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Tarbes enchante Trélut - TPR-Lyon : 22-16 (15-6)

dimanche 14 mars 2010 par Rédaction
GALERIE PHOTOS

Pour Tarbes : 3 essais Dumestre (15’), de pénalisation (25’), Lacrampe (48’). 2 transformations (25’, 48’) et 1 pénalité (11’) Apanui

Pour Lyon : 1 essai Taufaka (79’) 1 transformation et 3 pénalité Montagnat.

Pas fréquent pour être noté, les Tarbais ont reçu une standing ovation du public qui a scandé TPR, TPR..., et qui s’est même mis à chanter, du jamais vu à Trélut ces dernières années. Il est vrai que les Bigourdans ont fait un match énorme tant en défense qu’en attaque devant des Lyonnais qui n’étaient pas venus pour faire de la figuration. Un match intense, presque sans temps mort, comme lors des 6 premières minutes jouées à 100 à l’heure par les deux formations qui ont enchaîné temps de jeu sur temps de jeu sur chaque ballon gagné et perdu à tour de rôle. A ce jeu, c’est le LOU qui ouvrait le score sur un hors jeu de la défense (0-3). Mais 2’ plus tard sur une faute en mêlée Apanui égalisait (3-3). Alors que Montagnat venait de manquer une pénalité facile, les Tarbais n’hésitent pas à jouer rapidement un coup franc à la main dans leurs propres 22 m. Nouveau coup franc 10 m plus loin joué aussi à la main, une percée plein champ de Domolaïlaï, suivie d’une échappée de Lacrampe au ras du regroupement et un ballon écarté pour le jeune Dumestre qui plonge sur le drapeau de coin. Un essai de 80 mètres inscrit par le jeune ailier entré en remplacement pour saignement de Duhen (8-3). Tarbes comme à son habitude fait front en défense contre des Lyonnais entreprenants mais n’hésite pas à relancer sur chaque ballon. Après deux pénaltouches et plusieurs enchaînements, suite à une nouvelle percée de Domolaïlaï repris sur la ligne au pied des poteaux, l’arbitre accorde un essai de pénalisation pour une intervention illicite des Lyonnais (15-3). Puis 15-6 quelques minutes plus tard grâce à une pénalité de Montagnat pour un maul écroulé.

Dès la reprise, Lacrampe va enfoncer le clou derrière une mêlée dans les 22 m concédée suite à une énorme séquence tarbaise tuée par un en-avant d’un défenseur. Pas volontaire a jugé l’arbitre qui n’accorda ni la pénalité ni le carton jaune mais une simple mêlée derrière laquelle s’échappe Lasserre qui sert Lacrampe pour un essai entre les poteaux (22-6). Trélut explose, car le TPR tient le bonus offensif contre un gros de la Pro D2 et tient sa revanche du match aller. Lyon essaie de réagir mais Tarbes tient en défense malgré les grosses séquences imposées par les visiteurs. Montagnat réduit le score sur pénalité (22-9) et, dans la dernière minute, cette fatidique dernière minute si souvent fatale, le TPR va perdre son bonus offensif et Lyon arracher un bonus défensif inespéré qui lui permet d’espérer figurer dans le dernier carré. Un essai concédé sur un maul de touche dans les 22 mètres mal défendu. Pour pouvoir l’écrouler, les Tarbais ne se sont pas mis en défense et quand ils ont réagi, c’était trop tard (22-16).

Jean-Jacques Lasserre

Mathieu Lazerges, entraîneur De Lyon, : "Les Tarbais ont su relever le défi du jeu"
La porte des vestiaires est longtemps restée fermée, signe de la déception des visiteurs, mais Mathieu Lazerges reconnaissait sportivement que la victoire tarbaise était logique. "On est un peu déçu de notre entame de match. On a été pris sur l’enthousiasme des Tarbais qui sont partis pour envoyer beaucoup de jeu et qui l’ont très bien fait. Ils nous ont transpercé à plusieurs reprises et ils ont su scorer. Du coup, ça a été très compliqué, même si on a su revenir peu à peu dans le match. Malheureusement, on a été handicapé par les cartons (2 contre 1) et on n’a pas su scorer chaque fois qu’on aurait pu le faire en 2ème mi-temps. On arrache le point défensif à la fin ce qui, au final, est une maigre récompense parce qu’on a fait une seconde période de qualité. Mais notre 1ère mi-temps a été trop légère dans le contenu pour pouvoir l’emporter." L’entraîneur ne cherche pas d’excuse malgré un arbitrage contesté pendant le match par les deux bancs. "Je pense que pour arbitrer des matchs de ce niveau là, il faut que le trio arbitral soit au diapason du jeu, surtout qu’il y avait beaucoup d’engagement dans les rucks. Je pense que les deux équipes avaient à cœur de l’emporter et forcément il y avait beaucoup de générosité. Il n’y a pas eu beaucoup de sanctions en début de match et du coup, les débats se sont un peu animés et ça a créé un peu de confusion sur le terrain et sur le bord du rectangle. C’est malheureusement le lot de quelques matchs où l’arbitrage ne semble pas au niveau de l’investissement qu’on demande aux joueurs. On a perdu à cause de ça un match contre Agen qu’on ne doit jamais perdre !" Un sourire revient sur le visage de Mathieu Lazerges, lorsqu’on évoque un éventuel syndrome lyonnais en Bigorre. "Depuis 3 ans, effectivement les matchs se ressemblent et à domicile pour nous et ici à Tarbes qui est notre os en fin de saison. On sait que quand on se déplace à Tarbes c’est toujours difficile. On était prévenu mais malgré tout, l’équipe tarbaise a su relever le défi, notamment le défi du jeu et il faut rendre hommage aux Tarbais pour leur implication."

Côté tarbais, c’est le sentiment du devoir accompli et du plaisir pris qui règne.

Sébastien Caujolle révèle. "Juste avant de jouer on s’est dit que pour la première fois tout était avec nous. Pas de terrain lourd, pas de pluie, pas de pression, car on n’a plus rien à gagner et plus rien à perdre, et on avait décidé de se faire plaisir. On avait décidé, dès le premier ballon, d’envoyer du jeu et c’est ce que l’on a fait." Et ce de leurs propres 22m dès la première seconde du coup d’envoi, durant plus de 6’ sans arrêt de jeu. "C’est vrai, qu’au niveau du jeu, c’est peut-être notre match référence. Défensivement, on a manqué quelques placages mais on a encore montré une grosse solidarité. Dès qu’un mec ratait un placage il y avait un copain pour le rattraper et tout le monde reprenait la ligne. On s’est fait vraiment plaisir car on est tombé sur une bonne équipe de Lyon. C’est une équipe qui joue et ça a permis au public de voir un beau match. Nous, on s’est tous fait plaisir sur le terrain et ça fait du bien surtout contre un prétendant aux demi-finales. C’était un gros, gros match et c’est une grosse satisfaction."

Ludovic Duhen porte sur son visage les traces du combat pas toujours très loyal. "Je prend un coup de pied de Nauroy. On le connaît, il a joué ici et on sait comment il est. De ma jeune carrière, c’est le match le plus virulent que j’ai joué. On s’est tous engagé à 200%, autant nous que les Lyonnais." Le jeune centre, visage ensanglanté, a dû sortir se faire soigner, remplacé par son cadet Dumestre à l’aile tandis que Caujolle glissait au centre. "Mon malheur a fait le bonheur de Romain qui rentre et qui marque un essai (rires....). On s’était dit qu’on allait essayer de produire le maximum de jeu possible parce qu’on na plus rien à espérer ni à perdre et on l’a fait."

Richard Apanui a retrouvé ses sensations de joueur et de buteur depuis quelques matchs. Le Néo-Zélandais est revenu à son meilleur niveau, très présent tant en attaque qu’en défense, après de nombreux problèmes physiques. "Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas fait un match comme ça et ça fait du bien. On avait décidé avec Mika (Etcheverria) et tous les autres, qu’on n’avait rien à perdre et qu’il fallait qu’on joue." Du jeu qui a débouché sur 3 essais issus de nombreux temps de jeu avants-trois-quarts. "C’est sûr que Lyon est très une grosse équipe qui a de bons avants et qui va vite derrière. On les a surpris en attaquant car ils ne s’attendaient pas à ça." D’autant que tous les Tarbais se sont trouvés à l’unisson pour attaquer mais sans délaisser pour autant leur rigueur défensive et leur agressivité sur les rucks. "Tout le monde était présent pour jouer tous les coups et ça a assez bien fonctionné. Avec un peu plus de réussite, on aurait pu faire mieux encore." Richard pensait certainement à l’essai refusé à Fabien Dupuy pour un ballon mal contrôlé en plongeant dans l’en-but, ou à cette passe à l’intérieur de Dumestre qui avait débordé et qui a été interceptée par un défenseur.... Pour l’ouvreur tarbais, cette réussite dans le jeu n’est pas seulement due au manque de pression. "Je ne le pense pas parce qu’on a déjà tenté beaucoup de choses dans d’autres matchs mais on manquait de réussite. Quand on perd des ballons, on a ensuite tendance à moins tenter pour se rassurer. Ce soir, ainsi qu’à Grenoble, on a tenté des choses car on sait qu’on est sauvé mais on a eu plus de réussite qu’avant, surtout ce soir. Maintenant, il faut continuer à jouer comme ça pour préparer la prochaine saison."

Philippe Bérot, partisan du jeu, savoure ce succès face à une grosse cylindrée venue pour s’imposer et qui a failli repartir sans le moindre point à 30 secondes près. "C’est un match accompli, ce n’est pas une victoire tirée par les cheveux. Il y a eu des intentions de jeu et l’équipe a bien construit son succès qui est loin d’être usurpé contre une équipe qui est qualifiable et qui venait chercher des points chez nous. On a su relever le défi et les joueurs l’ont excessivement bien fait jusqu’à la 79ème minute. Il n’y a pas photo puisque Lyon ne prend le bonus défensif qu’à la dernière minute." Un petit regret cependant chez l’entraîneur tarbais. "On perd le bonus offensif en même temps, alors que sur le match, on le méritait. C’est un point qui va peut-être compter à la fin pour Lyon, alors que pour nous, un point de plus ou de moins, ne changera pas grand chose mais c’est toujours intéressant de valider sur un bonus offensif le travail qui a été effectué à l’entraînement. Contre Lyon, les joueurs ont bien récité ce qu’ils avaient travaillé. On essaie de faire des choses nouvelles pour les répercuter sur les matchs. C’est bien de pouvoir le réussir, car même si on n’a plus rien à espérer du haut de tableau, c’est important de préparer l’avenir avec ce groupe qui vit bien ensemble.

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre

Ci-dessous :Interviews de Thierry Lacrampe et Thomas Lasserre