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Retour sur Lannemezan-Tarbes

mardi 13 novembre 2018 par Rédaction

Un public de feu

D’abord, chapeau au public de Lannemezan qui, de bonne guerre, a accueilli les Tarbais sous des sifflets mais qui s’est montré relativement sportif lors des tentatives des buteurs. Un public qui a pesé sur l’arbitrage, notamment en deuxième période. Des supporters qui ont surtout transcendé leur équipe en fin de match et qui ont tous poussé sur la dernière mêlée. L’explosion de joie a embrasé Sarrat qui a communié en chantant l’hymne du club avec ses joueurs réunis face aux tribunes.

Réactions lannemezanaises

Christophe Schneider : « De vraies valeurs humaines de solidarité »

Encore au bord du terrain plusieurs dizaines de minutes après la fin du match, l’entraîneur du CAL savoure ce que beaucoup considèrent comme un exploit. « Dans un coin de notre tête, on pensait que c’était possible et on s’est donné toutes les chances pour le faire. Après, il faut féliciter les joueurs. On est dans une situation compliquée et en manque de confiance mais tous les entraînements et tous les dimanches, c’est des remises en questions. Ils ont fait un boulot remarquable et c’est eux qu’il faut féliciter. En plus, ils ont fait plaisir au public et ils nous ont fait voir de vraies valeurs humaines de solidarité. Mais je pense aussi, qu’en seconde mi-temps, on a joué au rugby et on est super heureux. » D’autant que le CAL, a pris Tarbes sur son point fort. « On savait qu’ils avaient une forte conquête. Ils nous ont embêtés en touche, mais on s’est bien rattrapé en mêlée. On l’avait bien bossée cette semaine et ça a été bénéfique, puisqu’on a eu trois pénalités sur les quatre dernières mêlées. »

Thibault Paris : « C’était tendu et on s’est un peu chauffé »

L’ancien troisième ligne tarbais, qui est encore sur la pelouse au milieu de ses nouveaux coéquipiers, confirme que le travail de la semaine a porté ses fruits. « On avait bien travaillé la mêlée et ça a marché, tant mieux ». Pour son premier derby contre son ancien club, Thibault a été gâté avec une générale dès la première mêlée. « C’est un derby, c’était tendu et on s’est un peu chauffé. Il y a de l’hormone, il y a des choses qui se passent et quand ça éclate, c’est comme ça dans un vrai derby. » L’ancien tarbais s’est complètement intégré et n’a pas été surpris par la faculté des Lannemezanais à se transcender. « Je m’entraîne avec eux toute la semaine et je sais comment ils sont. Cela fait partie, entre guillemets, des valeurs des clubs de ’’villages’’ qui ne sont pas des clubs de villes. Il y a des choses qui tournent plus autour de l’affectif, c’est comme ça, il n’y a pas de secret. (rires...). »

Romain Sère-Peyrigain : « Je pense que ça s’est joué à l’envie »

L’ancien Oloronais a vécu des derbies béarnais et bigourdans mais celui contre Tarbes a bien une saveur particulière. « Cela se ressemble fortement, mais celui-là était particulièrement émouvant, même si je ne suis pas d’ici, par rapport à l’histoire. Cela me fait vraiment plaisir de remporter ce premier derby contre Tarbes. Je suis très heureux et très fier de l’équipe et du collectif. » Le CAL a été chercher sa victoire au cours de la seconde mi-temps. « Je pense que ça s’est joué à l’envie. Je crois qu’on avait un peu plus envie qu’eux et on les a concassé en mêlée sur les vingt dernière minutes. C’est ce qui a fait qu’on a réussi à garder l’occupation du terrain pour les maintenir chez eux pour marquer des points. »

Sébastien Pettigiani : « C’était un vrai match d’homme »

Le seconde ligne, a joué sous les trois maillots bigourdans plusieurs derbies mais celui contre Tarbes est particulier. « Bien sûr, il y a une motivation particulière par rapport à Tarbes. C’est un contexte un peu particulier, qui met une ambiance supplémentaire dans les tribunes et autour. Ce sont les supporters qui nous font nous transcender. Chaque fois qu’on rentre, on entend cette musique, les supporters sont à 2 000 % avec nous. Les purs lannemezanais, comme Daste, Gabarre, Rixens et d’autres, que j’oublie, sont l’âme du club et ils nous portent sur le terrain. » Le CAL a rempli un double objectif en battant Tarbes. « Au delà du derby tarbais, qui met une ambiance extraordinaire, il nous fallait absolument ces quatre points. C’est chose faite et c’est très, très, bien pour nous, car cela nous permet de respirer un peu et de ne pas décrocher. Mais delà de la victoire, c’est le contenu qui fait vraiment plaisir. » Une victoire qui s’est construite devant, sur le point fort d’une équipe tarbaise qui avait dominé tous ses adversaires dans ce secteur. « On savait que Tarbes avait une très, très, grosse conquête et on les a bien pris devant. On les a pris sur la mêlée, qui est leur point fort et ça les a fait un peu déjouer. C’était un vrai match d’homme, avec une agressivité saine, sans accrochage particulier, sauf sur la première mêlée (rires..). C’est très bien, mais au delà des quatre points, c’est l’état d’esprit qui est vraiment remarquable depuis le week-end dernier où on ne lâche rien, où on met tous les ingrédients qui font qu’on avance tout le temps. « En bon capitaine, Sébastien Pettigiani, pense au prochain match et avertit : « C’est très bien mais il ne faut pas nous endormir sur nos lauriers. Dimanche, on va à Nafarroa où ce sera un très, très, gros match. On s’est qu’on sera très attendu et il faut qu’on soigne nos petits bobos cette semaine.  »

Simon Rixens : « On voulait les marquer au fer rouge »

Le droitier lannemezanais, confirme que le match s’est joué dans les têtes. « On a mis un surplus d’énergie contre Tarbes et on a mis plus d’engagement qu’eux. Ils ont été pris sur l’engagement. Techniquement ils sont meilleurs que nous, physiquement, ils sont plus gaillards mais on a été meilleurs qu’eux sur l’engagement. » Le pilier reconnaît que la première mêlée relevée a influé sur la suite du match « On voulait les marquer au fer rouge et leur faire comprendre qu’ici, ils ne gagneraient pas. Et ils ont compris ! » (sourire...). Jamais, les Lannemezanais n’ont douté, même quand les Tarbais, dominateurs envoyaient du jeu et se montraient dangereux. « Non, devant on était bien et on y a cru du début à la fin. C’est vrai que derrière, ils sont dangereux, ils ont des individualités mais collectivement, ils ne nous ont pas impressionnés. Pour nous, il n’y avait qu’une seule issue contre Tarbes, c’était la victoire. »

Réactions tarbaises : Abattement et incompréhension

Côté tarbais, c’est l’abattement et l’incompréhension d’avoir failli à ce point en seconde mi-temps et d’avoir été incapables de renverser le match lorsqu’ils sont revenus 22-20 à moins de dix minutes de la fin. Au contraire, c’est Lannemezan qui a terminé plus fort et a dominé en mêlée fermée, suprême humiliation. Plus d’une heure après la fin du match, quelques joueurs cadres et Yannick Vignette, essayaient de comprendre cette faillite face à une équipe qui n’avait gagné qu’un match. Face à une équipe qu’ils avaient dominée pendant les quarante premières minutes. Le débriefing officiel devrait être intéressant avant d’aborder un nouveau derby à risque contre Bagnères.

Mickaël Etcheverria : « On ne sait pas tuer le match »

L’ex-arrière tarbais, qui avait vécu pareille mésaventure sur le terrain en 2009, n’arrivait pas à comprendre. « En première mi-temps, on est bien dans l’engagement mais le problème, c’est qu’on ne sait pas tuer le match. On n’est pas des tueurs ! On tourne à 13-6 à la pause, alors qu’il devait y avoir un écart plus conséquent que ça en première mi-temps. » L’entraîneur ne s’explique pas le changement de physionomie de la rencontre. « Après, je ne sais pas ce qu’on fait. Chacun fait sa petite faute, heureusement Christophe Dasque manque six points d’entrée. Après on fait des fautes techniques, des en-avants, des coups de pieds qui ne sont pas bons. C’est râlant, parce que quand on arrive à tenir le ballon, à mettre plusieurs temps de jeu, on les met à la faute et on marque deux essais. »

Morgan Rubio : « On est tombé dans le panneau »

L’ailier tarbais, qui s’est montré le plus entreprenant sur le terrain. C’est lui qui a emmené l’essai refusé à Vunisa et la mêlée à cinq mètres, qui a débouchée sur l’essai d’Armary, mais il est plutôt remonté. « Il ne fallait pas faire de fautes et on est tombé dans le panneau. Les mecs font une relance de jeu et on se met à la faute directe. A partir de ce moment là, ce n’est même pas la peine d’espérer un résultat. Nous, on doit enchaîner une dizaine de temps de jeu pour essayer de marquer un essai ou trois points. Eux, ils font un temps de jeu et nous, on se met à la faute. Tant qu’on ne grandira pas sur ça, à l’extérieur, on se fera punir, c’est comme ça. » Pour Morgan Rubio, ce match n’était pas particulièrement engagé. « Ce n’est pas le match le plus rugueux que j’ai joué dans ma carrière. Il n’y a pas eu de mecs ’’ouverts’’, ce n’était même pas le match le plus engagé que j’ai joué dans ma vie. »

Maxim Escur : « On donne trop de points facilement »

Le gaucher tarbais n’a pas vraiment été surpris par la notion de derby à la Bigourdane. « Des derbies, j’en ai fait plus d’un dans ma carrière et je m’attendais à ça. Je me doutais bien que ça allait être serré, que ça allait chamailler et ça n’a pas loupé avec, après trois minutes de jeu, une bagarre générale. » Lui aussi confirme que par la suite le match n’a pas été rugueux. « C’était correct, il y avait de l’engagement des deux côtés mais les deux cartons rouge ont calmé tout le monde. Je pense qu’on avait la domination mais en début de seconde mi-temps, on est endormi, on fait trop de fautes, trop de hors-jeu, on donne trop de points facilement. »

 Jonathan Bréthous : « On fait des fautes débiles »

Le centre tarbais, mâchoires serrées de déception et de colère, ne mâche pas non plus ses mots : « On gagne et on perd ensemble. Lannemezan s’est accroché jusqu’au bout, on le savait. Dans un derby, c’est rare qu’une équipe lâche le match. On a tout pour être bien en seconde mi-temps parce qu’on a dominé la première dans le score et dans le jeu, je pense. On a un gros quart d’heure où on est absent des débats. On joue dans notre camp, on fait des fautes débiles, je pense que c’est le mot. » Mais ce qui agace le plus Jonathan Bréthous, c’est l’incapacité de bien jouer et de gagner en déplacement. « Malheureusement, c’est un peu la répétition de tous nos matchs à l’extérieur. C’est ça qui est râlant et inquiétant à la fois. Si on veut vraiment jouer les premiers rôles dans cette Division, on ne peut pas se permettre de faire des fautes comme ça. On ne va pas être chauvin, on va féliciter Lannemezan, parce qu’ils se le sont gagnés même si on les a aidés en faisant beaucoup d’erreurs. En terme de jeu, je ne pense pas qu’ils nous aient surpassés mais eux, ils ont répondu présents sur les fondamentaux, ce qui est important au rugby. Et nous, on a failli. Pas sur tout le match mais on a eu des moments à vide et ils ont su en profiter pour scorer. »

Jean-Jacques Lasserre