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Réunion de suivi de la situation de l’entreprise Toupnot de Lourdes : « Le Toupnot de demain ne sera pas le Toupnot de 2018 »

lundi 1er avril 2019 par Rédaction

L’horizon s’assombrit…

Ce matin, en préfecture, s’est tenue la seconde réunion plénière de suivi de la situation de l’entreprise Toupnot à Lourdes et de son avenir suite à l’incendie du 10 janvier dernier. L’objectif était de faire le point sur l’avancement des réflexions de chacun concernant les pistes et l’avenir réservés à cette entreprise, à ses activités et à ses salariés.

Le préfet Brice Blondel a rappelé que l’enjeu économique était important.

« L’entreprise Toupnot, c’est de l’ordre de 18 millions d’euros par an de chiffre d’affaires. C’est un enjeu humain avec environ 70 salariés selon que l’on intègre les temps partiels qui sont concernés par les décisions qu’il conviendra de prendre concernant l’avenir de cette usine. La question est : comment on répond à une crise que traverse cette entreprise dans un groupe qui a lui-même son existence sur une dizaine de sites industriels ? Est-ce qu’on fait de cette crise une opportunité pour repenser un projet ou est-ce que c’est impossible et il faut en tirer les conséquences, c’est-à-dire savoir que cette usine va cesser son activité. A la précédente plénière, on s’était quitté sur beaucoup de questions. Peut-on reconstruire l’usine pour relancer son activité ? Faut-il reconstruire sur place ou ailleurs ? En attendant la reconstruction de cette usine peut-on monter un atelier-relais ? Si la reconstruction n’est pas la solution, y a-t-il d’autres partenariats industriels avec des acteurs du territoire permettant de reclasser durablement de l’activité et des salariés ? Au terme de cette réunion, nous avions pris un engagement de nous revoir au terme d’un mois et demi, ce qui a été fait aujourd’hui, et de contribuer à la réflexion en lançant une étude stratégique sur la situation. Aujourd’hui c’était l’occasion de faire un point sur l’avenir de l’entreprise, sur les premiers travaux conduits dans le cadre de cette étude par un partenaire sélectionné sur la base d’un appel d’offres, à savoir la CACG, dont les conclusions définitives seront rendues le 15 avril. Cette étude a pour objectif de dire : c’est quoi la situation, à quelles conditions financières, techniques, matérielles, réglementaires on peut reconstruire, monter un atelier-relais ? Derrière, quelles sont les grandes stratégies possibles pour l’avenir de l’entreprise ? Réponses le 15 avril ».

Cette étude a été présentée de manière détaillée aujourd’hui aux participants (élus, administrations, salariés, groupe Cofigeo, PDG de l’usine Toupnot). De cette étude, il semble pour le préfet que la reconstruction d’une usine et la relance de l’activité n’est rentable qu’en fonction d’hypothèses de chiffres d’affaires, donc de clients. L’entreprise a perdu à ce jour dans son portefeuille clients des parts de marchés. Ces hypothèses constituent la principale inconnue, notamment pour les industriels que sont le groupe Cofigeo et l’entreprise Toupnot par rapport à l’investissement que nécessite une reconstruction. Une reconstruction sur place est de l’ordre de 8 à 10 millions d’euros, sur un autre site c’est potentiellement le double. Chacune de ces solutions a ses avantages, ses inconvénients, ses coûts. Y-a-t-il demain un projet qui donne à un industriel des raisons de s’engager financièrement, de prendre des risques ? Y a-t-il demain des clients et une activité ? « C’est la même question qui se pose pour un atelier-relais, commente Brice Blondel. Il y a la possibilité de mettre un atelier-relais à courte échéance, en septembre environ. Ce n’est pas neutre sur le plan financier. Et un relais vers quoi ? Sur ce sujet, le groupe Cofigeo et l’entreprise Toupnot ne se sont pas engagés aujourd’hui. Ils ont soulevé des risques d’une telle entreprise, sans forcément conclure qu’ils n’iraient pas, laissant marquer pour cette hypothèse une indication comme quoi ils la privilégient. On aura compris que ce n’est pas l’hypothèse qu’ils privilégient. Aucune réponse définitive n’a été apportée aujourd’hui par le groupe à ces questions ».

Pour le préfet, il n’appartient pas à l’Etat de trouver à la place de l’entreprise des marchés, des clients, d’aller les chercher à l’export, en interne, ou de déterminer un business plan sur chacune des nouvelles activités potentielles. « Le travail des pouvoirs publics c’est de mettre tous les moyens à sa disposition pour accompagner techniquement et financièrement. De ce point de vue-là, tant l’Etat que la communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées, le département, la région ont marqué leur engagement à accompagner ce projet et rechercher un certain nombre de partenaires. C’est tout l’enjeu des 15 jours qu’il nous reste : donner de la crédibilité à ce projet. Personnellement, j’y crois. Il s’agit de mettre derrière cette conviction des projets plus précis ».

Si dans 15 jours, l’entreprise dit que ce n’est pas possible pour elle de s’engager tant il y a de l’incertitude, le préfet a demandé de travailler « C’est quoi l’alternative ? »

L’éventualité d’un déménagement des machines vers d’autres sites du groupe Cofigeo avait été évoquée il y a quelques jours. Qu’en est-il ? Brice Blondel : “L’entreprise a le projet d’envoyer des matières premières et d’équipements en nombre limité dans deux usines du groupe (à Capdenac et à Sainte-Livrade) pour permettre de continuer à approvisionner les clients de Toupnot qui sont aujourd’hui en rupture de stocks (La Cuisine des Pyrénées en partenariat avec le Haricot tarbais et SEVIMA commercialisée sur l’île de la Réunion) ”. 

Ils ont dit

Robert Castagnac, commissaire à la réindustrialisation en Occitanie

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Philippe Combes, délégué CHCST de l’usine Toupnot, José Navarro, Gilles Haurie (UD CGT 65)

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