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Débat public sur la santé en Midi-Pyrénées

vendredi 11 octobre 2013 par Rédaction

Heureuse initiative du Conseil régional que de débattre publiquement sur un sujet aussi important que celui de la santé notamment « autour des services aux personnes dépendantes  ». Mais de nombreuses questions ne dépendant pas du Conseil Régional restent sans réponse depuis pas mal de temps. Il y a quelques années, l’ARS nous avait présenté une véritable usine à gaz, totalement illisible, en matière de politique régionale de soins. Qu’en est-il aujourd’hui ? La communication semble coupée ou bien nous avons loupé un épisode.

Quelle politique de soin pour les personnes dépendantes.

Reste à connaître le type de dépendance. La réponse n’est pas la même selon les personnes, la dépendance, et les aidants existants autour de la personne. A cela il convient de respecter la volonté de la personne dépendante qui peut, dans de très nombreux cas, être parfaitement lucide pour définir son choix de vie.
De ces critères dépendront la mise en structure ou le maintien à domicile.

Structure ou domicile ?

Selon le choix, le traitement de la dépendance et les besoins ne seront pas les mêmes. Mais il sera toujours plus facile de trouver des réponses en structure dotée d’un personnel permanent et à priori compétent et supervisé. Encore, faut-il qu’il existe une structure pas trop loin des attaches familiales de la personne dépendante.

La situation se complique dans le cadre du maintien à domicile en principe recommandé, à priori moins coûteux mais ne dépendant pas du même budget. Quoique…. Pour des raisons de facilité, certains agents départementaux ont parfois des tendances autoritaires inacceptables. Mais en dehors de cet aspect administratif, il reste à trouver, selon les cas, un médecin généraliste, un personnel infirmier, des auxiliaires médicaux (Kiné, aides-soignantes…) et des auxiliaires de vie aux fonctions multiples. Sur ce dernier point c’est le parcours du combattant pour trouver, non pas la perle rare, mais tout simplement la personne sérieuse, dans une structure sérieuse, qui assurera les travaux nécessaires, aux horaires définis, dans le respect de la personne dépendante. Des associations multiples et variées proposent des services qui ne sont, malheureusement, pas toujours à la hauteur de l’attente minimum. Pour être clair dans le propos : pour faire le ménage et à manger aux autres faut-il encore être capable de le faire chez soi.

Par ailleurs il existe des problèmes de compétence pour des petits soins prescrits par un médecin qui ne trouve pas de prestataires pour les accomplir. Nous pouvons citer la pose de bas de contention qui n’est plus un acte infirmier et qui n’est pas de la compétence d’une auxiliaire de vie. Qui le fait ? Sans rentrer dans le soin, qui a compétence pour faire manger une personne dépendante qui ne peut le faire elle-même par manque de mobilité de ses mains ou de ses bras ? Qui est compétent pour coucher une personne lourdement handicapée sans soins infirmiers ? Nombreuses questions sans réponses.

Le problème de la formation

« Accroître le nombre d’étudiants qui était au préalable gelé  » est une bonne initiative. Faut-il rappeler que ce gel date de l’époque où Martine Aubry était Ministre de la santé. Elle avait eu cette idée lumineuse selon laquelle moins il y aurait d’infirmières plus les dépenses de soins diminueraient. Comme si c’était l’infirmière qui prescrivait les soins. Conséquence : on est allé chercher des infirmières à l’étranger alors qu’il y a du chômage en France.

Ce sujet étant réglé, nous avons donc 17 ans pour former des infirmières sachant qu’il faut 3 ans d’études pour disposer du diplôme et exercer dans un établissement hospitalier. Mais pour exercer en libéral et assurer des soins aux personnes à domicile, il faut avoir exercé 2 années en hospitalier. Soit un total de 5 ans pour espérer faire du domicile. Espérer… car là, un autre blocage existe : le numérus clausus d’installation. On ne peut pas créer de nouveaux cabinets sauf dérogation. Il faut donc trouver un cabinet déjà existant qui accepte une nouvelle collaboratrice ou prendre la place d’une retraitée… la retraite étant à 65 ans soit bien plus âgé que chez les hospitaliers…. Convergence… convergence, autre sujet sensible.

La formation des infirmier(e)s, un débat de société

Mais la problématique de la formation ne s’arrête pas là.
Martin Malvy a partiellement raison de dire : « Ce sont pour demain des emplois qualifiés, non-délocalisables ». Et nous ne pouvons que louer son intention de fournir les moyens, notamment en locaux, pour assurer des formations d’infirmières et autres auxiliaires médicaux. Mais pour ce qui est des infirmières, la délocalisation existe en inter-régional parfois lointain et elle est institutionnelle.

Le système de concours d’entrée dans une école d’infirmières est tel qu’une Tarbaise peut être reçue à Paris et une Parisienne reçue à Tarbes. De ce fait, et c’est ce qui se passe actuellement, une jeune partie faire ses études durant 3 ou 5 ans vers d’autres horizons peut y faire sa vie et nous perdons un personnel qualifié. L’inverse peut évidemment se produire. Mais, n’est-il pas plus « rentable » (ou moins coûteux) pour la société, sans parler de préférence régionale, de former dans la région des jeunes de la région qui resteront dans la région à proximité de leurs attaches familiales ? Voilà un débat de société qu’il serait intéressant d’avoir et qui ne semble pas être abordé.

Si l’analyse de Martin Malvy est bonne pour développer une filière « autour des services aux personnes dépendantes », elle nécessite une réflexion qui dépasse les prérogatives régionales et qui semblent ne jamais être abordés par l’ARS et ses montages organisationnels. A une époque où nous mettons en avant le développement durable et les économies, notamment de transport, il serait sans doute intéressant de se questionner sur les conditions de la formation pour les années à venir tout en faisant face aux besoins de 2030.

Le débat est ouvert.

Louis Dollo

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Débat public sur la Santé

Martin Malvy : « une filière émerge en région autour des services aux personnes dépendantes »

Intervenant en ouverture du Débat public sur la santé, organisé à l’Hôtel de Région par la Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie (CRSA) et l’Agence Régionale de Santé (ARS), Martin Malvy est revenu sur les prévisions de l’Insee annonçant 23 500 personnes dépendantes de plus d’ici 2030, en Midi-Pyrénées.

« C’est un défi sanitaire et social », a souligné le président de la Région Midi-Pyrénées, « auquel la Région se prépare, dans le cadre des responsabilités qui sont les siennes. C’est notamment le cas des formations sanitaires et sociales. C’est entre autres pour cette raison qu’après avoir engagé une politique active de restructuration des écoles d’infirmières, la Région a déjà décidé à deux reprises, depuis que la compétence lui a été transférée, d’accroître le nombre d’étudiants qui était au préalable gelé  ». François Simon, vice-président en charge des Solidarités, et Michel Boussaton, conseiller délégué aux Formations sanitaires, ont ainsi rappelé que la Région organise, pour les secteurs sanitaires et sociaux, la formation de 8100 étudiants par an, soit 28% de plus qu’il y a 6 ans.

« Il faudra à terme disposer de ces personnels supplémentaires, notamment infirmiers, pour prendre en charge les personnes fragiles », analyse Martin Malvy. « Ce sont pour demain des emplois qualifiés, non-délocalisables ».

Le président de la Région a par ailleurs insisté sur la dimension économique de cette évolution sociale et a annoncé que « la Région a fait le choix d’accompagner avec son Agence régionale d’innovation les projets qui pourront concourir au plus grand confort des personnes dépendantes et fragiles et des personnels. Il s’agit d’encourager les passerelles entre secteurs pour que les technologies du spatial, de l’aéronautique ou de la robotique puisse bénéficier aux activités de services aux personnes en situation de fragilité. C’est une filière en émergence en région. Le gouvernement et notamment Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’intéresse au travail mené en Midi-Pyrénées. Nous sommes d’ores et déjà assurés que la Région contribuera aux travaux du Comité national de filière récemment crée », a indiqué Martin Malvy.