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Deux belles initiatives culturelles pour la Journée du refus de la misère à Tarbes et à Séméac

jeudi 20 octobre 2016 par Rédaction

 A l’occasion de la Journée nationale du refus de la misère, deux initiatives ont été organisées le week-end dernier par un collectif de onze associations. Un « Ciné-débat » à Séméac, sur les thèmes de la solidarité et de la dignité. Et une journée à Tarbes, consacrée à l’échange entre les cultures et au témoignage des personnes luttant contre la pauvreté et la précarité.

« Il fut un temps où j’étais comme vous. Malgré toutes mes galères, je reste un homme debout ». Pendant que le public rassemblé sur la place de Verdun écoute cette chanson sur la dignité des personnes vivant dans la rue, six jeunes filles de l’aumônerie catholique présentent un mime sur le même thème. Trois d’entre elles sont assises par terre, et les trois autres passent devant elles, d’abord sans les regarder. Puis, elles s’asseyent à leur tour et osent la rencontre. Le fil de l’humanité est ainsi retissé, par-delà les murs invisibles de la galère. « Non à la pauvreté, cultivons nos liens, partageons nos cultures » : la journée du refus de la misère est placée sous le signe de la parole et de l’expression artistique, samedi 15 octobre 2016 à Tarbes. Place de Verdun, les onze associations réunies, à l’initiative d’ATD Quart Monde, pour cette initiative, présentent de nombreuses expositions : photos, dessins, arbres des mots. Leur point commun : valoriser la parole des personnes qui luttent contre la pauvreté, et aussi leur créativité. « Plusieurs enfants de la cité Mouysset, à Tarbes, ont confectionné des masques, en réfléchissant à ce qui pouvait représenter la culture de leur pays d’origine », explique une animatrice de l’association « Portes Ouvertes ». « Les mobiles du Vivre Ensemble ont été réalisés par des personnes membres de 7 collectifs, en lien avec le Conseil départemental des Hautes-Pyrénées », ajoute Véréna, militante d’ATD Quart Monde.

Sur la scène, plusieurs bénévoles se relaient pour lire les témoignages confiés par des personnes luttant contre la galère et la précarité. « J’ai toujours aidé les autres, même si j’étais dans la misère » ; « j’ai dû me battre pour empêcher l’hôpital de me prendre mon fils. Et aujourd’hui, on me dit que je suis une bonne mère » ; « il ne faut jamais se dévaloriser. Quand on commence à perdre pied, rappelons-nous que nous restons toujours des êtres humains ». Une responsable d’ATD cite un texte du père Joseph Wresinski, fondateur de l’association, qui souligne l’importance de la culture dans la lutte contre la misère : « j’apprends de toi, tu apprends de moi, et ensemble, nous sommes créateurs de beauté ». Avant le goûter aux saveurs du monde, préparé par les femmes des quartiers, une chorale chante « La lega ». Un chant qui parle de dignité et de liberté, interprété par les bénévoles du « Point parents » de la cité de Laubadère. Dans la foule, des enfants écoutent avec un grand sourire …

La veille, les associations du collectif « Refus de la misère 2016 » ont organisé un « Ciné-débat » au Centre Albert-Camus de Séméac. Le film de Louis-Julien Petit, « Discount », a été proposé par l’équipe du « Ciné des CE et des COS » des collectivités territoriales. C’est l’histoire d’un groupe de salariés travaillant dans une supérette, dont les emplois vont être supprimés pour être remplacés par des caisses automatiques. Plusieurs d’entre eux décident alors de se révolter d’une manière originale, en détournant les marchandises gaspillées promises à la destruction, pour créer une épicerie sociale clandestine. Un film qui bouscule et interroge les spectateurs présents.

Lors du débat qui suit, plusieurs militants syndicaux évoquent « la dureté du monde de la grande distribution, où les salariés sont considérés comme des variables d’ajustement, et les managers pris dans des logiques de rentabilité à n’importe quel prix ». Certaines personnes pointent le « gaspillage scandaleux des marchandises, et une société où la consommation devient la seule finalité de la vie ». D’autres soulignent « l’effort de solidarité des salariés de la supérette, même si l’annonce d’un licenciement à une personne la coupe instantanément avec le reste du groupe ». Plusieurs spectateurs interrogent aussi le système de la précarité professionnelle, qui touche d’abord « les jeunes et les femmes ». Le projet de l’épicerie sociale d’Aureilhan, en lien avec la population du quartier des Cèdres, est présenté par un élu local et par plusieurs bénévoles. Un militant du CCFD Terre Solidaire rappelle l’importance des micro-projets économiques respectant à la fois le lien social et l’environnement. Un responsable d’« Initiatives pour une Economie Solidaire » (IES) détaille les projets soutenus par son association. Derrière tous ces témoignages, un fil conducteur : la lutte pour le refus de la misère et pour l’affirmation de la dignité des personnes qui vivent des situations de pauvreté. Un défi de taille, qui impliquera à l’avenir la mobilisation des femmes et des hommes de bonne volonté, dans les Hautes-Pyrénées comme ailleurs.

Jean-François Courtille

Le Collectif du refus de la misère 2016 regroupe les associations suivantes : Amnesty International, ATD Quart Monde, le CCFD Terre Solidaire, le Ciné des CE et des COS, Dans6T, « Les mots nomades », Médianes, le MRAP, Portes Ouvertes, le Secours catholique, le Secours populaire. Deux partenaires institutionnels se sont associés à ces manifestations : la Caisse d’Allocation Familiales et la Mairie de Tarbes.