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Fédérale 1 Fin de la Poule d’Accession

dimanche 8 avril 2018 par Rédaction

Le point avec Thierry Murie

La Poule d’Accession est morte et enterrée, la faute aux Présidents des clubs qui n’ont pas respecté leurs engagements par rapport au cahier des charges connu depuis le mois de juin précédant. Du coup, trop de clubs ne franchissent pas les contrôles à mi-saison et sont interdits de participation aux Phases Finales. Ce qui engendre des situations ridicules avec moins de la moitié des clubs participants autorisés à disputer les Phases Finales. L’an passé sept clubs avaient été déclarés éligibles contre cinq seulement cette année ! Thierry Murie, joint au téléphone, explique les raisons de cette décision.

Trop de clubs se retrouvent financièrement dans le rouge

La première année, deux clubs ont déposé le bilan, Saint-Nazaire en cours de saison et Auch en fin de saison et deux clubs, Tarbes et Limoges ont été interdits de participation aux phases finales pour défaut de fonds propres. La seconde année, la nouvelle équipe dirigeante issue des élections fédérales a tenté de poursuivre l’expérience en encadrant mieux les clubs, qui ont été avertis que c’était leur dernière chance. Si pour l’instant, il n’y a pas eu de dépôt de bilan, plusieurs clubs pourraient être relégués financièrement. Cette année, malgré ces avertissements, six clubs, dont Chambéry, Romans, Aubenas, qui étaient dans les clous l’an passé, ont été retoqués. De quoi provoquer la colère de Thierry Murie, l’ancien Président de La Seyne, une des places fortes de la Fédérale 1, qui ne peut pas postuler à la poule d’accession pour des questions budgétaires. Alors que d’autres comme Strasbourg ont été sélectionnés sur des critères financiers. Se retrouver avec seulement cinq clubs éligibles pour la montée, dont deux ne sont pas éligibles sportivement, exaspère Thierry Murie. « Vous trouvez logique que Tarbes, par exemple, puisse postuler à la Pro D2 en étant neuvième de la Poule ? Moi, je ne trouve pas ça normal ! » Le Vice Président en charge de la Fédérale n’apprécie pas d’avoir été roulé dans la farine par des clubs « qui ont pris des joueurs de haut niveau et s’entrainent tous les jours, sauf qu’ils n’en ont pas les moyens et qu’ils se retrouvent aujourd’hui financièrement dans le rouge ! » Cette « tricherie », reconduite et même amplifiée a conduit à la suppression de cette Poule. Cette année, à part Aix et Bourg-en-Bresse, les autres bons élèves de l’an passé, Chambéry, Aubenas et Romans ont triché, tout comme les nouveaux arrivés, Bourgoin et Strasbourg. Seul Tarbes, recalé l’an dernier*, a su redresser la barre. Limoges, déjà recalé l’an passé, a persisté dans la ’’tricherie’’. Chez les nouveaux, seuls Albi et Rouen, ont respecté le cahier des charges, puisque Bourgoin et Strasbourg ont été recalés.

*Une interdiction contestée par le TPR jusque devant le CNOSF et le Tribunal Administratif alors que sportivement les Tarbais avaient terminé quatrième. Une seconde injustice sportive puisque le TPR avait contesté aussi jusqu’au bout sa rétrogradation administrative de Pro D2. Où était alors la logique sportive...

Remettre le sportif à sa place

Une mesure prise pour limiter les tentations de tricher car Thierry Murie estime que si la « triche » existera toujours, elle concernera moins de clubs. Pour lui, le retour aux quatre poules est une question d’équité sportive. « Pour participer à la Poule d’Accession, il y avait trois critères. Le Financier, l’Administratif et le Sportif. On remet tout dans l’ordre. On va commencer par le sportif, puis l’administratif et le financier. » La FFR va poursuivre néanmoins les contrôles financiers tout au long de la saison pour tous les clubs confirme Thierry Murie. Le Président en charge du Rugby amateur s’insurge lorsqu’on lui demande si les clubs seront limités en nombre de joueurs professionnels. : « Arrêtez de parler de joueurs professionnels. Professionnel est un mot impropre. Il s’agit de contrats à temps plein à 1 450 € bruts par mois. Si vous considérez qu’un joueur est professionnel à 1 450 € par mois, moi ça me fait franchement sourire. » Thierry Murie précise même : « Pour votre information, je vous signale, qu’il y a des clubs en Jean Prat, qui ont plus de joueurs sous contrats à temps plein, jusqu’à 25 contrats, que des clubs de la Poule Elite. » Pour lui le problème vient du regroupement dans une Poule spécifique de certains clubs. « Le problème vient de là. On a fait croire aux joueurs qu’ils étaient professionnels alors qu’ils ne le sont pas et des clubs se sont mis dans le rouge. La Poule d’Accession c’est fini, les clubs ont voté pour trois ans et on ne reviendra pas en arrière. » Pour lui, l’intérêt sportif ne sera pas diminué de par le regroupement des 48 clubs en quatre poules de 12 clubs. « On va remettre un peu de sportif dans nos compétitions, parce qu’il y en ras le bol de ces fausses compétitions. Moi je vais vous dire qu’il y a peut-être cinq clubs qui semblent costauds dans cette poule d’accession. Les autres vont devoir se remuer car il faudra les jouer les matchs. Quand vous irez courir à Nimes ou à Blagnac..., il faudra aller les gagner les matchs. » Pour l’ancien seconde ligne, le problème de différence physique et de gabarits entre des joueurs de niveau supérieur, qui s’entrainent deux fois par jour et des joueurs lambdas, qui s’entrainent trois fois par semaine, est un faux problème. « Vous croyez qu’il n’existe pas en Top 14, si vous prenez les cas de Montpellier et d’Agen ? Ce ne sont pas les mêmes joueurs, ce ne sont pas les mêmes gabarits ! » Quand on lui réplique, que tous les joueurs de Top 14 disposent de salles de musculation et d’entrainements bi-quotidien, Thierry Murie réplique : « Je peux vous certifier que les clubs de Fédérale 1, s’entrainent régulièrement et font de la musculation. Les soi-disant petits clubs, il n’y en a pas. De plus sur des poules de douze, il y en aura que trois par poule, dont le problème est réglé. » Thierry Murie n’en démord pas, faire un championnat pour cinq clubs est une hérésie.

Perte de lisibilité

C’est la fin du regroupement des équipes au plus gros potentiel économique et des clubs rétrogradés de Pro D2. Ce qui permettait une meilleure visibilité du championnat qui a entraîné un plus grand intéressement médiatique et économique avec des sponsors attirés par cette meilleure exposition. Ce qui a entrainé aussi une inflation des budgets pour attirer les meilleurs joueurs restés sur le marché qui venaient se relancer ou pire pantoufler en attendant la retraite sportive. Cette Poule d’Accession regroupait de fait des jeunes issus des Centres de Formation des clubs de Top 14 ou de Pro D2, mais aussi des jeunes issus de la formation locale, des joueurs blessés qui venaient se relancer, de joueurs en fin de carrière et d’une pléiade de joueurs étrangers, qui venait chercher une exposition pour rejoindre ensuite des clubs professionnels. Que vont devenir ces joueurs, jeunes et moins jeunes, qui y trouvaient l’occasion de se faire connaître dans des matchs de niveau homogène. C’est un retour en arrière de trois ans où les petits clubs vont galérer contre les gros clubs. Un championnat sans aucune lisibilité dont vont se détourner les partenaires privés et institutionnels à qui on avait ’’vendu’’ une part de rêve et d’élite. Les clubs formateurs vont perdre leurs meilleurs joueurs qui vont partir vers les Centres de formation de Pro D2 ou de Top 14, à la recherche de JIFF. Un long championnat où seulement six journées voire sept journées, offriront des matchs équilibrés entre les clubs les plus forts.

Jean-Jacques Lasserre