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Maubourguet : Les anciens salariés de Qualiduck prévoient une nouvelle action devant le siège d’Euralis

vendredi 24 février 2017 par Rédaction

Dénonçant le « silence » de leur ancien directeur, les ex- salariés de la société Qualiduck, l’un des prestataires de l’entreprise Euralis à Maubourguet, continuent à dénoncer leur licenciement pour avoir refusé de signer une attestation de formation au bien-être animal. Ils prévoient une nouvelle action devant le siège d’Euralis mercredi 1er mars à Lescar, dans les Pyrénées-Atlantiques. De son côté, l’entreprise Euralis confirme être intervenue pour « favoriser le dialogue social », et précise qu’elle « ne saurait aller au-delà ».

Ils attendent toujours, ce jeudi 23 février 2017, une rencontre avec leur ancien directeur, gérant de la société « Qualiduck », pourtant sollicité à ce sujet par l’un des responsables d’Euralis, client de cette entreprise de découpe de canards. Les ex-salariés de Qualiduck à Maubourguet continuent à contester leur licenciement pour avoir refusé de signer une attestation de formation au « bien-être animal », estimant ne pas avoir bénéficié de cette formation. Ils soupçonnent la direction d’avoir utilisé ce prétexte pour les renvoyer, après un mouvement de grève de deux semaines en décembre 2016. « Aujourd’hui, la majeure partie du personnel de Qualiduck est constituée d’intérimaires, qui n’ont pas la même expérience que les salariés licenciés. Beaucoup d’entre nous étions employés dans cette entreprise depuis plus de dix ans ». Les anciens de Qualiduck sont soutenus dans leur démarche par la CGT des Hautes-Pyrénées, qui dénonce « des méthodes d’encadrement dignes du XIXème siècle ». Dans un courrier adressé aux ex-salariés de la société le 8 février 2017, Catherine Famose, Directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, expliquait ainsi les démarches effectuées par les services vétérinaires, dans le contexte de l’abattage massif de canards demandé en raison de la grippe aviaire. « La société Qualiduck n’a pas pu fournir une deuxième équipe d’agents détenteurs du certificat de compétence demandé dans les délais de la réquisition de l’abattoir. Le service d’inspection vétérinaire a, dès lors, donné son accord au directeur de la société Euralis Gastronomie (client de Qualiduck, NDLR) pour la mise en place d’une formation interne réalisée par une personne qualifiée, auprès du personnel supplémentaire affecté aux postes de déchargement et d’accrochage des canards ».


Madame Famose précise ensuite le contenu de la formation en question. « Malgré la situation d’urgence, la demande était bien celle d’une formation. C’est-à-dire la mise en place d’un dispositif adapté, propre à atteindre l’objectif pédagogique recherché et effectué par une personne compétente. Il s’agissait de s’assurer que les personnels ainsi formés seraient en mesure de respecter le bien-être animal durant leur travail, malgré l’impossibilité d’avoir recours à la procédure normale par un organisme habilité par le Ministère de l’Agriculture ». Faisant référence aux dispositions de l’arrêté ministériel du 31 juillet 2012, Catherine Famose ajoute : « cette procédure prévoit que la formation relative à la délivrance du certificat de compétence des opérateurs est dispensée par un organisme de formation habilité et ne peut avoir une durée inférieure à 7 heures pour une catégorie d’animaux. Dans le cas de la formation des opérateurs aux opérations « manipulation et soins » pour la catégorie d’animaux « volailles », la durée totale de l’action de formation est ramenée à quatre heures ». Or, les ex-salariés de Qualiduck affirment n’avoir reçu, en guise de formation, qu’une brève série de recommandations orales : « il faut prendre le canard à deux mains. Il ne faut pas le mouiller. Et il ne faut pas lui faire de mal. Pas vu, pas pris. Si vous êtes pris, vous en assumerez les conséquences ! ». D’où leur refus de signer l’attestation de formation demandée par le directeur de leur société.

L’entreprise Euralis, qui a renouvelé son contrat avec Qualiduck le 1er janvier 2017, est embarrassée par cette situation. Dans une lettre recommandée adressée le 9 février 2017 à Pierre Panissal, gérant de la société, Stéphane Brac de la Perrière, directeur des achats du Pôle alimentaire d’Euralis, évoque « les conflits sociaux que connaît votre entreprise depuis plusieurs semaines ». Ces conflits « entraînent des difficultés d’exploitation qui se répercutent sur l’activité d’Euralis. De plus, la durée exceptionnelle de ce conflit, qui se durcit au lieu de se solutionner, témoigne d’un dysfonctionnement du dialogue social contraire aux valeurs éthiques fondatrices d’Euralis ». Monsieur Brac de la Perrière rappelle à Monsieur Panissal que « le groupe Euralis conditionne notamment la pérennité de ses relations commerciales à la capacité de ses sociétés partenaires à adopter une conduite également responsable, équitable et respectueuse des obligations légales qui leur incombent ». Stéphane Brac de la Perrière conclut son courrier ainsi : « nous ne doutons pas que vous saurez programmer une réunion de réouverture des discussions dans les meilleurs délais, c’est-à-dire d’ici le mardi 14 février, afin de résoudre au plus vite un conflit préjudiciable pour l’ensemble de ses parties prenantes ». A l’heure où nous publions cet article, aucune date de rencontre n’a été encore proposée par le directeur de Qualiduck à ses ex-salariés. Questionné à ce sujet mercredi, le responsable des relations presse d’Euralis précise : « nous avons bien été en contact avec la direction de Qualiduck comme avec les ex-salariés, dans un souci d’apaisement et pour favoriser le dialogue social. Nous ne saurions aller au-delà ». En ce qui concerne l’organisation de la formation au bien-être animal chez Qualiduck, Catherine Famose, directrice de la DDCSPP, contactée jeudi, souligne que « la procédure administrative est en cours. Les ex-salariés seront informés en direct des éléments dont je peux disposer ». Toujours soutenus par la CGT des Hautes-Pyrénées, les anciens de Qualiduck sont déterminés à se battre pour obtenir leur réintégration professionnelle, avec « un salaire décent, ainsi que le paiement des heures supplémentaires dues ». Ils ont distribué des tracts à la population de Maubourguet ce jeudi après-midi. Et ils préparent une nouvelle action devant le siège d’Euralis, à Lescar, mercredi prochain.

Jean-François Courtille