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Retour vidéo avec Nicolas Escouteloup

jeudi 23 novembre 2017 par Rédaction

Pas d’envie en première mi-temps

Nicolas Escouteloup a visionné le match deux fois dans la nuit de vendredi à samedi avant d’aller à la réunion avec les joueurs samedi matin. Ce qui a confirmé que le placage de Domolaïlaï était au niveau du ballon et qu’il avait mis les bras et qu’il ne méritait ni carton ni pénalité.« Vraiment très sévère » estime l’entraîneur des avants. Pour autant Nicolas Escouteloup ne trouve pas d’excuses à ses joueurs. « Ce qui fait la beauté de notre sport c’est la volonté collective de défendre sa ligne mais aussi de conquérir l’espace pour marquer un essai à l’adversaire. Et vendredi, en première mi-temps cette envie là n’était pas très présente. » Et l’entraîneur de préciser : « C’est jamais un arbitre qui fait perdre un match, c’est le manque d’investissement des joueurs et contre Romans, on n’a pas fait ce qu’il fallait en première mi-temps, pour se mettre à l’abri. On prend un essai que l’on ne doit jamais prendre, si on est un tant soit peu vigilant et un tant soit peu efficace défensivement. » Un entraîneur frustré et en colère : « On subit, on laisse la décision à l’adversaire, on laisse la décision à l’arbitre. On n’a pas pris les choses en main et c’est ça qui me fait mal, qui est le plus difficile à supporter. »

Beaucoup trop de ballons perdus

Au niveau du comportement des joueurs la vidéo montre que s’ils ont fait preuve « de vaillance, d’énergie un peu individuelle mais avec beaucoup trop de placages manqués en première mi-temps », ils ont failli aussi au niveau du jeu. « Il y a très peu de mouvements et d’envie démontrée de porter le ballon et d’aller agresser l’adversaire avec le ballon. Un manque de virulence dans les rucks pour conserver nos ballons et du coup on a subi. On a perdu beaucoup de ballons au contact et beaucoup de ballons dans les rucks, par manque d’agressivité. C’est flagrant à la vidéo », remarque Nicolas Escouteloup. « En première mi-temps, on a beaucoup manqué d’envie, de volonté de porter le ballon et de le conserver comme on l’avait vu contre Aubenas et Bourg-en-Bresse, où on avait montré beaucoup d’agressivité dans les zones de rucks. »

Ceux qui franchissent sont ceux qui ont le moins de gabarit

Au retour des vestiaires les joueurs sont revenus beaucoup plus déterminés. « On met la main sur le ballon, on met de l’énergie » constate Nicolas Escouteloup, qui s’étonne : « Les joueurs qui franchissent le plus sont ceux qui ont le moins de gabarit. Thibault Paris a fait un très bon match, Nicolas Gal, aussi quand il est rentré. David Bonnecarrère a été très précieux pour faire avancer le ballon. Domo et Kobé, ont fait avancer le ballon une ou deux fois en première mi-temps mais les autres ont été un peu aux abonnés absents. »

Pas d’adaptation stratégique

La conduite du jeu, non plus n’a pas été parfaite. « On a, sans arrêt, envoyé du jeu de loin alors qu’on aurait peut être pu s’adapter stratégiquement autrement », regrette Nicolas Escouteloup qui tient à préciser : « A aucun moment, on n’a demandé ce genre de choses. Sortir de son camp ballon en main, vaut mieux que de rendre le ballon au pied, sauf que quand on n’y arrive pas, il faut savoir mettre du jeu au pied pour sortir et souffler un peu. Il ne faut pas user inutilement nos avants car après, on n’a plus les ressources nécessaires pour marquer lorsqu’on arrive près des lignes adverses. »

Manque d’investissement

La touche, équilibrée avec deux ballons gagnés et deux ballons perdus, n’a pas été assez performante pour enclencher des mauls. « On n’a jamais pu alors que c’était l’objectif pour mettre cette équipe à mal. C’est très frustrant... », reconnaît l’entraîneur. Par contre Romans a pu user de cette arme et récolter plusieurs pénalités justifiées celles là. « On est la faute parce qu’on subit, on doit être plus actif avant que le maul soit construit. » Un manque d’engagement fustigé par Nicolas Escouteloup : « On peut parler de stratégie et de pleins de choses, mais quand il y a des placages manqués, des joueurs qui tombent, qu’on n’arrivent pas à faire avancer le ballon, qu’il faut se mettre à deux ou trois pour faire tomber un mec, qu’on se fait voler les ballons dans les rucks, c’est un manque d’investissement. Il ne faut pas se mentir à soi-même. Dans le moindre petit club les joueurs savent qu’il faut combattre dans les rucks pour garder le ballon et plaquer aux jambes pour empêcher l’adversaire d’avancer. » 

Une séance vidéo constructive

Samedi matin, à froid, les joueurs ont pu constater leurs carences à la vidéo, après une bonne séance de récupération. « Pour éliminer les courbatures et faire travailler ceux qui n’ont pas trop joué, pour avoir la même charge physique que ceux qui avaient joué tout le match », explique l’entraîneur des avants. » Une séance vidéo qui a pu permettre aux joueurs de s’expliquer sur le contenu médiocre de la première mi-temps qui pose questions. « C’était un match primordial et on n’a pas eu suffisamment de réaction et de rébellion pour gagner ce match, même d’un point. C’est rageant... » Les joueurs et les entraîneurs ont pu s’expliquer, de même que les joueurs entre-eux, comme l’avait laissé entendre le capitaine David Bonnecarrère à l’issue du match. Sans trahir de secrets, il ressort que les joueurs « ont abordé le match avec plus la peur de le perdre que l’envie collective de le gagner ». Un groupe, fragilisé par les absences sur blessures et encore traumatisé par Aix. Ce qui expliquerait la fébrilité en début de match, accentuée par les décisions arbitrales. « On peut analyser tous les maux et faire de la psychologie de comptoir, faire des discours, mais il faut que le groupe arrête de subir et se mette dans l’action. On est dans un état d’urgence dont il faut se sortir rapidement. » Les choses ont été dites et tout le monde doit tirer maintenant dans le même sens et Nicolas Escouteloup est le premier à faire son mea-culpa. « Je vais essayer d’être plus clair et plus précis dans les consignes. »

Trop de bons mecs

Un groupe qui pourtant vit bien mais qui est peut-être trop gentil et pas assez exigeant envers lui-même malgré les discours de solidarité, d’envie de se faire mal, de but commun, d’abnégation, d’envie collective, qui sont les valeurs du rugby. « En plus, il n’y a que des bons mecs dans ce groupe et peut être que ça manque de c..., de joueurs caractériels ou de joueurs de caractère », confie le technicien bigourdan. La balle est maintenant dans le camp des joueurs qui se doivent de réagir à Bourgoin pour éviter de sombrer dans le doute.

Jean-Jacques Lasserre