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6e réunion du Conseil général : la motion de maintien de l’hôpital de Lourdes déposée par José Marthe votée à l’unanimité

vendredi 24 octobre 2014 par Rédaction

Le conseil général a tenu ce matin sa sixième réunion de l’année. Une session présentée par le président Michel Pélieu comme essentiellement technique alors que les pensées sont déjà tournées vers les prochaines élections cantonales annoncées pour mars 2015 et non en décembre comme initialement prévues. Cela explique sans doute que la sérénité a prévalu aujourd’hui dans les débats et dont on s’est félicité dans tous les rangs de l’assemblée.

Dans son discours d’ouverture, Michel Pélieu n’a pu s’empêcher d’évoquer la réforme territoriale et de dire sa satisfaction quant au caractère rural de notre département . Par contre, comme l’ensemble de ses collègues élus, il ignore quelles compétences et avec quelle gouvernance sera gérée la future assemblée départementale. Il a redit son opposition à une assemblée composée de présidents d’Établissement public de coopération intercommunale. Il n’est pas favorable non plus à une assemblée qui perdrait ses compétences en aménagement du territoire.

Le discours de Michel Pélieu

Mes Chers Collègues,

La session d’aujourd’hui présente un ordre du jour technique. C’est davantage le contexte dans lequel elle a lieu qui retiendra notre attention.

Il y a quelques semaines, nous apprenions que les prochaines élections cantonales se dérouleraient en mars 2015, et non en décembre comme annoncé initialement.

Dans le même temps, les débats sur la réforme territoriale qui devraient définir une nouvelle répartition de compétences entre les différents niveaux de collectivités s’enlisent sur la définition des départements ruraux, l’échelle de réaménagement des intercommunalités, le devenir des territoires périphériques des futures métropoles.

Pour l’instant, dans les Hautes-Pyrénées nous sommes au moins sûrs d’une chose, le caractère rural de notre territoire n’est contesté par personne. Il restera donc bien demain une assemblée départementale. Mais nous ne savons pas encore pour gérer quelles compétences et avec quelle gouvernance.

Je ne m’éterniserai pas sur le sujet, mais pour ma part, je réaffirme au moins deux choses :

Je ne suis pas favorable à une assemblée composée de présidents d’Etablissement Public de Coopération Intercommunale, car je considère que défendre l’intérêt d’un EPCI n’est pas facilement compatible avec la gestion d’un territoire à l’échelle départementale.

Je ne suis pas favorable à une assemblée qui perdrait ses compétences en aménagement du territoire, car c’est sur ce terrain-là que nous sommes les plus efficaces, c’est-à-dire chaque fois :

- que nous impulsons,

- que nous accompagnons,

- et que nous fédérons les acteurs.

Preuve en est le projet de territoire « Hautes Pyrénées 2020-2030 » que nous avons initié, et qui est devenu celui de tous les acteurs publics et privés du département, incluant les chambres consulaires dans cette démarche.

Bien sûr, construire le vivre ensemble et l’inclusion sociale est un objectif, c’est notre objectif, mais celui-ci ne pourra être satisfait si, demain, notre assemblée ne peut plus imprimer une dynamique de territoire, une ambition locale partagée avec toutes les forces vives du département, sans oublier les communes et les communautés de communes qui ont besoin de notre accompagnement et de notre soutien. Notre ambition doit s’élargir dans une stratégie de partenariat avec des territoires voisins.

Dans deux semaines, aura lieu le congrès de l’Association des Départements de France à PAU.

Je pense que la mobilisation des départements sera faite, toutes tendances politiques confondues, non pas pour exprimer le refus de toute réforme mais pour demander que cette réforme soit davantage réfléchie en prenant compte les spécificités des territoires et le bilan de 30 ans de gestion de nos collectivités.

Nous allons accueillir prochainement les assises de la ruralité organisées par le Ministère de l’Egalité des Territoires et de la Ruralité. Le thème des débats ici sera précisément : Rénover le cadre institutionnel et la présence de l’Etat dans les territoires ruraux.

J’espère bien que le gouvernement entendra l’expression des élus locaux et fera évoluer ses positions.

Cela pourrait se traduire par une recherche d’adaptation du modèle institutionnel en fonction des particularismes de certains territoires, notamment en zone rurale et zone de montagne.

Au même titre, si le gouvernement proposait de lancer des démarches expérimentales, je serais pour ma part tout à fait prêt à travailler avec toutes les strates institutionnelles de ce département pour rechercher des solutions et les expérimenter.

Je considère que l’ADAC est un exemple de réussite que nous pouvons mettre en avant. Mutualiser des ressources techniques et juridiques pointues à l’échelle des Hautes-Pyrénées a permis de répondre à un besoin exprimé par les maires, et les présidents de communautés de communes. Nous sommes aujourd’hui en capacité de produire un service reconnu de grande qualité par les usagers.

Ce modèle fonctionne. Nous pouvons le transposer ailleurs et sur d’autres compétences.

Je tiens particulièrement à insister sur cette solidarité territoriale que notre assemblée porte et veut continuer de développer.

D’autres challenges doivent également être poursuivis. Lors de cette session technique, nous allons évoquer un dossier essentiel. Depuis plusieurs années déjà, le Conseil Général des Hautes-Pyrénées s’inscrit dans la transition énergétique avec le Plan Climat Energie Territorial, communément nommé PCET, qui est aujourd’hui soumis à votre approbation. Même s’il est difficile d’entrevoir le futur de notre département, il faut en poser les bases. Et qui dit avenir, dit développement durable.

Bien qu’il soit imposé par le Grenelle II, nous avons entrepris de manière volontaire et novatrice la lutte contre le changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Ce sont des défis que nous devons relever pour répondre aux enjeux locaux. Le tout dans un contexte de raréfaction des moyens publics.

Pour l’heure, une étude a été réalisée. De grandes orientations sont préconisées notamment dans le projet de territoire, comme la valorisation des déchets ou le développement des circuits courts. A nous de se positionner comme un département exemplaire.

Je terminerai mon propos en insistant sur la situation économique actuelle et ses conséquences pour les entreprises et les habitants de notre département.

Le rôle de notre collectivité est de répondre présent auprès des personnes en difficulté, y compris des entreprises qui sollicitent de l’aide. N’oublions pas que l’accompagnement social est notre première mission. Mais nous ne voulons pas seulement être un guichet, mais aller aussi à la rencontre de nos usagers pour construire avec eux de nouvelles pratiques, voire de nouvelles politiques.

L’amélioration de la relation avec nos usagers dans tous nos domaines d’action, sera pour 2015 l’axe prioritaire de travail du projet d’administration.

C’est en étant efficace, réactif, à l’écoute que nous défendrons le mieux l’avenir du service public départemental.

Avant de débuter nos travaux, je tiens à féliciter notre collègue Claude MIQUEU, qui a, avec brio, obtenu le titre de docteur en droit public, en présentant sa thèse « La nécessaire évolution de la gouvernance des cycles de l’eau, l’exemple des pays de l’Adour ». Tu honores cette assemblée par ton engagement dans la gestion de l’eau, l’aménagement du territoire et le développement local. Tes recherches et ton expérience au sein du Comité National de l’Eau et de l’Académie de l’Eau rejaillissent sur la notoriété de notre département.

Je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne session.

En ouverture de la séance, José Marthe (Entente Républicaine), conseiller général de Lourdes-Ouest, devait déposer une motion pour le maintien du Centre hospitalier de Lourdes. Motion qui faisait l’unanimité comme le soulignèrent dans leurs interventions Jeanine Dubié pour le groupe PRG et Jean Glavany pour le groupe PS.

Motion de José Marthe adoptée en session du Conseil Général :
Pour le maintien du Centre Hospitalier de Lourdes

L’accès aux soins et notamment à la Médecine de premiers secours, aussi bien dans le pays de LOURDES que dans l’arrondissement d’Argelès-Gazost, va devenir problématique à très court terme.

S’agissant des Médecins Généralistes libéraux, une récente note réalisée par des praticiens de Lourdes, met en évidence :

- Que dans les 4 à 5 ans qui viennent, 11 médecins sur 25 partiront à la retraite.

- Que dans les 10 ans, ce sont les 2/3 qui ne seront pas remplacés.

- Que les médecins spécialistes disparaissent d’ores et déjà les uns après les autres : ORL, Rhumatologues, Gynécologues, Pédiatres ... (les dentistes n’échappent pas à cette spirale).

S’agissant du centre hospitalier de Lourdes, le constat est tout aussi accablant. Une stratégie de démantèlement progressif est en cours.

Avec des précautions de langage, la direction parle de réorganisation des services, alors qu’il s’agit d’appliquer une feuille de route implacable débouchant sur la disparition du centre hospitalier de Lourdes.

La maternité qui bénéficie théoriquement d’une autorisation de fonctionnement délivrée en 2012 et qui court jusqu’en 2017 est en première ligne d’un processus qui se conclura selon la théorie des dominos par la fermeture de tous les autres services, réanimation, chirurgie, etc... Le devenir de la Maternité est donc emblématique d’une volonté non avouée pour l’heure, de fermeture du centre hospitalier.

Si cette première ligne est enfoncée, le centre hospitalier deviendra une maison de retraite.

Prenant acte de la question déposée par la députée Jeanine Dubié, le 1er octobre 2014, à la Ministre de la Santé, demandant à ce qu’aucune décision intempestive ne soit prise au plan local, jusqu’au rendu de l’étude en cours menée par l’ARS Midi Pyrénées.

Dans un tel contexte d’effondrement concomitant, tant des médecines libérales qu’hospitalières,

Le Conseil Général des Hautes Pyrénées demande à ce que l’exception lourdaise, avec ses 5 millions de Pèlerins et touristes annuels ainsi que la spécificité montagnarde du territoire soient prises en compte par la Ministre de la Santé, pour le maintien du centre hospitalier de LOURDES et de sa maternité.