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Entretien avec Roland Pujo, le plus Gersois des Bigourdans

samedi 4 février 2017 par Rédaction

Le plus Gersois des Bigourdans

« Je suis intégré maintenant » s’amuse Roland Pujo qui est arrivé il y a 32 ans ans le Gers et qui y occupe toujours une fonction professionnelle au côté du rugby. C’est avant tout un passionné du ballon ovale, qui est devenu entraîneur après une bonne carrière à l’ouverture et à l’arrière à Auch. Originaire d’Orignac, à quelques coups kilomètres de Bagnères où il a débuté le rugby et joué au Stade Bagnérais avant de rejoindre Auch en 1984. Excellent buteur, il y poursuivra toute sa carrière de joueur au centre ou à l’arrière, avant de rester comme entraîneur avec Gérard Lacrampe et Henry Broncan (1995-2000). Il poursuit sa carrière d’entraîneur à Tarbes (2001-2003), à Fleurance (2003-2007) et à Colomiers (2008-2010), avec un titre de Champion de Fédérale 1 et l’accession en Pro D2, avant de revenir à Auch pour s’occuper de la Formation (2009). Il revient néanmoins à ses premières amours à travers l’entraînement des Espoirs (2013) puis de l’équipe une, après la relégation et le départ de Grégory Patat (2014). Aujourd’hui, il partage le terrain avec Julien Sarraute et Eric Escribano.

La survie passe par le sportif

Pour Roland Pujo, la survie du FCA passe par de bons résultats pour attirer de nouveaux partenaires. Les joueurs ont été touchés par la crise que traverse le club mais aussi par les nombreux soutiens. Le club, dans un premier temps, a pu éviter le dépôt de bilan en trouvant des ressources pour régler les salaires des joueurs. Des joueurs qui n’ont rien lâché jusqu’à présent comme le prouvent les derniers résultats avec une courte défaite à Massy (14-11), une victoire bonifiée contre Chambéry (30-9) et une victoire à l’envie et au courage contre Romans (22-19), qui a effacé un « non match » à Bourg-en-Bresse (39-15). Pour Roland Pujo l’objectif sportif du club est de terminer le mieux classé possible pour donner une image positive. « A nous de faire notre boulot sur le terrain. Notre objectif, en début de saison, était de finir, au moins, dans les cinq premiers et on va essayer de le tenir. On sait que ce sera très difficile parce que le niveau de la poule est très élevé mais sportivement, on ne veut rien lâcher parce que même si ce n’est que symbolique, on a envie d’atteindre cet objectif. Je ne sais pas si on y arrivera mais on va tout faire pour ! »

Romans n’est pas à sa place

Romans, qui est passé tout près de la victoire au Moulias-Jacques Fouroux, confirme son retour en forme après sa victoire contre Tarbes. « Romans, c’est une équipe très physique, ça tape fort et ils ne sont pas à leur place. Ils sortent d’une fusion avec Valence et forcément ça prend du temps pour que les choses se mettent en place. Ils jouent un bon rugby, ils se sont améliorés depuis le match Aller et je ne serai pas surpris qu’ils aillent faire un résultat à l’extérieur. On s’en méfiait et on a eu raison car il s’en est fallu de peu qu’on perde ce match ! »

Fraîcheur physique, rythme ou mental ?

Les avis divergent entre ceux, qui comme Xavier Péméja, estiment qu’il vaut mieux jouer pour garder le rythme et ceux, qui comme Roland Pujo, pensent que la fraîcheur physique est primordiale. Mais un derby, ça se joue surtout au mental. « C’est un derby et ce match a une saveur particulière qui nous dépasse » convient Roland Pujo. « Après Tarbes aura l’avantage de la fraîcheur physique parce qu’ils n’ont pas joué le week-end dernier à Nevers et qu’ils n’ont pas cumulé la fatigue du voyage. Alors que pour nous ce sera le quatrième match du bloc. On a eu des matchs très difficiles puisqu’on a joué Chambéry, Bourg-en-Bresse et Romans et c’est sûr, que de ce côté là, c’est un gros avantage pour Tarbes qui aura plus de fraîcheur physique que nous. Mais c’est vrai que c’est un derby, avec la motivation qui va avec, et ça peut aussi jouer. Nous, on va essayer cette semaine de récupérer un maximum de fraîcheur physique pour avoir le maximum de potentiel pour le match. » Le manager gersois n’a pas la même opinion que Xavier Péméja qui estimait que Tarbes qui sortait d’un gros match contre Limoges était avantagé par rapport à Nevers qui avait eu son match reporté le week-end précédent. Roland Pujo rigole « Oui, quand on a comme lui un effectif pléthorique, c’est facile à dire car il peut faire tourner. Mais nous, on est juste en effectif et on sort d’un bloc de matchs très difficiles. Après c’est vrai, d’avoir été chercher la victoire dans la dernière minute contre Romans, c’est plus facile de préparer le derby. Mais d’un autre côté, on a pas mal de casse. Le match contre Romans a laissé pas mal de traces. Lacroix et Roulin, ce n’est pas rien... Ce sont des joueurs importants de notre système et notre talonneur Bourgarit a un problème au niveau de la hanche. » Par contre le Gersois confirme les propos du Nivernais sur la progression de Tarbes par rapport aux matchs Aller. « C’est une équipe qui a évolué depuis et qui effectivement a fait un gros match contre Limoges et qui a été refaire match nul à Chambéry. C’est une équipe bien en place et physiquement ils sont mieux. Cette équipe n’a rien à voir avec l’équipe qu’on a rencontré en début de saison. »

Un derby ça se gagne

Ce derby est un match particulier, certainement le plus important de la saison pour un Gersois, comme le confirme Roland Pujo. « C’est vrai qu’on a beaucoup de joueurs qui ont disputé ce derby dans les catégories des ’’jeunes’’ et ça leur parle. On a aussi des joueurs qui ne sont pas gersois et ça leur parle moins. Mais les ’’anciens’’ se chargent de leur transmettre l’héritage et de bien leur faire comprendre que c’est un match ’’particulier’’ ! Roland Pujo, de par sa nature d’ancien ouvreur ou arrière, est porté sur un rugby de mouvement mais il est aussi très pragmatique, surtout pour le derby. « On s’adaptera aux conditions et on verra par rapport au temps, sur le plan stratégique, comment on va travailler. La pression n’est pas sur nous et on va donner le maximum pour faire le meilleur match possible pour essayer de le gagner. On connait la difficulté de la tâche parce que Tarbes va être revanchard par rapport au match Aller. Mais nous, on va y aller pour faire notre meilleur match possible et ramener des points. De toute façon c’est un derby ! Peu importe la manière, dans un derby, il faut gagner ! »

Niveau de Pro D2

Roland Pujo qui a entraîné en Pro D2 et en Fédérale, est bien placé pour juger le niveau de cette Poule d’Accession. « Cette poule est composée d’équipes qui fonctionnent sur un modèle professionnel et certaines ont un budget supérieur à celui de clubs de Pro D2. Toutes les meilleures équipes sont regroupées et le niveau n’a plus rien à voir avec celui qu’on a connu en Jean Prat. Cela tape très fort et ça se rapproche très nettement du niveau de la Pro D2. Je pense qu’entre les clubs de cette poule élite et le milieu de tableau de la Pro D2, sincèrement, il n’y a pas une différence énorme. » Les difficultés d’Aix et de Nevers à dominer, ne le surprennent pas. « ça ne m’étonne pas, le niveau est très élevé et donc même les grosses écuries, celles qui ont des effectifs et des budgets supérieurs, ont du mal à s’imposer à l’extérieur. La poule est très homogène, les équipes sont proches les unes des autres et c’est extrêmement difficile de s’imposer à l’extérieur. »

Jean-Jacques Lasserre