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La Barthe de Neste : Les maquis de Nistos et d’Esparros honorés

samedi 24 octobre 2015 par Rédaction

Le rond-point de La Barthe de Neste s’appelle désormais « rond-point des maquis de Nistos et d’Esparros ». Il a été inauguré ce samedi 24 octobre par le maire de la commune, Maurice Loudet, le président de l’ANACR 65, Daniel Larregola, et les sœurs Plantat, filles de l’un des fondateurs du maquis, devant une centaine de personnes. L’occasion d’honorer la mémoire et le courage des maquisards.

Un bouquet de fleurs rouges et blanches souligne comme un écrin végétal une plaque portant ces simples mots : « rond-point des maquis de Nistos et d’Esparros ». Sous le soleil timide de l’été indien, les porte-drapeaux accueillent avec solennité les représentants de l’ANACR 65 et le maire de La Barthe de Neste, venus dévoiler la plaque inaugurée ce samedi 24 octobre. Après une minute de silence, l’assemblée se regroupe sous un chapiteau, pour écouter le récit des combats menés par les maquisards de Nistos et d’Esparros.

Chevelure blanche et yeux de braise, la secrétaire départementale de l’ANACR 65, Yvette Lesage, rappelle d’abord la célèbre citation de Marx : « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ». « Aujourd’hui », assure-t-elle,  « il y a nécessité de transmettre la mémoire de celles et ceux qui s’opposèrent au fascisme dès 1940. D’abord, par la distribution de tracts. Puis, par la lutte armée. Il n’y a pas de petits actes de résistance. Toute opposition est un acte de refus de la soumission à un régime totalitaire ».

Yvette Lesage explique ensuite l’enjeu de cette cérémonie. « Nous sommes réunis pour montrer notre attachement au souvenir de la résistance et notre volonté de ne plus jamais revoir les horreurs du nazisme. Nous devons faire connaître aux jeunes générations ce passé, que l’on ne saurait méconnaître sans compromettre l’avenir. Ceci pour qu’ils n’oublient pas les souffrances et le courage de leurs aînés, comme ceux des maquis de Nistos et d’Esparros. Nous sommes la mémoire collective de notre peuple, et il est de notre devoir de rappeler sans cesse la valeur de leur sacrifice ».

Maurice Loudet, maire de La Barthe de Neste, évoque ensuite les exploits réalisés par les maquisards dans ce secteur des Hautes-Pyrénées. « En mai 1943, est créé le maquis d’Esparros, et deux mois plus tard, celui de Nistos. Ils fusionnent en mars 1944 pour devenir la 3201ème compagnie des Francs-Tireurs Partisans français. Cette compagnie, composée de jeunes patriotes, mène d’avril à août 1944 d’importantes actions. Attaques et destructions de plusieurs convois allemands. Actes de sabotages, comme la mise hors service de générateurs électriques à l’usine de Lannemezan. Le 16 août 1944, lors des combats libérateurs, un détachement allemand en provenance d’Arreau a été stoppé tout près du rond-point de la Barthe de Neste. La forte résistance du maquis de Nistos et d’Esparros a obligé les Allemands à remonter sur Arreau puis à partir vers l’Espagne. Cette action héroïque reste dans la mémoire du village ».

Le maire rappelle que le conseil municipal de La Barthe de Neste a été sollicité cette année par l’Association des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (ANACR 65). L’objet de sa demande : baptiser le giratoire de la ville du nom des maquis de Nistos et d’Esparros. « Notre assemblée municipale a accepté cet honneur pour saluer la force et l’abnégation des hommes et des femmes qui ont composé les maquis. Ils ont lutté sans crainte des représailles et se sont battus pour la paix et pour la liberté de la France. Leur action n’aurait pu se réaliser sans le soutien et le courage des populations locales. Nous n’avons pas oublié les blessures profondes infligées aux habitants de nos villages par les nazis ».

Monsieur Loudet lance pour finir un appel à l’assemblée. « Nous devons rester des citoyens en alerte, devant les peurs et les craintes de nos sociétés qui semblent parfois frappées d’amnésie. L’acceptation de la différence, la tolérance et le respect sont des combats que nous devons mener au quotidien, et rappeler à nos jeunes ».

Daniel Larregola, président de l’ANACR 65, conclut les discours en retraçant avec précision l’odyssée des maquis de Nistos et d’Esparros. Il présente aussi à l’assemblée cinq rescapés de cette période. Tout d’abord, les trois sœurs Plantat, filles du boulanger Joseph Plantat, co-fondateur du maquis. Leur père ravitaillait les maquisards en nourriture et utilisait ses hangars pour cacher les fugitifs. Ensuite, monsieur Talavera, fils de « Claro » Talavera. Charbonnier de Nistos, « Claro » ravitaillait lui aussi les maquisards. Il a réussi à cacher des Juifs traqués par les nazis. Il a aussi hébergé François Coubry, le radio de l’Intelligence service. Enfin, Monsieur Barifousse, ancien combattant du maquis de Nistos, l’un des derniers survivants de cette épopée.

La cérémonie s’achève avec un récital proposé par la chorale « Résistances » qui entonne trois airs évoquant les étapes de la seconde guerre mondiale : l’occupation et la déportation, avec « Le chant des marais » ; la résistance, avec « Le chant des partisans » ; et la libération, avec « La Marseillaise ».

Jean-François Courtille

Photos J-F Courtille