qui en ont assuré l’instruction. Bien sûr, il y a là-dedans des sujets qui peuvent être portés à appréciation. On peut ne pas être d’accord avec les conclusions que je tire de l’instruction du dossier et estimé qu’il n’est pas régulier, c’est bien simple : ça se conteste devant le tribunal administratif.

Pas sourds aux inquiétudes de la population

Les services de l’Etat ne sont pas absolument sourds à l’ensemble des inquiétudes exprimées localement. On en trouve d’ailleurs la traduction dans l’arrêté puisqu’il comporte un certain nombre de prescriptions qui vont au-delà de ce qu’oblige la réglementation et prévoit des mesures qui tiennent compte des craintes qui ont été exprimées : sur le bruit, sur les odeurs, sur la gestion de l’eau, sur l’épandage, etc. Une fois cet arrêté pris, j’ai souhaité ouvrir un espace de dialogue entre le porteur de projet et la population (élus, associations opposées au projet et le reste de la population). Le but de cet espace de dialogue c’est de mettre les parties prenantes en situation de discuter ensemble, de lever les inquiétudes, de répondre aux questions légitimes de la population et d’essayer de trouver des solutions pour faire en sorte que ce projet soit mieux accepté. La méthode ce sont des réunions de concertation où on prend les sujets un par un pour faire le point sur les questions qui continuent à se poser et sur les inquiétudes de la population. On a traité le sujet de la situation financière de l’entreprise Select’Porc – FIPSO avec des garanties et des engagements forts qui ont été pris par le porteur de projet. On a traité le sujet du risque sanitaire. On va continuer le travail avec les personnes qui voudront y participer pour regarder au plus près le sujet de la consommation d’eau et de l’inscription du projet dans l’économie locale. Le résultat de cette démarche c’est que les opposants au projet ne se sont pas saisis de cet espace de dialogue. Je le regrette parce que si l’on a des questions et qu’on veut y trouver des réponses, cette instance est faite pour cela. Aujourd’hui ce que j’entends de la part de la population d’Ossun, c’est un refus pur et simple de discuter du projet. Je le regrette.

On ne passe pas sur la tête des gens à coups de bulldozer”

Alors, quelles sont les perspectives qui s’ouvrent maintenant à nous ? La concertation doit aller à son terme. Une prochaine réunion sera programmée en septembre. On en tirera ensuite les conséquences et on fera le bilan. Je répète que cette concertation est une concertation entre le porteur du projet et la population. Le rôle de la préfecture maintenant n’est pas de prendre parti pour le porteur de projet ou pour les opposants au projet, c’est d’essayer de faire en sorte qu’on se parle, qu’on s’entende, qu’on s’écoute et qu’on recherche des solutions.

Pour l’heure, des contentieux sont introduits sur le permis de construire. De toute façon, le porteur de projet s’est clairement engagé lors de la dernière réunion de concertation à ne prendre aucune initiative en attendant le résultat de ce contentieux. On en a à priori pour plusieurs mois.

Pour la suite, je ne perds pas espoir que le porteur de projet et la population parviennent à chercher ensemble un terrain d’entente. Il n’y aura pas de passage en force sur ce projet. On ne passe pas sur la tête des gens à coups de bulldozer. Ce n’est pas l’objectif qu’on se donne. C’est pour ça que les pressions, les actions de force, les invectives sont inutiles et contre productives. Il ne s’agit pas d’une victoire d’un camp sur l’autre. L’idée c’est de se donner les moyens de se parler.

Interview avec les médias