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Ours dans les Pyrénées : le miracle de la « fiche événement » s’est produit

samedi 22 juillet 2017 par Rédaction

Jusqu’à maintenant, il existait la possibilité de connaître la position et les déplacements des ours via un répondeur automatique : 05 62 00 81 10. Il existe toujours. Il existait par ailleurs, une « fiche événement ours » diffusée à un nombre limité de fonctionnaires avisés. Impossible, officiellement, pour le grand public mais aussi et surtout pour les éleveurs, élus et autres personnes concernées, de savoir ce que comportait cette fameuse « fiche événement » diffusée de manière intimiste.

La vérité historique occultée

Sur le site gouvernemental régional il est écrit : « La communication mise en place par l’État, pour accompagner le suivi de la population ursine dans le massif des Pyrénées, s’étoffe d’un nouvel outil destiné à mettre à disposition des différents acteurs des informations en ligne à fréquence quotidienne pendant la période d’activité de l’ours (mars à novembre). » http://www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/fiche-evenement-ours-r8444.html Voilà une affirmation assez stupéfiante qui peut prêter à sourire. Le document existait depuis longtemps mais non diffusé. Quant à l’absence d’informations en décembre, janvier et février…. L’ours dort…. Tous les ours dorment… Rigolons. C’est quand même le 14 février 1947 que Prosper Poulot tua un ours à Estaing http://www.pyrenees-pireneus.com/Faune/ours/France/Histoire/OURS-1947-Chasse-Poulot.htm. C’est quand même durant l’hiver 1844-1845 que des loups et ours attaquent la population dans les villages des Hautes-Pyrénées selon des extraits des archives départementales http://www.pyrenees-pireneus.com/Faune/Etudes-Rapports-Reflexions/1845-02-00-Ours-Loups-Hautes-Pyrenees-Attaquent-population-villages-Hiver.html. Mais la vérité historique en matière de grands prédateurs, dont l’ours, et l’ONCFS ont toujours été très éloignés. De ce fait, au 21eme siècle, officiellement, il ne se passe rien avec l’ours. Et surtout on ne dit rien comme avec l’ours Rodric à l’automne 2016 au Rioumajou (Saint-Lary).

Le miracle se produit : Déception !

Mais le miracle semble arriver avec ce mail discret et confidentiel du 21 juillet à 14h33 de Jerome Sentilles, « Animateur - Réseau "Ours brun" - Pyrénées Centrales » et co-signé de Jean-Jacques Camara, « Coordinateur du Réseau « Ours brun » Animateur Pyrénées Occidentales », dont nous avons eu connaissance. Il y est précisé en préambule : « La communication mise en place par l’État pour accompagner le suivi de la population ursine dans le massif des Pyrénées évolue. Désormais, la "Fiche Evènement Ours" destinée à mettre à disposition des différents acteurs, des informations à fréquence quotidienne sera disponible en ligne sur le site internet de la DREAL Occitanie. »

Et il confirme notre avant-propos :

« Cette "Fiche Evènement", de diffusion jusque-là interne à l’administration, comprend des renseignements factuels sur les indices de présence de l’ours (empreintes, poils, crottes,…), les déclarations de prédations et leur conclusion sur la responsabilité de l’ours.
« Elle était diffusée à : préfectures et sous-préfectures, DDT, DDPP, ONCFS, PNP, DREAL, DEB, homologues espagnols et andorrans, gendarmerie (dans quelques cas particuliers) et Pastorale Pyrénéenne.
« Les acteurs associatifs, cynégétiques ou agricoles du massif la demandaient régulièrement et en faisaient une question de transparence et de confiance.
« Désormais, sa diffusion est élargie : membres du ROB, élus, éleveurs, agriculteurs, associations, administrations, grand public, etc.
« Elle sera mise à jour, chaque jour ouvrable, pendant la période d’activité de l’ours (mars à novembre), sur le site internet de la DREAL Occitanie, DREAL de massif : http://www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/fiche-evenement-ours-r8444.html »

Un secret d’Etat serait-il subitement levé ??

Pas du tout. Il précise : « Ce dispositif vient en complément des autres vecteurs d’information existants (répondeur téléphonique, communiqués de presse pour des informations de type observation d’une femelle suitée, Echo des tanières...). » Mais encore : « Cet élargissement répond au besoin de mieux communiquer et d’apporter le même niveau d’information à l’ensemble des différentes familles d’acteurs du massif des Pyrénées. » Il y avait donc deux niveaux d’information : les initiés, ceux qui ont le savoir et…. Les autres : éleveurs, élus, public…..

Mais ne nous réjouissons pas. Très loin du secret d’Etat, son contenu n’apporte strictement rien à ce qui est déjà sur le répondeur. Et bien pire encore.

Un contenu étonnant

Sur une cinquantaine d’ours selon les Aranais ou une trentaine selon les Français, nous ne disposons que d’informations très approximatives. Dire qu’il y a un ours (ou plus, on ne sait pas) à Saint-Lary, c’est se moquer du monde. Entre le col de Pourtet ou le Pla d’Adet et Rioumajou, il y a quand même une distance et une différence de vallées. L’information n’apporte rien. Et les exemples peuvent se multiplier. Les dates de présence sont le plus souvent approximatives, des soi-disant expertises qui n’existent pas et n’ont jamais existé, voilà des informations bien hasardeuses, aussi bien pour l’éleveur que pour le randonneur, n’apportant pas grand-chose à la qualité du document tout comme au répondeur téléphonique depuis de nombreuses années.

Des expertises inexistantes

Jusqu’à preuve du contraire, les agents des institutions (ONCFS et PNP), ne sont pas et n’ont jamais été des « experts ». Ce sont des agents de constatations qui remplissent du papier et font quelques photos transmis à un agent de la DDT (service déconcentré de l’Etat) qui, au vue de ces documents, va prendre une décision sans jamais avoir été sur le terrain ni vu la bête morte ou blessée. Débat datant de 2006 où il avait été convenu de parler « d’agents constatateurs ». C’est moins glorieux qu’expert. Mais une fois encore, la vérité historique a été gommée.
Pire encore ! Aucune contradiction n’est possible. Les agents de constatation font signer leur constat (simples cases à remplir comme un constat amiable… pouvant être orienté) s’ils veulent espérer une indemnisation. Aucune copie n’est remise à l’éleveur sauf cas très exceptionnel. Rien de nouveau à l’horizon, c’est ainsi depuis des décennies…. Pourquoi changer. Et on dira que c’est l’éleveur qui profite de la situation….. 

Et nous pouvons encore aller plus loin dans l’horreur de la situation dans laquelle se trouve l’éleveur.

Dans 99% des cas (et je suis large), l’agent ne fait strictement aucun prélèvement pour des analyses éventuelles, notamment ADN. Et dans tous les cas, toutes les preuves sont volontairement détruites par des pseudos autopsies qui n’en sont pas. Ces agents ne savent pas dépecer une brebis (je l’ai moi-même montré à des agents du PNP de Cauterets bien embarrassés) et certains ne connaissent même l’anatomie d’une bête. Dépecer avec un bistouri de chirurgien relève du comique.

Avec de telles pratiques, aucune hésitation à dire que les informations de la « fiche événement » sont très approximatives, aléatoires, arbitraires et ne présentent pas un gros intérêt autant pour l’éleveur que le randonneur. Il n’existe aucune certitude sur rien. Et malheureusement, il existe bien d’autres cas où il est difficile de crédibiliser les informations diffusées par l’ONCFS. L’information du public n’existe donc pas malgré tous les beaux discours et explications de textes qui peuvent être faits. L’Etat doit revoir sa copie. 

En guise de conclusion : où en sommes-nous pour l’information de tous les éleveurs des Pyrénées par SMS comme c’est le cas au Pays Toy ? Trop difficile ? Encore faut-il que l’information soit récente et fiable pour être efficace.

Louis Dollo