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Retour sur Valence d’Agen-Tarbes

mardi 23 octobre 2018 par Rédaction

Le respect de soi et de l’adversaire, l’envie, la solidarité, le combat, sont des valeurs avant tout mentales qui font la différence sur un terrain de rugby. Des valeurs et un supplément d’âme qui ont permis à Anglet, à Nafarroa et à Valence d’Agen, de créer l’exploit contre des équipes plus fortes et trop sûres d’elles.

Les Tarbais premiers responsables

Comme à Saint-Jean-de-Luz, les Tarbais ont subi l’envie de leurs adversaires durant toute une mi-temps (17-3) et le début de la seconde 20-3 (46ème) où le pack tarbais s’est fait emporter sur un ballon porté. Soit les Tarbais ne supportent pas les voyages et n’aiment pas jouer l’après-midi, soit ils font un gros complexe de supériorité face à des prétendues petites équipes. Le déplacement à Saint-Jean-de-Luz venait après une nette victoire contre Albi et Valence d’Agen restait sur des résultats médiocres. Deux défaites dues, avant tout, à des absences regrettables dans l’engagement, ce qui en rugby, sport de combat, est toujours rédhibitoire. Si au Pays Basque, les Tarbais pouvaient bénéficier du doute et si l’arbitrage avait pesé, là à l’ombre de la Centrale Nucléaire de Golfech, les Tarbais sont responsables et coupables en grande partie. Même si c’est vrai, que sur la longue séquence tarbaise de quatre minutes, M. Marbot n’a peut être pas eu le coeur à crucifier des Valenciens courageux qui n’ont jamais baissé les bras. La raison de cet échec les Tarbais doivent la chercher au fond d’eux. Contrairement à leurs deux derniers matchs, ils n’ont pas suffisamment respecté leurs adversaires dès la sortie des vestiaires. Au lieu de prendre à la gorge une équipe en plein doute, ce sont eux qui se sont retrouvés sous pression et qui se sont mis à douter. Et lorsqu’ils ont réagi, c’était déjà trop tard, les Valenciens avaient pris confiance et ont réussi à reprendre le tableau d’affiche, alors que Tarbes, sur un troisième essai pensait avoir fait le plus dur (23-24). La mêlée, avec introduction, semblait une occasion facile d’aller jouer chez eux avec une énième pénalité. Mais les Tarbais, qui pensaient leurs adversaires à l’agonie, se sont fait surprendre par ce sursaut d’orgueil et ont concédé la pénalité qui a donné la victoire à Valence d’Agen. Une mêlée qui fait polémique parce que le pack tarbais avait avancé tout l’après-midi.

Valence-d’Agen

Pour Valence-d’Agen, la pénalité de la gagne est le symbole du match, car elle obtenue sur mêlée. Le seul secteur où les Tarbais ont nettement dominé. Elle symbolise le surpassement de soi collectif à un moment crucial. Le monde aurait dû s’écrouler après le troisième essai tarbais et un en-avant sur un ballon récupéré sur le renvoi. Mais le pack ciel et blanc a mis toute sa force et sa malice pour obtenir la pénalité de la délivrance.

Sébastien Gorry : « Plus d’engagement et d’agressivité » 

Le capitaine de Valence d’Agen termine épuisé mais heureux d’avoir retrouvé le goût de la victoire, face à un des favoris de la Poule. « Malgré notre début de saison difficile, on a toujours su rester souder et aujourd’hui ça paye, face à une très belle équipe de Tarbes. Il faut qu’on s’appuie là dessus et qu’on continue à bosser, à rester humble, parce que l’on a rien gagné, on n’a gagné que Tarbes. Maintenant, on va travailler plus sereinement pour essayer de basculer vers le haut du classement. » Si contre Albi, les Valenciens, n’avaient pas tout donné, au point d’en éprouver beaucoup de regrets, ils n’ont pas commis deux fois la même erreur. « Tarbes, c’est sur le même registre qu’Albi, c’est une équipe qui joue propre, qui est très bonne sur sa conquête. On voit qu’elle a l’habitude des joutes au dessus. Mais contre Tarbes, on a mis un peu plus d’engagement et d’agressivité dans les rucks pour les empêcher de rejouer et je pense qu’on les a pris là-dessus. »

Olivier Laurent : « C’est la victoire d’une équipe qui n’a pas voulu mourir »

L’entraîneur des avants est heureux, car ses hommes ont puisé, au fond d’eux-mêmes, les ressources pour aller chercher une victoire salvatrice. « On les a pris à l’envie mais un peu au rugby aussi. Ils s’en remettent à leur mêlée fermée qui est très puissante. On s’est battu comme des lions, ce qu’on avait eu du mal à réaliser depuis le début de la saison, sur quelques matchs qu’on tenait. A Anglet et à Saint-Jean-de-Luz, on gagnait à la mi-temps, on gagnait à quelques minutes de la fin et on perdait. Là, on menait à quelques minutes de la fin, on finit par se faire rattraper, on finit par se faire doubler. Mais, on repasse devant et on réussit à ne pas le lâcher à la fin. Et ça, c’est la victoire d’une équipe qui a du caractère et qui n’a pas voulu mourir. Et ça, pour nous, c’est le plus important. » Malgré plusieurs absences, les Valenciens ont joué crânement leur chance. « On ne va pas contre sa nature. Je me devais de ne pas refuser le départ en sélection de deux de mes joueurs. On ferraille ensemble toute la semaine, on est un groupe et les garçons qui rentrent sur un terrain sont toujours prêts à en découdre. On a fait jouer au centre deux garçons qui n’ont jamais joué à ces postes et je trouve, qu’on s’est plutôt bien débrouillé. »

Sylvain Descon : « D’entrée, on les a asphyxiés »

Le directeur sportif est ravi au delà de la victoire. « On a vu un beau match de rugby, d’un bon niveau de Fédérale 1, avec deux équipes qui avaient envie de jouer au rugby. Les valeurs du rugby ont été respectées, avec de l’engagement, du respect, du jeu, du beau jeu et au bout la victoire pour nous. Cette victoire, on en avait grandement besoin. Le moral des garçons en avait besoin, le club en avait besoin et les garçons ont su aller la chercher avec les tripes. Tarbes, c’est une équipe très costaud, défensivement bien en place. En mêlée fermée, c’était compliqué, c’est une belle équipe, avec des garçons qui ont aussi des pattes derrière. Nous, on avait très, très, envie de montrer, devant notre public, qu’on était là et qu’on n’allait rien lâcher. D’entrée, on les a asphyxiés, on est monté les chercher défensivement et on les a agressés. On avait demandé aux garçons de faire du Valence-d’Agen et ils ont fait du Valence-d’Agen ! Les garçons avaient très envie et on leur a mis une grosse pression de suite. Ce n’est peut-être pas la meilleure équipe qui a gagné mais c’est celle qui a eu le plus d’envie. » Ce qui n’avait pas été le cas contre Albi, avoue l’ancien talonneur. « On n’était pas dans le même contexte. Cette fois la pression, était beaucoup, beaucoup, sur nous. On n’avait plus le droit de perdre. »

Du côté tarbais

Les joueurs ont conscience d’avoir complètement galvaudé la première mi-temps et ne se cachent pas derrière l’arbitrage ou de fausses excuses.

Yannick Vignette : « Trop d’erreurs techniques »

L’entraîneur tarbais, analysait, un brin désabusé « Ce que je regrette, c’est qu’on a perdu sur nos erreurs techniques. On n’a pas du tout été propre sur tout ce qui est réception des coups d’envois. On a contré des ballons en touche mais derrière, on a fait des en-avants. A quoi bon organiser un contre, si derrière, on fait en-avants et des fautes techniques ? » Pourtant ce n’est pas faute d’avoir averti ses joueurs. « Je craignais ce déplacement parce que c’est une équipe qui n’est pas à sa place et ils l’ont prouvé. Mais au delà de ça, il y a du travail d’ordre technique à faire sur des joueurs qui n’ont pas sécurisé l’équipe par des petites fautes techniques. Une faute technique ajoutée à une autre, ça nous a beaucoup pénalisés, ça nous a empêché de sortir du camps. Dès que Valence-d’Agen faisait un demi mouvement il y avait pénalité. Ce qui a donné ce match crispant, serré et à la fin l’arbitre donne pénalité sur une mêlée qui se relève. Il considère que c’est nous qui avons triché, alors que nous avons avancé tout l’après-midi. Il faut l’accepter, c’est comme ça mais c’est râlant, parce que c’était un match qui était à notre portée. C’est une somme d’erreurs que nous avons fait individuellement qui a plombé le collectif aujourd’hui.

Albin Méron : « Ce match, on se le perd tout seul ! »

Le troisième ligne centre reconnaît l’absence des Tarbais lors de la première période. « Oui, on n’a joué que quarante minutes dans ce match. La première mi-temps nous fait mal même si la fin se joue à un détail. Ce match, on le perd en première mi-temps. » Un match perdu aussi, sur les points offerts sur chaque renvoi après un essai. « La réception des coups d’envoi, c’est un point fort chez nous, mais là ça n’a pas fonctionné comme on voulait. » Très déçu Albin Méron lâche : « Ce match, on se le perd tout seul ! »

David Bonnecarrère : « On ne les a jamais écarté du score »

Le troisième ligne, entré en cours de match, fait la même analyse. « Ils mènent 17-3 à la mi-temps, ce qui prouve qu’on n’est pas rentré dans le match. Eux, ils ont mis les ingrédients qu’il fallait mettre et il n’y a rien à dire. On n’a pas été performant sur les renvois et chaque fois qu’on marquait, ils récupéraient le ballon et derrière ça faisait pénalité. On ne les a jamais écartés du score. »

Mathieu Berbizier : « On a eu du mal à rentrer dans ce match »

L’arrière qui s’est une nouvelle fois montré perforant, partage la même analyse que ses coéquipiers de devant. « On a fait beaucoup de fautes techniques, de ballons tombés et ça les a mis en confiance. Après, on prend un essai casquette, sur un manque de concentration, qui nous met un petit coup. On a eu du mal à rentrer dans ce match, on n’a pas du tout joué en première mi-temps. On est mené 17-3 à la mi-temps et c’est rageant parce qu’on revient à 2 points. » 

Jean-Jacques Lasserre