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Poule d’accession : Tarbes toujours en course

lundi 13 novembre 2017 par Rédaction

Malgré l’ampleur de la défaite à Aix, le Stado reste toujours dans la course, puisque ses rivaux Chambéry, Bourg-en-Bresse, Limoges, ont perdu et que Romans a fait match nul avec Albi. Tarbes n’est qu’à une victoire de la troisième place détenue par Romans, Bourg-en-Bresse et Bourgoin. Si comptablement, cette déroute, la plus grosse défaite du TPR en Fédérale 1, ne change rien aux chances de qualification, elle risque de faire très mal moralement sur le groupe. La préparation du match contre Romans va s’en trouver compliquer même si les joueurs seront amenés à travailler plus dur à l’entraînement. Après une telle défaite, le doute s’installe inévitablement dans les têtes alors que le groupe avait retrouvé de la confiance après sa nette victoire contre Aubenas. Mais après une telle claque certains groupes peuvent se renforcer, comme a su le faire Aix après sa défaite à domicile contre Chambéry. Les Provençaux ont enchaîné derrière quatre victoires consécutives !

Tarbes trop juste après une inter-saison compliquée

Tarbes, par la force des choses, (blessure de Bernad et de Pees, auxquelles se sont ajoutées celles d’Armary et de Vergallo), ne pouvait pas présenter une meilleure équipe. Le staff n’avait pas d’autres choix que de mettre les jeunes sur le terrain. Trop, sans doute face à une équipe du calibre d’Aix qui est formaté pour la Pro D2, sportivement et budgétairement. Après la descente administrative de Pro D2, qui lui a fait perdre 80 % de son effectif, le TPR a vécu une seconde intersaison compliquée avec une menace de relégation en Fédérale 2. Menace entretenue et amplifiée par une partie de la presse locale et relayée au plan national par la presse spécialisée. D’où une nouvelle fuite de joueurs (Brison, Sevestre, Béziat, Claudey, Casals, Antonescu, Collet, Ferrer, Sordia , Bouyxou, Berbizier, Demaï-Hamecher...). Compte tenu de ce climat le TPR n’a pas pu retenir ces joueurs mais a recruté sur le tard, alors que les meilleurs joueurs du marché s’étaient engagés ailleurs et notamment à Aix. Pendant que Tarbes se morfondait, tous les autres clubs se renforçaient, même les deux promus. Que Tarbes, dans ces conditions, soit encore dans la course à la qualification, tient presque du miracle.

Un résultat à relativiser

Le résultat à Aix est donc à relativiser. L’écart entre les deux clubs et les deux équipes était trop important. Un écart accentué par l’absence de plusieurs cadres remplacés par des joueurs du Centre de Formation ! Le TPR a fait front jusqu’à une ’’générale’’ d’un autre temps et l’exclusion définitive de Taulava et de Béal. « On fait un bon premier quart d’heure et on lâche de la 19ème à la 40ème minute », confirme le Manager Jean-Paul Gerbet. « On a pris l’eau de partout. Ils ont des cannes pas possible derrière, du 9 au 15. C’est du niveau Pro D2 ! » Même analyse pour Nicolas Escouteloup : « On est dans le match pendant les dix-huit premières minutes et on prend cinq essais à un en vingt minutes. En seconde mi-temps, on fait jeu égal avec un essai partout. »

Cinq essais sur six offerts

L’ouverture du score sur pénalité de Massip 3-0 (18ème) et l’essai encaissé dans la foulée 10-0 (22ème) ont complètement libéré les Provençaux et assommé des Bigourdans conspués par le public*. Les Tarbais ont encaissé trois autres essais en six minutes (29ème, 32ème, 35ème) et un cinquième essai cinq minutes plus tard. En vingt deux minutes, le TPR a pris 36 points et cinq essais ! En seconde période, le Stado a fait jeu égal, du moins au niveau du score. Sur les six essais, cinq ont été offerts par les Bigourdans. Le premier, par Béziat, sur un ballon perdu en touche près de la ligne. Le deuxième, par Zambelli, sur une succession de mauvais choix (refus de tenter la pénalité, pénaltouche perdue et ballon tombé sur la relance, après dégagement). « On est à 10-0 et la pénalité est dans les cordes de Claverie. On pouvait revenir à 10-3 et ça peut changer... » regrette Jean-Paul Gerbet. D’autant qu’en suivant le score passe à 17-0. Le troisième, par Labarthe, par inattention, sur une touche rapidement jouée par les Provençaux dans leurs 22 m et une échappée de soixante mètres de Cibray. Le quatrième, le second de Labarthe, sur un ballon perdu sur le renvoi. Le sixième, par Brousse, sur un nouveau ballon perdu... Seul le second essai de Béziat est l’aboutissement d’un superbe mouvement des trois-quarts avec Zambelli à la manoeuvre. C’est beaucoup sur un seul match et ça tient du cauchemar. « Chaque saison, il y a un match sans et pour nous, c’était celui-là mais je sens que ce sera le dernier et unique de la saison » confie le Manager.

*Un comportement indigne d’un stade de rugby, comme l’était celui du Stade de France qui a hué le Haka des All-Black. A force de démocratiser le rugby, d’en faire un produit marketing pour tous, de s’ouvrir à des villes ou à des régions qui n’ont pas de culture rugbystique, le rugby risque de perdre les valeurs traditionnelles qu’il véhicule. A commencer par une valeur essentielle : le Respect des adversaires !

La mêlée, seul point de satisfaction

Cette semaine leur l’orgueil va être titillé et l’accent mis sur ces trop nombreux ballons perdus qui les ont crucifiés. Mais certainement pas trop de reproches au niveau du comportement sur le terrain où les joueurs ont répondu dans le combat. Lors de la ’’générale à l’ancienne’’ tous les Tarbais ont fait front. Ce qui prouve la solidarité du groupe. Le TPR a été performant en mêlée, même en première mi-temps avec une première ligne de moins de 22 ans de moyenne d’âge. « La mêlée, c’est le seul point positif en conquête » confirme le Manager du club. La première ligne d’Aix a été sanctionnée à deux reprises en première mi-temps face à la jeune première ligne tarbaise. Et en seconde période, avec l’entrée des ’’anciens’’, Tarbes a enfoncé le clou, avec un carton à Loukia pour fautes répétées et l’essai de Millon derrière une mêlée enfoncée.

Vingt minutes d’enfer

Difficile de juger les jeunes, au nombre de huit sur la feuille de match dont six dans le quinze de départ, dans ce type de match où tout bascule en quelques minutes. « Défensivement, ils ont été présents notamment pendant les vingt premières minutes où on tient la dragée haute à Aix, » assure Nicolas Escouteloup. L’entraîneur des avants essaie de préserver ses joueurs en relativisant l’ampleur de la défaite : « On craque après la bagarre suite à l’expulsion de Sémi (Taulava). Ensuite on prend pratiquement tous les essais sur des contres, même s’ils étaient supérieurs offensivement. » Le technicien reconnaît sportivement la supériorité aixoise : « On ne joue pas dans la même catégorie. Les joueurs se sont investis mais on a été complètement dépassés par la vitesse et l’organisation de cette équipe. Derrière, ça va très, très vite et ils ont utilisé les espaces qu’on a eu du mal à combler. »

Trop de disparités physiques

La différence s’est faite aussi au physique. Face à une équipe en forme homogène, Tarbes alignait des joueurs qui relevaient de blessures, des jeunes qui ne s’entraînent pas autant que les pros et des joueurs sur qui le poids des ans commence à peser. De plus l’équipe, compte tenu des blessures des cadres et du nombre de jeunes alignés, manquait d’homogénéité, tant offensive que défensive. Nicolas Escouteloup avait fait le pari de mettre les jeunes d’entrée, en espérant qu’ils contiendraient par leur fougue Aix en première période et que les anciens feraient la différence ensuite. Malheureusement l’équipe n’a tenu que vingt minutes avant d’encaisser 36 points dans les vingt suivantes « On n’a pas réussi à soutenir l’intensité qu’ils ont mis pendant vingt minutes » constate Nicolas Escouteloup. Un choix tactique que ne renie pourtant pas le technicien tarbais : « On ne peut pas le savoir mais je n’ai pas de regrets. C’était un pari pour récupérer des joueurs dans le groupe mais aussi pour mettre de la concurrence à des garçons dont on attend plus. »

Bon retour de Claverie à l’ouverture

Le retour de Claverie à l’ouverture est jugé plutôt positif : « Il a mis de l’envie, il a pris plusieurs fois l’intervalle et gagné plusieurs dizaines de mètres. Il a retrouvé de la réussite au pied mais on ne peut pas toujours demander aux mêmes de faire plus. »

Touche défaillante

La touche a été défaillante et responsable de trois essais mais Aix possède le meilleur alignement de cette poule avec trois double mètres sur la pelouse, avec Lockley en troisième ligne et surtout le géant Kbaier (2,12 m). « En touche, il y a d’autres équipes qui vont en perdre », relativise Jean-Paul Gerbet. « On a été perturbé par l’alignement d’Aix avec trois mecs à 2 m, Lockley, Kbaier et Mondoulet » confirme l’entraîneur des avants.

Se concentrer sur Romans

Les Tarbais devront oublier très vite ce match cauchemardesque pour se concentrer sur Romans. « Il ne faut pas se mettre la tête au fond du seau, il faut se remettre au boulot immédiatement pour performer contre Romans, » souligne Jean-Paul Gerbet. « Il faut se remettre la tête à l’endroit, car ça va se jouer au mental ! » Nicolas Escouteloup estime « qu’il n’y a pas de honte à prendre un bol d’air à Aix en ce moment » et compte sur l’orgueil des joueurs pour remettre les pendules à l’heure dès vendredi devant les caméras de l’Equipe TV

Tarbes toujours handicapé

Contre Romans, Tarbes sera privé de Taulava, qui risque deux matchs de suspension, de Vergallo (entorse du latéral interne) jusqu’à la fin des matchs Aller et d’Armary, qui devrait reprendre à Bourgoin-Jallieu. Pees est toujours incertain, par contre Bernad devrait être opérationnel. Bouhedjeur, qui a effectué une bonne rentrée avec les Espoirs, pourrait entrer dans le groupe en remplacement d’Esteves, si celui-ci joue contre la République Tchèque.

Jean-Jacques Lasserre