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TPR : « Entrez dans la ronde maintenant »

lundi 13 février 2017 par Rédaction

« Entrez dans la ronde maintenant », c’est le message que Bernadette veut adresser à tous les sportifs et à tous les Bigourdans pour soutenir le TPR et redorer le blason du rugby en Bigorre, en oubliant toutes les querelles et les rancœurs du passé. Bernadette, n’est pas la fille ou la femme d’un ex-rugbyman, ni la mère, ni la belle-mère d’un joueur, pour tout dire, elle n’avait jamais vu un match de rugby de sa vie. Ce sont deux licenciés du TPR, qui la connaissent professionnellement qui l’ont invitée et qui ont dû beaucoup insister pour qu’elle accepte de voir un match à Trélut. Et pas n’importe lequel celui contre Aix. Certes la plus belle affiche de la saison sur le papier mais pas un match débridé à séduire les néophytes. Un match, où il y a eu plus d’affrontements obscurs où même les arbitres ne se retrouvent pas, que de belles envolées. Mais un vrai combat où les joueurs mettent leurs tripes sur le terrain pour l’emporter. Et c’est ça qui a séduit Bernadette qui, malgré les explications de son amie Georgia, rugbyphile passionnée, n’a pas dû tout comprendre des subtilités qui font l’essence mais aussi la complexité de ce sport. Pour tout dire Bernadette, si elle ne connaissait pas les règles, connaissait les valeurs de ce sport à travers Eric Béchu qui portait au plus profond de lui ces valeurs spécifiques au rugby. De professionnelles, leurs relations sont devenues amicales et Eric lui a appris à comprendre ces valeurs qui disparaissent peu à peu de la société, mais aussi du rugby gangrené par le professionnalisme. Ce sont deux tarbais qui l’ont convaincue de venir dans un stade de rugby. Ils lui ont expliqué les difficultés que rencontrait le club depuis deux saisons, la volonté des joueurs de ne rien lâcher sur le terrain mais aussi du désengagement progressif du public. De la froideur de Trélut, malgré des supporters fidèles mais pas en assez grand nombre. Ils lui ont expliqué, ce que Béchu lui avait déjà dit au sujet de ce seizième ou plutôt vingt-quatrième homme, (dans le rugby moderne), qui fait souvent la différence. De cette ferveur populaire qui peut faire basculer un match dans les dernières secondes que ce soit en quatrième série ou en Championnat du Monde.

Trois cents nouveaux supporters

Et cela Bernadette l’a vécu ce soir là dans les travées de Trélut où elle a perdu la voix à force de crier ses encouragements. Elle a ressenti lors des dernières minutes où Aix pilonnait la ligne tarbaise, ce qu’Eric Béchu lui ressassait à chacune de leurs rencontres, la notion de groupe et de solidarité qui a permis aux Tarbais de l’emporter avec un maigre point d’avance face à la plus grosse équipe de la poule. Cette détermination l’a conquise et elle est ressortie enchantée de ce combat de fer mais déçue du peu d’engouement populaire. Du coup, elle a décidé de tout mettre en oeuvre pour essayer d’amener du monde dans les tribunes. Pour ne court-circuiter personne elle a rencontré l’association des supporters, les dirigeants et même le Président Nunes. Au départ, tout le monde était un peu sceptique devant ce petit bout de femme blonde. Mais avec son amie Georgia, elles ont remué ciel et terre, prenant sur leurs temps de travail, de loisirs et de famille. De par leurs métiers, Bernadette et Georgia ont beaucoup de contacts dans le monde sportif et associatif. Elles ont donc pris leur téléphone et leur voiture pour inciter les gens à venir voir jouer le TPR. Elles ont vécu des moments très difficiles car tout le monde s’en fichait, s’il n’avait pas en plus une mauvaise opinion du rugby et de ses travers. Alors elles ont joué sur la solidarité entre sportifs bigourdans et mis tout leur cœur à les convaincre de venir soutenir le TPR, car pour toutes les deux le rôle du public est primordial pour qu’un sportif ou qu’une équipe se surpasse. Bernadette et Georgia ont réussi leur pari en amenant près de trois cent supporters pour la rencontre contre Limoges. Des gens, hommes, femmes et enfants, licenciés sportifs, qui sont venus de la périphérie tarbaise et même de Lourdes... Des gens qui, ne connaissaient pas ou qui ne venaient plus au rugby, ont fait parfois plusieurs dizaines de kilomètres pour répondre présents au Stade. Un succès qui leur a valu les remerciements du Président Nunes mais que Bernardette renvoie « à tous ces petits clubs qui sont venus et qui n’étaient même pas concernés par le rugby. » Une double réussite, car ceux qui ont répondu présents se sont régalés de la prestation tarbaise et des six essais inscrits (5 pour Tarbes, 1 pour Limoges). « J’ai passé tout mon dimanche au téléphone pour remercier les gens et tous m’ont dit qu’ils étaient ravis et fiers d’être là » se réjouit Bernadette. Beaucoup sont prêts à suivre le TPR en dehors des invitations pour revivre pareille ambiance. Une ambiance créée par Valentin, le fils de Bernadette qui s’est investi à fond dans le projet de sa mère et a fait le chauffeur de tribune.

Dans l’expectative

Une opération de découverte qui pourrait se poursuivre, car le Président Nunes nous a confirmé que le club continuerait à appuyer ce genre d’initiative. Bernadette, serait prête à continuer à s’investir si elle sentait l’assentiment des joueurs et de l’environnement du club autour de son projet. « Avec Georgia, on ne baisse pas les bras, on est là avec notre envie, notre enthousiasme, mais on ne peut pas agir seul, il faut que tous ceux qui soutiennent le club soient solidaires. » Car cette initiative n’a pas été bien vue par tous ceux qui ont sollicité en vain des places par le passé. Sans l’intervention personnelle du Président, Bernadette n’aurait pas obtenu les places demandées et elle le remercie sincèrement de sa confiance. Si cette initiative devait se poursuivre, les deux amies ont noté tout ce qui serait à améliorer par rapport à une première préparée dans l’urgence et l’inconnue. Comme réserver, ’’à leurs frais’’ une Bandas à l’avance, car aucune n’était disponible à quelques jours du match. « Le seul bémol, c’est qu’on n’a pas su gérer l’après-match. J’aurais aimé qu’on reste tous ensemble pour que la presse parle de tous ceux qui sont venus pour soutenir le TPR. » Faute d’organisation les ’’invités’’ se sont dispersés à la fin du match et seulement une vingtaine ont attendu la sortie des joueurs. « On n’a pas pensé à se rassembler à la fin du match. Comme il faisait froid les gens sont plus ou moins partis alors que d’autres sont restés pour consommer. » Autre dysfonctionnement, personne ne les avait avertis que les joueurs s’échauffaient sur un terrain annexe et de la haie d’honneur lors de leur retour aux vestiaires. Des moments forts dont n’ont pas pu bénéficier ceux qui découvraient pour la première fois le rugby. Le but, s’il devait se poursuivre, serait aussi d’accompagner l’équipe à l’extérieur et de faire de ces déplacements une fête, un moment de convivialité, de partage, de solidarité et d’amour. D’amour pour ces joueurs et ce sport, à l’exemple d’Eric Béchu en qui elle voit un clin d’œil dans son initiative, puisqu’il est né et décédé en janvier.

Jean-Jacques Lasserre