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400 manifestants à Tarbes contre le projet de budget de la Sécurité sociale

jeudi 16 octobre 2014 par Rédaction

A l’appel de l’intersyndicale CGT – FSU – Solidaires, 400 manifestants se sont rassemblés ce jeudi après- midi 16 octobre à Tarbes devant la Caisse Primaire d’Assurance Maladie pour dénoncer le projet de budget de la Sécurité sociale, en cours d’examen à l’Assemblée. François Dousseau, secrétaire départemental de la CGT, a prononcé un discours au nom de l’intersyndicale. Une lettre sera également adressée aux parlementaires haut-pyrénéens.

Intervention de François Dousseau
au nom des organisations FSU, Solidaires et CGT

Chères et Chers camarades,

Nous sommes réunis ce jour devant la Caisse Primaire d’Assurance Maladie.

Cet outil au service de notre Protection Sociale est le fruit du travail de tous les salariés qu’ils soient actifs, pensionnés ou retraités.

Ce n’est pas un hasard si nous avons choisi ce lieu symbolique en ce jour de mobilisation pour la défense et la reconquête de notre Sécurité Sociale.

Chaque jour un peu plus, sur injonction du MEDEF, le gouvernement détricote méticuleusement la structuration de notre pacte social républicain dont l’un des principes est fondateur de notre Sécurité Sociale à partir du programme du Conseil National de la Résistance.

Le carcan idéologique dans lequel on nous enferme au quotidien se cantonne à la théorie selon laquelle le travail coûterait trop cher et nuirait à l’emploi et à l’essor économique.

C’est cette théorie qui a guidé tous les choix gouvernementaux mis en oeuvre depuis plus de trente ans.

Or c’est bien l’accumulation de tous ces choix qui plonge notre pays et même l’Europe dans une crise économique d’une extrême gravité.

Ce dont nous souffrons aujourd’hui et qui est devenu insupportable, c’est d’une mauvaise répartition de la richesse créée par le travail des femmes et des hommes.

En effet depuis plus de trente ans, toutes les mesures ont conduit à réorienter les fruits de la richesse créée vers la rémunération du capital au détriment du travail.

La rémunération du capital reversée sous forme de dividendes aux actionnaires n’a cessé de progresser et se situe même en France parmi les plus élevées de l’Union Européenne !

Jugez-en vous-même :

Il y a 30 ans, les dividendes versés aux actionnaires correspondaient à 10 jours de salaire. Aujourd’hui, les dividendes versés aux actionnaires représentent en moyenne 45 jours de salaire. En clair, les dividendes ont été multipliés par 4,5 par rapport aux salaires !

Pire En 2013, 120 milliards d’Euros sont allés dans les poches des actionnaires. Les dividendes ont explosés : +30% en un an

D’ailleurs, les employeurs bénéficient chaque année de 220 milliards d’exonérations de toutes sortes soit disant pour favoriser l’emploi mais sans engagement ni obligation.

Cette absence de contreparties démontre l’inefficacité de ces dispositifs d’exonération des employeurs, la situation de l’emploi ne cesse de se dégrader.

Bien que ce soit inefficace, la fuite en avant continue avec

la publication de la loi dite de « sécurisation de l’emploi », c’est d’ailleurs contre l’une des modalités de cette loi que se battent aujourd’hui nos camarades d’EIFFAGE Construction auxquels la direction propose soit de s’asseoir sur du salaire, soit de travailler plus (moins de salaire ce sera donc moins d’argent pour la sécu).

Puis avec la mise en place du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (le CICE) et un nouveau cadeau de 20 milliards d’euros toujours sans aucune contrepartie.

vient ensuite le pacte de responsabilité avec un nouveau cadeau de 41 milliards d’euros.

Malgré tous ces cadeaux, la situation de l’emploi ne cesse de se dégrader, normal car le manque à gagner pour les salariés bride la consommation et aggrave le chômage. D’ailleurs l’aveu d’impuissance du gouvernement est tel qu’il s’emploie maintenant à stigmatiser les chômeurs, plutôt que de s’en prendre au chômage et à ses causes réelles.

Au cœur de la répartition de la richesse entre le capital et le travail, il y a le financement de la protection sociale. Les baisses régulières de cotisations sociales sont dans les faits des baisses de salaires. Les salariés sont ainsi volés 2 fois :

À une première fois par la baisse de leur salaire socialisé,

À une 2ème fois par la baisse des prestations sociales.

C’est dans le prolongement de ces logiques que nous est présenté le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2015.

Nous en sommes à un point où c’est tout le système de financement de la Protection Sociale qui est menacé

Sur les 21 milliards d’euros d’économie sur le Budget, près de 10 milliards concernent les caisses de Sécurité Sociale, dont 3,2 milliards sur la branche maladie.

Les conséquences vont être dramatiques pour tous les affiliés :

  1.  de nouvelles baisses de prestations,
  2.  des fermetures de services et des suppressions de postes dans les organismes de sécurité sociale et une qualité de service encore plus dégradée,
  3. plus grave, des plans de restriction sans précédents dans tous les hôpitaux qui n’en peuvent déjà plus. Sur le département c’est la fermeture d’un centre de dialyse à Lourdes, la fermeture de la maternité et de la réanimation à l’hôpital de Lourdes. A l’hôpital de Tarbes, c’est une nouvelle coupe dans le budget de 9 millions d’euros qui va entraîner la disparition de 50 postes. A Lannemezan, ce sont des problèmes aigus en matière d’accueil psychiatrique. Dans les maisons de retraite la situation va s’aggraver au détriment des personnels et des résidents.

Ces conséquences sont très graves. Au bout du compte on peut annoncer que ce sont malheureusement des vies humaines qui sont désormais menacées.

C’est pourquoi bien au-delà de la défense de notre système de protection sociale, il y a lieu d’engager le combat pour une reconquête de notre Sécurité Sociale.

Il est nécessaire de revenir aux fondements de celle-ci. : « chacun contribue en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins »

Pour cela il est nécessaire de revenir à une gestion démocratique de nos caisses de sécurité sociale. Ce sont les affiliés qui doivent décider du niveau des prestations et des besoins de financement pour y répondre.

Les richesses produites doivent revenir à celles et ceux qui les créées :

Cela passe par des augmentations conséquentes des salaires. 1% d’augmentation générale des salaires c’est 2,2 milliards pour nos caisses de sécurité sociale.

Cela passe par une autre politique de l’emploi qui empêche notamment les licenciements boursiers et l’engagement d’un plan de reconquête industrielle. 100 000 emplois créés ou préservés, c’est 2,5 milliards pour la sécu.

C’est revenir sur les différentes exonérations sans contrepartie (pour mémoire qui s’élèvent à 220 milliards d’euros par an et maintenant aggravés de 41 milliards d’euros par le pacte de Responsabilité)

C’est redonner les moyens notamment aux URSSAF de faire la chasse à la fraude aux cotisations sociales estimée de 20 à 25 milliards par la Cour des Comptes.

Vous voyez, les moyens existent pour reconquérir une Sécurité Sociale répondant à tous les besoins et notamment pour ramener l’âge de départ à la retraite à 60 ans tout en instaurant le taux plein et la prise en compte des travaux pénibles.

Chères et chers camarades, cette journée d’action n’est pas une fin en soi et il sera nécessaire de lui donner des prolongements. C’est en tout cas la volonté des organisations FSU, Solidaires et CGT du département tout en veillant à créer l’unité la plus large !

Merci de votre attention !

Lettre aux parlementaires (.pdf)

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