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Rugby : Ce soir les assises du rugby

lundi 4 juin 2018 par Rédaction

Le club Départemental est mort-né en 1995 (rappel)

A l’heure où la constitution d’un club départemental est évoquée et qu’une réunion va réunir les forces vives du Département à la CCI sous l’égide de Gérard Trémège, il est important de rappeler que le club départemental est mort-né en 1995. Une réunion s’est tenue à l’aéroport Tarbes- Lourdes-Pyrénées dans le bureau de Georges Danglade, le Président du Stadoceste Tarbais avec les deux Co-Présidents du FC Lourdais, Jean-Pierre Armengaud et René Malaureille, afin d’évoquer la fusion entre les deux plus grands clubs bigourdans. Au début de la discussion, aucun accord ne semblait possible autour du stade, de la couleur des maillots etc..., jusqu’à la question du budget. A l’époque, les deux clubs tournaient entre trois et trois million cinq cent mille francs et tout à coup, les trois Présidents trouvèrent un terrain d’entente. Si le championnat à quarante clubs, évoluait vers un resserrement à vingt clubs, l’union était nécessaire à condition que les budgets des deux entités s’additionnent au minimum pour approcher les huit millions de francs. Sachant que le Stade Toulousain annonçait un budget de dix millions de francs, le club Départemental s’inscrivait d’entrée dans la cour des grands. Philippe Douste-Blazy, le Maire de Lourdes et Raymond Erraçarret, le Maire de Tarbes, validèrent l’accord tacite. Les trois plus gros partenaires des deux clubs, François Fortassin, pour le Conseil Général, Jean Flahaut, pour Renault et Jean-Claude Knaebel, pour le Méridien Leclerc, s’engagèrent à financer, au moins à hauteur égale, le futur club Départemental. Tout était réuni pour la naissance d’un club Départemental capable de rivaliser avec le grand Stade Toulousain et les plus grands clubs français de l’époque. Tout capota suite à un sondage initié par un grand quotidien local, au sujet du terrain, de la couleur du maillot et des chaussettes. Les lecteurs répondirent négativement et le projet fut immédiatement enterré, avant de rebondir cinq ans plus tard lors de la fusion avec Lannemezan. Un autre projet, bien avancé au stade des discussions, a aussi été un temps envisagé quand le TPR et la Section étaient en Pro D2.

Trélut ou not Trélut

Aujourd’hui n’est-il pas trop tard ? Le coche a été manqué en 1995 pour faire un club de haut niveau. Trois des quatre clubs phares se retrouvent en Fédérale 1 et le plus mythique, le plus titré, est en Fédérale 2. De plus, il sera toujours question de la couleur du maillot et du terrain. Trélut ne fait pas l’unanimité pour des raisons de chauvinisme primaire pour certains. D’autres le jugent froid et inadapté avec sa piste d’athlétisme qui éloigne les supporters. C’est un faux problème, car quand Trélut était plein dans les années fastes, il grondait avec ses huit à dix mille spectateurs. Supprimer la piste d’athlétisme soulèverait les milliers de pratiquants qui la foulent tous les jours. Sans compter les coûts d’une restructuration. D’autres préconisent de quitter Trélut pour construire un ’’vrai’’ stade dédié au rugby avec tout ce qui va autour en termes d’animations. Mais que deviendrait alors le complexe sportif de Trélut avec l’ensemble de ses récents aménagements. Outre la question économique, se poserait celle de l’emplacement. Le plus pratique et le moins coûteux serait de le construire sur le site où devait s’installer Auchan. Tous les aménagements sont réalisés et viabilisés. Les infrastructures, routes, ronds-points, parkings, sont déjà réalisés ou provisionnés. Des investisseurs pourraient être intéressés par un projet de stade moderne, multifonctions, avec autour un environnement commercial adapté.

Changer les d’abord les mentalités

Mais cela ne règlerait pas le problème de Trélut et de sa piste d’athlétisme. De plus, ce n’est pas le Stade qu’il faudrait changer mais la mentalité et l’état d’esprit des spectateurs qui viennent. Ceux de Lannemezan, de Lourdes ou de Bagnères, viennent pour voir perdre les Tarbais et non pour les encourager. Il faudrait dépasser ce problème, ce qui paraît insoluble quand on voit se qui se passe au Pays Basque entre Bayonne et Biarritz. Mais eux, ils auront au moins une équipe en Pro D2 ! En Bigorre, ce sera au mieux en Fédérale 1, avec quatre clubs pauvres incapables de lutter avec la concurrence. Il n’y aura plus de club avec un Centre de Formation qui forme des joueurs qui irriguent ensuite tous les autres clubs de Bigorre. C’est la fin des joueurs bigourdans formés en Bigorre. Bagnères, Lannemezan, Lourdes en souffriront à terme. Leurs meilleurs jeunes et ceux des petits clubs partiront ailleurs et ne reviendront plus même s’ils échouent.

Parce que Tarbes

Avoir un club en Pro D2 est donc vital pour l’avenir du rugby en Bigorre. Pourquoi à Tarbes ? Parce que c’est la plus grosse ville et agglomération du Département. Parce que c’est la Préfecture, parce que c’est le siège du Département, des Impôts, du Trésor et de la Banque de France, n’en déplaisent aux Lourdais, Bagnérais et Lannemezanais, est à Tarbes. Parce qu’on soit de Vic-en-Bigorre ou de Tournay, sur tous les papiers d’identité, c’est marqué « né à Tarbes ». Alors pourquoi pas le club départemental à Tarbes ? On peut toujours discuter de la couleur du maillot, du nom du futur club mais pas de son implantation, du moins dans un premier temps. En dehors de l’avenir du rugby en Bigorre, à travers la formation d’un club de Pro D2, le rugby professionnel, c’est aussi la vitrine d’un Département et de ses entreprises. Mais pour exister un club professionnel doit attirer des partenaires privés et institutionnels qui ne sont pas sollicités par quatre clubs qui évoluent désormais en Fédérale 1 ou 2. Des partenaires privés qui sont plus enclins aujourd’hui, à soutenir financièrement la Section Paloise et demain le basket à travers le TGB. La seule question qui mérite d’être posée : C’est voulez vous que la Bigorre soit représentée en Pro D2. Si c’est oui, il faut soutenir Tarbes, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus. Il faut que les partenaires se mobilisent pour continuer à apporter leur soutien pour que le club puisse monter un budget de l’ordre de 3,5 M€, pour résister à des clubs comme Blagnac et se qualifier dans les deux premiers d’une poule de la mort, pour pouvoir disputer la montée. Ni Bagnères, ni Lannemezan, n’ont les moyens, ni l’envie de monter en Pro D2, seul Tarbes en a les capacités, notamment en termes d’infrastructures. 

Ce soir, à 18h, à la CCI, les élus et dirigeants des clubs de Tarbes, Bagnères, Lannemezan et Lourdes se réunissent pour évoquer l’avenir du rugby bigourdan.

Jean-Jacques Lasserre