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Après Tarbes-Rouen (13-12)

lundi 11 décembre 2017 par Rédaction

Cette fois la chance a souri aux Tarbais pour l’emporter contre Rouen sur le même score (13-12) et sur le même écart (1 point) que lors de la défaite contre Romans avec un score inversé (12-13). Du coup les Bigourdans vont pouvoir passer les Fêtes l’esprit tranquille et faire des voeux de qualification pour l’année 2018.

Du côté de Rouen

A la fin du match les Rouennais se réunissent en cercle autour de Richard Hill et du Président Louvel . Les premiers mots de l’entraîneur anglais sont pour assurer ses joueurs, leur dire de ne rien lâcher, que le sort va bientôt tourner au vu de leur investissement et des derniers matchs perdus de peu. Qu’il leur faut maintenant regarder vers le haut et non plus vers le bas malgré cette défaite « qu’il ne comprend pas » à Tarbes. Le Président, le capitaine Dastugue et Arscott ont aussi pris la parole.

Richard Hill : « Ce soir, il n’y avait qu’une seule équipe sur le terrain »

Richard Hill, l’entraîneur de Rouen ne s’explique pas comment son équipe a pu perdre ce match : « C’est difficile à comprendre. Avec tous les ballons, tout le jeu qu’on a proposé, toutes les fois où on a franchi la ligne... C’est de notre faute parce qu’on ne termine pas le travail même si la défense de Tarbes a été très bonne. Franchement, ce soir, il n’y avait qu’une seule équipe sur le terrain. Même avec le ballon mouillé, on a été capable de faire du jeu avec les avants et les trois-quarts. On est très frustré mais si nous avons perdu, c’est de notre faute et il faut qu’on travaille beaucoup plus. On a fait un très mauvais début de match avec un 10-0 au bout de quinze minutes et on a fait tout le match derrière Tarbes. » Malgré tout l’ancien demi-de-mêlée, finaliste de la Coupe du Monde 91 avec l’Angleterre, est satisfait de ses joueurs : « Les gars proposent du jeu, avec une bonne perception du jeu, il y a eu plein de bonnes choses mais on a manqué un peu de précision. Mais on va y arriver avec du travail, même si c’est dur d’accepter de perdre d’un point. » L’entraîneur anglais apprécie particulièrement cette poule Elite qui regroupe les meilleures équipes de Fédérale 1. « C’est super, c’est un bon challenge à tous les matchs. J’aime beaucoup ce championnat qui est beaucoup plus intéressant que le Jean Prat. Je sais maintenant qu’on est à notre place, après deux ou trois matchs où on n’était pas encore au niveau par rapport à la la vitesse et au contenu. Aujourd’hui tous nos matchs sont serrés même à l’extérieur. » Richard Hill est confiant pour la phase retour. « Tous les clubs sont très, très proches. On a fait notre ’’éducation’’ aux matchs aller. Maintenant qu’on a rencontré toutes les équipes, on les connait et on va travailler pour les battre. » Un championnat très serré où derrière Aix, toutes les équipes, même Aubenas, qui a un match à rejouer, peuvent se qualifier pour les demi-finales. « Pour moi, Strasbourg, c’est une bonne équipe qui va monter au classement. J’aime bien les équipes qui jouent beaucoup comme Aix, Romans, Bourg-en-Bresse, Chambéry... Les équipes qui produisent moins de jeu comme Albi et Tarbes, qui sont très fortes devant, risquent de souffrir en deuxième partie de saison. Les équipes qui proposent du jeu sont plus difficiles à défendre mais je comprend que Tarbes, pour sortir de ses problèmes, s’appuie sur un buteur et du jeu devant. »

Du côté de Tarbes :

Mickaël Etcheverria : « Contre Romans c’est nous qui manquons les points, là c’est eux ! »

Pour la première fois, les caméras de l’Equipe TV ont pu filmer un vestiaire tarbais en joie, alors que les autres fois, elles se rendaient dans les vestiaires des vainqueurs... Une atmosphère bien différente que contre Romans, pour un match perdu d’un point. Pourtant même s’ils savourent cette victoire qui met fin à une série de trois défaites consécutives, les Tarbais savent qu’ils sont passés tout près d’une nouvelle désillusion. Mais cette fois, côté engagement, ils n’ont rien à se reprocher et c’est peut-être ça qui a fait la différence, avec un brin de chance. « Contre Romans, c’est nous qui manquons les points au pied là, c’est eux » constate Mickaël Etcheverria qui cette fois, peut être fier de ses joueurs « Oui, même s’il y a des choses à revoir, cette fois, dans l’engagement, dans l’intensité, ils y étaient. On est bien rentré dans le match, on marque un bel essai et après on a eu un peu de mal à sortir de notre camp, on a rendu trop facilement les ballons au pied. On s’est trop consommé, en deuxième mi-temps dans les rucks, alors qu’on était mieux en première mi-temps. » Une victoire qui fait beaucoup de bien au classement* et moralement. « J’espère que ça va ressouder l’équipe, que ça va leur donner envie de continuer à travailler. » Tous les changements de postes occasionnés par la sortie de Bats avant la demi-heure de jeu, (Claverie de l’arrière à l’ouverture, Pees de l’aile à l’arrière, Domec entré à l’aile, puis au centre, après la sortie de Bréthous et la rentrée de Bouhedjeur et de Ducau), n’ont pas nui au rendement de la défense. « C’est ce qui faisait notre force en début de saison et là, c’était super. Il faut continuer et surtout ne rien lâcher. »Peut-être un signe, car comme le reconnait l’entraîneur des trois-quarts : « On a gagné je suis content, mais c’est bizarre, après cette mauvaise deuxième mi-temps... Ce n’était pas un grand match mais ils n’ont rien lâché et il faut continuer. »

* Les Tarbais sont septième au classement, avec 19 points, à sept points de la troisième place détenue par Bourg-en-Bresse....

Nicolas Escouteloup : « On bosse et c’est bien d’être récompensé »

Face à un des meilleurs pack et à une des meilleures mêlées de la poule, le stado a répondu présent et notamment sur les ballons portés avec une défense fantôme, bien travaillée à l’entraînement. « Il fallait absolument les empêcher d’en faire » confirme Nicolas Escouteloup. « Heureusement qu’on a été bon là dessus et en mêlée où on n’a pas été mal, face à une grosse mêlée. Les deux piliers et le talonneurs sont très bons. » Mais l’entraîneur des avants souligne : « On a eu un peu de chance sur ce match qui tourne en notre faveur et qu’on gagne d’un point. Après, c’est vrai que notre deuxième mi-temps n’est pas brillante. On fait une belle entame et après on a un peu de mal à être constant dans le jeu qu’on veut mettre en place. On a de gros trous d’air pendant lesquels les équipes se régalent. On fait autant de fautes en dix minutes lors de la deuxième mi-temps que pendant toute la première mi-temps. On leur permet de revenir à portée de marque donc, du coup, tout devient plus difficile. » Mais la victoire a été au bout de ce match capital qui pouvait déboucher sur une crise sportive en cas de défaite. « Cela fait plaisir de gagner parce qu’on bosse et que c’est bien d’être récompensé. » Une victoire qui va faire du bien moralement comme le pense Nicolas Escouteloup : « Je suis sûr que cette équipe, avec un peu de confiance, un peu de chance, un peu plus de sûreté dans ses actions, peut vraiment faire de bonnes choses. Il faut continuer à travailler, s’accrocher pour éviter d’avoir ces trous d’air. » Et du boulot, il en reste. « On n’est pas bon sur les sorties de terrain. Dès qu’on marque, on est sous pression de suite. Les bonnes équipes sortent de leur terrain facilement mais pas nous. On s’épuise pour des c..., et cette énergie nous manque peut-être ailleurs. » Outre l’engagement et la défense, les autres satisfactions proviennent des jeunes « avec un très bon Nicolas Gal, très présent, qui doit être à 15 ou 16 placages. Tout le monde a mis du sien et s’est accroché pour gagner ce match. C’est de bon augure » souligne l’entraîneur bigourdan.

James Percival : « C’est bon de finir l’année par une victoire »

C’était un match particulier pour James Percival qui a retrouvé deux de ses anciens entraîneurs Richard Hill et Martin Haag. Un bon souvenir pour l’Anglais qui, à l’époque en Angleterre, s’était vu confier le capitanat. Mais pour le seconde ligne, l’essentiel était de gagner ce match capital malgré ses bons souvenirs d’antan. « Pour moi le plus important, c’était de gagner pour remonter au classement. A Bourgoin l’équipe a bien joué mais n’a pas gagné. C’est bon de finir l’année par une victoire, sinon je n’aurai pas passé de bonnes fêtes. » Mais l’Anglais reconnaît : « On a gagné mais on a fait beaucoup d’erreurs. L’indiscipline a été un gros problème. »

Mickaël Lacroix : Il faut retenir la victoire et l’état d’esprit

Mickaël Lacroix, n’aime pas perdre et se refuse à parler après des défaites. Là, à peine sorti de la douche il est dithyrambique : « On fait une superbe entame, on prend le score d’entrée et heureusement, parce qu’après, on a été un peu fébrile et on les a laissé revenir petit à petit sur des fautes un peu bêtes. On avait beaucoup de pression et ça s’est vu sur la fin du match. C’est un peu notre mal depuis le début de la saison, on est très fébrile. Contre Rouen, il fallait gagner et on gagne d’un point, sans la manière, mais on a gagné. » Le seconde ligne est toutefois confiant : « On verra ce qui n’a pas été mais il faut surtout retenir cette victoire et l’état d’esprit qu’il y a eu à la fin, face à une équipe très en place stratégiquement et qui était venue ici pour faire un résultat. Tout n’a pas été positif mais on retiendra les 4 points de la victoire. C’était notre objectif et maintenant, on a la trêve pour se préparer et revenir prêt en janvier. Je suis sûr que lors de la seconde partie de saison on va rattraper nos faux-pas à domicile pour recoller au groupe de tête. » L’ex-gersois a retrouvé son ex-coéquipier Dastugue. « Jorick, je le connais bien. Il était à Auch en Reichel avant de monter en première. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément mais de le voir capitaine en face, ça m’a fait bizarre, parce qu’à Auch je devais souvent le recadrer. » (rires). Une victoire qui va donner confiance face à une grosse équipe comme le confirme Mickaël Lacroix : « Rouen, c’est une des plus belles mêlées du championnat avec un pilier gauche (Thomas) qui est très fort et qui jouait en première ligue anglaise et un pilier droit (Hounkpatin) très costaud. On les avait analysé et dans l’ensemble, on n’a pas été trop, trop mal même si on a été pénalisé en seconde mi-temps. Rouen, c’est vraiment une très belle équipe avec aussi une belle ligne de trois-quarts. C’est une équipe très complète qu’il fallait gagner et on a gagné ! Maintenant, on va se préparer pour gagner contre Strasbourg qu’on reçoit en janvier »

Nicolas Vergallo : « On a gagné en jouant en équipe »

Nicolas Vergallo, le capitaine, a une fois de plus été énorme en défense avec un ’’carreau’’ sur un seconde ligne de 2,04 m et de 120 kg qui, pris de face aux chevilles, est tombé sur place, face aux 1,68 m et 78 kg de l’Argentin. Un signal fort envoyé à ses coéquipiers qui ont répondu eux aussi présent en défense. Mâché de partout mais tout sourire, Vergallo rigole « L’important c’est la victoire ! » Entre une victoire d’un point et une défaite d’un point quelle est la différence ? « On s’est accroché un peu plus en défense et on a joué en équipe. Le match qu’on a perdu, on ne l’a pas joué en équipe. Aujourd’hui, même s’il y a eu pas mal de défauts on est resté en équipe. » Le capitaine avoue avoir craint un moment de revivre les matchs perdus à Trélut. « On a douté, on a paniqué parce que c’est compliqué dans ces moments de rester calme. Mais on a réussi à se rassurer en jouant en équipe et on a gagné. » Les sorties sur blessure de Bats et de Bréthous ont un peu déstabilisé le groupe reconnaît le demi-de-mêlée « mais quand tu as envie de gagner, tu gagnes ! Tu ne penses pas à ça, tu ne penses qu’à plaquer pour ne pas qu’ils marquent ! ».

Du côté des jeunes, c’est aussi le sentiment du devoir accompli.

François Lapassouse « On est resté solidaire et on a réussi »

François Lapassouse, le jeune talonneur des Espoirs, savoure son premier match à Trélut. « En plus, c’est une victoire, ça fait plaisir. » Une victoire qu’il a fallu préserver car il est rentré alors que le score était de 13-9. « C’était compliqué, ils étaient en pleine bourre. On a su défendre correctement, on a bien communiqué, on est resté solidaire et on a réussi. » Même si Rouen est revenu à un point à dix minutes de la fin les Tarbais n’ont rien lâché. « On réussi à rester dans leur camp, à enchaîner au ras, au ras, et à gagner. » Entrée à 15 minutes de la fin du match, la première ligne remplaçante n’aura pas eu la moindre mêlée à disputer....

William Pees « Ce sont ces moments qui nous permettent de construire pour l’avenir »

William Pees, titulaire pour la première fois, faisait son entrée à Trélut. « Première victoire pour un premier match ça fait toujours plaisir. Mais ça a été très dur, ils étaient très fort derrière, ils ont tout joué et nous, on s’est accroché jusqu’à la fin. On a mis beaucoup de coeur à défendre et ça a payé cette fois-ci. C’est cool. » Malgré un retour à un point et dix minutes à jouer les Tarbais n’ont pas douté. « Non, moi de derrière, je n’ai jamais pensé à ça. Je voyais qu’on s’accrochait, qu’on ne voulait rien lâcher et il n’y avait aucune raison de douter. Au contraire, ce sont ces moments là qui nous permettent de construire pour l’avenir pour faire une bonne deuxième partie de saison. Ce soir, on a pris des points importants et il les fallait ! »

Nicolas Gal « Les jeunes sont bien encadrés »

Nicolas Gal, titulaire pour la seconde fois, faisait lui aussi ses débuts à Trélut, après être rentré en cours de match contre Romans. « On avait perdu 12-13 et là ça fait plaisir de gagner 13-12. L’essentiel, c’était la victoire. On restait sur trois défaites consécutives et ça fait plaisir de gagner. Ce soir, c’est la fête, c’est open bar ! », plaisante le jeune troisième ligne. Malgré la pression, les Tarbais ont cette fois répondu présent confirme Nicolas Gal qui avoue. « On savait qu’on avait la pression du résultat après deux défaites à Trélut mais personnellement, je n’ai pas eu la pression de débuter à Trélut. J’arrive à bien la gérer et on est bien encadré. Nano (Vergallo) notre capitaine, encadre bien les jeunes, tout comme James (Percival). On est bien encadré pour enlever toute cette pression négative et se lâcher sur le terrain. » L’ex-capitaine des Reichel toulousains estime que « le temps a joué en faveur de Rouen parce qu’ils sont entraîné par un Britannique, qu’ils ont pas mal de joueurs britanniques et qu’on sait que les conditions anglaises sont un peu comme ça. Ils ont un un gros dix avec un gros jeu au pied mais on les a bien contré défensivement. »

Jean-Jacques Lasserre