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Retour sur Musique en Madiran

mardi 30 juillet 2019 par Rédaction

Les réactions d’après spectacle

Damaris Alsumard : Une très belle surprise

Le Trio était pressé de rentrer (ce qui peut expliquer qu’ils n’ont pas honoré le second rappel malgré l’insistance du public), car la pianiste et le violoncelliste, qui sont unis dans la vie avaient hâte de retrouver leur bébé de onze mois qui était resté à Bayonne sous la garde des grands-parents. Pourtant c’était un retour aux sources pour Damaris Alsumard qui a retrouvé Marie-Laure Foray qu’elle avait connu au Conservatoire de Tarbes. « Tout à fait, j’y ai passé deux ou trois ans, vers 96-97 avec Thierry Huillet dans sa classe de « Centre Musical d’Etude Professionnel. » Aujourd’hui, Damaris Alsumard, après avoir glané plusieurs 1er Prix Internationaux de Piano, est professeur au Conservatoire de Bayonne tout en donnant des concerts. « Je pense qu’on ne peut pas être un bon prof si on ne joue pas sur scène et en même temps, être professeurs, ça nous nourrit aussi. Les élèves nous apportent pleins de choses et du coup, ça nous enrichi. Les deux sont, je trouve très complémentaires et je ne me verrai pas faire l’un sans l’autre en fait. » Jouer en concert n’est pas évident pour un pianiste qui doit s’adapter au piano que les organisateurs lui proposent mais là tout était parfait. « Des fois, on a des petites surprises (rires…) mais là, c’était une très belle surprise. » Le Trio est composé de trois profs, musiciens émérites avec, le violoniste Patrick Prunel (1er violon de l’orchestre à cordes de la Garde Républicaine), le violoncelliste Yves Bouillier (Violoncelle solo et chef de l’Orchestre Régional Côte Basque) et la pianiste Damaris Alsumard (plusieurs 1er Prix Internationaux).

C’était un vrai partage et on a vraiment aimé jouer ici

Un jeune trio formé il y a trois ans à peine et qui a connu très vite un vif succès mais qui a dû se mettre entre parenthèse tout le temps de la grossesse de Dalmaris, même si les dates déjà retenues ont été honorées avec une autre pianiste. « J’ai repris en février dernier, tout doucement, avec des programmes bien rodés », confie la jeune maman. A la fin du spectacle, son époux Yves Bouillet, a tenu à remercier le public. « Oui, c’était un bon public » confirme la pianiste. « On le ressent bien. D’ailleurs on était vraiment à l’aise pour jouer, on sentait que le public était vraiment à l’écoute. Très enthousiaste aussi, c’était un vrai partage et on a vraiment aimé jouer ici. » Un partage qui passe par une explication concise avant chaque morceau, ce qui est rare et très apprécié. « Oui souvent il y a une distance, les artistes rentrent sur scène, ils jouent, ils saluent, ils rejouent. Ça manque, je trouve d’humanité et du coup, on avait envie d’en donner. C’est un peu la marque de fabrique du Trio et c’est vraiment volonté. » Pourtant, Dalmaris est la seule à ne pas prendre la parole. « Moi, je ne le fais pas parce que je suis super timide et que, pour l’instant, je ne m’en sens pas capable. Mais Patrick (Prunel) et Yves (Bouillier) le font très bien et ça apporte vraiment, je trouve quelque chose. » C’est vrai que c’est parfois utile « d’avoir les clés » pour comprendre l’état d’âme du compositeur au moment où il a écrit sa partition. « Chez Chostakovich, par exemple, c’est très flagrant parce que si on le joue comme ça, sans aucune explication, c’est quand même une musique très dure, très violente, âpre et ça peut rebuter un petit peu. Mais quand on sait le contexte historique, on imagine les camps de concentration etc..., et on comprend ce qu’il a voulu exprimer. Et là on le ressent très différemment » explique la pianiste « et ça change tout. » 

Patrick Prunel : La musique, c’est partager les mêmes émotions

Le violoniste a lui aussi apprécié l’écoute et la chaleur du public. « C’était très chouette, on s’est vraiment fait plaisir. » Un plaisir partagé grâce au contact particulier avec le public qui tient au côté didactique des musiciens. « On ne peut pas dissocier, quand on est enseignant et musicien, les deux expériences. Quand on est musicien, on a vocation à vivre la musique et à la partager. C’est l’expérience de la scène, de l’expression de soi et du partage des émotions avec un public qui va être perméable à cette émotion. Et l’enseignement, c’est la transmission de cette passion à des jeunes. La musique, c’est aussi la transmission, la découverte d’une intériorité. Et on ne peut pas vivre la musique et partager des émotions si on n’a pas cette intériorité. La musique, invite à développer cet espace intérieur qui fait que l’être humain peut découvrir la richesse qui est propre à chacun. Je trouve que la musique est un chemin d’humanité où on apprend quelques valeurs, telle que la rigueur, » philosophe Patrick Prunel. « La musique, c’est aussi le vivre ensemble et le jouer ensemble, c’est partager les mêmes émotions. Ce sont des dimensions qui sont premières dans notre société aujourd’hui et on a besoin de ça. »

Yves Bouiller : L’écoute était particulièrement attentive

Le fait d’être professeur et musicien à la fois est un atout pour le violoncelliste. « Notre chance, c’est de toucher à la fois des élèves, de leur transmettre notre passion. Et puis, pour les élèves, c’est important aussi de voir leurs professeurs jouer. Et puis surtout, ce qui nous plait dans la musique, c’est cette idée de spectacle vivant. De partager la musique ensemble, nous, musiciens, mais aussi de la partager avec le public. C’est un échange en fait et c’est vrai, qu’on a trouvé que l’écoute était particulièrement attentive à Madiran. »

Marie-Laure Foray : Les musiciens sont excellentissimes

« Vraiment, c’est une vraie réussite, les musiciens sont excellentissimes » confirme celle qui a en charge le choix des artistes et qui, cette année, avait choisi de faire la part moins belle à la musique classique qui était la marque du Festival depuis ses débuts. « Belharra Trio » qui clôturait la saison a été une vraie et belle découverte pour le public enchanté de découvrir la musique sous cette forme originale de présentation de l’œuvre et de son compositeur. « Ce qui m’a le plus impressionnée, c’est la qualité d’écoute du public. Il faut le dire, parce qu’il avait énormément de monde et ils étaient scotchés. »

Un succès qui ouvre de nouvelles perspectives

Pourtant le public du Festival est en général un public de connaisseurs très attentifs même si parfois quelques touristes ont pu s’égarer ou si des invités ne sont pas des mélomanes avertis. « Pour être tout à fait honnête, on a eu cette année, une qualité d’écoute extraordinaire avec un public très fourni à chaque concert. Là chapeau, je trouve que le public a progressé dans son écoute et je le trouve plus open pour écouter des choses qui sortent un peu des sentiers battus. Je trouve qu’il s’intéresse, il n’a pas des idées préconçues. Le public est très ouvert et il se laisse séduire par des choses nouvelles. » Ce qui tombe plutôt bien car, après avoir introduit la saison dernière un concert non classique dans la programmation, cette année il n’y avait qu’un seul concert de musique classique, celui de Diana Cooper qui a été un triomphe « avec là aussi une qualité d’écoute parfaite » souligne Marie-Laure Foray. Un véritable soulagement car toute l’équipe partait dans l’inconnue après plus de vingt ans de programmations entièrement dédiée à la musique classique. Une réussite qui pourrait amener à tenter de nouveau l’expérience de faire découvrir d’autres musiques. « Sincèrement, je ne le sais pas, mais je pense qu’il y aura les deux. De toute façon, on pourrait même changer le titre du Festival qui s’appelle « Musique en Madiran » sans s, en « Musiques en Madiran » avec un s. »

Danielle Mahé : C’était une bonne année

La Présidente de « Musique en Madiran » était elle aussi ravie du succès du concert de clôture mais aussi satisfaite de la fréquentation et de la qualité l’ensemble de la saison. « C’est fini, c’est dommage (rires…) c’était une bonne année. Franchement, c’était très bien, très varié. C’est Marie-Laure (Foray) qui propose et c’est le Bureau qui adopte et c’était vraiment bien. » Les rares craintes de Danielle Mahé ont été dissipées malgré un premier concert qui n’avait pas fait le plein mais qui a valu un triomphe à Edouard Ferlet. « Quatre concerts sur cinq de musique non classique ça faisait beaucoup. Mais à la fin des concerts les gens viennent et disent c’était formidable alors qu’au départ ils n’étaient pas convaincus. » L’affluence n’a pas baissé malgré cette nouvelle programmation avec un seul concert de musique classique. « Le premier (Edouard Ferlet) aurait mérité un peu plus de monde, ça c’est sûr. Après, c’était le 13 juillet et la date était un peu mal placée et les touristes n’étaient peut-être pas encore arrivés. » Il est vrai aussi qu’en cette veille de 14 juillet les manifestations étaient nombreuses avec le « Bal des Pompiers » à Maubourguet, les « Tablées Gastronomiques », à Vic-en-Bigorre et de nombreux « Feux d’Artifices », même si les public ne sont pas tout à fait les mêmes.

Jean-Jacques Lasserre