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Polyclinique : la grève reconduite pour deux jours, les grévistes ont amendé le protocole de la direction, une nouvelle assemblée générale aura lieu lundi

samedi 7 janvier 2017 par Rédaction

Le protocole d’accord de fin de conflit transmis par la direction a été examiné et amendé ce samedi 7 janvier 2017 par les salariés de la Polyclinique de Tarbes, en grève depuis 61 jours. En présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et de Mireille Stivala, secrétaire générale de la Fédération CGT Santé et Action sociale, les salariés ont reconduit la grève jusqu’à lundi, dans l’attente des réactions de la direction aux amendements proposés. Une nouvelle assemblée générale aura lieu lundi après-midi à la Bourse du Travail de Tarbes. Si la direction de l’Ormeau-Pyrénées accepte les amendements sur le protocole, la fin de la grève pourrait être votée dès lundi. Voici le contenu intégral de la conférence de presse des grévistes, au cours de laquelle la parole des salariés a été portée par Laurence Charroy, déléguée syndicale CGT de la Polyclinique, en présence de six salariées du Comité de grève, et de plusieurs responsables de la CGT, dont Philippe Martinez.

« Nous avons reçu pour la première fois ce samedi, de la part de la direction, un protocole écrit d’accord de fin de conflit. Pour arriver à ce projet d’accord, il a fallu une longue lutte et beaucoup d’actions de la part des salariés. La dernière phase des négociations a fait l’objet d’une réunion vendredi matin, avec l’intervention des pouvoirs publics : elle a eu lieu au cabinet du Premier ministre, en présence de Philippe Martinez et de Mireille Stivala, responsables nationaux de la CGT, qui ont porté les revendications des salariés en grève. Le PDG du groupe Médipôle Partenaires, propriétaire de la Polyclinique de l’Ormeau-Pyrénées, Philippe Gravier, un membre du Conseil d’Administration du groupe et le PDG du groupe Elsan, qui va racheter Médipôle, étaient présents, ainsi que des représentants du Ministère de la santé. Cela a permis d’avancer sur une partie des revendications des salariés, et d’aller plus loin que ce qui avait été possible jusqu’alors. Ce projet de protocole a été présenté aux salariés. Ils vont décider s’il leur convient ou pas, s’il est de nature à mettre fin au conflit ou pas. Des discussions sont toujours en cours, en lien avec le cabinet ministériel. Philippe et Mireille sont les relais des remarques émises par les salariés, pour continuer à construire ce protocole d’accord ».

« Nous avons donc décidé, lors de l’assemblée générale de ce samedi après-midi avec les salariés, de prendre le temps nécessaire. Non pas pour faire durer le conflit, mais pour nous donner le temps de la réflexion, et mettre de notre côté toutes les chances de parvenir à un accord acceptable par tous. Nous avons décidé de reconduire la grève lundi, afin de nous réunir en assemblée générale et de soumettre au vote ce protocole de fin de conflit, qui normalement, nous l’espérons, devrait intégrer nos remarques. La première avancée acceptée par la direction dans le protocole actuel concerne la proposition de la Rémunération Annuelle Garantie. La direction voulait au départ un effet rétroactif au 1er septembre 2016, nous avons obtenu le 1er janvier 2016. La deuxième avancée concerne le montant de la prime pérenne, passée de 500 euros, dans la proposition du Préfet de la région Occitanie, à 700 euros. Sur la prime demandée pour l’exercice 2016, les discussions sont encore en cours. Tout ce que nous avions obtenu concernant les conditions de travail lors des négociations précédentes se trouve dans le protocole actuel. Nous avons juste proposé des nuances de rédaction à ce sujet. Nous allons retourner à la direction des propositions, et c’est le projet final de protocole de fin de conflit, intégrant ou non ces amendements, qui sera voté en assemblée générale lundi après-midi ».

« Nous souhaitons aboutir à un accord final honorable, qui soit de nature à cesser le conflit. Les actions que nous avons menées, intensifiées au cours des dernières semaines, et fortement médiatisées, ont certainement fait bouger la direction. Cela a aussi obligé les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités, même si nous trouvons qu’elles sont un peu tardives et timides. Il n’est pas ordinaire qu’il faille, pour signer un accord d’entreprise ou un protocole de fin de conflit, en passer par une réunion à Matignon. Plus de 60 jours pour répondre à des revendications légitimes ! Si le protocole de fin de conflit est signé lundi, il faudra quelques jours pour relancer la machine, avec notamment la remise aux normes des services et l’accord de l’Agence Régionale de Santé. Certains services sont fermés complètement depuis plus de deux mois. Il appartiendra à la direction d’organiser cette reprise ».

« Le PDG du groupe Elsan était présent lors de la réunion à Matignon. Le rachat de Médipôle Partenaires par Elsan doit encore être validé par les comités d’entreprise, mais il est déjà bien avancé. Au sein du groupe Médipôle Partenaires, plusieurs collègues des autres établissements ont voté des motions de soutien à notre mouvement, ou envoyé des aides financières. Les rendus d’avis sur le rachat du groupe par Elsan vont parler de ce conflit, et de la politique salariale de l’entreprise. Sur Bordeaux, jeudi, nous nous sommes rendus au siège de Médipôle Partenaires pour rencontrer Jean-René Legendre, le Directeur des Ressources Humaines. Il y’avait un dispositif policier impressionnant, alors que nous n’étions pas sur la voie publique, pour nous empêcher de rentrer dans les locaux de notre employeur. Nous nous sommes alors rabattus sur une clinique du groupe, à Pessac. Nous avons discuté avec des salariés de là-bas. Ils ont évoqué aussi les problèmes de conditions de travail et de rémunération. Ils sont confrontés aux critères de rentabilité. Quand nous sommes allés à la clinique Saint-Martin, nous avons été choqués de voir des brochures proposant des forfaits « prestige » aux patients hospitalisés : 150 euros pour avoir droit à une chambre individuelle avec la télé, le peignoir, les chaussons, comme dans un hôtel. Cela ne sera bien sûr pas accessible à tout le monde ».

Propos recueillis par Jean-François Courtille