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Un appel à l’unité lors de la Fête de l’Humanité

mercredi 5 octobre 2016 par Rédaction

Les communistes des Hautes-Pyrénées espèrent encore construire un rassemblement de la gauche alternative. Ils l’ont exprimé lors d’un débat avec certains de leurs partenaires, dimanche matin, lors de la Fête de l’Humanité des Hautes-Pyrénées à Soues.

L’esprit du Front Populaire de 1936 plane sur l’assemblée réunie à Soues, ce dimanche matin, lors de la Fête de l’Humanité des Hautes-Pyrénées. Sollicités par Hervé Buffat et Marie-Pierre Vieu, responsables du Parti communiste, trois intervenants ont accepté de participer à un débat sur l’avenir de la gauche, en présence d’une centaine de participants. Henri Lourdou, militant écologiste, est l’ancien porte-parole d’Europe Ecologie Les Verts. Claude Martin est responsable du mouvement « Ensemble ». Michel Torrès est secrétaire départemental du syndicat FSU. Hervé Buffat lance le débat en lisant un extrait de « L’appel des cent », dont chacun des participants est signataire. Marie-Pierre Vieu évoque « un courant qui traverse aujourd’hui l’ensemble des forces de gauche, du PS à NPA, en passant par les nombreuses personnes engagées au sein des associations et syndicats ». Elle s’interroge : « que fait-on pour que tous ces gens se rassemblent ? Est-on obligés de subir les élections de 2017, ou peut-on proposer dès maintenant une alternative ? ». Henri Lourdou, qui précise « ne représenter que lui-même », estime que le « peuple de gauche » attend des partis en présence un effort d’unité. « Beaucoup de personnes, peut-être 90% des Français, sont en colère. Le problème, c’est que la colère ne suffit pas à définir une politique. Pour moi, être de gauche, c’est faire passer en premier la curiosité et l’ouverture vis-à-vis de l’autre. Nous avons un peu oublié cela ». Michel Torrès, citant le mouvement social contre la loi El Khomri, estime qu’il a révélé la fracture entre deux conceptions syndicales : le syndicalisme de « transformation sociale » et le syndicalisme « d’accompagnement ». « Nous devons redéfinir une visée collective, et nous focaliser sur l’objectif de mieux vivre ensemble dans notre société ». Claude Martin appelle à « reconstruire culturellement la gauche, qui représente aujourd’hui 20% du corps électoral. Il nous faut retrouver des cadres de discussion communs avec les autres courants de la gauche ».


 Le débat avec la salle est lancé. Paul, retraité, propose de « chiffrer un projet de société, appuyé sur une véritable réforme fiscale ». Christian, agent territorial et responsable de NPA, estime qu’il faut « s’appuyer sur la colère du peuple, et aussi sur la réflexion menée par de nouveaux collectifs apparus ces derniers mois, comme « Nuit Debout ». Il pense que l’échec des Grecs de Syriza venait de l’absence d’une véritable stratégie européenne des forces de la gauche alternative. Annie, militante de la CGT, rappelle que « les partis politiques sont des ‘intellectuels collectifs’. En 1936, les associations, le monde culturel et les syndicats ont fortement appuyé l’action des élus pour faire adopter des mesures comme les congés payés ou les conventions collectives. Notre conviction, c’est que le peuple doit garder la main sur l’évolution de notre société ». Un participant, qui se définit comme « bouddhiste », assure que le changement passe d’abord par « une transformation intérieure de chaque personne et le respect des opinions de chacun ». Une jeune femme définit la colère des Français comme « une perte de confiance des citoyens envers les élus, qui dévoile une crise de notre démocratie représentative ». Elle pense que la définition d’un nouveau projet de société doit passer par
« une modification des institutions ». Henri Lourdou souligne que « le capitalisme est en train de détruire la planète ». Il plaide pour « un vrai effort de réflexion, afin de faire tomber les murs qui se dressent dans la tête des gens et finissent par gangrener notre société ». Marie-Pierre Vieu conclut le débat en invitant les participants à rejoindre la concertation amorcée par « L’appel des cent », qui prévoit une initiative le 12 novembre 2016. Elle suggère une réflexion commune au sein de la gauche alternative avant les élections. Un pari loin d’être gagné. Car le grand absent du débat, dimanche matin, était le Parti de Gauche. Interrogée à ce sujet, Marie-José Cremades-Sanchez, co-secrétaire départementale du PG, précise que son organisation « n’a pas été invitée officiellement à la Fête de l’Humanité, d’où notre absence lors du débat sur l’avenir de la gauche ». La candidature de Jean-Luc Mélenchon n’a d’ailleurs pas été évoquée lors de la discussion. Les semaines à venir offriront, peut-être, aux différentes organisations de la gauche alternative, l’opportunité de renouer le dialogue …

Jean-François Courtille