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Des inquiétudes concernant l’avenir des Chambres de Commerce et d’Industrie

mercredi 27 juin 2018 par Rédaction

Avant l’assemblée générale de la Chambre de commerce et d’Industrie des Hautes-Pyrénées, le président François-Xavier Brunet a fait la déclaration suivante à la presse :

Déclaration de François-Xavier BRUNET,
Président de la CCI Tarbes Hautes-Pyrénées

Le 20 juin dernier, comme vice-président de CCI France, j’ai été reçu avec Pierre Goguet, notre président national, par le Ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et sa Secrétaire D’Etat, Delphine Gény-Stéphann . A cette occasion, le Gouvernement nous a fait part des arbitrages rendus par le Président de la République et le Premier Ministre concernant l’avenir des Chambres de Commerce et d’Industrie en définissant la trajectoire budgétaire pour les quatre prochaines années.

Elle se caractérise par une baisse très importante de la Taxe pour Frais de Chambre (TFC), taxe additionnelle à la cotisation économique territoriale, prélevée sur les entreprises pour le financement des CCI.

Ceci implique une réforme en profondeur du réseau, une restructuration considérable de celui-ci dont les grands principes figureront dans le texte définitif de la loi PACTE soumis au Parlement à la rentrée, mais aussi dans la Loi de Finances pour 2019. Des conséquences lourdes sont inévitables pour la CCI des Hautes-Pyrénées tant sur son financement, sur son champ d’action que sur son organisation.

Après en avoir débattu avec les élus de la CCI, lors d’un Comité Directeur qui s’est tenu lundi soir, j’en prends acte et j’assume d’avoir à en affronter les conséquences.

Je n’ai pas l’intention de m’engager dans une logique d’affrontement avec l’Etat ou de contestation de ses décisions.

En tant que président d’un Etablissement public de l’Etat, j’estime ne pas avoir vocation à m’opposer à la volonté réformatrice du Gouvernement.

Sous la conduite du Président Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe, notre pays est engagé dans une nécessaire transformation de ses structures publiques.

Je ne peux pas d’un côté, comme chef d’entreprise, élu et simple citoyen, la souhaiter et la soutenir et, dans le même temps, considérer que le mouvement de réformes engagé ne devrait en aucun cas concerner les domaines et institutions au sein desquels j’exerce des responsabilités.

Il n’en demeure pas moins que je tiens à réaffirmer mes convictions et mes inquiétudes.

En premier lieu, je réaffirme la nécessité d’une action d’appui aux entreprises et de soutien à l’animation économique du territoire, menée et pilotée le plus près possible du terrain.

Alors que reviennent à la charge ceux qui rêvent depuis longtemps d’une totale régionalisation de notre réseau de CCI, je les mets solennellement en garde contre les conséquences d’un abandon de la proximité et de la configuration des CCI en doublon des agences de développement économique des Régions tant sur le plan des missions que de l’organisation.

Je renouvelle ici notre attachement à la pérennité des missions remplies auprès des TPE, des PME et des collectivités des Hautes-Pyrénées. Et ce, quelles que soient la forme et les modalités qui doivent nécessairement évoluer sous l’empire de la nécessité.

En second lieu, je veux à cette occasion réaffirmer ma confiance et ma reconnaissance à l’égard des collaborateurs de la CCI. Dans cette période de restructuration et de transition qui s’ouvre désormais, je veux les assurer de ma solidarité, de ma compréhension et leur dire que je resterai à la barre avec mon équipe d’élus pour veiller au respect qui leur est dû mais tout en ne dissimulant pas les conséquences sociales de l’évolution dans laquelle nous sommes tenus de nous engager.

A ce stade, je forme le vœu qu’il soit possible, dans le cadre bien sûr des orientations prises par le Gouvernement, de trouver une solution locale avec la Communauté d’Agglomération, les communautés de communes, le Département et les deux autres chambres consulaires pour mutualiser nos moyens au service de l’économie et des entreprises.

La dispersion n’est pas soutenable dans le contexte budgétaire auquel nous sommes tous soumis.

Cela doit se faire bien sûr dans le respect de l’identité et des missions de chacun.

Je forme également le vœu que nous puissions trouver une solution pérenne pour nos établissements de formation (IRTH et EGC en particulier). Je prendrai prochainement des initiatives pour examiner des possibilités de filialisation de ces activités en sollicitant des partenaires pouvant nous accompagner.

Vous l’avez compris, j’ai décidé de ne pas me mettre dans la position de ne sembler défendre qu’une Institution ou un mandat.

Les Institutions doivent évoluer et les mandats ne sont pas faits pour durer éternellement.

En revanche, je suis profondément attaché à ce que notre territoire continue à bénéficier des missions qui sont les nôtres et des compétences de nos collaborateurs.

Pour finir, je citerai cette belle formule de Churchill : « Le succès ne dure pas, l’échec ne tue pas. Ce qui compte, c’est d’avoir le courage de continuer. »

Diaporama de l’assemblée générale