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Entreprise Tujague à Vic en Bigorre : des salariés inquiets pour leur avenir

jeudi 30 mai 2019 par Rédaction

Une vingtaine de salariés de l’entreprise Tujague, sise à Vic en Bigorre, sont inquiets sur leur devenir. En présence de Gilles Haurie et José Navarro, représentants de l’UD CGT 65, ils ont tenu une conférence de presse, dénonçant également les mauvaises conditions de travail, notamment en ce qui concerne les personnels féminins. (Sur les 26 salariés de l’entreprise, une vingtaine étaient présents.)

Dans un même bâtiment se trouvaient 2 entreprises : une entreprise tenue par Mme Bouey, la sœur de M. Tujague (jusqu’au 28 août 2018) et Placage Adour exploitée par M. Tujague qui fonctionne toujours avec 6 salariés.

Gilles Haurie a indiqué qu’ils avaient déjà rencontré Jeanine Dubié, députée des Hautes-Pyrénées qui est au courant depuis longtemps de la situation économique de l’entreprise. Vendredi, ils rencontreront la sénatrice Maryse Carrère. Depuis 2012 l’entreprise est suivie par un mandataire.

Pour mieux comprendre, Gilles Haurie est revenu sur le passé de l’entreprise : «  En 2000, la mairie de Vic en Bigorre a vendu un terrain de 25 000 m2 pour la modique somme de 1€uro. Déjà au départ la collectivité avait donné pas mal à cette entreprise pour qu’elle puisse fonctionner du mieux possible.

 En 2012, devant les difficultés économiques naissantes, les responsables de l’entreprise se sont rapprochés de la communauté des communes, du fait qu’ils n’arrivaient plus à rembourser les emprunts pour le bâtiment. La collectivité s’est alors posée en tant que crédit-bail et a pris en charge les emprunts moyennant une convention signée entre les deux parties qui engageait l’entreprise Tujague à payer des loyers. Sauf que depuis le début, aucun loyer n’a été honoré, donc durant 7 ans. A part au moment d’épisodes électoraux, elle faisait quelques versements. En termes de créances, l’entreprise Tujague doit à la collectivité la somme de 1,4 million d’euros (somme que l’on nous a annoncé).

Dans cette affaire, nous ne comprenons pas comment la collectivité a pu s’engager, de plus sur le Nord du département c’est une faillite industrielle. Soit la collectivité avait affaire à quelqu’un de pas très honnête qui ne voulait pas payer, ou alors il était en réelle difficulté économique, ce qui est probable. Pourquoi la collectivité ne lui a pas dit : soit ces difficultés économiques continuent et ce n’est plus possible pour nous, soit vous recherchez un repreneur, ou vous rentrez d’autres personnes dans le capital ou nous mettons un terme à la convention qui a été signée.

Nous on se pose la question : que s’est-il passé ? Comment cela s’est passé ? Pourquoi la sonnette d’alarme n’a-t-elle pas été tirée plutôt ?

Heureusement que monsieur Ré est arrivé pour mettre de la lumière où il n’y avait qu’obscurité. Il a pris la décision qu’aurait dû prendre l’ancien président de la communauté de communes : rompre la convention.

Aujourd’hui au-delà de ce passif que fait-on ? Abandonne-t-on toutes ces compétences et ces savoir-faire ? C’est pour cela que nous demandons aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités. Nous demandons au préfet, aux sénatrices, aux députés, de penser au projet global. Tant qu’il y a de l’activité dans cette entreprise, il faut retrouver un repreneur. Monsieur Tujague a fait preuve de son incapacité de répondre aux besoins et de s’adapter aux marchés.

Je ne suis pas sûr quand les citoyens de la communauté de communes vont apprendre ce qui a été alloué et versé de façon indirecte à l’entreprise qu’ils vont être satisfaits de la gestion. »

Les salariés ont ensuite dénoncé les mauvaises conditions de travail surtout en ce qui concerne les personnels féminins sachant qu’un tiers de femmes travaillent dans cette entreprise :

« Pendant des années, nous avons été humiliées avec beaucoup de sexisme, de violences. On nous obligeait à faire le ménage à quatre pattes voire à plat ventre pour nettoyer sous les machines. Si nous refusions, on nous disait aller au bureau. Ce que nous faisions, la réponse était ce n’est pas mon problème ou encore si vous n’êtes pas contente je n’ai qu’à aller à la rue Foch et je trouverais du personnel ou alors je vais aller chercher des petites chinoises. Nous sommes traumatisées par ce que l’on a vécu, on a peur d’aller travailler ailleurs, nous avons perdu confiance en nous ».

Toutes les tâches ingrates étaient réalisées par les femmes, précise un salarié masculin.

Un salarié indique qu’il eu un accident de travail. A sa sortie de l’hôpital, il a appris que le patron n’avait établi aucun document pour la prise en charge.

Suite à toutes ces mauvaises conditions de travail, de nombreux salariés ont été en arrêt de travail et certains sont encore suivis par des psys.

José Navarro ne cache pas sa colère ; « Beaucoup d’argent public a été injecté dans cette entreprise, nous savons qu’en cas de difficulté les collectivités sont appelées à la rescousse. La liquidation a été faite. En contre partie qu’est ce qui a été fait ?

Il y a de la souffrance au travail, des maladies professionnelles non reconnues, des accidents de travail non déclarés. Voilà où on en est. Il faut que les pouvoirs publics entendent la parole des travailleurs et non la parole de ceux qui font du chantage à l’emploi. »

Nicole Lafourcade