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Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées : Le grand sud attractif (Analyses de l’INSEE)

jeudi 30 avril 2015 par Rédaction


Au 1er janvier 2016, les régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées vont s’unir pour devenir la cinquième région la plus peuplée de la France métropolitaine. La nouvelle région regroupe des territoires aux activités économiques très différenciées, à forte dominante présentielle le long du littoral et davantage productive autour de Toulouse. Elle se caractérise par un dynamisme démographique soutenu, lié à son attractivité résidentielle. Ce dynamisme pourrait se poursuivre dans les années à venir. Un des enjeux pour la nouvelle région sera de mettre en place des politiques publiques pour répondre à de nouveaux besoins tout en préservant une certaine qualité de vie et en limitant l’impact environnemental de l’urbanisation. Un autre enjeu sera de promouvoir un développement économique valorisant les potentialités et les complémentarités de tous les territoires de la région.

5e région par sa population, 2e par sa superficie

En France métropolitaine, le nombre des régions passe de 22 à 13 au 1er janvier 2016, entraînant la réunion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées (LRMP). Un peu plus de 5,6 millions de personnes résident dans cette future 2e région de métropole par sa superficie (72 700 km²). Celle-ci est constituée de quatre grands ensembles géographiques. D’abord deux massifs montagneux, partagés depuis longtemps déjà, les Pyrénées au sud et le Massif central au nord. Ensuite, la région s’ouvre largement à l’ouest sur la vallée de la Garonne, encadrée par de vastes zones de plaines et de coteaux. Enfin, à l’est, le littoral méditerranéen court du Roussillon à la vallée du Rhône par la côte languedocienne. À l’intersection de ces quatre ensembles, le seuil de Naurouze, à la fois ligne de partage des eaux et lien entre la Méditerranée et l’Atlantique.

Un fort dynamisme démographique lié à l’attractivité résidentielle

Entre 2007 et 2012, la population de LRMP augmente en moyenne de 51 100 habitants chaque année (+ 0,9 % par an). Ce dynamisme démographique est deux fois plus fort qu’en France métropolitaine, le plus fort juste derrière la Corse. L’augmentation de population résulte, pour les quatre cinquièmes, d’installations dans la région plus nombreuses que les départs. En moyenne annuelle, les personnes arrivant sont 40 400 de plus que celles quittant la région, soit le plus fort solde migratoire parmi les treize nouvelles régions métropolitaines. L’excédent des naissances sur les décès joue également favorablement sur cette croissance démographique. Le taux d’évolution de la population imputable aux mouvements migratoires avec les autres régions métropolitaines est ainsi le plus fort de métropole, après celui de la Corse. L’excédent migratoire est observé à tous les âges, à l’exception des jeunes de 25 à 28 ans. Actifs en emploi ou non, retraités, étudiants : la région accueille plus d’habitants qu’elle n’en perd, et ce quelle que soit leur situation.

Une armature urbaine multiple

L’organisation de la nouvelle région autour de ses villes se construit selon deux logiques différentes. À l’ouest, l’agglomération toulousaine, la plus étendue et la plus peuplée de LRMP, est au cœur d’un système monocentré : son influence s’étend sur l’une des plus vastes couronnes périurbaines de France. Avec cette couronne, elle rassemble, en 2012, près de 1,3 million d’habitants et constitue ainsi la 3e aire urbaine hors Île-de-France, après Lyon et Marseille. C’est aussi la plus dynamique de France en termes de démographie sur la période récente. Plus loin, l’influence de Toulouse rejaillit sur un réseau de nombreuses villes moyennes (Montauban, Albi, Castres, Pamiers, Auch, Carcassonne, Agen...). Sur le littoral méditerranéen, l’armature urbaine est organisée autour de grandes villes, dont la première d’entre elles, Montpellier, constitue la 2e aire urbaine de LRMP avec 570 000 habitants, aussi l’une des plus dynamiques du pays sur le plan démographique. Ce réseau de villes polycentré s’étend en chapelet depuis le Gard, aux portes d’Avignon, jusqu’à Perpignan. D’autres villes importantes complètent l’armature urbaine (Alès, Rodez, Tarbes). Le dynamisme de ces deux principaux systèmes urbains est le moteur de la croissance démographique régionale.

L’enjeu de l’attractivité

Le développement démographique, dû aux migrations de nouveaux habitants, est principalement lié à deux facteurs, d’abord le développement des activités économiques et de l’emploi, et ensuite les études supérieures. Les retraités constituent une minorité des nouveaux arrivants. Si les dynamiques à l’œuvre ces dernières années se poursuivaient, la population active augmenterait de 0,7 % par an d’ici 2030. Dans le futur, un des enjeux est de développer une offre d’emploi en phase avec l’évolution de la population active, ce qui a été le cas dans la période pré-crise. Il s’agira également de réguler les nombreux déplacements quotidiens entre les lieux de domicile et de travail qui sont le reflet de l’étalement urbain. La forte attractivité résidentielle de la région constitue un atout économique dans la mesure où cet afflux génère des activités (et de l’emploi) satisfaisant les besoins des personnes présentes. Cette économie, dite présentielle, qui peut contribuer à la qualité de vie des résidents, est également un facteur d’attractivité de l’économie productive. L’essor démographique très dynamique présente aussi un risque, celui de la dégradation de l’environnement et des conditions de vie à laquelle sont confrontées les politiques publiques d’aménagement.

Déficit d’emplois dans la sphère productive, mais concentration autour de Toulouse

En LRMP, la part des activités productives dans l’économie est parmi les plus faibles des nouvelles régions. Les activités productives sont majoritairement tournées vers les marchés extérieurs et les entreprises (agriculture, industrie, commerce de gros, services aux entreprises). Elles regroupent 31 % des emplois contre 34 % dans les autres régions hors Île-de-France. Ce déficit d’emplois productifs n’est pas homogène sur l’ensemble du territoire. Il est particulièrement marqué dans les zones d’emploi (ZE) du sud-est de la région (Perpignan, Béziers, Carcassonne, Sète, Alès). À l’inverse, la sphère productive est surreprésentée dans les ZE au nord-ouest : celles de Toulouse (30 % des emplois productifs de LRMP), Rodez, Figeac, Villefranche-de-Rouergue...

L’aire urbaine de Toulouse héberge la moitié des 50 plus grands établissements employeurs des secteurs marchands de LRMP et deux de leurs salariés sur trois. Cette concentration tient à l’implantation historique de la construction aéronautique et spatiale, des grandes entreprises de services numériques, ainsi que des grands équipementiers. La construction aéronautique et spatiale est un secteur très dynamique depuis le milieu des années 2000 et a un fort effet d’entraînement sur l’économie régionale.

Première région pour l’effort de recherche et de développement

Avec 3,9 % du PIB consacrés aux dépenses de recherche et développement (R&D) en 2012, LRMP est la 1ère région française pour l’effort de R&D, qu’elle soit publique ou privée. L’effort de R&D y est majoritairement le fait des entreprises, du secteur aérospatial mais aussi de la chimie-pharmacie. L’effort de recherche des administrations publiques (1,5 % du PIB) est aussi le plus important des régions françaises. L’importance des pôles universitaires de Toulouse et de Montpellier, la présence du Cnes et de l’Onera à Toulouse, du CNRS, de l’Inra et du CEA dans les deux régions expliquent ce classement.

Pour en savoir plus

- Loi n° 2015-29 du 16/01/2015 relative à la délimitation des régions, JORF n°0014 du 17 janvier 2015 page 777 - Atlas cartographique LRMP, Préfecture de Midi-Pyrénées, Les grands dossiers, Réforme territoriale de l’État - La France et ses territoires, Insee Références - Édition 2015 - avril 2015

- « Union des régions LR et MP  : 5,6 millions d’habitants », Insee Flash Midi-Pyrénées N° 25 - janvier 2015

Conférence de presse à Toulouse (29 avril 2015)

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