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Le TGB détrône Bourges et entre dans l’Histoire - Tarbes-Bourges : 54-40 (6-8, 2-11, 20-6, 16-15) Mi-Temps : 18-19

vendredi 7 mai 2010 par Rédaction

Tarbes-Bourges : 54-40 (6-8, 2-11, 20-6, 16-15) Mi-Temps : 18-19

Pour Tarbes : 20/47 paniers dont 4/11 à 3 points, 10/20 lancers-francs, 33 rebonds dont 6 offensifs, 8 passes décisives, 15 ballons perdus, 21 fautes. Marqueuses : Lepron (14 points), Yacoubou-Dehoui (12), Eldebrink (10), Maïga-Ba (8), Arrondo (6), Breitreinezr (2), Sacko (1), Randall (1), Jannault, El Gargati, Castets.

Pour Bourges : 14/60 paniers dont 3/9 à 3 points, 9/20 lancers-francs, 36 rebonds dont 16 offensifs, 8 passes décisives, 15 balles perdues, 18 fautes. Marqueuses : N’Dongue 12 points), Lardy (11), Kaltsidou (5), Lelas (5), Manic (2), Miyem (2), Burgrova (1), Salagnac (1).

Tarbes est entré dans l’histoire du basket féminin en remportant son 1er titre de Champion de France au plus haut niveau et en mettant fin au règne du duo Bourges-Valenciennes qui se sont partagés le titre durant 16 ans. Champion de NF2 en 1991, puis de NF1B en 1992, l’année de son accession dans l’élite, le TGB disputait sa 5ème finale chez les grands. La première en 1993, lors de sa première saison face à Challes qui remportait pour l’occasion son 3ème titre consécutif. En 1995, Tarbes s’inclinait contre Bourges qui étrennait le 1er de ses 9 titres nationaux ! En 2003 et 2005, Tarbes échouait contre Valenciennes et l’an passé contre ce même Bourges. Cette année, après la disparition de Valenciennes pour des problèmes financiers, Tarbes se positionnait en dauphin de Bourges. Mais pour beaucoup de spécialistes, c’était l’année du TGB qui possédait sur le papier, l’équipe la plus complète à tous les postes et la plus équilibrée, avec en prime la meilleure joueuse française et le meilleur entraîneur 2009. Tarbes terminait premier de la phase régulière et retrouvait Bourges en finale.

Contrairement à l’an passé les Tarbaises, grâce à leur première place avaient l’avantage de jouer la finale retour et la belle éventuelle en Bigorre. Vainqueur de la finale aller dans le Berry (73-76), le TGB a conquis son titre dans un Palais des Sport, couleur violet et blanc, rempli à ras bord. Le match démarrait sans round d’observation entre deux équipes prêtes au combat et décidées à ne rien lâcher. Un combat rude et âpre où les défenses prirent le pas sur les attaques pendant de longues minutes. C’est Bourges qui, à sa troisième tentative, ouvrit la marque après 2’17" de jeu et un festival de ballons perdus et récupérés à tour de rôle. Tarbes égalisa à son tour après deux échecs au bout de 5’9" de jeu. Breitreiner donnait l’avantage au TGB 4-2 mais c’est Bourges qui remportait le 1er quart temps 6-8. Ce serait le seul de la rencontre mais on ne le savait pas encore et le suspense était à son comble. D’autant que le duo arbitral pénalisait à tour de bras les Tarbaises et fermait les yeux sur les accrochages de bras ou de maillots des Championnes en titre. Sacko payait le prix fort avec 3 fautes en moins de 10’... Au début du second quart temps, le match faillit basculer en faveur de Bourges qui se détachait 10-15 malgré 2 lancers-francs manqués, puis 12-19 à 3’25" de la pause. Mais poussé par son public, le TGB réagissait par Yacoubou-Dehoui et malgré 4 échecs sur 5 lancers-francs, il réussissait sur un tir à 3 points d’Eldebrink à recoller au score 18-19 à la mi-temps. D’autant que Chantal Julien rééquilibrait les fautes et permettait à Tarbes de lutter à armes égales dans l’engagement physique.

Le match bascula complètement au cours du 3ème quart temps entamé tambour battant par les Bigourdanes. Lepron sonnait la charge et Yacoubou-Dehoui enfonçait le clou sous le panier 25-19 après un peu moins de 4’ de jeu. Bourges tentait de réagir par Lardy à 3 points (27-24) mais Tarbes ne relâchait pas son étreinte et creusait peu à peu l’écart et infligeait un 20-6 au Champion en 10’. A 38-25, avec le soutien de son public et malgré Yacoubou-Dehoui qui commençait à traîner la jambe, le combat avait changé de camp. Les esprits s’échauffaient et il fallait toute l’expérience et l’autorité de Chantal Julien pour calmer les joueuses. Bourges, en 2’, tentait de revenir (38-29) mais François Gomez prenait aussitôt un temps mort pour recadrer son équipe. Ce qui fut mis immédiatement en application avec 7-0, et un tir à 3 points d’Arrondo qui venait doucher les dernières illusions berrichonnes (45-29). Les Championnes, comme au match aller, craquaient et ne trouvaient plus le chemin du panier, même pas aux lancers-francs avec 6 réussites sur 10 tirs. En face Yacoubou-Dehoui dessous et Arrondo de loin, alourdissaient la note 50-31. Le match était plié et François Gomez, grand seigneur, au lieu de tenter d’humilier son adversaire comme celui-ci l’avait fait l’an passé, faisait rentrer son bout de banc, permettant aux 11 joueuses de fouler le parquet. A 54-35, le futur champion desserrait son étreinte, les regards déjà tournés vers le trophée qui trônait dans la salle. Le dernier panier à 3 points de Lelas qui ramenait le score à des proportions moins cuisantes (54-40), n’était que péripétie, avant l’embrasement du Quai et la communion avec le public.

Jean-Jacques Lasserre


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L’ambiance et la joie étaient indescriptibles et les bandas rendaient pratiquement impossible toute interview. Les joueuses ont même débouché le champagne sur le parquet et s’en sont copieusement arrosées.

• La Présidente du Conseil Général Josette Durrieu est radieuse : "C’est une belle et grande victoire. Ce match était superbe et on est très fière pour les Tarbaises. On est vraiment heureux, heureux !" Gérard Trémège, le Maire de Tarbes savoure l’instant tant attendu : "Au début c’était extrêmement difficile. C’est la première fois qu’en 5’ on ne marque que 4 points, mais après les deux derniers quarts temps ont été formidables. Aujourd’hui, tout le monde est heureux. La victoire est là, le TGB est Champion de France après une saison extraordinaire. Il le mérite et la ville de Tarbes le mérite parce qu’elle fait des efforts extraordinaires pour le sport !"

• Grand moment d’émotion quand Isabelle Yacoubou-Dehoui a appelé à ses côtés Polina Tzekova, la joueuse emblématique du TGB qui à 40 ans a perdu la finale de l’an dernier à Bourges. D’autant que c’est Polina qui a pris sous son aile et a fait travailler une gamine débarquée du Bénin à 16 ans pour découvrir le basket de haut niveau. Émotion et peine quand la grande Isa a annoncé son départ et a fait ses adieux au public qui avait scandé son nom pendant le match. Une Isa épuisée par les efforts mais déchaînée sur le podium au milieu de ses coéquipières : "Ça fait du bien d’être comme ça parce que ça n’arrive pas tous les jours d’être champion de France et il faut savoir profiter de ce moment. Depuis plus de 15 ans c’était toujours Bourges ou Valenciennes et aujourd’hui, c’est Tarbes. C’est pour ça que j’ai envie de dire merci à Tarbes, merci au public et merci à mes coéquipières." Isabelle qui a reçu avant le match son second Trophée de MVP Française, avoue que si ça n’avait pas été la Finale elle serait sortie dès la mi-temps après un coup douloureux lui faisait traîner la jambe."

• Pascal Pisan, l’ancien entraîneur du TGB, décrypte cette finale : "La première mi-temps arrangeait Bourges mais a partir du moment où le TGB a bloqué les rebonds offensifs de Bourges, les joueuses se sont un peu libérées. L’option défensive de Bourges a payé en première mi-temps, mais quand Florence Lepron a décanté la situation, Bourges n’avait plus les moyens de marquer des points. Et surtout il n’avait plus les moyens ni physiquement ni mentalement de remonter au score. Ça s’est joué à des erreurs et à des rebonds offensifs et dès que Tarbes a récupéré les rebonds offensifs, c’était terminé." L’ancien coach n’entend pas parler de l’arbitrage décrié par le public à certains moment mais préfère souligner le coaching déterminant. "J’ai vu de bonnes décisions de coach. La rentrée de la petite Isis Arrondo, avec Flo Lepron sur les côtés, a été décisive. Arrondo, rentrée à la place d’Eldebrink, a mis deux paniers à 3 points et le match s’est joué là. "

• Isis Arrondo qui vient de fêter ses 21 ans en mars dernier, sacrée Championne d’Europe des - 21 l’été dernier ne réalise pas son bonheur. "C’est mon année. J’ai eu la chance de jouer dans des groupes qui s’entendent bien, qui travaillent dur et qui avaient envient de résultats. Ce soir on a gagné et on va essayer de remettre ça à Bercy."

• Béatrice Castets, est une pure Tarbaise formée à l’école de Basket du TGB et elle est d’autant plus heureuse : "J’en rêve depuis longtemps et l’année dernière on était passé assez près. On avait toutes envie d’avoir ce titre et on est allé le chercher. Je suis vraiment heureuse d’avoir ce titre et maintenant, on va aller chercher la Coupe de France, pour faire un doublé."

• Flo Lepron est revenue à Tarbes pour conquérir un second titre de Champion de France après celui obtenu avec Bourges. Mais celui-ci a une saveur particulière car à Bourges elle faisait surtout partie du banc et à Tarbes elle est devenue une joueuse majeure, capable de peser sur un match et un résultat. "Tous les titres sont particuliers. Ils ont tous une histoire différente, aucun ne se ressemble. Celui-ci, c’est celui de Tarbes 2010." Modeste Flo Lepron, refuse de reconnaître le poids qu’elle pèse dans l’équipe. "Je ne sais, disons que ça s’est bien passé ces derniers matchs." Elle a su tempérer son caractère et canaliser son agressivité. "Pas particulièrement mais à partir du moment où on défend dur dans un bon esprit il n’y a pas de problème. Ce que je n’accepte pas c’est quand on ne se comporte pas correctement et à un moment donné je vais répondre. Si on accepte qu’une fille te marche dessus après elles font ce qu’elles veulent et il faut montrer qu’on est là !" Une Flo Lepron qui n’hésite plus à prendre ses responsabilités pour faire basculer un match, comme en finale. "J’ai fait ce que le coach m’a demandé. Ça a marché ce soir tant mieux. C’est vrai que ça fait un mois que ça va et que les fins de matchs tournent dans le bon sens pour l’équipe et pour moi. Mais ce n’est pas une valeur sûre et ce n’est pas une vérité."

Recueilli par Jean-Jacques Lasserre

Interview de Hamchetou MAÏGA BA
Interview de Jean-Pierre SIUTAT, vice-président de la FFBB et ancien entraîneur du TGB