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Remise de la Légion d’honneur à Marie-Lise Broueilh , "cheville ouvrière de la corporation agricole"

lundi 23 avril 2018 par Rédaction

Vendredi après-midi, en présence d’une assistance nombreuse (élus, parents, amis), Marie-Lise Broueilh, une figure du Pays Toy et du monde agricole, au parcours impressionnant, souligné d’ailleurs par Béatrice Lagarde, la préfète des Hautes-Pyrénées, choisie comme marraine par la récipiendaire.

Le discours de Béatrice Lagarde, préfète des Hautes-Pyrénées

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« C’est avec plaisir que je vous accueille aujourd’hui, entourée de vos proches, vos amis et de toutes celles et ceux qui veulent vous manifester leur reconnaissance et sans doute leur admiration. C’est également un honneur particulier que de remettre l’insigne de chevalier de l’ordre national de la Légion d’Honneur à une femme qui a consacré, avec une fidélité et un dévouement sans faille, son existence au service des autres et de la Nation. Votre parcours exemplaire mérite d’être salué et mis en lumière pour qu’il puisse devenir un modèle.

Vous êtes née à Castres, rien ne vous destinait à vous retrouver dans une vallée de montagne des Hautes-Pyrénées, pour y exercer le métier d’agricultrice. Vous effectuez votre scolarité dans votre ville natale jusqu’au baccalauréat et intégrez, par goût pour le droit constitutionnel, l’Institut d’Études Politiques de Toulouse, avant de vous inscrire en sociologie, option sociologie rurale.

C’est à l’occasion de la préparation de votre thèse, au titre prédestiné « le choix du conjoint et transmission du patrimoine », que jeune étudiante, vous arrivez en « Pays Toy ». Travailleuse et consciencieuse, vous obtenez une mention très bien pour votre excellent travail, décrochant ainsi votre doctorat en sociologie.

Tombée amoureuse de ce pays et de l’un de ses bergers, vous décidez de vous installer dans cette vallée en 1977. Pendant dix ans, vous effectuez de nombreux aller-retour entre le village d’Esquièze-Sère et Toulouse pour exercer votre métier de sociologue, mettant à profit vos qualités humaines et professionnelles.

En parallèle, vous poursuivez des études pour le compte du CNRS de Toulouse. Vous y présentez un concours, mais les places sont rares. Persévérante et dynamique, vous rebondissez et décidez alors de mettre vos compétences au service de la ligue de l’enseignement Midi-Pyrénées, puis de la fédération des œuvres laïques de Haute-Garonne, jusqu’en 1986.

C’est à cette date que vous décidez de créer un centre d’aide aux toxicomanes et d’en assurer la direction. Sensibilisée au fléau du SIDA, vous souhaitez mettre en place une structure de prévention pour les jeunes, notamment dans le milieu scolaire et les maisons de quartier. Missionnée par le Ministère de l’Action Sociale, vous vous impliquez pleinement dans votre rôle en collaboration étroite avec la direction départementale de la jeunesse et des sports de Toulouse. En 1992, les subventions dont bénéficie le centre se tarissent, et la tendance est plutôt axée sur le domaine curatif. Vous prenez conscience que vous n’avez plus de rôle à jouer au sein du dispositif en tant que sociologue.

Patiemment, dès que vous en trouvez le temps, mais aussi passionnément, vous découvrez et apprenez le métier d’éleveur de moutons, la tonte, la transhumance, les soins, aux côtés de votre époux. Vous percevez rapidement tout l’intérêt qu’il y aurait à maintenir et promouvoir l’activité de l’élevage dans cette vallée, principale ressource économique et sociale, pour développer une activité touristique du territoire. Aussi, à la fin de l’été 1992, vous quittez définitivement Toulouse pour rejoindre votre famille à Esquièze-Sère.

Au départ, animée par votre désir d’innover dans de nouvelles activités afin de développer l’exploitation de votre époux, vous tentez de mettre en œuvre un projet d’agrotourisme. Malgré une formation de deux ans dans le domaine, votre projet ne verra malheureusement pas le jour, les bâtiments de la ferme familiale ne correspondant pas au besoin. Mais, combative et ingénieuse vous vous investissez dans un autre projet qui vous tient encore plus à cœur, celui de valoriser l’élevage local et d’obtenir un label officiel de la production ovine.

A cette époque, un groupe d’agriculteurs travaille sur un projet d’AOC en vue de promouvoir leur viande de mouton. L’intérêt que vous portez à comprendre ce qui existe, à faire évoluer les choses et à adapter le projet en fonction des enjeux vont vite vous inciter à devenir leur porte-parole. Vous devenez ainsi l’initiatrice du label AOC du mouton de Barèges et en restez depuis, l’une des animatrices les plus renommées du département.

En 1995, vous êtes élue présidente du syndicat des éleveurs ovins Barèges-Gavarnie. Volontaire et pleinement engagée, votre travail ne s’arrête pas à l’obtention du seul label, et se poursuit au travers d’une phase de construction puis de pérennisation de ce label. A ce titre, vous vous chargez de représenter l’AOC auprès des différentes instances, démarchant les producteurs locaux, recherchant des marchés sur Toulouse ou Paris, en passant par l’intermédiaire de grossistes. C’est à ce titre, que vous êtes nommée chevalier de l’Ordre National du Mérite le 15 novembre 1999, distinction que vous vous voyez remettre en février 2000 par Monsieur Jean GLAVANY, alors ministre de l’agriculture.

Femme de terrain, militant pour la sauvegarde du patrimoine pastoral, vous êtes à l’origine de la création de l’association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées, dont vous êtes présidente depuis 2010, et de l’association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen du département, instance que vous présidez dès le départ, en 2000.

Au sein de ces associations environnementales, votre action vise à préserver, mettre en valeur et transmettre aux générations futures le patrimoine montagnard pyrénéen, qu’il soit culturel, social, économique et surtout écologique.

En 2009, l’association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen obtient l’agrément départemental de protection de l’environnement. Totalement impliquée dans ce domaine, vous devenez également membre du conseil économique et culturel du Parc National des Pyrénées.

Votre domaine d’action ne se limite pas au seul périmètre du département. Votre objectif est aussi d’assurer la représentation et de favoriser le développement des Pyrénées au niveau national et même européen. Vous souhaitez affirmer et prôner la défense du pastoralisme, principal outil de conservation de la diversité de notre environnement et de notre écosystème territorial.

En partenariat avec ces deux associations et la fédération départementale de l’économie montagnarde, vous vous investissez dans l’organisation des « Rencontres Pyrénéennes des Territoires et des Savoirs ». Trois colloques sont organisés, en 2011 à Ayzac-Ost ayant pour objet « territoires, savoirs, produits », puis deux à Pierrefitte-Nestalas, l’un en 2012 portant sur « un système pastoral original » et le second en 2013 ayant pour thème « au fil du lait ». Ces rencontres sont un moyen d’offrir un moment de dialogue et d’échanges sur des sujets d’actualité.

Depuis 2000, élue au sein de la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, vous êtes référente montagne pour le département et déléguée pour les dossiers montagne, ovins et agriculture biologique.

Lors de votre deuxième mandat en 2006, vous devenez membre du bureau de la chambre d’agriculture. Vous siégez ainsi dans de nombreuses organisations professionnelles : le conseil d’administration du lycée agricole et forestier Jean Monnet de Vic en Bigorre, le service public pour l’emploi local sur le bassin de Lourdes/Argelès-Gazost, le syndicat départemental ovin, les fédérations régionale et nationale ovines et l’association régionale de développement agricole, pour n’en citer que quelques unes.

Lors de cette période, vous êtes élue référente pour siéger au sein de la commission « agriculture bio » de la chambre d’agriculture régionale Midi-Pyrénées et à INTERBIO de Toulouse.

En 2012, vous êtes réélue pour un 3ème mandat mais ne souhaitez pas faire partie du bureau. Toutefois, soucieuse de continuer à participer activement au sein de l’institution pour partager vos compétences et apporter au mieux votre aide et votre soutien aux jeunes agriculteurs, vous êtes élue membre du collège des anciens exploitants de la chambre régionale d’agriculture de la région Occitanie.

Cette même année, vous êtes nommée, par arrêté du ministre de l’agriculture, membre du comité national et de la commission permanente des AOP de produits laitiers et agro-alimentaires et en février 2016, membre du conseil des agréments et des contrôles et de l’institut national de l’origine et de la qualité. A ce titre, vous intervenez sur l’ensemble des produits certifiés de qualité (AOP, IGP, Labels).

En juin 2013, sensibilisée par les dégâts causés par les fortes crues survenues sur la vallée des Gaves, notamment entre les communes de Barèges et de Luz-Saint-Sauveur, vous vous impliquez sans hésiter auprès des sinistrés pour créer une « association de défense des riverains de l’Yse ». Vous intervenez activement pour recenser les dégâts causés, répertorier les besoins et assurer un suivi des travaux, en lien avec les services de l’État.

Aujourd’hui retraitée, vous continuez à participer à la réalisation de la vente directe de la production familiale, transmise à votre fils, à qui vous avez inculqué les valeurs et l’amour de ce métier. Fidèle à vos convictions, vous n’avez rien perdu de votre engouement et de votre engagement pour soutenir le secteur professionnel et défendre les intérêts des jeunes agriculteurs désireux de s’installer et de respecter les savoir-faire et les traditions locales.

Pleinement engagée dans la défense et la promotion de la race barégeoise, vous êtes considérée comme la cheville ouvrière de la corporation agricole. Animée par un esprit visionnaire et appréciée pour votre caractère modéré, vous êtes toujours restée à l’écoute des besoins et des attentes de la population agricole et vous avez mené vos actions avec ferveur et enthousiasme.

Vous vous êtes investie, sans jamais baisser les bras, pour une cause et un idéal inébranlables, que ce soit pour les jeunes en difficultés ou pour assurer la valorisation d’un produit de terroir, d’un métier ou de la montagne en général.

Pour toutes ces raisons, je tiens à vous remercier et à vous féliciter, en mon nom et en celui de la République ».

L’intervention de Marie-Lise Broueilh

Après avoir reçu des mains de la préfète les insignes de chevalier de la Légion d’honneur, Marie-Lise Broueilh prenait la parole, adressant des remerciements et revenait sur ce parcours exceptionnel (audio ci-dessous)

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