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Réintroduire des ours ou des jeunes : dans les Pyrénées, il faut choisir !

mercredi 26 juillet 2017 par Rédaction

209 brebis mortes, 500 disparues. C’est le plus gros dommage d’ours jamais causé aux troupeaux depuis la réintroduction controversée de ce plantigrade dans les Pyrénées, il y a 20 ans.

 

Toutes appartenaient à une poignée d’éleveurs du Couserans, en Ariège ou l’herbe naturelle indispensable aux bêtes se gagne à pieds et à sabots, à plus de 2000 mètres d’altitude, parmi la réglisse, les myrtilles et les rochers abrupts.

 

C’est justement au pied d’une falaise, sur le versant Espagnol, que 209 brebis apeurées par l’ours ont terminé leur vie dans d’affreuses souffrances. Plusieurs jours après le drame, des centaines de brebis et d’agneaux isolés de leur mère, dispersés par la panique sur plusieurs centaines d’hectares n’ont toujours pas été localisés malgré les moyens important de recherche mis à disposition par L’Administration, La Fédération Pastorale et la Chambre D’Agriculture.

 

Cinq familles viennent de voir leur travail, parfois celui de plusieurs générations, réduit à néant.

 

La réaction de l’Etat doit elle aussi être à la mesure de l’ampleur de cette catastrophe.

 

Ce groupement pastoral constitué de 6 Adhérents, dont un Gaec, était porteur d’espoirs et d’avenir pour cette vallée du Haut Salat si défavorisée.

 

La présence en son sein de 6 Jeunes Eleveurs en cours ou récemment installés doit interroger l’Etat sur les choix qu’il va devoir faire : condamner les jeunes par l’expansion incontrôlée des ours, qui sont déjà 40, ou maintenir la vie économique et sociale par l’installation de Jeunes Agriculteurs.

 

Parmi eux Elodie a redonné vie à la grange de sa grand-mère pour y développer une production de fromage de brebis de qualité. Formation, traite, communication, avec son compagnon, Marco, ils n’ont rechigné à aucun effort pour se donner les moyens de rester vivre au pays. Comment continuer quand l’ours terrorise et disperse en permanence leurs brebis sur les immenses estives ?

 

Un drame vécu par tous les autres jeunes du Groupement pastoral : Jérémy, Florent, Aurélie et Alexandre, les enfants de Fanfan disparu il y a peu et qui a formé des générations de bergers d’exception et tous les autres. Derrière chaque prénom, la même stupeur. La même envie de renoncer. Mais s’ils partent, qui viendra les remplacer tant les estives de ce secteur ont été dépréciées par la présence de l’ours ? 

 

Ni ours, ni indemnisation !

 

Car verser un chèque d’indemnisation à ces jeunes, c’est comme donner un chèque à un vigneron et lui dire « l’an prochain, fais-nous du vin ». Aucune indemnisation ne remplacera la longue filiation des brebis, l’amélioration des qualités laitières, l’école de la montagne dans les sabots de leur mère.

 

L’ASPAP est depuis les premières heures auprès des éleveurs touchés pour leur apporter soutien. 

Parce que nous avons traversé à leurs côtés les pires moments de la réintroduction de l’ours, nous savons quel traumatisme représente la vue d’un tel carnage .Nous déplorons également que la vindicte pro-ours ait jeté en pâture des femmes et hommes remarquables à une opinion publique souvent injuste et ignorante de la technicité des bergers d’aujourd’hui et de leur utilisation respectueuse de la montagne qui devrait au contraire être montrée en exemple.

Une rencontre réunissant les principaux acteurs du monde agricole et pastoral se tiendra lundi. Des actions de solidarité vont être lancées afin que les Eleveurs touchés puissent continuer leur activité.

 

Pyrénéens, pyrénéennes, soutenons nos jeunes !

 

Elus et Citoyens des Pyrénées ont choisi : c’est de jeunes dont nos vallées ont le besoin !

L’ASPAP appelle tous les montagnards à soutenir la bataille des jeunes éleveurs du Couserans pour vivre dans leur vallée, et à rejoindre toute action engagée pour les défendre. 

 

Nous appelons Emmanuel Macron, chef de l’Etat, à reconnaître comme prioritaire le maintien de l’activité pastorale et l’installation de jeunes agriculteurs dans les Pyrénées. Nous demandons l’arrêt définitif des introductions artificielles d’ours et le retrait des ours en zone pastorale en cas d’attaques répétées.

A quelques dizaines de kilomètres de l’attaque, en Haute Ariège, le monde montagnard a retrouvé la paix après avoir été la vallée la plus attaquée des Pyrénées. Depuis que les ours ont mystérieusement déserté ce secteur en 2009, le taux d’installation des jeunes agriculteurs et la progression de la valeur ajoutée agricole y figurent parmi les plus remarquables des Pyrénées.

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40 ours, tous issus de lâchers artificiels de 1996-2006 vivent aujourd’hui en Ariège plus précisément dans le Couserans, région montagneuse transfrontalière qui couvre environ 1 /4 du Département.

L’ensemble des organisations professionnelles syndicales et citoyennes concernées a dénoncé l’inexactitude de l’évaluation des dommages subis par les éleveurs. Depuis la réintroduction de l’ours, l’Etat est juge et partie dans la procédure d’indemnisation, les « experts »relevant de l’Etat.

(1) 100% des estives de la zone à ours subissent un préjudice de perturbation des troupeaux même sans attaque (avortement, perte de lactation, surcroît de travail et stress du berger..) Cela n’est pas pris en compte.

(2) 100% des estives équipées d’un chien Patou ont été attaquées, même en 2015. 

 

La revendication d’une expertise indépendante et objective, comme dans n’importe quel sinistre (automobile, vie professionnelle) a toujours été systématiquement rejetée par l’Etat.

 

ASPAP, qui sommes-nous

 

L’Aspap regroupe les éleveurs, randonneurs, chasseurs, élus, citoyens et usagers de la montagne opposés à l’introductions artificielle de grands prédateurs –ours, loup, lynx- dans les espaces pastoraux créés et parvenus jusqu’à nous par l’élevage durable de générations d’éleveurs.

Au sein de la Coordination Pyrénéenne ADDIP, l’ASPAP a réussi à empêcher tout nouveau lâcher d’ours depuis sa création en 2006 dans les Pyrénées françaises.

 

Notes :
1) chambre d’agriculture de L’Ariège 2016
2) Aspap 2016

Source : Communiqué de presse de l’ASPAP, Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées

 

Notre commentaire

Le problème posé est de savoir si nous voulons des Pyrénées vivantes ou des Pyrénées sauvages par ailleurs souhaité par l’UICN et le WWF dans le cadre de leur politique de rewilding appuyé au niveau européen par la commission des régions et le réseau des Parcs Nationaux.

Faut-il introduire des ours ou des jeunes agriculteurs qui, avec leurs bêtes assurent l’entretien et la beauté des paysages appréciés par les touristes ? Il ne s’agit pas là d’un débat de société mais d’un débat entre personnes concernées sur les territoires pouvant d’ailleurs se rapporter aux principes de l’article 22 de la directive habitat (Natura 2000) jamais appliqué par l’Etat…. Sans parler du lobbying européen entretenu par l’ONCFS via la nébuleuse LCIE (Large Carnivore Initiative European) sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

L’ASPAP demande, presque en s’excusant, au Président Macron de « reconnaître comme prioritaire le maintien de l’activité pastorale et l’installation de jeunes agriculteurs ». Il n’y a pas à demander mais à exiger le respect par l’Etat de l’article L113-1 du Code Rural, jamais appliqué à ce jour http://www.pyrenees-pireneus.com/Pastoralisme/Droit/Article-L113-1-Code-Rural.html

« Par leur contribution à la production, à l’emploi, à l’entretien des sols, à la protection des paysages, à la gestion et au développement de la biodiversité, l’agriculture, le pastoralisme et la forêt de montagne sont reconnus d’intérêt général comme activités de base de la vie montagnarde et comme gestionnaires centraux de l’espace montagnard.
…//…
« 8° Assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l’ours dans les territoires exposés à ce risque. »

Par ailleurs, en imposant des ours et en les introduisant, l’Etat est directement responsable du stress et du bien-être animal. Il appartient donc à l’Etat, et non aux éleveurs, de respecter le point 5 de ses engagements internationaux comme mentionné sur le site du Ministère de l’Agriculture. http://agriculture.gouv.fr/bien-etre-animal-contexte-juridique-et-societal

Quant aux pseudos expertises….. Une grande farce ! http://www.tarbes-infos.com/spip.php?article19746

Dans cette affaire d’ours (comme du loup), il appartient à l’Etat, ses services et ses institutions, de respecter le droit. Ce qui n’a jamais été fait depuis plus de 20 ans. Sommes-nous sous une dictature administrative ?

Louis Dollo


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26 juillet 2017
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