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Vendredi : la réaction pyrénéenne face aux déclarations de Chantal Jouanno

jeudi 18 février 2010 par Rédaction


Depuis quelque mois, la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno se répand en projets d’introduction d’ours dans les Pyrénées. Elle se comporte comme si l’affaire était entendue allant même jusqu’à dire qu’elle n’avait pas le sentiment de l’existence d’une opposition.


Elle a le droit de parler. Et même de dire n’importe quoi. Elle a aussi le droit de ne pas entendre ce qui se dit dans les Pyrénées. Elle a le droit de ne pas tenir compte des avis de ses interlocuteurs. Elle a le droit de décider seule comme l’ont fait ses prédécesseurs en faisant semblant d’organiser une concertation. Elle a aussi le droit de faire des promesses… jamais tenues. De toute manière, dans ce domaine, c’est une habitude depuis 30 ans. Plus rien n’étonne.
Mais si en 1996 la résistance avait été très faible, elle fut plus organisée en 2006. Depuis, Internet et les téléphone mobile se sont répandus pour faciliter la communication, les contacts et les échanges. Aujourd’hui, l’unité est assurée de la Soule à la Cerdagne. Toutes les associations regroupant des éleveurs, les chambres consulaires et une très large majorité des élus sont d’accord pour dire non aux introductions d’ours. Mieux encore, il existe une coordination pyrénéenne de tous les acteurs autour de l’ADDIP présidée par Philippe Lacube. C’est cette coordination qui se réunira vendredi matin pour décider d’une réaction aux intentions de Chantal Jouanno

Ours ou biodiversité ?
Pour l’ADDIP, l’ours et les grands prédateurs sont des phénomènes qui évitent, pour l’Etat, de parler de l’essentiel : la biodiversité et le développement durable des vallées. S’opposer à tout phénomène mettant en péril l’équilibre des milieux.
Le 23 juin 2008, un véritable « front de refus pyrénéen se fédère autour de l’ADDIP ». Dans un communiqué de presse, l’ADDIP indiquait qu’elle avait « pris la décision, pour des raisons de fond, de ne pas participer à cette manipulation » qu’était à cette époque la mise en place d’un Groupe National Ours. Elle précisait qu’en « s’appuyant sur les trois piliers légitimes que sont les élus, la profession agricole et nos associations, un front pyrénéen de refus se fédère aujourd’hui autour de l’ADDIP ».
Par la même occasion, l’ADDIP publie un « réquisitoire sévère contre le plan ours ». Un dossier de 40 pages, intitulé " Écologie, un vrai problème manipulé de façon inquiétante et ses conséquences pour l’avenir du massif " On y développe notamment la "manipulation des institutions de l’UE par des systèmes d’influences" en précisant que : " Cette intrication des réseaux prend toute sa dimension dans le programme européen Life-Coex qui a pour objectif de favoriser la coexistence entre les grands carnivores et la présence humaine et qui finance l’ADET et le WWF dans le cadre du programme ours France ". Chose surprenante, il y est évoqué ce qui peut être appelé le " marché " de l’ours avec la PAC.
L’ADDIP précise : " Les réserves naturelles de faune sauvage limitées ne sont pas suffisantes pour les grands carnivores. Le contrôle de la totalité du paysage est indispensable à la conservation des espèces à territoire étendu ". Ce qui, pour les éleveurs pyrénéens se traduit par cette formule : " ensauvagement des Pyrénées au détriment des races domestiques, uniques sur la chaîne" et donc de la biodiversité ordinaire au profit d’une seule espèce dite emblématique.

« Une manipulation déjouée »
Dans un communiqué du 25 juin 2008 http://www.pyrenees-pireneus.com/Ours-Groupe.htm#5 , l’ADDIP parle « d’une caricature de déni de démocratie ». Et elle attaque sur le fond en rappelant « la non acceptation sociale de la part des Pyrénéens trouve sa légitimité dans notre refus de voir les Pyrénées devenir un grand zoo où des éleveurs sporadiques seront considérés comme des indiens ». Et il y est précisé que le « dynamisme économique, les activités de tourisme et de loisirs seront régentés par le diktat de l’écologie extrémiste qui orchestre, par le levier de l’ours " le contrôle de la totalité du paysage " pour les grands carnivores ».Il est rappelé que : « Les habitants des territoires pyrénéens doivent eux-mêmes choisir les orientations qu’ils veulent prendre pour l’avenir ».
L’ADDIP ne s’arrête pas là. Elle attaque sur l’essentiel qui n’est pas l’ours.
• « En terme de Développement Durable : les systèmes agro-pastoraux pyrénéens ont de tout temps intégré cette notion car ils se sont maintenus dans le respect du milieu sur lequel ils agissent et par lequel ils produisent. C’est un fait culturel majeur dans les Pyrénées. »
• « En terme de biodiversité : ce sont les usages pastoraux actuels adaptés, identifiés, reconnus qui sont créateurs d’une richesse remarquable de flore et petite faune. Les sites Natura 2000 sont tous des hauts-lieux du pastoralisme pyrénéen, et ce n’est pas le hasard. »

Quelle réaction vendredi ?
Vendredi matin à la Chambre d’Agriculture de Saint-Gaudens, il ne s’agit que d’une réunion de la coordination ADDIP pour décider de futures actions. Après avoir connu la manifestation de Bagnères de Bigorre, ville de Roland Castells favorable à l’ours, avec plus de 5000 participants, ce pourrait-être le tour à une autre ville… Laquelle ? Et une manifestation de plus grande ampleur selon plusieurs informations. A quelle date ? N’oublions pas que nous sommes en pleine campagne électorale des régionales et que le comportement des candidats est observé avec attention.
Si jusqu’à maintenant les acteurs des territoires de montagne s’étaient montrés calmes, notamment dans les Hautes-Pyrénées, il se pourrait que les eaux dormantes s’agitent dans les semaines à venir pour montrer à la Ministre qu’il existe bien une opposition aux introductions.

Louis Dollo

• Le bilan de l’ADDIP http://www.pyrenees-pireneus.com/ADDIP-Bilan2008.pdf