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Stado TPR : Le point avec les entraîneurs

jeudi 11 janvier 2018 par Rédaction

Sur la Phase Aller

Des regrets sur Chambéry, Romans et Bourgoin

Les deux entraîneurs regrettent en choeur les points perdus à domicile contre Chambéry et Romans dans des matchs qu’ils ont plus perdu que leurs adversaires ne les ont gagnés. « Chambéry, nous a mis la tête dans le seau alors qu’on aurait dû gagner ce match » renchérit Nicolas Escouteloup. Les excuses ne manquent pas car les Tarbais avaient joué le dimanche à Strasbourg pour rejouer le vendredi contre Chambéry, avec en prime un très long déplacement. « On savait que ça allait être dur mais on n’avait pas pu bien préparer ce match par manque de temps. » En tout, Tarbes n’avait eu que trois jours pour préparer une rencontre primordiale. « Ces matchs à la télé nous ont plus desservi qu’autre chose », constate l’entraîneur des avants. « On a eu du mal à le digérer. Après, on se reprend plus ou moins bien et on prend un deuxième coup sur la tête par Romans, alors que tu dois gagner ce match. A Bourgoin, on n’est pas récompensé et derrière, c’est une nouvelle période de doute. Mentalement, ça a été très dur après une inter-saison qui n’a pas été simple. » A l’extérieur, Mickaël Etcheverria et Nicolas Escouteloup n’ont pas encore digéré le déplacement à vide à Bourgoin. « On aurait dû ramener au moins un point. » Le déplacement à Albi, malgré un essai litigieux accordé à Albi et qui fait la différence au coup de sifflet final, n’entre pas dans le cadre des matchs à regret.

Sur la reprise de l’entraînement

Plein d’envie

Bonne nouvelles, tous les joueurs, à l’exception de Tuilagui, ont repris l’entraînement avec opposition et sont aptes à jouer. Certains, à l’image d’Havea, encore trop juste physiquement,vont reprendre avec la Réserve à Saint Jean-de-Luz. D’autant qu’il y a pléthore de troisième ligne entre Bonnecarrère, Bernard, Armary, Paris, Gal et Taulava. « Havea a besoin de retrouver du temps de jeu et le rythme des matchs. Il faut qu’il retrouve de la confiance en B » annonce Mickael Etcheverria. L’ensemble de l’effectif au grand complet a repris l’entraînement avec plaisir. « Pour l’instant, on fait une très belle quinzaine. Les mecs, sont heureux de se retrouver, il y a des sourires, ils sont pleins d’envie, il y a une belle opposition, c’est très bien », note l’entraîneur des trois quarts.

Sur Strasbourg

Malgré la victoire au match Aller, 13-19, les deux entraîneurs se méfient des Strasbourgeois qui sont en plein progrès comme le démontrent leurs derniers résultats contre Chambéry 9-8, Bourg-en-Bresse 22-9 et à Limoges 18-22. « C’est une équipe qui a bien évolué par rapport au premier match et qui joue bien au rugby » souligne Mickaël Etcheverria. « Il y a des mecs comme Ormaechea, Michalet et Fatafehi*, un joueur qui apporte de la puissance. Quand il est sur le terrain, il leur fait du bien et il fait du mal à l’adversaire. » Pour Nicolas Escouteloup « Ils sont frustrés car on les a plongé dans le doute comme nous ici par Chambéry. » Une équipe complète avec un beau paquet d’avant, solide en mêlée et sur les ballons portés qu’ils affectionnent particulièrement. « Ils vont vouloir récupérer les points perdus chez eux » ajoute Mickaël Etcheverria. Pour compléter le tout, Strasbourg possède une belle charnière, de bons trois-quarts et un buteur, classé deuxième derrière Massip.

*Le Fidjien, qui vient d’écoper de deux cartons jaune lors du dernier bloc, devrait être suspendu

La forme de jeu

Se lâcher et prendre du plaisir

Les entraîneurs prônent du jeu, même si ça ne se traduit pas au niveau des statistiques, avec la dernière place au nombre d’essais marqués, derrière Strasbourg ! Il est vrai que le grand défaut des Tarbais, c’est le manque de réalisme dans la zone de marque. Par manque de franchisseurs, comme peuvent l’être Taulava et Havéa, mais aussi par un excès de précipitation, de maladresses et de mauvais choix près de l’en-but. Un défaut de réalisme qui est peut-être le reflet du manque de confiance de l’équipe après les échecs contre Chambéry et Romans et de la pression du résultat qui en découle. Mais pas question de déroger à la philosophie de jeu prônée en cours de saison par les deux entraîneurs. Pas question de serrer le jeu, sauf circonstances climatiques, comme le confirme Mickaël Etcheverria. « Bien sûr, il faut s’adapter à la situation, mais je pense qu’il faut qu’on commence à prendre du plaisir. On a pris vingt minutes de plaisir contre Aubenas et on a arrêté ! Il faut que les joueurs se lâchent. Nous, il faut arrêter, moi le premier, de leur foutre la pression. La pression, c’est nous qui devons la prendre. Il faut qu’on soit le paratonnerre entre les joueurs et le dessus. Maintenant, il faut qu’ils prennent du plaisir, même si le plaisir est différent pour chacun. Il faut qu’ils mettent la pression de côté. Quoi qu’il arrive, on sera à leur côté. Ils feront des mauvais choix, mais malgré tout, il faut continuer à jouer. Il faut qu’ils prennent du plaisir pour que nous, on en prenne. On en est capable maintenant qu’on a tout le monde, même si tous ne sont pas à 100%. Comme dit Nico, on joue avec le frein à main, on n’ose pas, par la peur de mal faire parce qu’on a perdu deux matchs à domicile. Contre Rouen, on marque un essai au bout de cinq minutes et derrière, sur la sortie de balle, on fait un en-avant et on arrête de jouer. » Nicolas, silencieux pendant ce long aparté, est sur la même longueur d’onde. « Je suis complètement d’accord. Je pense qu’effectivement, les circonstances ont un peu terni les velléités et l’enthousiasme général du début. Il y a les résultats, il y a la pression et nous, on n’a peut-être pas bien géré la situation. Maintenant, il faut s’en affranchir et se dire qu’on est capable de développer du rugby intelligent et cohérent, comme on l’a montré par moments. Il faut gagner en constance, ce qui nécessite de l’exigence, un peu plus d’application et de justesse dans les choix. C’est là dessus qu’il peut y avoir des adaptations et non sur la philosophie, parce qu’on a envie de pratiquer un rugby complet. Parce qu’à ce niveau là, avec un rugby restrictif tu ne passes pas. »

Retour des blessés

Plus de concurrence à tous postes

Le retour de blessure de nombreux joueurs va instaurer une concurrence inexistante jusqu’ici à certains postes, ce dont se réjouissent les entraîneurs tarbais. « Aujourd’hui, on a tout le monde et certains vont devoir se bouger. Déjà, ce week-end, ceux qui n’y seront pas, vont aller faire un tour avec la B à Saint-Jean-de-Luz et ça va leur faire tout drôle. Ils vont se retrouver avec des jeunes et ça va leur faire du bien. » Les effets bénéfiques se sont déjà ressentis à l’entraînement. « Les mecs se bougent, ça s’envoie en opposition, ils écoutent pendant la vidéo... Ce n’est plus du tout le même comportement qu’avant », remarque Mickaël Etcheverria. Nicolas Escouteloup renchérit : « Aujourd’hui, on peut dire à un joueur, tu ne réponds pas à ce qu’on te demande, donc c’est un autre, qui le fait mieux, qui va jouer. Cela change tout, car avant tu étais obligé de le faire jouer quand même. La concurrence va forcément remettre les choses dans l’axe. » Les entraîneurs vont mieux pouvoir cerner les capacités et la volonté des joueurs. « On va voir ceux qui sont au maximum et ceux qui en font moins », ajoute Mickaël Etcheverria. Même en seconde ligne, là où il n’y pas la concurrence des jeunes, le retour d’Havea va permettre de faire monter Taulava en seconde ligne. Ce qui poussera un des habituels seconde ligne hors de la feuille de match. Les choses changent aussi au niveau de la préparation des matchs en opposition. Pendant un temps, les touches et les mêlées ne se pouvaient pas se travailler en opposition par manque d’avants. « Aujourd’hui, on est trente-cinq et on a dû sortir des joueurs pour se mettre à quinze contre quinze » se réjouissent les deux entraîneurs.

Deux comportements opposés

Mika le feu et Nico la glace

Sur un banc l’opposition des styles est frappante entre un Mickaël Etcheverria qui encourage ses joueurs, hurle, ne reste pas en place et le calme de Nicolas Escouteloup qui reste prostré sur le banc. « Moi je vis le truc » avoue Mickaël Etcheverria, « moi aussi, je le vis mais je suis plus calme », concède Nicolas Escouteloup. « Cela fait onze ans que je suis sur le banc et j’ai pris des cartons jaune et rouge, parce que m’agaçais, je m’énervais, je criais après tout le monde. Depuis je me suis calmé parce qu’il y a aussi besoin d’un peu de lucidité et de calme. Et puis, je ne m’excite plus parce que j’ai la tension qui monte et un jour, après un match à Tyrosse, j’ai fini à l’hôpital de Dax où j’ai passé la nuit ! Donc je suis obligé de rester calme. » Les deux hommes sont complémentaires dans leurs attitudes sur le banc comme le fait remarquer Mickaël Etcheverria. « L’an passé, j’étais plus calme car avec Marco, il fallait compenser (rires...). Sinon on s’emportait tous les deux. Moi aussi, je monte très vite, alors que, c’est bizarre, j’étais un joueur très calme quand j’étais capitaine, pour parler à l’arbitre où pour encourager mes coéquipiers. » Une complémentarité bénéfique comme le souligne Mickaël Etcheverria : « Quand tu veux faire passer des messages, ça passe mieux quand tu as la voix calme. Il y en a, quand tu gueules, ils ne t’écoutent plus. Et c’est vrai qu’avec la voix calme de Nico, les messages passent mieux. » Pourtant, à la fin du match contre Rouen, le comportement des deux hommes a été complètement à l’opposé de celui pendant la partie. « Dès que le match est fini Nico saute de joie et m’embrasse alors que moi je reste calme. Je suis content qu’on gagne mais désolé du match qu’on a produit » confesse l’entraîneur des trois-quarts.

Jean-Jacques Lasserre