Site d’informations en ligne, sur Tarbes et le Grand Tarbes
 Informations Lourdes et Grand Tarbes Informations Lourdes et Pays de Lourdes Informations Bagnères de Bigorre Informations Argelès-Gazost Vallées des Gaves Informations Pays de Lannemezan Information Pays du Val Adour Informations Hautes-Pyrénées   
 
    
 
  
 

Soirée de solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah ce jeudi soir à la Bourse du Travail de Tarbes

jeudi 15 juin 2017 par Rédaction

Le collectif 65 de soutien au plus vieux prisonnier de France, Georges Ibrahim Abdallah, détenu à la Centrale de Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées, organise une soirée de solidarité jeudi 15 juin, à partir de 18h30, à la Bourse du Travail de Tarbes.

Ils demandent la libération du « plus vieux prisonnier de France », détenu depuis 33 ans dans les geôles de notre pays. Les responsables du Collectif 65 de soutien à Georges Ibrahim Abdallah organisent une soirée de solidarité, en partenariat avec le Collectif « Libérez Georges 33 », jeudi soir à la Bourse du Travail de Tarbes. Daniel Larregola (ANACR 65*), Michèle Sarcia (AAFMD 65**), Dany Allaire (Mouvement de la Paix), Henri Lourdou (Europe Ecologie Les Verts) et Maryjo De la Cruz (CGT), responsables du Collectif, souhaitent alerter le public des Hautes-Pyrénées sur « un déni de justice et une véritable atteinte aux Droits de l’Homme ».

Agé de 65 ans, Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais, est détenu aujourd’hui à la Centrale de Lannemezan. Il est en prison au sein de l’Hexagone depuis 33 ans, ce qui en fait le plus vieux détenu de France. Abdallah purge une longue peine de réclusion pour des faits remontant à 1982 : sa complicité dans l’assassinat d’un diplomate américain et d’un diplomate israélien à Paris. A l’époque, la guerre fait rage au Liban et les réfugiés palestiniens sont pris en tenaille, d’un côté par Israël, de l’autre par la Syrie. Abdallah lutte contre l’occupation du Liban par des armées étrangères, et pour l’indépendance de la Palestine. Il choisit l’action violente. Son arrestation en 1984 aboutit à une peine de réclusion à perpétuité en 1987, mais il peut bénéficier d’une libération conditionnelle dès 1999. La justice française accepte sa libération en 2003, mais le Garde des Sceaux de l’époque s’y oppose. En 2013, une nouvelle fois, la justice consent à le libérer, en vue d’une expulsion. Mais la Cour de cassation annule sa libération conditionnelle. « Aucune preuve matérielle de la culpabilité de Georges Ibrahim Abdallah n’a jamais été apportée », dénoncent les responsables du Collectif de Soutien.

Daniel Larregola va rendre visite au plus vieux détenu de France au moins une fois par mois, à la Centrale de Lannemezan. « Il a l’état d’esprit d’un résistant. A maintes reprises, il a été fait pression sur lui pour qu’il renie ses convictions communistes. Mais Georges Ibrahim Abdallah a une aura très importante au Liban et en Palestine. Il sait que ses paroles et ses gestes sont suivis avec attention là-bas. Alors, il refuse de céder, et continue à s’entretenir physiquement ». Le prisonnier s’est associé fin mai 2017 à la grève de la faim organisée par plusieurs détenus palestiniens en Israël. « Cet homme fait preuve d’un très grand courage. Dans un passé récent, à deux reprises, alors qu’il était libérable, et que le Liban était prêt à l’accueillir, le Ministre de l’Intérieur de l’époque a refusé de signer son arrêté d’expulsion », précise Maryjo Delacruz. « Nous estimons que la libération de Georges Ibrahim Abdallah serait un acte de respect des Droits de l’Homme, dans le pays qui les a vu naître », ajoute Henri Lourdou.

La soirée de solidarité organisée ce jeudi 15 juin 2017, à la Bourse du Travail de Tarbes, par les deux Collectifs de soutien des Hautes-Pyrénées et de Gironde, débutera avec la projection d’un film documentaire de Samir Abdallah, intitulé : « Après la guerre, c’est toujours la guerre ». Il sera suivi par un débat avec le public. Les collectifs de soutien organisent aussi, samedi 17 juin à 15h à Paris, une manifestation nationale pour réclamer la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Ils espèrent ainsi permettre au plus vieux prisonnier de France de s’envoler enfin, dans un avenir proche, vers le « Pays des cèdres ».

Jean-François Courtille

*ANACR : Association Nationale des Anciens Combattants et Résistants.

* AAFMD : Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.