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Retour sur Cognac-Tarbes

mercredi 19 juin 2019 par Rédaction

Un arbitrage sujet à caution

Les joueurs n’ont rien à se reprocher sur le terrain et ils peuvent sortir la tête haute, ils ont tout donné et ont été au bout d’eux-mêmes. Ils ont dominé, en occupation, en possession et en occasions, leurs vainqueurs. Mais on leur a volé leur rêve. A la déception, à la frustration s’ajoute, au vue de la vidéo, la colère au sujet d’un arbitrage qui a été loin d’être partial. Passons sur la dernière pénalité pour le moins généreuse, qui donne la victoire à Cognac. Elle est à plus de 50 m et cette pénalité n’est pas faite d’avance, même pour un buteur de la trempe de Péluchon. Mais l’unique essai de Cognac est entaché d’un pied en touche juste sous les yeux de l’arbitre de touche. La vidéo ne le prouve pas, mais tous les Tarbais, joueurs près de l’action et remplaçants dans l’en-but, disent que le troisième essai était valable. Il n’y a eu ni en-avant, ni placage sans ballon. Un essai refusé par le même arbitre de touche qui n’a pas vu le pied en touche… Soit un différentiel de 12 points en faveur de Tarbes ! Sans compter les autres « erreurs » d’arbitrage sur les tricheries en mêlée, sur les deux cartons et deux pénalités « oubliés » sur un coup de poing dans le ventre et un coup de coude dans le visage juste devant l’autre arbitre de touche. Ça fait beaucoup sur un match, de plus sur une demi-finale.

Les réactions d’après-matchs

Du côté de Tarbes

Au coup de sifflet final, les Tarbais sont KO debout ou au sol. Puis ils s’étreignent longuement, sous les applaudissements de leurs supporters dont la plupart sont restés de longues minutes pour leur réserver une standing ovation une fois les effusions terminées. Beaucoup de tristesse et d’émotion aussi dans les vestiaires, car c’est la fin de l’aventure pour beaucoup et la fin de leur carrière pour d’autres.

Alexis Armary : On peut se regarder dans la glace

Le troisième ligne quitte un club où il a toujours joué avec tous ses copains. Malgré la déception de partir sur une défaite cruelle, il rend hommage à ses adversaires. « C’était un match de phase finale, avec une équipe de Cognac qui méritait sa place en demi. Ils nous ont bien contrés sur la mêlée et ils ont de très bons joueurs derrière. » Au-delà de la déception pointe un sentiment de fierté. « Je suis un peu déçu que ça s’arrête. On a encore montré, dans la continuité de ces phases finales, un visage exemplaire sur l’engagement. On a été très discipliné en défense et on fait peu de fautes. On s’est beaucoup envoyé et je suis très content de notre match. Après, au final, ça se joue à pas grand-chose. Ça aurait pu être nous et c’est eux ! 19-18, c’est serré, c’est comme ça mais on n’a pas à être déçus de notre prestation. On peut se regarder dans la glace en sortant. On s’est tous vraiment envoyés. Ça a tapé, c’était dur mais on a répondu présents. »

 Johan Paulet : Le match se joue à rien

Le jeune centre tarbais s’est sacrifié défensivement face à des internationaux fidjiens qui lui rendaient 25 ou 30 kg. Au point qu’il a dû passer dans les mains du soigneur en cours de match suite à un placage salvateur. « C’était costaud, on s’y attendait, on s’est bien préparé et on était prêt. Ils ont été bons mais on a bien défendu. C’était difficile, physiquement avec la chaleur. C’était dur des deux côtés car ils ne s’attendaient pas à ce qu’on les prenne comme ça. Le match ne se joue à rien ! »

Lionel Terré : On a perdu sur un coup du sort

Le Président qui a suivi la rencontre auprès des spectateurs n’a plus de voix. Sa déception, dans le contexte actuel est grande, de perdre d’un point. « Comme je l’avais dit à Bagnères, le rugby, c’est un joli sport mais parfois c’est cruel. Ça a été cruel pour Bagnères à la 83ème, là c’est pour nous à la 84ème. C’est cruel, parce que c’est en demi-finale. Les joueurs ont tout donné, on ne peut rien leur reprocher face à une très belle équipe de Cognac. Une équipe qui est bâtie avec un gros budget, avec de l’ambition et des soutiens. » Le Président, qui s’attache à donner la chance à des jeunes formés au club, fait remarquer. « En face de nos jeunes, issus des alentours, il y avait trois fidjiens et il n’y a rien à reprocher à nos joueurs. Le staff les avait bien préparés et ils ont tout mis. On a perdu sur un coup du sort. Maintenant, c’est à nous, dirigeants, de gagner pour que cela perdure. On a montré qu’on a des vertus, des valeurs et qu’on peut faire de belles choses. Maintenant, c’est à nous dirigeants de gagner notre combat pour trouver des solutions pour survivre. «  

Yannick Vignette : On n’est pas récompensé

Le Manager est très déçu pour ses joueurs qui n’ont pas été récompensés, bien au contraire. « On fait une très bonne première mi-temps mais on n’est pas récompensé. On les met à la faute mais l’arbitre de les pénalise pas. En fin de première mi-temps, on prend un essai à contre cours du jeu parce qu’on a la main mise sur le match et qu’on domine. Après, on a eu aussi un peu de déchets au pied qui n’ont pas validé nos temps forts. En deuxième période, on est revenu avec de très, très, bonnes intentions. On a marqué plus d’essais qu’eux mais malgré ça, on perd parce qu’ils font de longues séquences, ils tiennent bien le ballon et multiplient les temps de jeu. On concède une pénalité aux 50 m et voilà. » Yannick Vignette tient à rendre hommage à ses deux grognards de la seconde ligne.

Hommage à Lacroix et Percival

Yannick Vignette tient à rendre hommage à ses deux grognards de la seconde ligne. « Je dis bravo à mes joueurs et je tiens à souligner l’énorme travail de Mika Lacroix et de James Percival, les deux seuls seconde ligne du club. Ils ont œuvré toute la saison et à l’entraînement et en matchs, ils sont à 100/%. Ils n’ont jamais rechigné à l’effort et ils ont toujours été exemplaires. Je tire un grand coup de chapeau à ces deux personnes pour qui, j’ai beaucoup, beaucoup, de respect. Ils n’ont jamais trahi le club ou fait moins à l’entraînement ou en match. Je me répète, mais ils ont toujours été présents et ont été des soutiens permanents même quand ça allait un peu moins bien. Ce sont de supers mecs ! »

Cette expérience va nous servir la saison prochaine

Le technicien met en avant ses joueurs et l’expérience acquise pour l’année prochaine : « On a une très bonne équipe. Cognac aurait dû faire le Jean-Prat, sans cette bagarre générale, et on a largement rivalisé. Ça s’est joué à une pénalité pendant les arrêts de jeu. Nous, on a laissé beaucoup de points au pied (8 points). On n’a pas été en réussite comme d’habitude. C’est comme ça. Je n’en veux pas à Berbize, parce qu’il a été extraordinaire sur d’autres actions. C’est un joueur très talentueux. Cette expérience des phases finale nous servira. Ce qu’a vécu Berbize et tous les autres jeunes, nous servira pour la saison prochaine. C’étaient des matchs engagés, vraiment d’un bon niveau et je suis très content que tous les jeunes aient vécu ces phases finales. »

James Percival : C’est triste de perdre quand on fait un bon match

Après avoir donné l’accolade à ses équipiers le deuxième ligne est allé voir sa femme et ses enfants comme à la fin de chaque match à Trélut. Mais là, c’était à 3h00 de Tarbes et c’était le dernier match de sa belle carrière. L’anglais est un homme droit, au franc-parler qui n’a pas hésité à dire ses quatre vérités à un des représentants de la presse départementale avant de le saluer poliment. Un vrai gentleman qui, en guise de symbole, a marqué le premier essai qui a relancé le match. « On a fait un bon match. Cette année a été difficile mais c’est triste de perdre quand on fait un bon match. Nous aussi, on a gagné des matchs comme ça et c’est la vie du rugby. Le plus important pour moi, c’est qu’on a été une équipe sur le terrain. Cette année, il s’est passé beaucoup de choses. A Nafarroa, on n’a pas été bon. On a fait beaucoup de matchs où on s’est montré trop individualiste. Depuis janvier, il y eu beaucoup de changements dans la culture, beaucoup de changements dans l’équipe et dans l’attitude des joueurs. La mentalité des joueurs a changé et c’est important. » Sans qu’on lui demande Percival insiste sur le rôle des supporters et l’importance d’avoir disputé des phases finales. « Les supporters c’est énorme, c’était comme un match à Tarbes. C’est très dur de perdre mais on a appris des choses qui sont importantes pour tous les joueurs, ceux qui restent ou ceux qui partent. Ce sont des choses qui leur serviront dans le futur.

Les gens s’identifient à la ville, au club et aux joueurs

Puis James Percival réalise que c’est le dernier match de sa carrière. Sa voix grave se fêle un peu. « Le temps passe vite hein ? Dans la tête je suis comme un mec de 21 ans. » Puis il se reprend vite et éclate de rire  : « C’est bien de terminer par un essai. C’est bien de finir comme ça avec un essai spectacle de 50 cm » (rires…) Probablement son seul essai sous le maillot tarbais, car il ne se souvient pas avoir déjà marqué. L’Anglais est intarissable, il n’a pas envie de rentrer aux vestiaires, comme s’il voulait prolonger ses derniers instants en tenue de rugbyman. A aucun moment, nous ne lui avons posé de questions, si ce n’est la première au sujet du match. De lui-même il nous confie. « Tarbes, c’est un bon club. C’est une grande famille et le club, c’est le cœur de Tarbes. Je suis ici depuis trois ans et toute la ville m’a accepté. Tout mon village de Salles-Adour m’a accepté comme un vrai français. » Puis Percival revient au match et à l’actualité. « L’important, c’était tous ces supporters ? Pour le club et pour nous aussi. Tous les jours il y a une quinzaine de mecs qui viennent nous voir aux entraînements. On se parle, on parle de nos vies, on se connait. C’est très important. Quand je vais en ville les gens me parlent du club, qu’ils adorent. Je pense que c’est nécessaire pour une ville d’avoir un club. Les gens s’identifient à la ville, au club et aux joueurs. Si tout le monde travaille ensemble, le club monte en Pro D2. C’est comme une équipe. Si les quinze, qui sont sur terrain, travaillent ensemble tu gagnes. Nafarroa a montré l’exemple contre nous. Tout le monde a travaillé dans le même sens et ils nous ont battus. » Quand on veut le ramener au match et à la puissance de Cognac, le seconde ligne met en avant la défense tarbaise. « William Pees a été énorme en défense. Un N°10 qui défend la ligne comme ça, c’est rare. C’est un joueur qui joue avec le cœur, il plaque tout le temps, c’est le futur de Tarbes. C’est un joueur qu’on ne peut pas enlever. » Puis l’Anglais revient sur Tarbes avant de rentrer aux vestiaires. « C’est un grand club, j’adore ce club. »

William Pees : On a tous joué le jeu jusqu’à la fin

Lui aussi est resté longtemps sur le terrain, à faire des selfies avec ses copains qui quittent le club. Comme ses coéquipiers il est épuisé et très déçu mais il fier parce qu’ils ont tout donné. « Je suis fier de ce qui s’est passé en fin de saison. On a fait une très grosse fin de saison et c’est hyper cruel. Autant des deux côtés, on mérite de gagner. Les deux équipes ont fait du jeu et c’est cruel parce que ça se joue sur une pénalité à plus de 50 m à la dernière seconde de la 84ème minute. On a fait un gros match, on a fait de gros efforts, il faisait très chaud. On a envoyé du jeu sous une grosse chaleur, on a fait énormément d’efforts en défense. On a fait un match complet. Ils n’étaient pas plus forts que nous. On était même plus forts qu’eux. » Une prestation que l’ouvreur juge très positive pour l’avenir. « C’est quand même très encourageant pour la suite. On a fait une très, très belle fin de saison. On sait sur quoi on va repartir la saison prochaine. Il va y avoir de nouveaux joueurs qui vont s’incruster dans le projet qui est en place et qui commence à bien tourner. Je souhaite bonne route à tous les mecs qui vont s’en aller et à Mika (Lacroix) et James (Percival) qui arrêtent. On a tous joué le jeu jusqu’à la fin ».

On y croit et on sait que c’est possible de remonter

Une fois de plus l’ouvreur a donné de sa personne en défense et pour lui ce n’était pas plus dur que contre Nice. « Franchement, je ne sais pas si c’était plus dur. Bien sûr, que ça cognait. Ils ont de gros centres qui ont bien fixé la ligne, qui ont fait du travers et qui nous ont embêtés. Ils ont été remuants mais je n’ai pas senti d’infériorité. On n’a pas été dominé par cette équipe, c’était équilibré et c’est cruel de perdre un match comme ça. On n’a pas joué un jeu restrictif, on a fait des relances, on a joué des coups d’un peu partout. On a su maîtriser le match qui se joue à rien. On a cédé dans l’extra time. » Même si l’ensemble des joueurs ont prouvé le contraire nous lui demandons si le contexte d’avant match a perturbé le Groupe. « On a été rassuré par le Président. On a un projet et nous, les joueurs on y croit tous. Mais on a besoin que tout le monde soit derrière nous, parce qu’on y croit et qu’on sait que c’est possible de remonter. On sait que la Fédérale 1, on peut la dominer. Si on ne nous enlève pas les 8 points, si on ne rate pas le début de saison, on pouvait réussir. On finit bien cette saison et il y a juste à intégrer les nouveaux dans le système. Ça c’est simple, parce de bons joueurs arrivent. Je sais que c’est possible. On a toutes les armes pour ça. »

Jérémy Haurie : Ça se joue à la fin sur une décision

Le pilier avait la lourde tâche d’affronter ses futurs coéquipiers mais ça ne l’a pas perturbé. « Non, je n’en connais pas beaucoup de là-bas. » Son avis est toutefois intéressant. « Ça tapait fort et ils ont bien travaillé la mêlée. Nous, on était un peu serein dans ce secteur et on s’est un peu fait prendre par la tricherie en première mi-temps. Connaissant l’entraîneur, il a bien travaillé la mêlée toute la semaine, pour ne pas être ridicule. Et ils n’ont pas été ridicules du tout mais après, ça se joue à la fin sur une décision. »

Mathieu Bonnot : On avait les moyens d’aller en Finale

Le talonneur quitte lui aussi le club pour rejoindre la Pro D2 à travers Rouen, le Champion de France. Mais comme l’ensemble de ses coéquipiers, il a tout donné. « Oui, il n’y a pas de regrets de ce côté-là. On a fait des petites erreurs, on le sait et c’est ce qui fait la différence à la fin du match. C’est cruel et le scénario est dur parce qu’on a fait le jeu, on a marqué deux beaux essais. Je crois qu’il n’y a pas grand-chose à dire. On a fait un de nos meilleurs matchs de la saison et le scénario est cruel. On a été bon en défense mais on a fait quelques erreurs. Moi, le premier, je rate un placage. Ce sont ces petites erreurs qui font qu’à la fin, on n’est pas largement devant alors qu’on aurait pu se détacher. A un moment on mène 18-16 et on aurait pu se détacher sur une belle occasion d’essai. » Mathieu Bonnot a réalisé lui aussi une superbe percée sur une trentaine de mètres qui n’a pu trouver de la continuité. « Oui, on a une pénalité et on va en touche. Mais on se fait avoir sur le maul et l’arbitre leur rend une mêlée. C’est un peu litigieux comme action car il peut siffler aussi pour nous. » Même si le talonneur se refuse à incriminer à chaud l’arbitrage, il ne peut que convenir que ce n’était pas clair sur les mêlées. « Oui, ils ont bien joué avec le règlement. » Mais pour lui, Cognac a été beaucoup plus réaliste. « Il ont scoré sur chacune de leurs occasions et ça fait la différence à la fin du match. » Venu de Castanet à l’intersaison, l’ex-Parisien se souviendra de cette fin de saison qui contraste avec un début d’hiver compliqué. « Sur la fin, c’est dommage. On était en train de vivre une super aventure. On s’est tous un peu trouvé à ce moment là. On peut dire que notre saison a presque commencé avec les phases finales. Notre victoire à Oloron a vraiment lancé le Groupe. C’est dommage de s’arrêter maintenant parce qu’on avait les moyens d’aller jouer cette Finale. On l’a montré contre Cognac et je suis déçu pour le club, je suis déçu personnellement d’arrêter et de partir là-dessus. J’aurais vraiment aimé offrir ça aux supporters et offrir ça à tout le Groupe, parce qu’on le mérite tous. Mais aussi offrir ça au capitaine Mika Lacroix. J’ai passé une super année à Tarbes et je remercie tout le monde. »

Thomas Camy : Clairement, on mérite la victoire

Le troisième ligne est inconsolable. A la fin du match, il est resté pendant près d’une demi-heure assis contre le montant des poteaux entre lesquels la pénalité assassine est passée. L’arbitre en a fait avec Abat, le bouc émissaire du coup de sifflet qui a crucifié Tarbes à la 84ème minute. Quand nous le retrouvons, il est assis au fond du couloir des vestiaires alors qu’il ne reste plus que le Capitaine et Yannick Vignette qui refont le match. « Je suis très déçu. On a un super groupe quand on voit ce qu’on est capable de faire contre des équipes comme ça. Je suis dégoûté du coup. Cognac était à notre portée. On a élevé notre niveau de jeu et on a été vraiment soudé. Clairement, on mérite la victoire. Sur les deux mi-temps, il n’y a pas photo. L’arbitre ne nous récompense pas, il faut dire la vérité. Nous, on n’a rien à se reprocher. » Le Béarnais est clairement remonté notamment sur les mêlées. « Les arbitres de touche n’ont pas fait leur travail. Il faut dire clairement la vérité et moi je le dis. » Une vérité que la vidéo va révéler au-delà des récriminations du talonneur de formation. « Je suis navré, parce que nous, on s’est envoyé comme on ne l’avait jamais fait pendant deux mi-temps. J’aurais préféré prendre 40 points que de perdre d’1 point à la fin. » Venu comme talonneur, l’Espoir de la Section Paloise s’est imposé comme un troisième ligne indispensable au point de pousser Armary sur le banc. Car si le Lourdais est un remarquable sauteur en touche, Camy est un tueur d’attaque dans l’œuf. Ses placages au ras des chevilles clouent sur place les plus gros mastodontes et tuent toute possibilité d’enchaîner le jeu. Le stakhanoviste du placage, malgré sa morphologie atypique pour un troisième ligne, a pris du goût à ce poste. « Oui, ça me plaît, mais tant que je joue, je pourrais jouer ailier ou centre, c’est pareil. » 

Mickaël Lacroix : On n’a jamais été en danger

Le capitaine valeureux a réussi à évacuer son trop plein d’émotion suite à cette fin brutale et injuste. « C’est le sport qui veut ça. Après il siffle la pénalité à 50 m et il fallait la mettre. Je suis satisfait de l’état d’esprit et très déçu de perdre parce qu’on avait fait le maximum pour gagner. Je suis content de l’état d’esprit qu’on a montré malgré tout ce qui s’est passé cette saison. On a eu des moments difficiles et on a réussi à se recentrer à la fin et à faire une belle saison. On avait vraiment envie d’aller au bout et je pense qu’on en avait largement le potentiel. C’est le sport, c’est comme ça. Félicitations à eux et j’espère qu’ils gagneront la Finale. » Annoncée comme la meilleure équipe, Cognac n’a jamais fait douter les Tarbais jusqu’à la décision de l’arbitre. « Très sincèrement, on n’a jamais été en danger. Ils font 100% au pied, dont deux pénalités à plus de quarante mètres. C’est une très bonne équipe mais on n’a pas à rougir. Avant le match j’avais dit que quoi qu’il arrive, il fallait qu’on sorte la tête haute et c’est chose faite. Surtout, avec le contexte qu’il y avait. On a réussi à faire abstraction de tout ça… » Puis l’émotion submerge le seconde ligne qui n’en dira pas plus.

Frank Hueber : Les joueurs ont confirmé qu’ils voulaient continuer

Le co-Président, ancien joueur de haut niveau, finaliste malheureux et volé d’un titre, sait qu’il faut rester concentré jusqu’au bout et ne pas donner à l’arbitre l’occasion de faire basculer le match. « C’étaient ouvert, mais je pense qu’on avait pris le bon bout. On a fait le boulot, on a fait ce qu’il fallait mais malheureusement, sur ces matchs à enjeu, les dernières secondes, la dernière action, le dernier ballon, c’est toujours important. Sur cette dernière action, on ne doit pas jouer ce ballon. On doit essayer de défendre. On est à 50 m de notre ligne, il n’y a pas de danger. C’est ça qui est dommage. » Mais le Co-Président, qui a repris les commandes du club avec Lionel Terré, tient aussi à rendre hommage à ses joueurs. « Je suis très heureux de la réaction du groupe depuis des mois et en ce moment malgré le vent qui est contraire. Les joueurs ont affirmé et confirmé sur le terrain qu’ils voulaient continuer l’aventure tarbaise. Maintenant nous, on a un autre match à jouer et j’espère que tout le monde va bien le comprendre. »

Les supporters comprennent notre projet

La présence de nombreux supporters aux couleurs rouges et blanches, lui ont donné un peu de baume au cœur. « C’était beau, parce que je suis Tarbais, j’ai connu la Finale de 88 (Champion de France Cadets en lever de rideau d’Agen-Tarbes) et les années 90 de Tarbes. J’ai ressenti des choses très fortes et je pense que les joueurs aussi. Il y avait beaucoup de monde, une belle ferveur, un bel enthousiasme et les joueurs ont fait le nécessaire. On était battu, on revient, on passe devant avec beaucoup d’énergie et de courage. Et ce avec des gamins du club, il ne faut pas l’oublier. Il y avait dix joueurs formés au club aujourd’hui. En face de nous, il y avait une ligne de trois-quarts avec quatre fidjiens. Il faut aussi regarder tout ça et le public était chaleureux et fabuleux. Je suis très déçu pour eux et les joueurs. » La nombreuse présence des supporters et leurs applaudissements à son égard et à celui de Lionel Terré, le confortent dans la mise en œuvre de leur projet.« Je pense que les supporters comprennent ce qui se passe dans le club. Ils ont compris qu’on voulait faire progresser ce club avec les gamins du coin. On a échoué à une marche d’un deuxième challenge mais en face de nous, on avait une équipe qui vise la montée aussi. Je crois qu’on n’est pas loin même s’il y a encore du travail. On va garder nos joueurs même si c’était difficile avec les turbulences et en recruter d’autres qui emmèneront un plus au club. »

 

Morgan Rubio : On aurait aimé continuer l’aventure ensemble

L’ailier tarbais, qui a marqué un essai et qui s’en ai vu refuser un autre est partagé. « On sort forcément déçu parce qu’on échoue à 1 point de cette Finale et qu’on aurait aimé continuer l’aventure tous ensemble. On voulait offrir la meilleure porte de sortie possible à ceux qui arrêtent ou qui nous quittent. » Mais il y aussi un sentiment de fierté et de satisfaction. « On a fait une belle prestation. On a bien rivalisé avec cette équipe de Cognac et ça se joue à des détails. Les phases finales c’est comme ça. Un essai refusé et une pénalité à la fin. » Morgan est formel, il n’a pas fait faute sur Cecot venu en repli sur le coup de pied à suivre du Tarbais. Au départ de l’action, sur un ballon de récupération, Lhusero décale Rubio qui déborde et tape à suivre pour lui-même. « Le 9 se saisit du ballon, je le plaque, il explose le ballon dans l’en-but, et avec Thomas (Lhusero) on plonge pour aplatir » explique l’ailier. « L’arbitre dit que je le plaque sans ballon alors que c’est le 9 qui le touche et le rentre. C’est litigieux mais l’arbitre a pris sa décision. C’est vrai qu’à ce moment là du match, on tuait le match. » Heureusement l’arbitre a validé un essai où le ballon a été volleyé par Estéves au milieu des défenseurs. Au départ, une énorme relance de ses 22 mètres de Berbizier qui transperce le premier rideau. L’arrière tape un par-dessus qu’il reprend lui-même et donne à Pees qui sert Esteves venu à l’intérieur qui a dû mal à maîtriser le ballon avant de servir Rubio qui raconte. « Oui, c’est un essai avec des passes basket par dessus les bras des défenseurs. J’hérite du ballon en bout de ligne et je n’ai plus qu’à courir et à aplatir. En plus, Berbize, sur son mauvais pied et en coin, arrive à transformer et on a 5 points d’avance. »

Jonathan Bréthous : J’ai profité au maximum de mes deux ans à Tarbes

Incertain dans la semaine le centre a fait une entrée remarquée en étant dans le coup sur l’essai de Rubio et en sauvant, d’un placage désintégrant, une situation de surnombre. « On a perdu contre une belle équipe de Cognac. Une équipe comme on n’en a pas rencontré cette année. Une équipe complète, avec de bons joueurs sur toutes les lignes. Des joueurs qui sont massifs mais assez mobiles. C’était un match âpre. Ils ont des trois-quarts, qui même s’ils sont costauds jouent bien au ballon. On est très déçu et on aurait aimé passer en finale. Mais je pense que c’était un joli match de rugby à voir mais à jouer, c’était un joli match aussi. » Même s’il a connu une seconde saison compliquée en partie par les blessures Jonathan Bréthous n’a pas de regrets. « J’ai comme philosophie de ne pas avoir trop de regrets et je profite au maximum des choses. Donc, j’ai profité au maximum de ces deux ans passés à Tarbes. Je pense avoir donné le meilleur que j’ai pu. J’ai essayé en tout cas. » S’il quitte le club de son propre chef, le Gersois n’a reçu aucune proposition pour rester. « Concernant ma fin de contrat, je n’ai jamais eu de nouvelles. Personne ne m’a jamais rien dit. Mais comme je l’ai dit précédemment, mon choix était déjà fait. Mais j’aurai aimé avoir un entretien juste par respect pour les deux saisons que j’ai passé. Mais en aucun cas je ne suis aigri. J’ai essayé de profiter un maximum avec tous ces jeunes tarbais qui arrivent. On en a vu pas mal et si le club s’en sort et je l’espère, il faudra qu’il se repose sur eux car ce sont de très bons joueurs qui vont faire les bons jours du Stado. »

Mathieu Berbizier : Déçu de perdre d’un point

Très déçu, l’arrière, qui a refusé dans un premier temps de s’exprimer, revient un peu plus tard sur le match. Il semblerait qu’il se sentait responsable, au vue de ses échecs sur la première pénalité et sur la première transformation. Pourtant, il a été un des meilleurs sur le terrain avec cette superbe relance qui a amené un essai. « On ne peut être que déçu quand on perd d’1 point. On est très déçu d’échouer à 1 point et c’est très cruel pour nous. C’était une très bonne équipe, très solide mais on a réussi à les contrer.

Albain Méron : Berbizier a survolé le match

Le troisième ligne, comme tous les Tarbais, n’a pas cédé sa part au chat et lui aussi est très déçu d’avoir échoué si près d’une Finale. Surtout en ayant le sentiment de n’avoir jamais été inquiété. « On a passé la première mi-temps uniquement dans leurs camp. Ils marquent juste sur une action dans les arrêts de jeu avec un pied en touche. La rentrée de John (Bréthous) à la mi-temps a amené quelque chose. Il a été très important dans notre dispositif, et Mathieu (Berbizier) a survolé le match. »

 Thomas Lhusero : On a le monopole du ballon

Le jeune demi-de-mêlée a confirmé sa prestation contre Nice. Bon en défense, sur le jeu au pied, son animation autour des mêlées et des regroupements. Incontestablement il a franchi un palier face à une belle équipe de Cognac. « On a essayé de faire ce qu’on peut. De mettre des temps de jeu. Après, j’avais de bons ballons aussi sur les déblayages. En première mi-temps, on a le monopole du ballon et on prend cet essai juste avant la mi-temps qui nous fait mal. » Au lieu d’un possible 9-3, Tarbes se retrouve, contre le cours du jeu à 3-10. A grand coups de courage et de jeu les Tarbais sont revenus puis ont repris le score avant de se faire crucifier à la 84ème minute.

 

Jean-Charles Laran : Ils franchissent une fois et vont derrière la ligne

Fin de parcours pour l’entraîneur des trois-quarts qui aura réussi un beau challenge en redonnant l’envie de jouer à une équipe en peine. « C’est un match cruel. C’est difficile de perdre un match dans de telles conditions surtout quand on ne s’est pas senti inférieur à cette équipe. On s’est senti même dominateur. En première mi-temps, on devait engranger un peu plus. Eux, ils franchissent une fois et ils vont derrière la ligne. En seconde mi temps on domine encore les débats et on doit finir devant. On subit une décision arbitrale un peu critiquable à la fin et même tout au long du match. » Une impression amplement confirmée par la vidéo.

 

Du côté de Cognac

Au coup de sifflet final, c’est le délire, le staff saute de joie après avoir tremblé. Les joueurs sont épuisés mais s’étreignent en sautant. Dans les vestiaires, c’est bien sûr la joie mais aussi beaucoup de respect car le coup est passé très, très, près. A un mètre près, celui qui a permis à la pénalité de passer juste au dessus de la barre.

Christophe Hamecek : Une fin de match miraculeuse

Le Manager, qu’on a vu très énervé et agité tout au long de la rencontre et au bord de l’apoplexie lors des dix dernières minutes, rend hommage à son adversaire. « C’était un match de haut niveau, face à une très belle équipe de Tarbes. C’est une équipe complète qui joue devant, qui est bonne devant mais qui est aussi bonne derrière. C’est complet, c’est une belle équipe, ça joue bien au rugby. J’ai entendu ou j’ai lu qu’ils étaient un peu en difficultés financières et je souhaite vraiment que les dirigeants et les politiques fassent tout pour qu’il y ait du rugby de haut niveau à Tarbes parce que c’est un bastion du rugby français. Ils ont fait honneur à leurs couleurs. » Christophe Hamacek reconnaît avoir eu peur.
« Ça bascule sur une faute défensive sur un jeu au pied et on se fait transpercer. On prend un essai après de multiples rebonds et ça rebondit du côté de Tarbes qui marque. Ils nous mettent en danger alors qu’il nous semble que sur la première mi-temps, on finit bien. Après, il y a cette fin de match qui est miraculeuse. On a gardé la main sur le ballon et on les a mis à la faute. Et derrière, il y a cette pénalité magnifique. Nous, on est content sur la procédure et on se dit que c’est mérité. »

Tarbes, c’est un bastion du rugby français

Puis sans qu’on lui pose de questions, Christophe Hamacek aborde la situation tarbaise. « J’ai entendu ou j’ai lu qu’ils étaient un peu en difficultés financières et je souhaite vraiment que les dirigeants et les politiques fassent tout pour qu’il y ait du rugby de haut niveau à Tarbes parce que c’est un bastion du rugby français. Ils ont fait honneur à leurs couleurs. » Nous lui demandons alors en quoi une équipe de haut niveau est importante pour une ville moyenne et à quoi sert un Centre d’Entraînement Labellisés. « C’est important et c’est obligatoire mais ça sert surtout à la Formation des jeunes. C’est mettre des outils, c’est mettre des compétences, c’est mettre une infrastructure pour permettre à nos gamins de progresser et de vivre de leur passion qui est le rugby. C’est ce qu’on essaie de faire chez nous. Ça sert au club mais après, ça sert à tout le monde.  » 

 

Mathieu Péluchon : Tarbes reste un grand club du rugby français

Le capitaine est le dernier à sortir de la douche. Comme à son habitude rigolent ses coéquipiers déjà habillés et recoiffés. Lui aussi rend hommage aux Tarbais. « On est tombé face à une très belle équipe de Tarbes, très généreuse. Après, notre première mi-temps a été plutôt maîtrisée mais on les remet dans le match avec quelques erreurs. Moi le premier, j’ai fait des erreurs qu’on a payées cash en seconde mi-temps. A un moment, on était à cinq points (18-13) et ça a été compliqué. Il a fallu aller chercher cette victoire avec les tripes, au mental et on a réussi à avoir cette dernière pénalité. Ce qui est plutôt positif. » Mais rien n’était fait avec un tir derrière la ligne des 50 m, pratiquement face aux poteaux et il a fallu faire le vide dans la tête. « Oui un buteur doit savoir faire le vide. J’ai 32 ans et ça fait plusieurs années que je bute. La pression y était, comme beaucoup de fois. Il faut essayer de faire le vide, de se concentrer sur sa frappe. C’est ce que j’ai fait et ça a réussi, tant mieux. » Après la présentation des maillots par les capitaines à l’arbitre et du tirage au sort du terrain, Mika Lacroix et Mathieu Péluchon sont tombés dans les bras l’un de l’autre visiblement très émus. « Oui Mika, c’est un ami clairement. Il y a Jonathan Bréthous que je connais très bien aussi. Mais avec Mika on est très, très proches et on s’est pris dans les bras avant le match. Mon père vient de me dire qu’il avait vu Mika en sanglots et ça me fait quand même de la peine, car c’est mon ami. Je sais qu’il avait à cœur de partir la tête haute de Tarbes. C’est un capitaine exemplaire. Il s’est imposé en très peu d’années à Tarbes comme un joueur clé. J’espère aussi que ça se passera bien pour Tarbes qui reste un grand club du rugby français et je souhaite le meilleur à Tarbes ». Comme son copain Lacroix, avec qui il a débuté à Auch, l’ouvreur n’a jamais rien gagné. Il va disputer sa première finale et il est à 80’ de son premier titre.

Jean-Jacques Lasserre