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Retour sur TGB-Lyon

lundi 22 janvier 2018 par Rédaction

Le TGB redoutable au Quai de l’Adour

Les Tarbaises sont redoutables au Quai de l’Adour où sont tombées des équipes du statut de Bourges, de Charleville-Mézières ou du Lyon nouveau, cuvée Tony Parker, mais aussi d’équipes comme Mondeville, le Hainaut, qui disputaient les Play-Off l’année dernière. Ce qui vaut au TGB de se classer, après douze journées, juste derrière le trio Bourges, Villeneuve d’Ascq, Charleville-Mézières, à égalité avec Basket-Landes et devant Montpellier, Lyon et le Hainaut. Tarbes, avec sa victoire à Nantes, reste sur quatre victoires consécutives. Les Tarbaises, depuis la huitième journée, ont marqué plus de points que toutes les autres équipes, Bourges y compris, qui a concédé sa seconde défaite à Charleville-Mézières lors de la onzième journée, après neuf victoires consécutives. Sur son parquet le TGB a infligé leurs plus lourdes défaites à Bourges - 10, à Lyon – 17, au Hainaut* – 33 et son second plus lourd revers à Charleville-Mézières – 9, (- 10 à Montpellier).

*Le Hainaut, dans sa salle, a pris un – 62 contre Bourges.

Tarbes impressionne

Lyon a subi à Tarbes son plus gros écart après les (- 16) à Bourges (69-53) et les (-15) contre Charleville-Mézières (59-74). Une frustration qui a amené les Lyonnais à boycotter la conférence de presse officielle de la LFB après les rencontres. Mais plus tard, au bord du parquet, Valéry Demory et ses joueuses, toujours très déçus, se sont montrés accessibles. Le coach lyonnais croisant son homologue tarbais lui glisse même : « Vous pouvez faire 4ème ou 5ème. Basket-Landes et Montpellier, ce n’est pas plus fort que vous. » Et quand François Gomez lui glisse que Lyon a été désavantagé par les turn-over liés aux blessures, Valéry Demory insiste : « Moi si j’ai la 7ème ou la 8ème place, je serai content mais vous, vous pouvez faire mieux. » Il est vrai que la prestation tarbaise a impressionné face à une équipe qui venait de battre Montpellier 67-64 et de s’imposer à Villeneuve d’Ascq 59-66, chez le Champion de France en titre. Dans un match à haute intensité, de vitesse et d’agressivité, les Tarbaises ont pris le dessus, bluffant tout le monde. Au point que le Président Alain Coll, au micro, lors de la soirée VIP, a ’’reproché’’, avec humour, à François Gomez de vouloir être Champion de France « tout seul, sans m’en avertir. » Le coach tarbais n’a pas répondu mais a demandé aux partenaires présents à la soirée de faire un effort financier s’ils voulaient que le club puisse garder ses joueuses l’année prochaine. Il est vrai qu’avec de pareilles prestations, toutes les joueuses vont être sollicitées. « C’est un groupe qui vit très bien ensemble, qui sait se souder dans les moments difficiles, qui a du caractère avec des complémentarités », souligne François Gomez au micro.

Conférence de presse 

François Gomez avait emmené en conférence de presse, les deux héroïnes de la soirée, Angie Bjorklund, la meilleure marqueuse (21 points, 6/8 à 3 points) et Michèle Plouffe la meilleure joueuse de la rencontre, avec un double-double, (20 points, 14 rebonds), 5 passes décisives, 4 interceptions et 2 contres ! Une entorse au règlement, sous couvert que la Canadienne venait pour servir d’interprète à l’Américaine. Les deux joueuses irradiaient la joie d’avoir dominé une équipe qui les avait humiliées quelques mois plus tôt.

Angie Bjorklund et Michelle Plouffe, savourent la revanche

Angie Bjorklund savourait la revanche : « Oui, on n’avait pas oublié le match de l’Open et pour nous, c’est une belle revanche. » L’Américaine, sélectionnée dans sa jeunesse avec l’équipe U19 des USA, rigole quand on lui demande si elle avait déjà réussi un 6/8 à trois points au cours d’un match. « Peut-être à l’Université, je ne me souviens pas. Mais ce soir, je m’en souviendrai, c’est du bonheur pour moi et pour l’équipe. »

Michèle Plouffe, savoure aussi cette revanche attendue et bien préparée. « On attendait impatiemment la date. On savait que c’était une bonne équipe, avec un jeu très rapide et que nous devions les contrôler collectivement. On les a empêché de mettre beaucoup de tirs. On a la chance d’avoir marqué beaucoup de paniers à 3 points, on a été bonnes en défense et Aby (Gaye) a fait un gros match. »

François Gomez rend hommage à sa meneuse

Pour François Gomez, le match s’est surtout joué au mental. « Effectivement, il y avait mauvais souvenir de l’Open. Cela blesse les gens de prendre 29 points d’écart. C’était beaucoup et on avait envie de bien faire. Les Filles ont bien préparé ce match, on a une équipe qui se débrouille bien dans la connaissance du jeu, qui est solidaire et il y a mises en place qui sont plus faciles. » Le crédo était simple selon le coach : « On s’est d’abord appuyé sur la défense de façon à faire déjouer un peu cette équipe de Lyon. Après offensivement, quand on a Angie (Bjorklund) à ce niveau là (21 points, 6/8 à 3 points), c’est quand même plus facile. Michèle (Plouffe), quand il faut mettre un tir, elle le met et quand il faut défendre, elle défend. Adja (Konteh) a passé les ballons (8 passes décisives). » François Gomez a rendu un bel hommage à sa meneuse espagnole. « Celle qui a été vraiment éblouissante ce soir, c’est Ana Suarez (12 points, 2/5 à 3 points, 5 rebonds, 8 passes décisives, 2 interceptions pour 2 ballons perdus). C’est une grosse bosseuse, elle se remet en questions en permanence et elle s’est récompensée de tout son travail (12 points, 8 passes décisives). C’est magnifique ce qu’elle a fait : Elle a dominé les deux meneuses de l’équipe de Belgique qui est devenue un beau pays de basket. »

Et à Aby Gaye

Aby Gaye, pour la troisième fois consécutive, a dominé dans la raquette des adversaires de haut niveau. Après N’Goyisa et Little elle se retrouvait face à la triplette Diawara, Badiane, Peters et elle a sorti de nouveau un gros match (14 points, 7/10, 8 rebonds). « Aby arrive à tenir un long temps de jeu à un rythme élevé, parce que Lyon, ce n’est pas une équipe faite pour elle. C’est une équipe qui court beaucoup, avec des intérieures très mobiles, même si Badiane et Diawara, qui reviennent de blessures ne sont pas au top. Aby a été efficace défensivement, elle a beaucoup perturbé avec beaucoup de volume défensif. Offensivement, elle a eu deux ou trois joueuses sur le dos et elle a su ressortir les ballons, les reprendre et marquer des paniers importants. Quand on a un pivot comme ça, c’est très bien et j’attends avec impatience le retour de Christelle pour reformer cette doublette. »

Confiance au même cinq en seconde mi-temps

François Gomez, après avoir tourné à sept au cours des deux premiers quart-temps, a fait le choix de laisser son cinq majeur (Suarez, Bjorklund, Konteh, Gaye, Plouffe) sur le parquet durant toute la seconde mi-temps, alors que Lyon jouait à neuf. « Le cinq tournait trop bien. Il n’y avait pas de fatigue, il n’y avait pas de faute, ça tournait bien et il n’y avait aucune raison de changer. Je ne suis pas là pour faire plaisir aux gens. Pourquoi faire sortir Ana, qui n’était pas fatiguée, qui n’était pas pénalisée et qui faisait une superbe partie. Pourquoi sortir un poste 4 comme Michèle, qui dominait son duel avec Peters, qui n’est pas n’importe qui. »

Alice Kunek apporte ce que l’on attendait d’elle

Le coach tient toutefois à souligner la bonne prestation de Pouye (6 points, 1/2 à 3 points, 4 rebonds, 3 passes décisives) en 9’32’’ et de Kunek, la pigiste médicale de Diallo. L’Australienne, si elle n’a pas marqué (0/1 à deux points et 0/1 à trois points) en 12’59’’ de jeu, s’est faite remarquée par son engagement défensif (4 rebonds autoritaires) et sa solidarité avec ses nouvelles équipières. « Il n’y avait aucune raison d’ouvrir le banc à Alice, qui a été très bien. Certes, elle aurait pu mettre un ou deux paniers mais elle apporte vraiment ce qu’on attendait d’elle. De l’envie, du rythme, de l’engagement. » François Gomez persiste et signe : « Quand on est comme ça, il n’y a pas de raisons de faire jouer d’avantage de monde et ça a marché ! »

« Les joueuses voulaient montrer que l’Open c’était un accident »

Même si les Tarbaises comptaient 17 points d’avance (62-45) à l’entame du dernier quart-temps et 21 points à 4’46’’ de la fin, François Gomez assure n’avoir jamais songé à prendre le goal-average particulier. « Non 29 points, à aucun moment, on n’en a parlé, à aucun moment. Jamais on n’y a pensé. On a simplement pensé à battre cette équipe à la maison. Les sportifs de haut et les entraîneurs de niveau sont fiers et on avait simplement envie de montrer que moi, je pouvais battre de bonnes équipes et les joueuses voulaient montrer que l’Open, c’était presque un accident de parcours. On avait vraiment cette envie là et ce qui était important, c’était l’état d’esprit. »

Réactions

Christelle Diallo : « On avait toutes à cœur de gagner »

Christelle Diallo, l’ancienne lyonnaise, privée de revanche par une blessure, savourait le cadeau de ses coéquipières tarbaises. « Ce premier match nous avait vraiment touché. On ne peut pas dire humilié, c’est un trop grand mot, mais ça nous avait profondément touché dans notre petit orgueil. On avait toutes à coeur de gagner absolument, on l’a fait et je suis très contente. Forcément je suis un peu déçue de n’avoir pas pu jouer mais je suis très contente de ce qu’elles ont fait. C’était super ! »

Laetitia Moussard : « La puissance de Tarbes et sa maîtrise du jeu »

Laetitia Moussard, 198 sélections en équipe de France en treize années, a été honorée par le Président Coll qui lui a offert un bouquet de fleurs avant le coup d’envoi. L’ex-pivot (1,91 m) de Mirande (Trois titres 1988, 1989, 1990), de Valenciennes (Tournoi de la Fédération 1997), de Tarbes (Coupe de France 1998), de Bourges (Une Euroligue 2001, deux titres 1999, 2000, deux Tournois de la Fédération 2000, 2001) et de Montpellier, avait été invitée avec les équipes de jeunes de l’Isle-en-Jourdain dont elle s’occupe. Laetitia Moussard, comme tous les spectateurs du Quai de l’Adour, s’est régalée : « C’était magnifique. Il y avait du physique, de l’enjeu, la précision des passes, la force. Franchement, j’ai ressenti la puissance qui se dégageait de Tarbes et sa maîtrise du jeu. L’équipe tarbaise a super bien joué. » Laetitia Moussard qui était une des meilleures intérieures européennes de son époque admire : « Physiquement, ce sont des athlètes, on sent la puissance qu’elles dégagent, ça court vite, ça saute haut. Le jeu a évolué plus haut, plus vite. »

Côté lyonnais

Valéry Demory : « Pour l’instant, on est une petite équipe »

Valéry Demory, la mine abattue mais la voix dure, lâche : « On fait une première mi-temps catastrophique, les ’’Filles’’ n’ont pas respecté du tout les consignes. Je leur avais dit de ne pas laisser shooter Bjorklund à 3 points et elle nous fait 5/6 ! Voilà, sanction tout de suite ! En deuxième mi-temps, on a une réaction mais pour l’instant, on est une petite équipe. » Le retour de Diawara n’a rien changé et le coach lyonnais réfute avoir pris un risque. « Non, ça fait quatre mois que je ne l’ai pas. Il faut bien qu’elle joue, je n’allais pas attendre une semaine de plus. Ce n’est pas le problème que ce soit un match important ou pas, ça aurait été Mondeville, c’était pareil. Elle a reçu, enfin, le feu vert médical, donc elle joue. Ce n’est pas parce que c’est Tarbes que je l’ai faite jouer. »

Un nouveau challenge à Lyon

Valéry Demory, ancien meneur de l’équipe de France (121 sélections) passé par les plus grands clubs (Denain, Stade Français, Challans, Cholet, Limoges, Pau-Orthez, Cholet, Evreux) a fait ses armes d’entraîneur à Mourenx, qu’il a conduit de la NF3 à la LFB en six ans. Un parcours qui lui a valu, en 2007, de prendre en main Montpellier qu’il a mené à deux titres de Champion de France (2014, 2016) et à quatre Coupe de France (2011, 2013, 2015, 2016). C’est donc à lui que Tony Parker a confié la tâche de conduire Lyon au plus haut niveau sur un projet de trois ans. « C’est un nouveau challenge. Je me suis remis en question et je compte bien réussir ce challenge. » Compte tenu des problèmes financiers du club avant sa reprise, Tony Parker a dû ’’essuyer’’ une dette de 500 000 euros. Malgré un budget conséquent Lyon devrait monter peu à peu en puissance. « Pour l’instant, on n’est pas un gros budget, mais pour les années à venir, on va monter en musique. » Le projet du club est de jouer à terme le titre. « Deux ans, ce n’est pas possible mais trois ans, c’est dans mes objectifs » confie Valéry Demory qui a mis quatre ans avec Montpellier pour ramener la Coupe de France et sept ans pour être Champion. Quand on lui fait remarquer qu’il a déjà un bel effectif, le coach lyonnais tempère : « C’est vrai, mais il y a des lacunes individuelles qui sautent aux yeux. On peut parler des blessures mais ça n’empêche pas certaines lacunes individuelles. »

Paoline Salagnac : « On n’a pas su trouver les armes » 

Paoline Salagnac, est toujours la chouchou du Quai de l’Adour et le Président Coll lui a remis un bouquet de fleurs. La capitaine lyonnaise relève la performance de son ancienne équipe : « Elles avaient à coeur de faire une autre prestation qu’à l’Open et elles ont répondu présentes et nous, un peu moins. On a mal débuté, on leur a laissé des tirs à 3 points ouverts et quand on est derrière au score, c’est toujours plus compliqué. On a essayé de revenir en seconde mi-temps mais malheureusement on n’a pas su trouver les armes pour venir gagner ici. Maintenant, il faut se servir de ce match pour avancer, pour progresser et aller gagner le suivant. » Paoline Salagnac confirme l’intensité du match. « On s’attendait à un gros impact physique, à un match avec du répondant, entre deux équipes qui sont sur les mêmes ambitions et on l’a eu ! »

Djéné Diawara : « Un match difficile contre une équipe très compacte »

Djéné Diawara a fait son retour à Tarbes après avoir manqué dix journées pour une fracture à l’auriculaire de la main droite. Une blessure qui s’est infectée, ce qui a retardé son retour à la compétition. « Revenir après trois mois sans jouer, ce n’est pas évident » reconnaît l’internationale malienne « mais ça va, ça commence à aller. » Des débuts qui se sont soldés par une défaite face à une équipe revancharde. « C’était un match difficile, face à une équipe très compacte qui nous a bien embêtées. »

Mélanie Plust : « C’est une grosse déception »

Mélanie Plust confirme la frustration lyonnaise : « C’est une grosse déception, parce qu’on avait préparé ce match toute la semaine, parce qu’on s’attendait à ce que Tarbes fasse ce genre de match. » Mais malgré tout, les Lyonnaises ont été surprises par l’engagement et la détermination des Tarbaises. « Mais, on n’était vraiment pas prêtes et voilà, ce que ça a donné. » Sportivement Mélanie Plust écarte les vicissitudes des blessures, dont la sienne, qui aurait pu perturber la préparation. « Oui, on a eu pas mal de blessures mais ça n’empêche pas qu’on a battu Villeneuve d’Ascq chez elles, il y a deux semaines... Les blessures, ce n’est pas une excuse ! »

Jean-Jacques Lasserre