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Un plan ours est achevé, l’autre se prépare dans la clandestinité

mardi 19 janvier 2010 par Rédaction

Depuis quelque temps, nous ne pouvions que constater un silence radio inquiétant du côté de l’ours. Et pourtant, en allant se promener du côté de la presse espagnole, les informations sont pour le moins stupéfiantes.

Selon le quotidien espagnol « El Periodico de Aragon » du 16 janvier, « l’Espagne demande que soit garantie la coordination entre les Etats. La FOP (Fondation Ours Brun) appelle à la collaboration entre les secteurs concernés ».

Et il est précisé : « En février, la France et la Communauté Européenne se réuniront afin d’envisager le nouveau plan d’action prévu par le gouvernement français pour la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées. Ce plan, qui ira jusqu’en 2013, prendra la suite de celui de 2006…//…. En Espagne, ces mesures sont suivies avec attention : les plantigrades, on le sait, ne connaissent pas les frontières ». Eh oui, un détail que la France n’avait pas remarqué dans les plans précédents allant même, naïvement ou par incompétence, expliquer qu’ils resteraient là où on les lâche (Melles, Arbas ou Bagnères de Bigorre)

Manuel Alcántara, chef du service de la Biodiversité du Gouvernement autonome, fait remarquer que l’Aragon est relativement peu affecté par les ours. Il précise que si le plan français a été « une réussite sur le plan biologique », il en est autrement sur le plan social où « il a laissé un mauvais goût dans la bouche ». Pour ce responsable aragonais, « la priorité est de favoriser la coordination entre les administrations car, « même si des progrès ont été accomplis », celle ci peut être améliorée ». Le journal aragonais rappelle que « les communautés autonomes espagnoles ont été confrontées à la nécessité de faciliter l’acceptation des animaux par les éleveurs, les chasseurs et les habitants, et ont dû s’adapter aux circonstances imposées par le Gouvernement français ». Et il rappelle : « Tout dépendra du niveau d’implication de la France ».

Guillermo Palomero, l’écologiste espagnol fortement controversé, qui n’est pas à une contradiction près dans de nombreuses communications, par ailleurs Président de la FOP, « rappelle les problèmes de désinformation des années 90, quand ont surgi « des idées critiques sur les ours qu’il a fallu alors faire disparaître ; les choses se sont faites à des vitesses différentes et la coordination entre les administrations n’a pas toujours existé ». Il n’est sans doute pas le mieux placé pour donner des leçons. Mais peut-être fait-il allusion à des rumeurs persistantes de lâchers clandestins d’ours en Béarn comme nous avons connu des lâchers clandestins de loups dans les Landes (Cf. Rapport parlementaire dit « Estrosi ») et très probablement dans les Pyrénées-Orientales.

Pas de concertation en France

La Secrétaire d’Etat à l’Ecologie devait consulter une dizaine d’acteurs associatifs et socioprofessionnels. Seulement trois ont été conviés c’est-à-dire uniquement des associations écologistes favorables à l’ours. Le rendez-vous de l’ACAP (Association des Chambres d’Agriculture des Pyrénées) a été reporté à deux reprises et aucun autre rendez-vous n’a été pris. Les associations membres de l’ADDIP n’ont pas été conviées. D’ailleurs, quel intérêt de consulter tout ce monde, favorable ou hostile aux introductions d’ours. Les positions sont connues. Il suffit également de prendre la dernière feuille de présence du GNO pour comprendre que l’hostilité aux introductions est bien là, quoi que le travail de désinformation puisse faire. Dans le Béarn, l’association des éleveurs transhumant, par un communiqué fin novembre, s’est clairement rallié au camp des hostiles. Parmi les associations domiciliées « pyrénéennes » il ne reste pratiquement que le FIEP qui ne représente pratiquement que Gérard Caussimont tout seul et l’ADET dont on ne sait pas où se trouvent les membres dans les Pyrénées. Pour le reste, les effectifs sont bien minces.

Le Ministère veut-il la guerre ?

Des ours disparus en 10 ans, il y en aurait une bonne dizaine sur la chaine des Pyrénées et il y en aura probablement d’autres. La culture pyrénéenne passe par la chasse à l’ours sous diverses formes adaptées aux circonstances du moment. La littérature est riche de cette culture. Il faudra attendre les écologistes des années 1980 pour les confondre avec des peluches.
Le fait de ne pas tenir compte des avis locaux fera dire une nouvelle fois à Jean Lassalle que c’est un viol. D’autres parleront d’une déclaration de guerre. D’ailleurs, il faut remarquer que l’ADDIP, pas dupe de ce qui se trame, s’est déjà réunie vendredi dernier. Aucun communiqué, aucune information n’a filtré mais il y a fort à parier que le principe d’autres introductions a été évoqué. Imaginer des introductions, quel que soit le lieu, au printemps prochain, serait probablement mettre le feu aux Pyrénées. Le Ministère prendra-t-il ce risque ? Veut-il voir réapparaître la violence ?

Dans cette affaire à rebondissement, deux choses sont certaines :
1/ les acteurs des territoires des Pyrénées ne veulent pas d’ours contrairement à toutes les interprétations de sondages
2/ Pour être bien informé, il faut lire la presse espagnole.

Tout ceci en dit long sur la transparence de l’administration écologiste française. Cette administration a-t-elle des choses à se reprocher ?

Louis Dollo