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Tarbes et Séméac au rendez-vous de Robert Guédiguian et Ariane Ascaride

samedi 10 juin 2017 par Rédaction

Une conférence débat à Tarbes sur le thème de la culture et du peuple, et un ciné débat à Séméac après la projection du film « Une histoire de fou » : le réalisateur Robert Guédiguian et la comédienne Ariane Ascaride ont répondu à ces deux invitations de l’équipe du Ciné des CE et des COS des Collectivités territoriales jeudi. Une centaine de personnes ont participé à la conférence organisée à la Bourse du Travail de Tarbes. Plus de 300 personnes ont assisté au Ciné-débat au Centre Albert Camus de Séméac. Retour sur une rencontre culturelle hors du commun.

Guédiguian et Ascaride, c’est l’union du flegme et de la fougue. Immortalisés par le succès de « Marius et Jeannette », puis par d’autres films « d’art et d’essai » plébiscités par le public, comme « Les neiges du Kilimanjaro » ou « L’armée du crime », le réalisateur et la comédienne ont répondu en toute simplicité à l’invitation des Bigourdans. L’équipe du Ciné des CE et des COS des Collectivités territoriales a organisé deux rencontres de qualité avec le public. D’abord, une conférence à la Bourse du Travail de Tarbes, sur le thème de « la culture et le peuple ». Ensuite, un ciné-débat au Centre Albert Camus de Séméac, avec la projection du film « Une histoire de fou ». Plus de 400 personnes, au total, ont participé à l’un ou l’autre de ces événements culturels. Les deux artistes ont aussi été accueillis à l’Hôtel de Ville de Séméac par la Maire, Geneviève Isson. Et ils ont découvert le nouveau bar citoyen et solidaire de Tarbes, le « Melting Potes », à l’occasion d’un dîner avec les organisateurs de la rencontre. « Quand j’étais jeune, j’ai eu la chance d’être accueillie par une famille des Hautes-Pyrénées, les Brianti. Ils m’ont fait découvrir la nature et la culture des Pyrénées. Répondre à cette invitation des Comités d’entreprise était aussi une manière de leur rendre hommage », a confié Ariane Ascaride. « Aller à la rencontre du public est quelque chose de primordial pour nous. Le succès populaire de nos films est dû en grande partie à des relais comme ceux que vous assurez ce soir », a souligné Robert Guédiguian.

Le débat sur le thème de la culture et du peuple, à la Bourse du Travail, a attiré une centaine de personnes. De nombreux responsables associatifs engagés au service de la culture pour tous, comme René Trusses, de la Ligue de l’Enseignement, Marc Chedeville, d’ATD Quart Monde, ou Jean-Louis Imbert, du Réseau Education Sans Frontières, ont répondu à l’appel. Les associations qui portent la mémoire historique, comme l’ANACR 65, avec Daniel Larregola, ou l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, avec Michèle Sarcia, étaient présentes. De nombreux professionnels de la culture, comme Florence, libraire, François, archiviste, Pierre, ancien responsable de la scène du Chaudron, Véronique, comédienne ou Sylvie, enseignante en lycée professionnel, ont participé aux échanges. Plusieurs candidats de la gauche alternative pour les élections législatives ont effectué le déplacement, marquant ainsi leur intérêt pour la thématique de la culture populaire : Philippe Lacoume, Simone Gasquet et Marie-Pierre Vieu, pour le Front de Gauche ; Cathy Laüt, pour les Verts. Plusieurs militants de la France Insoumise étaient aussi présents, même si un meeting était organisé le même soir. Enfin, de nombreux syndicalistes étaient dans la salle, notamment les membres du « Ciné » des CE et des COS des collectivités territoriales, organisateurs de la rencontre.

« La création des Comités d’entreprise a facilité l’accès des ouvriers et des personnes de milieux populaires à la culture », rappelle en introduction Annie Baylac, militante de la CGT. « Notre conception de l’action des CE est toujours la même aujourd’hui : la rencontre entre le monde du travail et celui de la culture ». Ariane Ascaride regrette de voir « souvent les mêmes personnes lors des spectacles. Dans les milieux populaires, beaucoup de gens s’imaginent que la culture n’est pas faite pour eux. C’est un combat enthousiasmant, mais difficile à mener, pour des militants comme vous ! ». De son côté, Robert Guédiguian évoque le travail mené par des directeurs de salles de cinéma « Art et essai » dans les petites villes. « S’ils savent aller vers les gens et les motiver, ils peuvent même leur faire découvrir et apprécier des films venus d’Ouzbékistan ». Plusieurs responsables associatifs bigourdans apportent à tour de rôle leur témoignage sur des actions culturelles destinées à tous les publics. Jean-Louis Imbert, du Réseau Education Sans Frontières, raconte la présentation à Tarbes de la pièce de théâtre « Les suppliantes », d’après Sophocle, « un écho saisissant au destin des femmes immigrées aujourd’hui ». Il évoque aussi l’initiative de la « Quinzaine des Migrants » en janvier 2017. René Trusses, de la Ligue de l’Enseignement, insiste sur l’importance de valoriser les formes de culture portées par les personnes de milieux populaires. Tout en facilitant leur rencontre avec des artistes ou des écrivains, comme à l’occasion du « Mai du Livre ». Marc Chedeville, d’ATD Quart Monde, assure que « la lutte pour la survie matérielle quotidienne n’empêche pas les personnes de s’intéresser à la culture ». Il rappelle aussi l’expérience des bibliothèques de rue. En conclusion de la conférence, Robert Guédiguian cite cette phrase d’Albert Camus : « si l’on ne peut refaire le monde, agissons pour qu’il ne se défasse pas ».

Après le débat à Tarbes, le réalisateur et la comédienne, avec l’équipe du Ciné des CE et des COS, sont reçus à l’Hôtel de Ville de Séméac par la Maire socialiste de la commune, Geneviève Isson. « Nous sommes heureux de pouvoir, grâce à votre action, proposer aux habitants de Séméac et des villes environnantes des rencontres culturelles comme celle de ce soir, au Centre Albert Camus. L’accès de tous à la culture passe par ce type d’initiatives ». Robert Guédiguian et Ariane Ascaride en profitent pour découvrir les peintures et les sculptures exposées dans le cadre d’Articim, la Biennale organisée par l’Amicale des Arts de Séméac. Puis, ils vont dîner au « Melting Potes », le nouveau bar citoyen et solidaire ouvert début mai avenue de la Marne à Tarbes. Dans ce cadre convivial, la culture, l’Arménie et la ville de Marseille sont au cœur des discussions. Enfin, ils reviennent au Centre Albert Camus de Séméac, pour la projection du film de Robert Guédiguian, « Une histoire de fou ». Avant le Ciné-débat, une jeune Arménienne de Tarbes, Anna Pachian, sollicitée par l’équipe des CE et des COS, entonne une émouvante chanson traditionnelle de son pays d’origine : https://www.youtube.com/watch?v=fxwU8n4WoKY

Plus de 300 personnes assistent à la séance, lancée par Robert Tamburello. Après le film, Robert Guédiguian et Ariane Ascaride échangent longuement avec le public. L’occasion d’évoquer le destin douloureux du peuple arménien, victime du génocide en 1916, et sa lutte pour demander réparation à la Turquie, en vain jusqu’à ce jour. L’action violente, qui frappe parfois des innocents, est aussi évoquée, à travers l’histoire des militants de l’ASALA. Le réalisateur et la comédienne expriment leurs convictions humanistes et leur désir de faire revivre, chacun à leur manière, l’histoire des personnes et des peuples oubliés. Les spectateurs ne parviennent pas à quitter la salle, et les discussions se poursuivent encore longtemps, avec les deux artistes, puis par petits groupes. Ce jeudi de juin 2017, à Tarbes et à Séméac, Robert Guédiguian et Ariane Ascaride ont poursuivi l’œuvre entamée avec l’inoubliable « Marius et Jeannette » : rassembler le public et ré-enchanter le monde.

Jean-François Courtille

Diaporama