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Assemblée générale de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat : le rapport moral et d’activités du président Daniel Pugès

mercredi 27 juin 2018 par Rédaction

L’assemblée générale de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat s’est tenue hier, mardi, sous la présidence de Daniel Pugès, en présence notamment de Béatrice Lagarde, préfète des Hautes-Pyrénées, de Chantal Robin-Rodrigo, vice-présidente du conseil départemental, présidente d’Initiatives Pyrénées, d’André Maury, président du SSI (Sécurité Sociale des Indépendants, anciennement RSI) et de très nombreux ressortissants.

Diaporama

Le rapport moral et d’activités du président Daniel Pugès

Madame la Préfète des Hautes-Pyrénées

Monsieur le Maire de Tarbes,

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames, Messieurs,

Chers Collègues, Chers Amis,

 

Merci à vous tous pour votre présence à notre Assemblée Générale de juin 2018.

 

Vous êtes encore nombreux ce soir à nous faire l’honneur de participer à nos travaux.

 

Je regrette l’absence de nos parlementaires, retenus à Paris, dans cette période mouvementée, rythmée par les annonces gouvernementales.

 

Des projets de lois sont à l’étude et j’aurai l’occasion de vous faire certains commentaires dans quelques instants.

 

Merci également aux élus, colistiers, qui, à mes côtés, défendent les intérêts de l’Artisanat et de l’institution qui la représente dans les nombreuses réunions qui ont lieu sur notre territoire. Mais pas seulement, car la loi NOTRe nous amène aujourd’hui à nous déplacer pour des réunions régionales sur un territoire qui est le second territoire de France métropolitaine avec une surface de plus de 72 000 km².

 

C’est aussi, et malheureusement, une région très inégalement répartie en termes de population et surtout de développement économique.

 

Une région où se côtoient les métropoles toulousaines et montpelliéraines, un littoral méditerranéen et des territoires ruraux comme le nôtre.

 

Des territoires ruraux appartenant, comme les démographes aiment à le dire, à la diagonale du « vide » ou diagonale « des faibles densités démographiques ».

 

Cette large bande de notre territoire français où les densités de population sont relativement faibles par rapport au reste de la France, mais dont les conséquences vont bien au-delà de l’aspect purement démographique, puisque ces départements sont strictement agricoles et nous le savons bien pour y vivre.

 

Dans les Hautes-Pyrénées, il en découle une activité économique faible en industrie et exclusivement tournée vers l’agriculture, le tourisme et l’artisanat.

 

Un dernier domaine, comme j’aime à vous le répéter, Madame la Préfète, trop souvent oublié par vous tous qui êtes assis en tribune lorsque vous parlez d’économie dans notre département.

 

Et pourtant, je connais votre attachement à notre si joli territoire mais sachez qu’il se meurt ; il se meurt car il est affaibli notamment par l’attractivité économique des métropoles, mais aussi et surtout, par des décisions politiques qui visent à centraliser les pouvoirs à un niveau régional qui ignore nos particularités rurales par méconnaissance car ne les vivant pas.

 

Le maillage des entreprises artisanales, agricoles ou touristiques dans le département des Hautes-Pyrénées permet, à ce jour, de maintenir les 228 582 habitants de notre territoire.

 

Alors, il vous suffit d’aller sur Internet et de cliquer « Hautes-Pyrénées » sur Wikipédia puis de vous rendre sur l’onglet « domaine économique » pour vous apercevoir que l’artisanat n’existe pas alors qu’il représente un secteur d’activité riche de 5 626 entreprises offrant près de 7 000 emplois sur le département.

 

Ce qui fait de nous un des premiers employeurs des Hautes-Pyrénées et personne ne le dit car personne ne le sait.

 

Et c’est tout le problème, on veut maintenir l’agriculture mais on n’est en passe de détruire l’artisanat sans le savoir.

 

Les Secrétaires d’État successifs, à commencer par Hervé NOVELLI, n’ont eu de cesse de fragiliser un secteur qui fonctionnait : l’Artisanat.

 

On a d’abord galvaudé le titre de chef d’entreprise en confondant simple et simplisme.

 

Cela a eu pour conséquence, au départ, de multiplier artificiellement les chiffres de la création d’entreprises au nom d’un élan de nos concitoyens pour la création d’activités. Puis, on s’est aperçu, très rapidement, que majoritairement, ces nombreux nouveaux chefs d’entreprise formaient un bataillon hétéroclite de salariés voulant arrondir leurs fins de mois, de retraités en mal de pension et de demandeurs d’emploi pressés d’entreprendre des démarches actives pour sortir des statistiques du chômage, le tout dans un contexte de crise économique.

 

Les Gouvernements qui ont suivi l’ont déploré en expliquant que c’était la faute des autres.

 

Ils l’ont tellement regretté qu’ils ont fini par doubler dernièrement le chiffre d’affaires des micro-entreprises.

 

Nous voici donc, aujourd’hui, dans une situation de véritable mutation du Répertoire des Métiers où, à chiffres légèrement en augmentation d’entreprises artisanales, les entreprises individuelles et les sociétés, telles que nous les connaissions dans notre secteur, des entreprises qui avaient des collaborateurs notamment des apprentis, disparaissent au profit de nouvelles structures adoptant le régime de la micro-entreprise.

 

Ainsi, une entreprise individuelle, spécialisée dans la charpente couverture, de quatre salariés et un apprenti, voit dernièrement sa situation changée au moment du départ en retraite du chef d’entreprise. L’activité cesse par défaut de repreneurs, le contrat d’apprentissage est rompu et les quatre salariés s’installent chacun de leur côté en micro-entreprise.

 

D’une structure vieille de 35 ans, nous passons à quatre micro-entreprises dont trois cesseront statistiquement leur activité au bout d’un an et zéro apprenti.

 

Autre exemple : une entreprise du second œuvre de trois personnes qui doit licencier un collaborateur et rompre un contrat d’apprentissage par mesure économique, car concurrencée par des micro-entreprises, composées du public dont je viens de parler précédemment : un retraité en mal de pension, les salariés voulant arrondir leurs fins de mois ou un demandeur d’emploi à qui l’on dit que c’est facile de s’installer en un simple clic.

 

Guichet unique oblige !

 

Cerise sur le gâteau : le projet de loi PACTE, pour faciliter la croissance des petites entreprises en leur simplifiant la vie, qui vise à privilégier les ETI (entreprise de taille intermédiaire de 250 à 5000 salariés), est jugé essentiel pour la croissance de l’économie française.

 

Ce projet de loi qui, par souci de simplicité, vise à supprimer le passage dans nos CFE/RM, et donc, faire disparaître la notion de contrôle des qualifications des métiers, au nom d’un portail Internet unique, est une hérésie.

 

Pire, le stage de pré installation, jusqu’alors obligatoire, est vu comme un frein à la création d’entreprise alors qu’il concerne, à ce jour, une grande majorité de personnes qui s’installent seules au régime de la micro-entreprise ; ce même régime, où le public est le plus fragile et où le taux de mortalité à trois ans dépasse les 60 %.

 

Rappelons que les cinq jours du stage de pré installation sont constitués d’informations sur les thématiques d’entreprises, aussi importantes que la comptabilité, le commercial ou les rappels sur les aspects réglementaires en matière de normes alimentaires et sécuritaires.

 

Cinq jours de stage pour moins de 190 €, soit moins de 38 € par jour.

 

Est-ce bien cela le frein à la création ?

 

Vous pensez qu’un porteur de projet quelconque, qui n’aurait pas 190 € dans le cadre de son projet de création d’activité, a mis toutes les chances de son côté ? Alors qu’il est pris en charge par Pôle Emploi pour les demandeurs d’emploi ?

 

Je vous avoue être surpris, abasourdi par l’image que l’on peut se faire d’un chef d’entreprise comme je le suis.

J’ai choisi de m’installer.

 

Mon quotidien n’est pas celui d’un chef d’entreprise de 250 salariés et je ne partirai pas en retraite avec une indemnité similaire à Georges PLASSAT, le PDG de Carrefour.

 

Mais suis-je aussi insignifiant aux yeux de nos gouvernants que ce que j’ai réalisé professionnellement est facile, simple ? Que n’importe qui peut le faire ?

 

Je suis installé depuis 1988, j’ai créé trois emplois et j’ai toujours été maître d’apprentissage durant toute ma carrière. Mon métier d’électricien serait tellement simple que demain, d’un simple clic, d’autres pourraient s’auto-déclarer sans même un contrôle de qualifications.

 

Madame la Préfète, je ne peux m’y résoudre.

 

Par contre, je puis vous assurer que, dans des temps très proches, nous verrons arriver des vagues de femmes et d’hommes à qui l’on aura dit que créer son activité était facile, réclamer les minimas sociaux au moment de la retraite parce qu’ils n’auront pas suffisamment cotisé.

 

Attention à ne pas précariser un pan de la population sous prétexte de fausse bonne solution.

 

Il en sera de même pour le transfert des savoir-faire et des compétences de nos métiers à une période où l’apprentissage est enfin reconnu comme une solution au problème de l’emploi en France.

 

Dénigré pendant des décennies, l’apprentissage revient au cœur du sujet de l’emploi et de la formation. L’adéquation entre l’offre et la demande, en matière d’embauche, nous amène enfin vers la reconnaissance d’un système qui fonctionne : l’apprentissage.

Et voir l’Education Nationale, par la présence de son Ministre, aux côtés de la Ministre du Travail, Madame PENICAUD, participer au projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, est un signe important, mais attention encore une fois, à ne pas confondre apprentissage et alternance car il ne suffit pas d’un stage pour répondre aux attentes des chefs d’entreprises. Attention de ne pas fragiliser nos organismes de formation en ouvrant l’apprentissage aux quatre vents, en autorisant des ouvertures de formations sauvages qui viendraient concurrencer l’offre existante.

 

Au passage, Mesdames et Messieurs, sachez que le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat forme, depuis de très nombreuses années, plus d’un tiers des apprentis en France, et que, malheureusement, chaque année, des milliers d’offres d’apprentissage restent non pourvues en France.

 

A l’échelle locale, c’est une quarantaine d’offres restées sans candidat l’année dernière et plus de 1 000 au niveau de l’Occitanie.

 

Permettez-moi alors de vous faire une proposition, Mesdames et Messieurs les décideurs : travaillons conjointement pour une meilleure orientation de nos jeunes afin d’éviter que des offres d’emploi restent sans candidat.

 

Madame la Préfète, comme vous le savez, en matière d’apprentissage, nous savons faire et vous pouvez compter sur nous pour accompagner nos jeunes dans leurs recherches d’emplois.

 

Cette transition me permet de rappeler que notre Ecole des Métiers accueille encore cette année presque 1 000 apprenants dont plus de 640 apprentis sur notre site de Bastillac.

 

Mesdames et Messieurs, il s’agit tout simplement de 44 % des apprentis de notre département.

 

Cette année, de nouvelles formations viendront renforcer notre offre existante sur des niveaux supérieurs, BAC jusqu’à BAC +2 :

 

• BP Arts de la Cuisine - Niveau IV

• BacPro Maintenance des Véhicules - option Véhicules Particuliers Niveau IV

• BM Coiffure Niveau III

 

C’est une véritable réussite pour notre structure d’avoir obtenu les autorisations d’ouvertures auprès du Conseil Régional Occitanie. Cela nous montre également la confiance qui nous est faite.

 

Et cela est bien sûr important dans la période que nous connaissons.

 

Cela nous permet maintenant d’afficher des parcours complets dans des métiers artisanaux et nous nous en félicitons.

 

Dernièrement encore, le Conseil de Gestion de l’ANFA nous a renouvelé sa confiance pour trois ans en reconventionnant avec notre établissement.

 

Nous restons donc site pilote pour les métiers de la carrosserie et de la mécanique automobile.

 

 Avant de terminer sur le volet apprentissage, je voudrais féliciter le jeune Samuel BILLY, qui vient d’obtenir la médaille d’Or au Concours « Un des Meilleurs Apprentis de France ».

 

Depuis Septembre 2013, Samuel a commencé un apprentissage entre l’Ecole des Métiers 65 et l’entreprise PUERTOLAS Alain à ARREAU.

 

Après l’obtention d’un CAP Charpentiers Bois en 2015 et d’un CAP Couverture en 2017, il a continué sa formation avec une Mention Complémentaire Zinguerie en 2017-2018 en contrat de professionnalisation et la participation au concours MAF.

 

Tout au long de sa formation, il a effectué un parcours exemplaire avec beaucoup de détermination, de sérieux et un grand investissement pour réussir son apprentissage.

 

Très assidu, toujours volontaire et respectueux, il a fait preuve d’un état d’esprit qui a fait le bonheur de ses formateurs successifs.

 

Nous le félicitons et lui souhaitons beaucoup de réussite pour la suite de sa carrière professionnelle.

 

L’activité de notre Chambre de Métiers et de l’Artisanat est également riche comme vous le verrez dans quelques minutes à travers la lecture des rapports des commissions économiques, formation et finances.

 

Sur ce dernier sujet, vous verrez une nouvelle fois que notre exercice 2017 est à l’équilibre, et cela, malgré une baisse conséquente de nos produits de Taxe pour Frais de Chambre de Métiers et de l’Artisanat ainsi que des subventions d’Etat ou du Conseil Régional Occitanie en nette diminution.

 

Sans présager des décisions gouvernementales à venir, il est d’ores et déjà important que vous sachiez qu’elles auront des conséquences pécuniaires sur nos budgets à venir.

 

L’ensemble de l’équipe administrative et enseignante est mobilisé sur le sujet et nous souhaitons développer de nouveaux produits, notamment et très certainement, en matière de formation professionnelle et continue.

 

Je ne manquerai pas de vous en parler à l’occasion de nos prochains travaux.

 

C’est pour moi également l’occasion de remercier l’ensemble des collaborateurs de notre structure consulaire avec une mention particulière aux personnes en charge de la Formation Professionnelle et de la Formation Continue, Mesdames Marie BERTRAND et Sylvia LI, pour le travail effectué en 2017 en termes de chiffre d’affaires.

 

Bravo Mesdames et bravo à tous, de manière générale, pour votre travail quotidien au service des artisans.

 

 

Pour conclure, et avant de vous rappeler l’ordre du jour, je tenais à saluer Monsieur Michel VILLACAMPA, Directeur de la Banque Populaire Tarbes-Verdun et Madame Danielle COSTE, Vice-Présidente de la SOCAMA Pyrénées-Garonne, avec qui nous allons renouveler une convention visant à assurer un soutien financier garanti par une société de caution créée par les artisans au service des artisans.

 

Je salue également les récipiendaires aux Médailles de la Reconnaissance Artisanale à qui nous aurons l’occasion de remettre leur distinction à la fin de nos travaux.

 

Cette distinction s’adresse aux Artisans impliqués au sein de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat ou d’une Organisation Professionnelle.

 

Ces rappels ayant été faits, je vous donne lecture de l’ordre du jour de notre Assemblée Générale :

 

♦ Rapport de la Commission des Finances

 

 Ü Examen du Compte de l’Exercice 2017

 

 * Présentation du rapport du Commissaire aux Comptes

 

 Ü Budget rectifié n° 1 de l’Exercice 2018

 

♦ Rapport de la Commission du Développement Economique et Territorial

 

♦ Présentation des chiffres clés de l’Artisanat Haut-Pyrénéen

 

♦ Signature de la convention de partenariat entre la Banque Populaire Occitane, la SOCAMA Pyrénées-Garonne et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Hautes-Pyrénées

 

♦ Rapport de la Commission Formation Professionnelle

 

♦ Présentation du « prélèvement à la source » par M. Rémi VIENOT, Directeur de la DDFIP

 

♦ Remise des Médailles de la Reconnaissance Artisanale

 

♦ Informations diverses

 

♦ Questions diverses