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Reprise des négociations entre la direction de la Polyclinique et les grévistes mercredi matin, en lien avec la préfecture et l’ARS

mardi 29 novembre 2016 par Rédaction

La direction de la Polyclinique de l’Ormeau a accepté la proposition formulée par les grévistes et la CGT de reprendre les négociations, grâce à l’entremise de la Préfète. Une première réunion aura donc lieu ce mercredi 30 novembre 2016, à 9h, à la préfecture, en présence de Jean-René Legendre, le DRH du groupe Médipôle partenaires, de l’Agence Régionale de Santé et de la DIRECCTE, sous la présidence de Marc Zarrouati, le secrétaire général de la préfecture.

Une salve d’applaudissements secoue l’amphithéâtre de la Bourse du Travail de Tarbes, ce mardi 29 novembre, au début de l’assemblée générale des salariés en grève de la Polyclinique de l’Ormeau-Pyrénées. Laurence Charroy, la déléguée syndicale CGT de l’établissement, vient d’annoncer aux grévistes la reprise des négociations avec la direction, en leur lisant la lettre envoyée à François Dousseau par Catherine Galinié, directrice de cabinet de la préfecture. Le courrier est formulé en ces termes : « la direction de la clinique de l’Ormeau a accepté la proposition que vous aviez faite à Madame la Préfète de réunir l’ensemble des parties pour reprendre les négociations dans le conflit de la clinique de l’Ormeau. Madame la Préfète organisera donc une réunion mercredi 30 novembre à 9 heures en préfecture, salle Jean Moulin, en présence de l’ARS et de la DIRECCTE. Cette réunion sera présidée par Monsieur Marc Zarrouati ».

Un peu plus tard dans l’après-midi, Laurence Charroy, ses collègues de la délégation et les responsables de l’UD CGT organisent une conférence de presse pour annoncer la nouvelle aux médias, et commenter les événements survenus dans la matinée de mardi. « Avec les deux personnes qui ont été blessées par la voiture du médecin, nous avons été à deux doigts de la catastrophe », souligne François Dousseau. « Si Wilfrid Zaparoli n’avait pas été jeune et n’avait pas eu le réflexe de sauter sur le capot, il aurait été écrasé », renchérit José Navarro. « La salariée qui a été heurtée la première par la voiture est une déléguée du personnel du service de cardiologie », ajoute Laurence Charroy. « Quand un salarié déchire la chemise d’un DRH, on en fait des tonnes, mais là, ce médecin ne sera peut-être même pas convoqué au commissariat », souligne Christophe Couderc, responsable régional de la CGT Santé. Les deux personnes blessées ont eu trois jours d’ITT après leur passage aux urgences de la Polyclinique. « Wilfrid Zaparoli ne fera pas partie de la délégation pour la rencontre de négociation mercredi, car il a été très choqué », assure José Navarro.

Le contenu des négociations devrait porter, non seulement sur les salaires, mais aussi sur l’organisation du travail. « Nous contestons la mise en place d’un planning nous affectant dans trois services différents sur neuf semaines : hospitalisation de semaine 1, hospitalisation de semaine 2 et chirurgie conventionnelle », détaille Aurélie, l’une des infirmières de la délégation des salariés. « D’autant plus que cela s’accompagnerait de la suppression d’un poste d’infirmière et d’un poste d’aide-soignante ». Les grévistes attendent aussi la confirmation par écrit du maintien des Agents de Service Hospitalier au sein des équipes du personnel soignant, en pointant « l’importance vitale des ASH dans la relation avec les patients ». A propos des salaires, Laurence Charroy rappelle qu’une majeure partie du personnel a des revenus très bas. « Nous demandons notamment la prise en compte de l’ancienneté, une prime de fin d’année et une augmentation significative de l’indice salarial ».

José Navarro chiffre le coût d’un passage du point d’indice de 7,25 à 7,46 à environ 1,7 millions d’euros, « à rapprocher des 1,9 millions d’euros de CICE touchés par l’entreprise en trois ans sans la moindre création d’emploi ». Il évoque la diminution de 900 000 euros de la masse salariale de la Polyclinique en 2015, à cause de l’abandon de l’activité de dialyse. « Le groupe Médipôle Partenaires a réalisé un chiffre d’affaires de 860 millions d’euros en 2015, et il est en hausse de 3,5% pour le premier semestre de l’année 2016. L’entreprise est prospère. Elle doit être capable de rémunérer dignement ses salariés ». José Navarro pointe aussi la responsabilité de l’Agence Régionale de Santé, « quasiment injoignable au téléphone », qui a selon la CGT été avisée de la situation sanitaire de la Polyclinique par de multiples rapports. Il cite notamment « une ancienne déléguée de l’ARS, hospitalisée à l’Ormeau, qui en est repartie avec une maladie nosocomiale. Elle conclut son rapport par ces mots : ‘non à la capitalisation des dépenses de santé’ ». François Dousseau rappelle la manifestation de soutien aux salariés de la Polyclinique, samedi 3 décembre, à 10h30, entre l’Ormeau Centre et la place de Verdun. « Nous espérons que les élus seront présents, notamment les parlementaires et le président du Conseil Départemental ».

La direction de la Polyclinique de l’Ormeau-Pyrénées, jointe au téléphone mardi soir, assure qu’elle a accepté la proposition de rencontre transmise par la Préfète parce que la négociation sera placée « sous la médiation de l’Agence Régionale de Santé, et pour nous, c’est le plus important ». Elle confirme la présence de Jean-René Legendre, DRH de Médipôle Partenaires, à cette réunion, sans préciser si le mandat qui lui a été confié par la direction du groupe a évolué depuis son départ précipité de la semaine dernière. Concernant l’incident au cours duquel le médecin cardiologue a blessé une gréviste et un responsable syndical, la direction de la Polyclinique évoque « une affaire privée entre un médecin et des salariés ». Elle ajoute qu’elle ne peut « que déplorer cet événement », et qu’elle souhaite « lancer un appel au calme ».

Mercredi matin, pendant la rencontre de négociation à la préfecture des Hautes-Pyrénées, les salariés en grève se rassembleront sur le parvis, dans l’attente du résultat des pourparlers. Ils espèrent désormais une issue favorable à ce conflit social qui dure depuis déjà 22 jours …

Jean-François Courtille