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Stado-TPR

vendredi 1er mars 2019 par Rédaction

A la rencontre de Jean-Charles Laran

Jean-Charles Laran, le nouvel entraîneur des trois-quarts du TPR est un homme du sérail attaché au club et aux valeurs du rugby. Fidélité, amitié, engagement, dans les deux sens du terme, ont un sens pour lui. C’est sur ces valeurs, à la demande d’amis et ex-coéquipiers, qu’il a accepté de faire une pige jusqu’à la fin de la saison.

Son CV

Passé par l’Ecole de Rugby de Bagnères, il a rejoint les Cadets du Stadoceste Tarbais avec lesquels il a été sacré Champion de France 88 en lever de rideau de la Finale Agen-Tarbes. A l’époque, ses coéquipiers s’appelaient Marc Dantin, Yannick Martin et Frank Hueber, dont les deux derniers qui ont fait appel à lui. Jean-Charles Laran, international B et à VII, était un joueur incontournable au Stado où, pour les besoins du club, il a opéré à l’ouverture, à l’aile et au centre, son poste de prédilection. Lassé des blessures à répétitions, Jean-Charles Laran a mis un terme à sa carrière de joueur à 30 ans. Passionné de rugby, il est titulaire d’un BE2 et a fait ses premières armes avec le Stado en 2003, l’année de la Finale contre Montpellier. Associé à Daniel Santamans et à Alex Martinez, il était chargé des lignes arrière. Il a entraîné Bagnères pendant trois ans avec à la clé un titre de Champion de France de Fédérale 3, avant d’arrêter d’entraîner pour des raisons familiales et professionnelles. L’occasion aussi de pouvoir profiter enfin des week-ends en famille, mis trop longtemps entre parenthèses, d’autant qu’il voulait profiter de ses enfants. Pour ne pas rompre avec sa passion il a accepté, il y a une dizaine d’années, de s’occuper du Centre de Formation de Tarbes. Un poste plus compatible avec ses obligations professionnelles d’Educateur Sportif à la Ville de Tarbes depuis 1992. Aujourd’hui, Jean-Charles Laran est Coordinateur, en charge des douze Educateurs Sportifs de la Ville. Sa fonction de Directeur du Centre de Formation, devenu Centre d’Entraînement Labellisé, le comble également, car sa mission est de former des jeunes pour l’équipe première. En dehors de ceux qui jouent à Tarbes, d’autres comme Jean-Pascal Barraque, Geoffrey Cros, des purs produits locaux, ont connu le haut niveau. Sans compter Irribarren, formé à Toulouse, mais qui est passé par le Centre de Formation.

Normal de répondre présent à des amis

Plusieurs fois sollicité par le TPR pour s’occuper de l’entraînement, dont la dernière fois avec Marc Dantin, Jean-Charles Laran avait toujours refusé parce qu’il ne pouvait pas assumer les deux charges à 100%. Il avait alors privilégié ses nouvelles fonctions de Coordinateur. « C’est un métier passionnant et je m’épanouis complètement. J’ai un groupe formidable d’Educateurs Sportifs et une équipe avec laquelle je m’éclate professionnellement. » Cette fois, il a accepté parce que c’est sur une fin de saison et non sur une saison complète. « J’ai été sollicité par Lionel Terré, Frank Hueber et Yannick Martin, qui sont des amis d’enfance. Il reste un petit bout de chemin à faire et j’ai réussi, avec mon employeur, à avoir des aménagements d’horaires. Des amis m’ont demandé un coup de main et il était normal que je réponde présent. Sur une saison complète, ça aurait été très compliqué. Là, pour une aventure de deux mois et plus, si on se qualifie, je l’espère pour le Du Manoir, c’était tout à fait faisable. »

Il y a les ingrédients pour réussir

Une décision que ne regrette pas du tout Jean-Charles Laran, même s’il avoue avoir eu un peu d’appréhension avant de rencontrer les joueurs. « J’ai vécu deux jours avec eux et ça m’a rebousté. » Présenté aux joueurs lundi matin, le nouvel entraîneur a mis d’entrée les pieds dans le plat. « J’ai été très franc et très cash et je leur ai dit ce que je pensais. J’ai vu le match de Nafarroa à la vidéo et je leur ai dit ce que j’en pensais. Je pense que les joueurs ont été très attentifs et je pense qu’ils ont entendu ce que j’avais à leur dire et qu’ils ont adhéré au discours. » La preuve lui a été apportée par le comportement du groupe aux entraînements. « Franchement, pendant ces deux jours (lundi, mardi, repos mercredi), je me suis régalé à refaire du terrain avec des « grands » entre guillemets. » Un rôle un peu différent que celui auprès des Espoirs où l’accent était surtout mis au niveau de la technique individuelle. Car très jeunes, les joueurs privilégient le physique à travers la musculation au détriment de la technique individuelle. Pour le technicien, le groupe ne manque pas de technique individuelle et de talent. « Il y a les ingrédients pour réussir. Chacun a ses propres qualités, il y en a qui sont plus à l’aise techniquement, au niveau gestuelle que les autres, Il y en a qui ont un meilleur jeu au pied que d’autres et il y en a qui sont plus rapides que d’autres. Il y en a qui analysent plus rapidement une situation que d’autres...Le tout, c’est de trouver, avec les propres qualités de chacun, la meilleure formule et les meilleures associations possibles pour que le jeu de ligne fonctionne. »

La base de ce sport, c’est la solidarité

Jean-Charles Laran est un passionné qui s’est tenu au courant des évolutions du jeu mais qui est avant tout attaché aux valeurs du rugby. « Je comprends que la musculation, les projets de jeu, c’est très bien. Il en faut et je suis conscient que c’est nécessaire. Par contre, ce qui est pour moi la base de ce sport, c’est la solidarité. Etre solidaire et avoir confiance au mec qui est à côté, ça vaut tous les projets de jeu du monde et toutes les heures de musculation*. Le reste, ce ne sont que des moyens qui nous permettent d’avancer et d’avoir des repères collectifs. » Une philosophie du rugby qui ne fait pas de Jean-Charles Laran un entraîneur rétrograde au contraire. « Le mouvement général m’a toujours intéressé, j’ai toujours regardé ce qui se faisait ailleurs. J’ai toujours essayé d’évoluer dans ce que préconisais. » L’attaquant racé n’a pas renié ses rêves d’espaces. « Je ne suis pas adepte d’un jeu restrictif mais il faut des joueurs pour faire un jeu de mouvement. Très sincèrement, on a les joueurs pour pratiquer un jeu complet, avec l’alternance avants-trois-quarts. Par contre, il faut mettre les joueurs dans des conditions optimales de confiance. Ce qui leur manque, c’est d’avoir cette confiance en eux et des gens qui les rassurent. Ce sera mon rôle. » Jean-Charles Laran est aussi un pragmatique qui ne prône pas l’attaque à tout va, quels que soient les circonstances. « Je veux faire des choses très simples. Et si le temps le permet, on veut mettre du jeu en place. Mais ce n’est pas faire du rugby à sept que je demande. C’est de mettre du jeu organisé, avec les soutiens qu’il faut, avec la vitesse qu’il faut. Et ça, ils m’ont montré lundi et mardi, qu’ils en étaient capables. » L’entraînement de mardi soir, face aux Espoirs, l’a conforté. « Il y avait de l’intensité, j’ai vu des gens arriver avec de la vitesse, prendre les bonnes zones, les bons intervalles, avec de bons timings et ça me rassure. Si on n’est pas capable de le refaire en match, c’est qu’on n’a rien à faire là ! »

*C’est justement ce qui fait la différence avec les clubs ’’amateurs’’ chez eux, et notamment à Nafarroa, où l’accent est mis avant tout sur le jeu et la solidarité.

Les manquements relevés à Nafarroa

Pour autant, le nouvel entraîneur a pointé du doigt les erreurs commises à Nafarroa qui correspondent aux analyses de Yannick Vignette et de Lionel Terré. A commencer par un probable excès de confiance. « On est allé peut-être là-bas les mains en haut du guidon, alors qu’on avait eu un avertissement avec Albi qui avait été y perdre. On n’a pas su mettre les ingrédients pour aller gagner là-bas. On a manqué de combativité, on a manqué de vitesse, bref de tout... » De plus les joueurs se sont mis en danger en attaquant de leurs 22 mètres dès le début du match, à l’encontre des consignes de Yannick Vignette. Et là, Jean-Charles Laran, qui prône l’adaptation à la situation, est formel : « Ils ne pouvaient pas attaquer sur cette situation, car déjà le placement n’était pas bon et Nafarroa montait bien en défense. » Pourtant le technicien est partisan de la réalité du terrain qui permet de sortir des schémas de jeu préétablis. « Si dans nos 22 m, la défense ne monte pas et s’il y a un trois contre à jouer, ma philosophie, c’est de le jouer. Après, il y a des fondamentaux. Si ça monte vite et qu’on ne peut pas jouer, on respecte le schéma de jeu en tapant en touche. » Mais sur ce match à Nafarroa, les joueurs ont multiplié les erreurs de jugement. « Il y a plein de situations qui ont été mal analysées. Je pense à des montées défensives où on n’a pas perçu le surnombre. On est monté trop nombreux sur un seul joueur et on a laissé les largeurs dégarnies. On s’est retrouvé à moins deux, ou moins trois joueurs, sur des attaques en première main. D’autres fois, on est monté trop lentement, on a manqué d’agressivité et là, ce n’est pas à cause du projet de jeu ! »

La meilleure des réponses samedi !

Pour Jean-Charles Laran, Valence d’Agen est un adversaire à ne pas mésestimer. « Toutes les équipes restent dangereuses. Les unes veulent se sauver, les autres veulent se qualifier et on va se méfier de tout le monde. Valence d’Agen, c’est une équipe qui va s’accrocher, ils ont un paquet d’avants qui est consistant, avec un très bon joueur et un redoutable buteur, Thomas Bouyxou, qui jouait chez nous. Ils viennent à Tarbes, mais aujourd’hui, je ne sais pas si on fait toujours peur. Ils voient nos résultats, il savent qu’il y a eu un peu de pagaille à l’intérieur, avec un staff remanié dans la semaine. » Mais pour lui, c’est aussi un moyen pour piquer ses joueurs. « La meilleure des réponses va être samedi soir. Après ce qu’ils m’ont montré, j’espère qu’ils vont montrer à tout le monde que notre visage est en train de changer un petit peu. » Jean-Charles Laran y voit aussi l’occasion de montrer la solidarité et la cohésion du groupe dans un moment difficile. « On veut s’appuyer dessus pour faire taire un peu toutes les rumeurs qui sont complètement infondées. »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre